{"id":11826,"date":"2016-04-11T20:05:30","date_gmt":"2016-04-11T18:05:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.satiricon.be\/?p=11826"},"modified":"2016-04-11T21:05:59","modified_gmt":"2016-04-11T19:05:59","slug":"eloge-de-la-trahison","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=11826","title":{"rendered":"\u00c9loge de la trahison\u2026"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/?attachment_id=11827\" rel=\"attachment wp-att-11827\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-11827\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/Degrelle-Qui-suis-je.jpg\" alt=\"Degrelle Qui suis-je\" width=\"232\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/Degrelle-Qui-suis-je.jpg 232w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/Degrelle-Qui-suis-je-199x300.jpg 199w\" sizes=\"(max-width: 232px) 100vw, 232px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Se qualifiant lui-m\u00eame de militant de divers groupuscules \u00ab\u00a0solidaristes\u00a0\u00bb, dans sa jeunesse, apr\u00e8s un s\u00e9jour dans les prisons de Moscou (1975) et dans les troupes phalangistes chr\u00e9tiennes du Liban (1976), Francis Bergeron s\u2019est essentiellement consacr\u00e9 depuis lors \u00e0 l\u2019action culturelle et \u00e0 l\u2019\u00e9criture. Il pr\u00e9side l\u2019association litt\u00e9raire des Amis d\u2019Henri B\u00e9raud (500 adh\u00e9rents). Auteur de livres pour enfants, il a vendu 300\u00a0000 exemplaires de la s\u00e9rie du \u00ab\u00a0Clan des Bordesoule\u00a0\u00bb. Sur un plan purement professionnel, il participe \u00e0 la direction d\u2019un groupe industriel international de premier plan.<\/p>\n<p>Il a fait para\u00eetre r\u00e9cemment aux \u00c9ditions Pard\u00e8s \u00e0 Grez-sur-Loing un petit essai intitul\u00e9 <strong><em>Degrelle Qui suis-je\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Voici la pr\u00e9sentation qu\u2019il en donne\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Degrelle a \u00e9t\u00e9 un vrai h\u00e9ros de roman \u00e0 la Alexandre Dumas, un personnage fascinant, digne des plus grandes \u00e9pop\u00e9es, avec sa part de faconde, de farce, de grandiloquence, d\u2019auto- justifications, d\u2019aveuglement, d\u2019\u00e9checs, mais aussi d\u2019h\u00e9ro\u00efsme, de grandeur, de trag\u00e9die.<\/p>\n<p>\u00c9crivain pr\u00e9coce, curieux de tout, L\u00e9on Degrelle a effectu\u00e9 son premier reportage au Mexique \u00e0 23\u00a0ans. Puis, ce militant catholique, ami d\u2019Herg\u00e9, pol\u00e9miste dans l\u2019\u00e2me, s\u2019est lanc\u00e9 bruyamment dans la politique en faisant de Rex, journal et maison d\u2019\u00e9dition de l\u2019Action catholique belge, un parti qui obtiendra vingt et un d\u00e9put\u00e9s et onze s\u00e9nateurs en mai 1936. D\u00e9put\u00e9 de Bruxelles en avril 1939, son immunit\u00e9 parlementaire est bafou\u00e9e par une arrestation arbitraire en mai 1940.<\/p>\n<p>M\u00e9pris\u00e9 par les autorit\u00e9s allemandes d\u2019occupation de la Belgique, il prendra sa revanche sur le front de l\u2019Est\u00a0: engag\u00e9 comme simple soldat sous uniforme allemand, en ao\u00fbt 1941, il terminera la guerre, \u00e0 38\u00a0ans, avec le titre de commandeur de la division SS Wallonie. Par sa force de conviction, sa lecture de l\u2019Histoire et son talent d\u2019\u00e9crivain (<em>La Campagne de Russie 1941-1945<\/em>), il s\u2019efforcera de nous convaincre que la croisade antibolchevique \u00e9tait une guerre juste, faite d\u2019esprit de sacrifice et de don de soi.<\/p>\n<p>Ce <em>Degrelle Qui suis-je\u00a0?<\/em> retrace la vie tumultueuse de cet ancien militant de la jeunesse catholique belge, personnage \u00e0 multiples facettes et au destin exceptionnel, qui, apr\u00e8s 1945, de son exil en Espagne, se fera le metteur en sc\u00e8ne de sa propre gloire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Si tous ces faits sont globalement exacts et leur interpr\u00e9tation plus ou moins discutable (dans son ouvrage, Francis Bergeron qualifie Pierre Daye de \u00ab\u00a0Bainville belge\u00a0\u00bb, comparaison qui ne nous a pas saut\u00e9 aux yeux \u00e0 la lecture de ses reportages \u00e0 la Tintin dans le vaste monde ou de sa biographie de Rubens\u2026) mais fort bien r\u00e9dig\u00e9e, on regrettera surtout la perspective adopt\u00e9e par l\u2019auteur, et son silence plut\u00f4t grand \u2013 voire total \u2013 sur ce qui entra\u00eena la condamnation \u00e0 mort de L\u00e9on Degrelle (par contumace), \u00e0 savoir\u00a0:<\/p>\n<p>\u2013 Son implication directe ou indirecte dans de nombreux crimes de sang, comme la d\u00e9portation et la mort en Allemagne de son ancien ami rexiste Robert du Bois de Vroylande <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, l\u2019assassinat du bourgmestre de Namur, Fran\u00e7ois Bovesse, le 1<sup>er<\/sup>\u00a0f\u00e9vrier 1944, avant celui d\u2019Alexandre Galopin, gouverneur de la Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale de Belgique \u2013 le 28\u00a0f\u00e9vrier 1944 \u00e0 Etterbeek \u2013, la d\u00e9signation (par L\u00e9on Degrelle <em>himself<\/em>) d\u2019une centaine d\u2019otages dont certains seront abattus par la police allemande le 21\u00a0juillet 1944 ou encore la tuerie de Courcelles les 17 et 18\u00a0ao\u00fbt 1944 qui fit 27\u00a0victimes et, \u00e0 Bruxelles, l\u2019assassinat de Louis Braffort, b\u00e2tonnier de l&rsquo;ordre des avocats, le 24\u00a0ao\u00fbt 1944.<\/p>\n<p>Pour notre part, nous consid\u00e9rons avec l\u2019historien Jean-Michel \u00c9tienne que \u00ab\u00a0Degrelle qui, m\u00eame lorsqu&rsquo;il est au front de l&rsquo;Est, ne peut ignorer ce que font les rexistes en Belgique, n&rsquo;aura jamais un mot de bl\u00e2me pour leur activit\u00e9. [&#8230;] Il couvrira de son autorit\u00e9 tous les meurtres et tous les s\u00e9vices perp\u00e9tr\u00e9s par les rexistes. Certes, Degrelle n&rsquo;est pas un criminel de guerre [&#8230;], il n&rsquo;en reste pas moins qu&rsquo;il a laiss\u00e9 se faire en son nom et au nom de son mouvement une politique passablement immonde\u00a0\u00bb <a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<p>\u2013 Sa trahison de la Belgique, amorc\u00e9e par son discours du 17\u00a0janvier 1943 au Palais des Sports de Bruxelles, une diatribe dans laquelle il affirmait la germanit\u00e9 des Wallons en vue d\u2019int\u00e9grer la <em>L\u00e9gion Wallonie<\/em> \u00e0 la <em>Waffen SS<\/em> (ce qui sera chose faite le 1<sup>er<\/sup>\u00a0juin 1943), mais aussi moyen de s\u2019ouvrir la voie au poste de <em>Gauleiter<\/em> des Wallons au sein du Reich apr\u00e8s la victoire des nazis et une probable partition de la Belgique. Le simple fait de fournir en temps de guerre des hommes \u00e0 l\u2019ennemi constitue d\u2019ailleurs, partout dans le monde, un cas de haute trahison.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, le \u00ab\u00a0Beau L\u00e9on\u00a0\u00bb avait une \u00ab\u00a0grande et belle gueule <a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>\u00a0\u00bb et l\u2019art de tourner l\u2019Histoire \u00e0 son avantage, mais ce n\u2019est pas une raison suffisante pour donner foi \u00e0 ses impr\u00e9cations ou d\u2019en faire un mod\u00e8le de vertu, f\u00fbt-elle guerri\u00e8re\u00a0!<\/p>\n<p><strong>P\u00c9TRONE<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Degrelle Qui suis-je\u00a0? <\/em><\/strong>par Francis Bergeron, Grez-sur-Loing, \u00c9ditions Pard\u00e8s, collection \u00ab\u00a0Qui suis-je\u00a0?\u00a0\u00bb, f\u00e9vrier\u00a02016, 126\u00a0pp. en noir et blanc au format 14\u00a0x\u00a021\u00a0cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs, 12\u00a0\u20ac (prix France)<\/p>\n<p><strong><em>Sommaire\u00a0:<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Introduction\u00a0: Pourquoi Degrelle<\/p>\n<p>I. L\u00e9on de Bouillon<\/p>\n<p>II. Le farceur de Louvain<\/p>\n<p>III. Au pays des <em>Cristeros<\/em><\/p>\n<p>IV. Tintin mon copain<\/p>\n<p>V. Lisez Rex\u00a0!<\/p>\n<p>VI. Votez Rex\u00a0!<\/p>\n<p>VII. Pierre Daye, le Bainville belge<\/p>\n<p>VIII. Le coup de crosse de Malines<\/p>\n<p>IX. La guerre en prison<\/p>\n<p>X. La <em>L\u00e9gion Wallonie<\/em><\/p>\n<p>XI. Hitler pour 1000 ans<\/p>\n<p>XII. Front de l\u2019Est<\/p>\n<p>XIII. <em>Arriba Espa\u00f1a\u00a0<\/em>!<\/p>\n<p>XIV. Exil et tentatives d\u2019enl\u00e8vement<\/p>\n<p>XV. La pers\u00e9cution des t\u00e9moins<\/p>\n<p>XVI. Paix \u00e0 ses cendres\u00a0!<\/p>\n<p>Conclusion\u00a0: au panth\u00e9on des tr\u00e8s grands soldats<\/p>\n<p>ANNEXES<\/p>\n<ol>\n<li>Chronologie<\/li>\n<li>Citations de L\u00e9on Degrelle<\/li>\n<li>Opinions sur L\u00e9on Degrelle<\/li>\n<li>Une bibliographie de L\u00e9on Degrelle<\/li>\n<li>\u00c9tudes sur L\u00e9on Degrelle et le rexisme<\/li>\n<li>Le grand L\u00e9on a toujours la cote<\/li>\n<li>Les compagnons de L\u00e9on Degrelle<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 le mouvement rexiste (dont il \u00e9tait un compagnon de la premi\u00e8re heure \u00e0 Louvain) apr\u00e8s le \u00ab\u00a0coup de crosse de Malines\u00a0\u00bb en 1936, Robert du Bois de Vroylande publia la m\u00eame ann\u00e9e <em>Quand Rex \u00e9tait petit<\/em>, dans lequel il se moquait des combines et de la vanit\u00e9 de L\u00e9on Degrelle qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0Monsieur Bluff,\u00a0\u00bb ce que celui-ci ne pardonna jamais\u2026<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Jean-Michel \u00c9tienne, <em>Le mouvement rexiste jusqu&rsquo;en 1940<\/em>, Paris, Armand Colin, Cahiers de la Fondation nationale des Sciences politiques, n\u00b0195, 1968, p.\u00a0171<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> On parlait m\u00eame de son <em>Rex appeal<\/em> durant la campagne \u00e9lectorale de 1936\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Se qualifiant lui-m\u00eame de militant de divers groupuscules \u00ab\u00a0solidaristes\u00a0\u00bb, dans sa jeunesse, apr\u00e8s un s\u00e9jour dans les prisons de Moscou (1975) et dans les troupes phalangistes chr\u00e9tiennes du Liban (1976), Francis Bergeron s\u2019est essentiellement consacr\u00e9 depuis lors \u00e0 l\u2019action culturelle et \u00e0 l\u2019\u00e9criture. Il pr\u00e9side l\u2019association litt\u00e9raire des Amis d\u2019Henri B\u00e9raud (500 adh\u00e9rents). Auteur de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[51,11],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11826"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11826"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11826\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11835,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11826\/revisions\/11835"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11826"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11826"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11826"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}