{"id":11854,"date":"2016-04-15T19:51:54","date_gmt":"2016-04-15T17:51:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.satiricon.be\/?p=11854"},"modified":"2016-04-16T10:51:14","modified_gmt":"2016-04-16T08:51:14","slug":"un-pastiche-impayable-a-8-euros","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=11854","title":{"rendered":"Un pastiche impayable \u00e0 8 euros\u2026"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/?attachment_id=11855\" rel=\"attachment wp-att-11855\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-11855\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/Un-humour-impossible.jpg\" alt=\"Un humour impossible\" width=\"221\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/Un-humour-impossible.jpg 221w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/Un-humour-impossible-189x300.jpg 189w\" sizes=\"(max-width: 221px) 100vw, 221px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Exemple parfait de l\u2019imposture litt\u00e9raire germanopratine, Christine Angot (1959-) a pondu une \u00ab\u00a0\u0153uvre\u00a0\u00bb \u00e0 la fois lamentable, horripilante et involontairement d\u00e9sopilante en publiant des livres tordus portant exclusivement sur elle-m\u00eame (<em>Sujet Angot<\/em>, 1998, <em>L&rsquo;Inceste<\/em>, 1999, <em>Pourquoi le Br\u00e9sil\u00a0?<\/em>, 2002, <em>Rendez-vous <\/em><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, 2006, <em>Une semaine de vacances<\/em>, 2012 ou encore <em>Un amour impossible<\/em>, 2015), des textes mal fichus et sans grand int\u00e9r\u00eat dont le succ\u00e8s commercial \u2013 ind\u00e9niable, celui-l\u00e0 \u2013 r\u00e9sulte essentiellement de l\u2019agressivit\u00e9 et de la morgue dont leur auteure fait r\u00e9guli\u00e8rement preuve dans la presse et sur les plateaux de t\u00e9l\u00e9vision.<\/p>\n<p>De leur c\u00f4t\u00e9, les \u00c9ditions Onlit \u00e0 Bruxelles ont fait para\u00eetre, sous la plume de \u00ab\u00a0Christine Anglot\u00a0\u00bb et sous le titre <strong><em>Un humour impossible<\/em><\/strong>, un pastiche admirable et en tout point r\u00e9ussi de son dernier factum, dans lequel on retrouve le \u00ab\u00a0style\u00a0\u00bb chaotique et laborieux, les tics d\u2019\u00e9criture, la ponctuation indigente, la logorrh\u00e9e monomaniaque et le vide intellectuel abyssal caract\u00e9ristiques des productions de la f\u00e9e Carabosse qui se prend pour Cendrillon.<\/p>\n<p>Un intense moment de franche rigolade\u00a0!<\/p>\n<p><strong>P\u00c9TRONE<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Un humour impossible<\/em><\/strong> par Christine Anglot, Bruxelles, \u00c9ditions Onlit, mars\u00a02016, 52\u00a0pp. en noir et blanc au format 12\u00a0x\u00a019\u00a0cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs, 8\u00a0\u20ac<\/p>\n<p><strong><u>Extrait\u00a0:<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Sans mon p\u00e8re, je serais pas \u00e9t\u00e9 devenu un \u00e9crivain. UNE aigrie vaine. Je serais \u00e9t\u00e9 \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 sociale comme ma m\u00e8re qui y \u00e9tait. Et mon p\u00e8re se moquait d\u2019elle. Il faisait des blagues pas tr\u00e8s fines sur le trou de la s\u00e9cu. Le trou de la s\u00e9cu c\u2019est cochon disait-il. Quand ma m\u00e8re me l\u2019avait racont\u00e9, sur le moment j\u2019avais pas compris l\u2019alluvion.<\/p>\n<p>Mais l\u00e0, \u00e0 ce moment du livre, je suis encore la petite fille. La narratrice c\u2019est Christine, la petite fille c\u2019est Moi. Quand je dis je, c\u2019est la narratrice qui parle mais moi c\u2019est la petite fille. Elle s\u2019appelle Christine aussi. C\u2019est compliqu\u00e9. On se m\u00e9lange. C\u2019est rapport \u00e0 l\u2019imagination, j\u2019en ai aucune alors je donne toujours les noms des gens vrais. Et quand je, la narratrice, parle de la petite fille, je dis elle pour pas confondre. Avec Moi qui est je. Mais elle pourrait dire je puisque elle, c\u2019est moi. Et le pire c\u2019est quand je dis Christine. Personne comprend si je parle d\u2019elle, de moi, de je ou de la narratrice. Ou de Christine\u00a0!<\/p>\n<p>J\u2019aurais pu appeler la narratrice Charlotte, Christelle ou Sophie. Parce que je peux pas changer le nom de moi. Moi c\u2019est Christine. J\u2019aurais dit la narratrice c\u2019est Charlotte (ou Christelle ou Sophie ou Elisabeth ou Albert, non pas Albert, Albert \u00e7a pourrait \u00eatre un narrateur mais pas une narratrice) mais l\u00e0 pour faire plus simple je dis la narratrice c\u2019est Christine, mais c\u2019est pas plus simple parce que tout le monde confond la narratrice avec Moi qui est je et la petite fille. C\u2019est grave\u00a0? Non, c\u2019est pas grave parce que tout le monde s\u2019en fout.<\/p>\n<p>En plus c\u2019est de plus en plus compliqu\u00e9 parce que le temps passe et que la petite fille est plus si petite, elle grandit et elle devient chiante, comme moi, c\u2019est normal puisque c\u2019est je que je suis moi Christine la narratrice.<\/p>\n<p>Mais la petite fille est plus petite mais elle est rest\u00e9e une fille. Heureusement, si elle avait chang\u00e9 de sexe, je, elle, moi, Christine, la narratrice et nous, personne y comprendrait encore moins que rien si c\u2019est possible.<\/p>\n<p>Donc quand je dis je, moi, la narratrice, Christine c\u2019est la petite fille mais c\u2019est plus la petite fille parce qu\u2019elle, je, moi, en fait est devenue moins petite, elle est une pr\u00e9adolescente, parce qu\u2019elle va bient\u00f4t avoir mes r\u00e8gles. Pas mes r\u00e8gles de fran\u00e7ais, bien s\u00fbr, celles-l\u00e0 je les ai jamais eues. Mais les autres, l\u00e0, je les ai. Comme le temps pax\u00a0!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Nous avons \u00e0 l\u2019\u00e9poque rendu compte de la parution de cet ouvrage en intitulant notre chronique\u00a0: <em>N\u2019y allez pas\u00a0!<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Exemple parfait de l\u2019imposture litt\u00e9raire germanopratine, Christine Angot (1959-) a pondu une \u00ab\u00a0\u0153uvre\u00a0\u00bb \u00e0 la fois lamentable, horripilante et involontairement d\u00e9sopilante en publiant des livres tordus portant exclusivement sur elle-m\u00eame (Sujet Angot, 1998, L&rsquo;Inceste, 1999, Pourquoi le Br\u00e9sil\u00a0?, 2002, Rendez-vous [1], 2006, Une semaine de vacances, 2012 ou encore Un amour impossible, 2015), des textes [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[11,65],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11854"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11854"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11854\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11863,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11854\/revisions\/11863"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11854"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11854"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11854"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}