{"id":12305,"date":"2016-07-27T13:14:27","date_gmt":"2016-07-27T11:14:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.satiricon.be\/?p=12305"},"modified":"2016-07-27T13:14:27","modified_gmt":"2016-07-27T11:14:27","slug":"de-toutes-les-passions-la-seule-vraiment-respectable-me-parait-etre-la-gourmandise-guy-de-maupassant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=12305","title":{"rendered":"\u00ab De toutes les passions, la seule vraiment respectable me para\u00eet \u00eatre la gourmandise. \u00bb (Guy de Maupassant)"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/?attachment_id=12306\" rel=\"attachment wp-att-12306\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-12306\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/Les-gourmands-m\u00e9morables.jpg\" alt=\"Les gourmands m\u00e9morables\" width=\"232\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/Les-gourmands-m\u00e9morables.jpg 232w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/Les-gourmands-m\u00e9morables-199x300.jpg 199w\" sizes=\"(max-width: 232px) 100vw, 232px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Le quatri\u00e8me num\u00e9ro de la revue \u00ab\u00a0Folle Histoire\u00a0\u00bb dirig\u00e9e par Bruno Fuligni aux \u00c9ditions Prisma \u00e0 Gennevilliers est consacr\u00e9 aux <strong><em>Gourmands m\u00e9morables<\/em><\/strong>, 60 personnages historiques qui, depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours, se sont distingu\u00e9s par leur app\u00e9tit d\u00e9mesur\u00e9 ou inattendu, leur raffinement ou, au contraire, leurs aberrations alimentaires. Certains se sont m\u00eame tu\u00e9s, ou ont tu\u00e9, \u00e0 coups de bons petits plats.<\/p>\n<p>L\u2019ouvrage est construit en quatre chapitres\u00a0: <em>Les fins becs<\/em>, <em>Les exp\u00e9rimentateurs culinaires<\/em>, <em>Les criminels de la table<\/em> et <em>Quelques repas inoubliables<\/em>.<\/p>\n<p>S\u2019y ajoutent les pr\u00e9sentations d\u2019un document (\u00ab\u00a0Une invitation chez Grimod\u00a0\u00bb), d\u2019un objet \u00ab\u00a0La trembleuse \u00e0 chocolat\u00a0\u00bb), d\u2019un mythe \u00ab\u00a0Le miracle des bulles\u00a0\u00bb), d\u2019une caricature (\u00ab\u00a0La Vache qui rit \u00e0 la conqu\u00eate du Tonkin\u00a0\u00bb) et d\u2019un film (\u00ab\u00a0Le festin de Babette\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>Le ton est l\u00e9ger, les anecdotes sont passionnantes et \u00e9clairantes, le r\u00e9sultat s&rsquo;av\u00e8re savoureux en diable\u2026<\/p>\n<p>Une revue qui se d\u00e9vore des yeux\u00a0!<\/p>\n<p><strong>P\u00c9TRONE<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Les gourmands m\u00e9morables<\/em><\/strong>, ouvrage collectif sous la direction de Bruno Fuligni, illustrations de Daniel Casanave, Gennevilliers, \u00c9ditions Prisma, octobre\u00a02015, 183\u00a0pp. en noir et blanc au format 15,4\u00a0x\u00a023\u00a0cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs et \u00e0 rabats, 17,95\u00a0\u20ac (prix France)<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Pour vous, nous avons recopi\u00e9 ces quelques lignes \u00e9crites par Philippe Di Folco\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>Le festin d\u2019Ermolao Barbaro (1488) \u2013 Un repas de mariage italien<\/strong><\/p>\n<p>En 1552, le bon Michel Nostradamus, occup\u00e9 \u00e0 r\u00e9diger ses fameuses proph\u00e9ties, fait surtout commerce de toute sorte d&rsquo;ouvrages pratiques, le livre de cuisine en t\u00eate. C&rsquo;est l\u00e0 un gagne-pain consid\u00e9rable, ce genre d&rsquo;ouvrages ne restant pas longtemps sur l&rsquo;\u00e9tal des librairies. Parmi ses bonnes ventes, Nostradamus compte <em>Un Banquet de mariage italien<\/em>, qu&rsquo;il a traduit du latin\u00a0: une \u0153uvre du V\u00e9nitien Ermolao Barbaro, brillant humaniste qui v\u00e9cut \u00e0 Bruges, \u00e0 la cour de Charles le T\u00e9m\u00e9raire, ainsi qu&rsquo;\u00e0 Rome aupr\u00e8s du pape Innocent\u00a0VIII, deux princes r\u00e9put\u00e9s pour leur app\u00e9tit.<\/p>\n<p>Le repas de mariage dont il est question semble irr\u00e9el tant il accumule les services, pas moins de quinze, tous aussi hauts en couleurs que riches en calories. La sc\u00e8ne se d\u00e9roule le 6\u00a0juin 1488 \u00e0 Rome, dans le jardin d&rsquo;un certain Trivulce, un Romain \u00ab\u00a0vaillant homme en fait de guerre\u00a0\u00bb qui, en temps de paix, choisit d&rsquo;\u00e9pouser une dame napolitaine d&rsquo;une tr\u00e8s noble et honorable famille.<\/p>\n<p>Barbaro raconte qu&rsquo;il est invit\u00e9 non pas au d\u00e9jeuner, r\u00e9serv\u00e9 aux proches, mais au souper qui se d\u00e9roule toute une partie de la nuit et rassemble les amis. Il constate que les convives sont d\u00e9j\u00e0 saouls d\u00e8s apr\u00e8s le quatri\u00e8me service, celui du premier r\u00f4ti, et que lui-m\u00eame commence \u00e0 sentir grandement les effets de l&rsquo;\u00e9bri\u00e9t\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Aussi, dit Barbaro, je me retire et fais \u00e9tat plus de spectateur que de convive si je veux d\u00e9crire les mets et les viandes\u00a0\u00bb. La liste des plats se d\u00e9roule ainsi\u00a0: premi\u00e8rement, on donne \u00e0 chacun de l&rsquo;eau de rose pour se rafra\u00eechir, accompagn\u00e9e de \u00ab\u00a0pignolats\u00a0\u00bb et autres tartes de massepain et de pignons tr\u00e8s sucr\u00e9s appel\u00e9s \u00ab\u00a0pains martiens\u00a0\u00bb. Ensuite sont servies des asperges nouvelles.<\/p>\n<p>En troisi\u00e8me, une salade m\u00e9lang\u00e9e de c\u0153urs, foies, g\u00e9siers de divers oiseaux. En quatri\u00e8me, de la chair de daim r\u00f4tie. En cinqui\u00e8me, les t\u00eates de g\u00e9nisse et de veau bouillies avec leur peau. En sixi\u00e8me, une montagne de chapons, poulardes, pigeons, accompagn\u00e9s de langues de b\u0153uf et de jambon de truie, le tout bouilli et servi avec de la sauce citronn\u00e9e. En septi\u00e8me, des che\u00advreaux r\u00f4tis accompagn\u00e9s d&rsquo;un jus de cerise am\u00e8re [amaretto]. En huiti\u00e8me, des tourterelles, perdrix, faisans, cailles, grives et autres becfigues \u00ab\u00a0studieusement\u00a0\u00bb r\u00f4tis, avec des olives comme condiments. En neuvi\u00e8me, un coq cuit dans le sucre et l&rsquo;eau de rose \u00e0 chacun des convives. En dixi\u00e8me, pour chaque invit\u00e9, un \u00ab\u00a0petit porcelet\u00a0\u00bb entier, cuit dans de la liqueur. En onzi\u00e8me, des paons r\u00f4tis \u00e0 partager entre convives avec leur sauce blanche aux pistaches, fort aromatis\u00e9e. En douzi\u00e8me, pour chacun, une tourte \u00ab\u00a0un peu recroquevill\u00e9e\u00a0\u00bb faite d&rsquo;\u0153ufs, de lait, de sauge, de farine et de sucre. En treizi\u00e8me, des quartiers de coing confits dans du sucre, des clous de girofle et de la cannelle. En quatorzi\u00e8me, un m\u00e9lange de cardons, de pignons et d&rsquo;artichauts poi\u00advrade en salade. Au quinzi\u00e8me service, on se lave les mains, puis sont port\u00e9es toutes sortes de drag\u00e9es au fenouil, \u00e0 la muscade, \u00e0 l&rsquo;orange &#8230; Le souper se termine avec des danses, des joueurs de farces, des bateleurs, des acrobaties, des musiciens conteurs. Chacun dispose bient\u00f4t d&rsquo;un cand\u00e9labre surmont\u00e9 d&rsquo;une bougie parfum\u00e9e et tous les convives vont et viennent dans le jardin, au milieu d&rsquo;une bruyante basse-cour et de quelques quadrup\u00e8des rescap\u00e9s du souper. Barbaro termine son r\u00e9cit en notant que, durant toute la farandole du banquet, un \u00ab\u00a0silence admiratif et quasi religieux r\u00e9gna, comme jamais l&rsquo;on en observa\u00a0\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le quatri\u00e8me num\u00e9ro de la revue \u00ab\u00a0Folle Histoire\u00a0\u00bb dirig\u00e9e par Bruno Fuligni aux \u00c9ditions Prisma \u00e0 Gennevilliers est consacr\u00e9 aux Gourmands m\u00e9morables, 60 personnages historiques qui, depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours, se sont distingu\u00e9s par leur app\u00e9tit d\u00e9mesur\u00e9 ou inattendu, leur raffinement ou, au contraire, leurs aberrations alimentaires. 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