{"id":12701,"date":"2016-10-25T22:21:40","date_gmt":"2016-10-25T20:21:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.satiricon.be\/?p=12701"},"modified":"2016-10-25T22:21:40","modified_gmt":"2016-10-25T20:21:40","slug":"un-humoriste-decapant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=12701","title":{"rendered":"Un humoriste d\u00e9capant\u2026"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/?attachment_id=12704\" rel=\"attachment wp-att-12704\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-12704\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/Courteline-Qui-suis-je.jpg\" alt=\"courteline-qui-suis-je\" width=\"233\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/Courteline-Qui-suis-je.jpg 233w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/Courteline-Qui-suis-je-200x300.jpg 200w\" sizes=\"(max-width: 233px) 100vw, 233px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Jacqueline Blancart-Cassou, agr\u00e9g\u00e9e de lettres classiques et docteur d\u2019\u00c9tat, est professeure honoraire \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Paris XIII-Nord. S\u2019int\u00e9ressant \u00e0 la litt\u00e9rature dramatique et, en particulier, au comique, elle a consacr\u00e9 sa th\u00e8se au <em>Rire de Michel de Ghelderode<\/em>. Elle est l\u2019auteur d\u2019ouvrages sur les \u0153uvres de ce dernier, de Jean Anouilh, de Georges Feydeau, d\u2019Eug\u00e8ne Labiche, et de nombreux articles concernant divers dramaturges des XIX<sup>e<\/sup> et XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cles. Elle a re\u00e7u en 2004 la premi\u00e8re \u00e9dition du prix triennal attribu\u00e9 par la Fondation internationale Michel de Ghelderode.<\/p>\n<p>On lui doit aussi, paru chez Pard\u00e8s \u00e0 Grez-sur-Loing, un passionnant <strong><em>Courteline Qui suis-je\u00a0?<\/em><\/strong>, petit essai biographique et critique tr\u00e8s document\u00e9 et abondamment illustr\u00e9 dans lequel elle se penche sur la destin\u00e9e personnelle et litt\u00e9raire d\u2019un des orf\u00e8vres de l\u2019humour th\u00e9\u00e2tral fran\u00e7ais de la Belle \u00c9poque.<\/p>\n<p>Voici la pr\u00e9sentation qu\u2019elle nous en donne\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Georges Moineau est n\u00e9 \u00e0 Tours, fils d\u2019un auteur connu de chroniques judiciaires, qui signe Jules Moinaux. \u00c9lev\u00e9 d\u2019abord dans cette ville chez ses grands-parents, il vit ensuite \u00e0 Paris, puis sera interne durant six ann\u00e9es au coll\u00e8ge de Meaux. R\u00e9form\u00e9 apr\u00e8s un bref service militaire, il devient employ\u00e9 de bureau <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, mais peu assidu \u00e0 ce travail.<\/p>\n<p>Sous le nom de Courteline, il \u00e9crit des chroniques dans des journaux, et les d\u00e9veloppe sous forme de contes ou de romans\u00a0; il fonde la revue <em>Paris-Moderne <\/em><a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>\u00a0; il fait la satire de la vie militaire, dans <em>Les Ga\u00eet\u00e9s de l\u2019escadron <\/em>(1886) et <em>Le Train de 8 h 47<\/em> (1891), et de l\u2019administration dans <em>Messieurs les ronds-de-cuir<\/em> (1893).<\/p>\n<p>En 1892, il rencontre sa premi\u00e8re compagne, qui lui donnera deux enfants, et se tourne vers le th\u00e9\u00e2tre. Dans de courtes com\u00e9dies, il \u00e9voque des relations de couples (<em>Boubouroche<\/em>, <em>La Peur des coups<\/em>) et se moque de la police et de la Loi (<em>Le commissaire est bon enfant<\/em>, <em>Les Balances<\/em>).<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/?attachment_id=12703\" rel=\"attachment wp-att-12703\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-12703\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/Georges-Courteline-circa-1890.jpg\" alt=\"georges-courteline-circa-1890\" width=\"292\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/Georges-Courteline-circa-1890.jpg 292w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/Georges-Courteline-circa-1890-250x300.jpg 250w\" sizes=\"(max-width: 292px) 100vw, 292px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Georges Courteline (vers 1890)<\/p>\n<p>Devenu veuf, il se remarie. Il fait jouer une com\u00e9die, <em>La Paix chez soi<\/em>, puis un pastiche de Moli\u00e8re, <em>La Conversion d\u2019Alceste<\/em>, \u00e9crit un roman, <em>Les Linottes<\/em> (1912), enfin <em>La Philosophie de Georges Courteline <\/em>(1917).<\/p>\n<p>Il est promu commandeur de la L\u00e9gion d\u2019honneur <a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a> et \u00e9lu \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie Goncourt <a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. Mais sa sant\u00e9 est atteinte\u00a0: il doit subir l\u2019amputation d\u2019une jambe <a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a> et, quatre ans plus tard, de l\u2019autre\u00a0; il ne survivra pas \u00e0 la seconde op\u00e9ration. Il meurt le 25\u00a0juin 1929.<\/p>\n<p>Son \u0153uvre abondante, pr\u00e9cise et vivace dans la raillerie, en fait l\u2019\u00e9gal d\u2019un Feydeau ou d\u2019un Labiche.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>On ajoutera que Courteline, tout commandeur de la L\u00e9gion d\u2019honneur qu\u2019il fut, \u00e9tait un grand amateur de canulars \u2013 on lui doit, par exemple, l\u2019invention du <em>d\u00e9conom\u00e8tre<\/em> \u2013 ainsi qu\u2019un acad\u00e9micien Goncourt fort peu conformiste, comme en t\u00e9moignent ses armoiries et sa devise reproduites dans l\u2019ouvrage de Madame Blancart-Cassou, et que nous nous faisons un plaisir de livrer \u00e0 l\u2019admiration de nos lecteurs\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">\u00a0<a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/?attachment_id=12702\" rel=\"attachment wp-att-12702\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-12702\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/Courteline-armoiries-et-devise.jpg\" alt=\"courteline-armoiries-et-devise\" width=\"337\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/Courteline-armoiries-et-devise.jpg 337w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/Courteline-armoiries-et-devise-289x300.jpg 289w\" sizes=\"(max-width: 337px) 100vw, 337px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Un bien vaste programme, comme l\u2019a dit un jour Charles de Gaulle en d\u00e9couvrant l\u2019inscription \u00ab\u00a0Mort aux cons\u00a0!\u00a0\u00bb sur une Jeep de la 2<sup>e<\/sup> division blind\u00e9e du g\u00e9n\u00e9ral Leclerc, qui fut la premi\u00e8re \u00e0 entrer dans Paris, le 24\u00a0ao\u00fbt 1944, lors de la bataille pour la lib\u00e9ration de la capitale fran\u00e7aise\u2026<\/p>\n<p><strong>P\u00c9TRONE<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Courteline Qui suis-je\u00a0? <\/em><\/strong>par Jacqueline Blancard-Cassou, Grez-sur-Loing, \u00c9ditions Pard\u00e8s, collection \u00ab\u00a0Qui suis-je\u00a0?\u00a0\u00bb, ao\u00fbt\u00a02016, 128\u00a0pp. en noir et blanc au format 14\u00a0x\u00a021\u00a0cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs, 12\u00a0\u20ac (prix France)<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>Quelques citations de Georges Courteline<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Passer pour un idiot aux yeux d&rsquo;un imb\u00e9cile est une volupt\u00e9 de fin gourmet.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019administration est un lieu o\u00f9 les gens qui arrivent en retard croisent dans l&rsquo;escalier ceux qui partent en avance.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Obliger les hommes \u00e0 se laver et ne point leur donner de serviettes, toute l\u2019\u00e2nerie militaire est l\u00e0.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il y a deux sortes de femmes\u00a0: celles qu&rsquo;on compromet et celles qui vous compromettent.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Un des plus clairs effets de la pr\u00e9sence d&rsquo;un enfant dans un m\u00e9nage est de rendre compl\u00e8tement idiots de braves gens qui sans lui n&rsquo;auraient \u00e9t\u00e9 que de simples imb\u00e9ciles.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Neuf fois sur dix, la loi, cette bonne fille, sourit \u00e0 celui qui la viole.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il n &lsquo; y a pas de milieu dans la vie\u00a0: d\u00e8s qu&rsquo;on n&rsquo;est plus jeune, on est vieux, et au-dessus de quarante ans, on est tous du m\u00eame \u00e2ge.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il est \u00e9trange qu&rsquo;un seul terme exprime la Peur de la mort, la Peur de la souffrance, la Peur du ridicule, la Peur d&rsquo;\u00eatre cocu et la Peur des souris, ces divers sentiments de l&rsquo;\u00e2me n&rsquo;ayant aucun rapport entre eux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je veux \u00eatre enterr\u00e9 avec une brosse \u00e0 habits pour quand je tomberai en poussi\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> En 1880, comme exp\u00e9ditionnaire au minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur, \u00e0 la Direction g\u00e9n\u00e9rale des cultes, o\u00f9, \u00e7a ne s\u2019invente pas, il a pour directeur Charles Dumay, un anticl\u00e9rical convaincu\u2026<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> En 1881.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> En 1921.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Le 24 novembre 1926.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> La droite, le 5 janvier 1925, en raison d\u2019une gangr\u00e8ne s\u00e8che cons\u00e9cutive d\u2019une inflammation de l&rsquo;orteil compliqu\u00e9e par le diab\u00e8te.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par P\u00e9trone.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[77,11,65],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12701"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12701"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12701\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12705,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12701\/revisions\/12705"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12701"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12701"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12701"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}