{"id":13456,"date":"2017-03-30T19:02:04","date_gmt":"2017-03-30T17:02:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.satiricon.be\/?p=13456"},"modified":"2017-03-30T19:12:58","modified_gmt":"2017-03-30T17:12:58","slug":"ici-lombre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=13456","title":{"rendered":"Ici, l\u2019ombre\u2026"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/?attachment_id=13458\" rel=\"attachment wp-att-13458\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-13458\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/Gaspard-de-Cherville-cover.jpg\" alt=\"Gaspard de Cherville (cover)\" width=\"236\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/Gaspard-de-Cherville-cover.jpg 236w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/Gaspard-de-Cherville-cover-202x300.jpg 202w\" sizes=\"(max-width: 236px) 100vw, 236px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Dans <strong><em>Gaspard de Cherville, l\u2019autre \u00ab\u00a0n\u00e8gre\u00a0\u00bb d\u2019Alexandre Dumas<\/em><\/strong> (Paris, Honor\u00e9 Champion), le chercheur belge Guy Peeters <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> a tent\u00e9 de restituer la personnalit\u00e9 d\u2019un \u00e9crivain oubli\u00e9 ou occult\u00e9 depuis plus d\u2019un si\u00e8cle et d\u2019\u00e9clairer la relation et les rapports de travail qu\u2019il a entretenus avec Alexandre Dumas de 1852 \u00e0 sa mort.<\/p>\n<p>\u00c9coutons le biographe\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Alexandre Dumas, n\u00e9 le 24\u00a0juillet 1802 \u00e0 Villers-Cotter\u00eats (Aisne) et mort le 5\u00a0d\u00e9cembre 1870 \u00e0 Puys, pr\u00e8s de Dieppe (Seine-Maritime), a publi\u00e9 de nombreuses \u0153uvres qu\u2019il a achet\u00e9es \u00e0 des \u00e9crivains sans notori\u00e9t\u00e9 qui se voyaient rebut\u00e9s par les \u00e9diteurs. Avec le nom de Dumas sur le manuscrit, ils le savaient, les portes s\u2019ouvraient toutes grandes.<\/p>\n<p>Mais Dumas a eu aussi deux collaborateurs \u2013 des \u201cn\u00e8gres\u201d, disait-on \u2013, avec lesquels il \u00e9laborait, parfois au jour le jour, ses romans-feuilletons.<\/p>\n<p>Le premier d\u2019entre eux, Auguste Maquet, est le co-auteur des <em>Trois Mousquetaires<\/em>, du <em>Comte de Monte-Cristo<\/em> et de bien d\u2019autres best-sellers qui n\u2019auraient pas vu le jour sans lui.<\/p>\n<p>Quelques ann\u00e9es apr\u00e8s que Maquet, faute d\u2019\u00eatre r\u00e9tribu\u00e9, a mis fin \u00e0 la collaboration, Dumas a recrut\u00e9, en 1856, un second \u201cn\u00e8gre\u201d, Gaspard Pescow, marquis de Cherville, n\u00e9 \u00e0 Chartres (Eure-et-Loir) le 11\u00a0d\u00e9cembre 1819 et mort \u00e0 Noisy-le-Roi (Seine-et-Oise) le 10\u00a0mai 1898, qui va \u00e9crire avec lui dix romans et une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p>T\u00e2che ardue, car peu de travaux existent sur le sujet, et Cherville n\u2019a pas laiss\u00e9 de m\u00e9moires. Il s\u2019est refus\u00e9 \u00e0 les r\u00e9diger par pudeur, en ce qui concerne sa vie priv\u00e9e, et par amiti\u00e9 et refus de ternir l\u2019image de Dumas qui l\u2019avait sauv\u00e9 de la mis\u00e8re alors qu\u2019il v\u00e9g\u00e9tait, ruin\u00e9, sans travail et exil\u00e9 en Belgique.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/?attachment_id=13457\" rel=\"attachment wp-att-13457\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-13457\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/Gaspard-de-Cherville-illu.jpeg\" alt=\"Gaspard de Cherville (illu)\" width=\"250\" height=\"341\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/Gaspard-de-Cherville-illu.jpeg 250w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/Gaspard-de-Cherville-illu-220x300.jpeg 220w\" sizes=\"(max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><\/p>\n<p>La correspondance Dumas-Cherville, assez rare, ne suffit pas \u00e0 rendre compte des relations des deux \u00e9crivains. Subsistent, par contre, \u00e0 la Biblioth\u00e8que Nationale de France et \u00e0 celle de l\u2019Arsenal, de nombreuses lettres adress\u00e9es par le marquis \u00e0 l\u2019\u00e9diteur Jules Hetzel, qui a \u00e9t\u00e9 son mentor, et au romancier et dramaturge Jules Claretie, pendant et apr\u00e8s sa collaboration avec le romancier. Restent aussi, diss\u00e9min\u00e9s \u00e7\u00e0 et l\u00e0 dans les \u0153uvres de Cherville, \u00e9crites seul ou en collaboration, et dans ses innombrables articles, des \u00e9l\u00e9ments autobiographiques int\u00e9ressants. Enfin, il est utile de d\u00e9couvrir de visu les lieux o\u00f9 a v\u00e9cu cet \u00e9crivain\u00a0: Chartres et Saint-Priest, Chapelle-Guillaume (Eure-et-Loir), Bruxelles, Spa, La Varenne-Saint-Hilaire&#8230;<\/p>\n<p>Reconstruire la biographie de Gaspard de Cherville, ce n\u2019est pas seulement \u00e9clairer la trajectoire chaotique d\u2019un homme et des \u00e9crits qu\u2019il a produits avec Dumas ou qu\u2019il a publi\u00e9s sous son nom. C\u2019est aussi r\u00e9colter des informations sur le Dumas des derni\u00e8res ann\u00e9es, plus rarement approch\u00e9 que celui des d\u00e9buts triomphants, et sur ses pratiques d\u2019\u00e9criture. C\u2019est encore, entre autres, constater que Victor Hugo a recueilli dans <em>Napol\u00e9on le Petit<\/em> le t\u00e9moignage direct de Cherville sur les massacres bonapartistes du 4\u00a0d\u00e9cembre 1851\u00a0; remarquer les rapports tendus qu\u2019ont entretenus Hetzel, Dumas et Cherville avec un \u00e9diteur belge\u00a0; revenir sur le r\u00f4le important qu\u2019a tenu No\u00ebl Parfait, l\u2019infatigable secr\u00e9taire d\u2019Alexandre Dumas ; juger l\u2019attitude de Dumas fils \u00e0 l\u2019\u00e9gard du collaborateur de son p\u00e8re&#8230;<\/p>\n<p>Enfin, et ce n\u2019est pas la seule surprise, d\u00e9couvrir le jeune \u00c9mile Zola demandant conseil pour sa carri\u00e8re \u00e0 Gaspard de Cherville et s\u2019inspirant plus tard de textes et de r\u00e9flexions du marquis pour \u00e9crire certains \u00e9pisodes de <em>La Terre<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u201cVous savez ce que je vous ai dit le jour de notre premi\u00e8re collaboration, et ce que je vous ai r\u00e9p\u00e9t\u00e9 vingt fois depuis, \u00e9crivait Dumas \u00e0 Gaspard de Cherville\u00a0: en litt\u00e9rature, le doute de soi n\u2019est pas de la modestie. Vous doutiez de vous, et vous aviez tort\u00a0; vous pouviez faire mieux, et vous faisiez aussi bien que ceux qui tiennent les feuilletons des plus grands journaux\u201d.<\/p>\n<p>Tout montre qu\u2019Alexandre Dumas ne le m\u00e9jugeait pas et que Cherville a eu le tort de ne pas assez l\u2019entendre\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Une biographie passionnante, claire, sans jargon, nourrie de nombreux in\u00e9dits et parsem\u00e9e d\u2019anecdotes amusantes, susceptible d\u2019accrocher tant les sp\u00e9cialistes avertis de l\u2019\u0153uvre de Dumas que les dix-neuvi\u00e9mistes en g\u00e9n\u00e9ral ou les lecteurs curieux.<\/p>\n<p><strong>P\u00e9trone<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Gaspard de Cherville, l\u2019autre \u00ab\u00a0n\u00e8gre\u00a0\u00bb d\u2019Alexandre Dumas <\/em><\/strong>par Guy Peeters, Paris, \u00c9ditions Honor\u00e9 Champion, collection \u00ab\u00a0Romantisme Modernit\u00e9\u00a0\u00bb, f\u00e9vrier\u00a02017, 550\u00a0pp. en noir et blanc au format 15,5\u00a0x\u00a023,5\u00a0cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs, 95,00\u00a0\u20ac (prix France)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Licenci\u00e9 et agr\u00e9g\u00e9 en philosophie et lettres de l\u2019Universit\u00e9 Libre de Bruxelles, Guy Peeters (\u00b01947) consacre ses recherches \u00e0 la vie et \u00e0 l\u2019\u0153uvre de quelques \u00e9crivains du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle\u00a0: hommes de lettres engag\u00e9s, comme Victor Hugo, Lamennais, B\u00e9ranger ou Lamartine. Les <em>Cahiers d\u2019\u00e9tudes sur les Correspondances du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle<\/em>, les <em>Actes du Colloque international Lamartine de M\u00e2con<\/em>, <em>Nineteenth-Century French Studies<\/em> (New York), entre autres, ont accueilli quelques-uns de ses travaux.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par P\u00e9trone.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[77,11],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13456"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=13456"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13456\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13460,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13456\/revisions\/13460"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=13456"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=13456"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=13456"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}