{"id":14057,"date":"2017-08-09T15:17:29","date_gmt":"2017-08-09T13:17:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.satiricon.be\/?p=14057"},"modified":"2017-08-09T15:45:47","modified_gmt":"2017-08-09T13:45:47","slug":"un-gros-crachat-de-664-pages-produit-dun-cacographe-maniaque-nabot-impulsif-et-malsain-charles-maurras-a-propos-des-decombres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=14057","title":{"rendered":"\u00ab Un gros crachat de 664 pages produit d\u2019un cacographe maniaque, nabot impulsif et malsain. \u00bb (Charles Maurras \u00e0 propos des D\u00e9combres)"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/?attachment_id=14058\" rel=\"attachment wp-att-14058\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-14058\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/Le-dossier-Rebatet.jpg\" alt=\"Le dossier Rebatet\" width=\"230\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/Le-dossier-Rebatet.jpg 230w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/Le-dossier-Rebatet-197x300.jpg 197w\" sizes=\"(max-width: 230px) 100vw, 230px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Fils d\u2019un notaire de province r\u00e9publicain et d\u2019une m\u00e8re tr\u00e8s catholique, le Fran\u00e7ais Lucien Rebatet (1903-1972), un critique musical et cin\u00e9matographique, \u00e9crivain et journaliste fasciste, ath\u00e9e, anticommuniste, collaborationniste et antis\u00e9mite extr\u00eamement virulent <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, est l\u2019auteur d\u2019un livre maudit qui fut le best-seller de l\u2019Occupation\u00a0: <em>Les D\u00e9combres<\/em>, ouvrage qui lui a valu, entre autres raisons, d\u2019\u00eatre condamn\u00e9 \u00e0 mort en 1946.<\/p>\n<p>En 2015, ce texte est ressorti dans son int\u00e9gralit\u00e9 pour la premi\u00e8re fois depuis 1942 dans <strong><em>Le dossier Rebatet \u2013 Les D\u00e9combres \u2013 L\u2019In\u00e9dit de Clairvaux<\/em><\/strong>, une publication critique \u00e9tablie et annot\u00e9e par l\u2019historienne B\u00e9n\u00e9dicte Vergez-Chaignon <a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a> accompagn\u00e9e d\u2019une pr\u00e9face de Pascal Ory <a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a> et du journal de prison de Rebatet (<em>L\u2019In\u00e9dit de Clairvaux<\/em>, un plaidoyer <em>pro domo<\/em>, bien entendu, mais qui constitue aussi un int\u00e9ressant t\u00e9moignage sur le syst\u00e8me r\u00e9pressif et carc\u00e9ral fran\u00e7ais de l\u2019\u00e9poque\u2026), \u00e0 Paris, aux \u00c9ditions Robert Laffont, dans la collection \u00ab\u00a0Bouquins\u00a0\u00bb, apr\u00e8s avoir reparu en 1976 chez Jean-Jacques Pauvert, amput\u00e9 de ses chapitres les plus d\u00e9lirants, notamment celui intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Le ghetto\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Pour la premi\u00e8re fois aussi, alors que l\u2019ouvrage est en libre acc\u00e8s sur le Net, il est accompagn\u00e9 d\u2019un appareil critique important, qui permet de le lire en connaissance de cause, de le resituer dans le climat de l\u2019\u00e9poque, avec ses outrances, ses haines et ses pr\u00e9jug\u00e9s dont Rebatet fut l\u2019un des plus v\u00e9h\u00e9ments porte-parole.<\/p>\n<p>Ce livre, empreint d\u2019un antis\u00e9mitisme visc\u00e9ral et obsessionnel, appara\u00eet aujourd\u2019hui comme un document historique \u00e9difiant sur l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit, les phobies et les d\u00e9rives de toute une g\u00e9n\u00e9ration d\u2019intellectuels se r\u00e9clamant du fascisme.<\/p>\n<p>L\u2019auteur n\u2019\u00e9tant pas d\u00e9nu\u00e9 de talent d\u2019\u00e9criture, comme l\u2019a prouv\u00e9 son roman <em>Les Deux \u00c9tendards<\/em>, publi\u00e9 par la NRF en 1951 \u00e0 l\u2019instigation de Jean Paulhan, et son <em>Histoire de la musique<\/em> (1969), <em>Les D\u00e9combres<\/em> constituent \u00e9galement une \u0153uvre litt\u00e9raire \u00e0 part enti\u00e8re, reconnue comme telle, y compris par nombre de ses d\u00e9tracteurs les plus r\u00e9solus.<\/p>\n<p>Pascal Ory, qui a soutenu d\u00e8s l\u2019origine l\u2019id\u00e9e d\u2019une r\u00e9\u00e9dition int\u00e9grale, mais encadr\u00e9e et comment\u00e9e, fournit dans une pr\u00e9face tr\u00e8s \u00e9clairante les explications qui la justifient.<\/p>\n<p><strong>P\u00c9TRONE<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Le dossier Rebatet \u2013 Les D\u00e9combres \u2013 L\u2019In\u00e9dit de Clairvaux<\/em><\/strong>, \u00e9dition \u00e9tablie et annot\u00e9e par B\u00e9n\u00e9dicte Vergez-Chaignon, pr\u00e9face de Pascal Ory, Paris, \u00c9ditions Robert Laffont, collection \u00ab\u00a0Bouquins\u00a0\u00bb, octobre\u00a02015, 1\u00a0152\u00a0pp. en noir et blanc au format 13,2\u00a0x\u00a019,7\u00a0cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs, 30\u00a0\u20ac (prix France)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> En avril 1929, Lucien Rebatet est engag\u00e9 comme critique musical au journal nationaliste et monarchiste <em>L&rsquo;Action fran\u00e7aise<\/em> dirig\u00e9 par Charles Maurras, dans lequel il \u00e9crit sous le pseudonyme de Fran\u00e7ois Vinneuil. Le 30 avril 1932, il devient journaliste \u00e0 <em>Je suis partout<\/em>. Mobilis\u00e9 en janvier 1940, est lib\u00e9r\u00e9 le 15 juillet 1940, il rejoint Vichy o\u00f9 il travaille \u00e0 la radio. De retour \u00e0 Paris, apr\u00e8s un passage au journal <em>Le Cri du peuple<\/em> de Jacques Doriot, il revient \u00e0 <em>Je suis partout<\/em> qui devient, \u00e0 partir de 1941, le principal journal collaborationniste et antis\u00e9mite fran\u00e7ais sous l&rsquo;occupation nazie. En juillet 1944, avec Louis-Ferdinand C\u00e9line, Rebatet se r\u00e9fugie \u00e0 Sigmaringen en Allemagne avant d\u2019\u00eatre arr\u00eat\u00e9 Feldkirch le 8\u00a0mai 1945 et d\u2019\u00eatre jug\u00e9 \u00e0 Paris le 18\u00a0novembre 1946. Gr\u00e2ce \u00e0 une p\u00e9tition d&rsquo;\u00e9crivains comprenant notamment les noms de Camus, Mauriac, Paulhan, Martin du Gard, Bernanos, Aym\u00e9 et Anouilh, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique Vincent Auriol le gracie le 12\u00a0avril 1947, et sa condamnation \u00e0 mort est commu\u00e9e en peine de travaux forc\u00e9s \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9, \u00e0 la prison de Clairvaux. Lib\u00e9r\u00e9 le 16\u00a0juillet 1952 et d&rsquo;abord assign\u00e9 \u00e0 r\u00e9sidence, Lucien Rebatet revient \u00e0 Paris en 1954, o\u00f9 il reprend son activit\u00e9 de journaliste, travaillant pour l\u2019hebdomadaire d\u2019extr\u00eame droite <em>Rivarol<\/em> \u00e0 partir de 1958. Lors de l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 1965, Rebatet soutient Fran\u00e7ois Mitterrand et, en 1967, Lucien Rebatet glorifie la guerre isra\u00e9lienne contre les \u00c9tats arabes\u00a0: \u00ab\u00a0La cause d\u2019Isra\u00ebl est l\u00e0-bas celle de tous les Occidentaux. On m\u2019e\u00fbt bien \u00e9tonn\u00e9 si l\u2019on m\u2019e\u00fbt proph\u00e9tis\u00e9 en 1939 que je ferais un jour des v\u0153ux pour la victoire d\u2019une arm\u00e9e sioniste. Mais c\u2019est la solution que je trouve raisonnable aujourd\u2019hui.\u00a0\u00bb (in Micha\u00ebl Bloch, <em>L&rsquo;extr\u00eame-droite fran\u00e7aise face \u00e0 la question isra\u00e9lienne<\/em>, m\u00e9moire IEP Aix en Provence, p.\u00a033).<\/p>\n<p>(Sources\u00a0: <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Lucien_Rebatet\">https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Lucien_Rebatet<\/a> et <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Je_suis_partout\">https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Je_suis_partout<\/a>)<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> B\u00e9n\u00e9dicte Vergez-Chaignon est docteure en histoire. Elle est l&rsquo;auteur de plusieurs livres sur la R\u00e9sistance, Vichy et l&rsquo;\u00e9puration et elle a publi\u00e9 une biographie du mar\u00e9chal P\u00e9tain (chez Perrin en 2014).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Pascal Ory est professeur d&rsquo;histoire contemporaine \u00e0 la Sorbonne et l&rsquo;auteur d&rsquo;ouvrages sur la collaboration qui font autorit\u00e9. Il a dirig\u00e9 le <em>Dictionnaire des \u00e9trangers qui ont fait la France<\/em>, paru dans\u00a0 la collection \u00ab\u00a0Bouquins\u00a0\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par P\u00e9trone.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[51,11],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14057"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=14057"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14057\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14060,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14057\/revisions\/14060"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=14057"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=14057"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=14057"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}