{"id":15423,"date":"2018-03-05T20:43:14","date_gmt":"2018-03-05T18:43:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.satiricon.be\/?p=15423"},"modified":"2018-03-05T20:43:14","modified_gmt":"2018-03-05T18:43:14","slug":"letude-magistrale-dun-sujet-touchy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=15423","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9tude magistrale d\u2019un sujet \u00ab\u00a0touchy\u00a0\u00bb\u2026"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/?attachment_id=15424\" rel=\"attachment wp-att-15424\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-15424\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/L\u00e9opold-II-potentat-congolais-\u2013-Laction-royale-face-\u00e0-la-violence-coloniale.jpg\" alt=\"\" width=\"226\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/L\u00e9opold-II-potentat-congolais-\u2013-Laction-royale-face-\u00e0-la-violence-coloniale.jpg 226w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/L\u00e9opold-II-potentat-congolais-\u2013-Laction-royale-face-\u00e0-la-violence-coloniale-194x300.jpg 194w\" sizes=\"(max-width: 226px) 100vw, 226px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Adapt\u00e9 de sa th\u00e8se de doctorat en histoire d\u00e9fendue en 2015 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 catholique de Louvain-la-Neuve, l\u2019ouvrage de Pierre-Luc Plasman intitul\u00e9 <strong><em>L\u00e9opold\u00a0II, potentat congolais \u2013 L&rsquo;action royale face \u00e0 la violence coloniale <\/em><\/strong>(Bruxelles, \u00c9ditions Racine) est l\u2019\u00e9tude magistrale d\u2019un sujet particuli\u00e8rement d\u00e9licat, comme l\u2019indique son ma\u00eetre, le professeur Michel Dumoulin, dans sa pr\u00e9face\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Une abondante litt\u00e9rature existe d\u00e9sormais aussi bien \u00e0 propos du deuxi\u00e8me roi des Belges qu&rsquo;\u00e0 celui de l&rsquo;\u00c9tat ind\u00e9pendant du Congo (EIC), dont il fut le souverain entre 1885 et 1908. Mais qui dit quantit\u00e9 ne dit pas n\u00e9cessairement qualit\u00e9, et ce, quelle que soit l&rsquo;orientation des auteurs. Les uns, confondant enqu\u00eate historique et r\u00e9quisitoire implacable prononc\u00e9 au nom de la morale de notre temps, accumulent les clich\u00e9s et les contre-v\u00e9rit\u00e9s. Les autres, nostalgiques du temps colonial, conf\u00e8rent \u00e0 leur m\u00e9moire le statut de source de la v\u00e9rit\u00e9 historique. D\u00e8s lors, faut-il m\u00eame souligner combien tout discours soucieux d&rsquo;\u00e9chapper au simplisme est rendu quasiment inaudible du fait du tumulte provoqu\u00e9 par l&rsquo;instrumentalisation du pass\u00e9 au nom de la repentance par les uns, des bienfaits de la colonisation et du g\u00e2chis de la d\u00e9colonisation par les autres\u00a0?<\/p>\n<p>Sans pr\u00e9tendre d\u00e9tenir LA v\u00e9rit\u00e9, Pierre-Luc Plasman, s&rsquo;appuyant sur les travaux souvent pionniers d&rsquo;illustres pr\u00e9d\u00e9cesseurs et exploitant une masse impressionnante de sources in\u00e9dites, publiques et priv\u00e9es, ainsi que de non moins nombreuses sources imprim\u00e9es, vise deux objectifs. Le premier, pour faire bref, consiste \u00e0 \u00e9tudier la naissance et le d\u00e9veloppement des rouages de l&rsquo;EIC. Le second rel\u00e8ve du souci de comprendre pourquoi le r\u00e9gime l\u00e9opoldien a \u00e9t\u00e9 synonyme d&rsquo;une tr\u00e8s grande violence \u00e9pousant diverses formes.<\/p>\n<p>L\u00e9opold\u00a0II, jadis pr\u00e9sent\u00e9 comme un g\u00e9ant au g\u00e9nie incompris de ses contemporains aussi mesquins que d\u00e9pourvus d&rsquo;ambition pour leur patrie, l&rsquo;est, aujourd&rsquo;hui, comme un sinistre g\u00e9nocidaire. Cette opposition radicale entre deux repr\u00e9sentations, la seconde l&#8217;emportant d\u00e9sormais largement sur la premi\u00e8re, a limit\u00e9 l&rsquo;\u00e9tude de la substance et des formes du r\u00e9gime l\u00e9opoldien \u00e0 la portion congrue. Comme si la volont\u00e9 du roi des Belges avait \u00e9t\u00e9 la seule et unique source d&rsquo;inspiration du syst\u00e8me progressivement mis en place. Or, s&rsquo;il est \u00e9vident que le Roi a sans cesse \u00e9t\u00e9 \u00e0 la recherche d&rsquo;une colonie ou d&rsquo;un domaine r\u00e9mun\u00e9rateur, il tombe sous le sens qu&rsquo;il ne pouvait pas y parvenir \u201cseul contre tous\u201d.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019ouvrage aborde pour la premi\u00e8re fois dans les d\u00e9tails et en chiffres le fonctionnement de l&rsquo;\u00c9tat ind\u00e9pendant du Congo ainsi que le r\u00f4le pr\u00e9cis de L\u00e9opold\u00a0II en vue de mieux comprendre les atrocit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la r\u00e9colte du caoutchouc commises par les acteurs sur place \u2013 \u00ab\u00a0hauts fonctionnaires territoriaux et directeurs de soci\u00e9t\u00e9s abusant largement de leurs pr\u00e9rogatives, agents subalternes et sentinelles africaines int\u00e9grant la bestialisation de leur comportement dans leur cadre de travail\u00a0\u00bb <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> \u2013 ainsi que les actions du souverain dans une voie r\u00e9formatrice, mais aveugl\u00e9e par le d\u00e9ni et prenant la campagne anti-congolaise pour l\u2019expression d\u2019une frustration de l\u2019imp\u00e9rialisme anglais, alors que la source des abus r\u00e9sidait dans le syst\u00e8me m\u00eame d\u2019exploitation de l\u2019EIC.<\/p>\n<p>Enfin, \u00ab\u00a0aussi horribles soient-elles, (l)es violences de masse ne peuvent pas \u00eatre qualifi\u00e9es de g\u00e9nocidaires. De m\u00eame, la moiti\u00e9 de la population congolaise n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 extermin\u00e9e. Il existe cependant bel et bien un d\u00e9clin d\u00e9mographique dans lequel la terreur et la violence jouent un r\u00f4le primordial \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019autres facteurs, comme la d\u00e9natalit\u00e9 v\u00e9n\u00e9rienne.\u00a0\u00bb <a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a><\/p>\n<p>Une vaste remise en place des id\u00e9es re\u00e7ues\u2026<\/p>\n<p><strong>P\u00c9TRONE<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>L\u00e9opold\u00a0II, potentat congolais \u2013 L&rsquo;action royale face \u00e0 la violence coloniale <\/em><\/strong>par Pierre-Luc Plasman, pr\u00e9face de Michel Dumoulin, Bruxelles, \u00c9ditions Racine, novembre\u00a02017, 246\u00a0pp. + un cahier photos de 8\u00a0pp. en noir et blanc au format 15,5\u00a0x\u00a024\u00a0cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs, 24,95\u00a0\u20ac<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Page 226.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Pages\u00a0226-227.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par P\u00e9trone.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[49,11],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15423"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=15423"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15423\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15425,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15423\/revisions\/15425"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=15423"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=15423"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=15423"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}