{"id":18731,"date":"2020-04-04T21:24:56","date_gmt":"2020-04-04T19:24:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.satiricon.be\/?p=18731"},"modified":"2020-04-04T21:24:56","modified_gmt":"2020-04-04T19:24:56","slug":"resistances","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=18731","title":{"rendered":"R\u00e9sistances&#8230;"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" width=\"213\" height=\"350\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Lh\u00f4pital-\u2013-Une-hostobiographie-par-Alphonse-Boudard.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-18732\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Lh\u00f4pital-\u2013-Une-hostobiographie-par-Alphonse-Boudard.jpg 213w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Lh\u00f4pital-\u2013-Une-hostobiographie-par-Alphonse-Boudard-183x300.jpg 183w\" sizes=\"(max-width: 213px) 100vw, 213px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Alphonse\nBoudard (Paris, 1925 \u2013 Nice, 2000) fut apprenti dans une fonderie typographique\nen 1941 avant de s&rsquo;engager dans la R\u00e9sistance (il fut maquisard dans le centre\nde la France en 1943, participa \u00e0 la lib\u00e9ration de Paris en 1944 au sein d\u2019un\ngroupe FFI avant de combattre dans les colonnes FTP \u2013 communistes \u2013 du colonel\nFabien puis de rallier les commandos de France de la 1<sup>re&nbsp;<\/sup>arm\u00e9e\ndu mar\u00e9chal de Lattre avec lesquels il participa \u00e0 la bataille d\u2019Alsace durant\nlaquelle lui fut d\u00e9cern\u00e9e la m\u00e9daille militaire). <\/p>\n\n\n\n<p>De\n1944 \u00e0 1962, il fit plusieurs s\u00e9jours en prison pour des cambriolages et dans\ndes sanatoriums pour soigner sa tuberculose. Sous le nom de Laurent Savani, il\na \u00e9crit un roman \u00e9rotique, <em>Les Grandes\nArdeurs<\/em>, publi\u00e9 en 1958, qui lui valut un suppl\u00e9ment de prison <a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>.\nAutodidacte, c\u2019est cette ann\u00e9e-l\u00e0 qu\u2019il commen\u00e7a son \u0153uvre litt\u00e9raire publi\u00e9e\npar la suite (<em>La m\u00e9tamorphose des\ncloportes<\/em>, 1962, <em>La cerise<\/em>, 1963, <em>Bleubite<\/em>, 1966, <em>L&rsquo;argot sans\npeine ou la m\u00e9thode \u00e0 Mimile<\/em>, 1970, avec Luc \u00c9tienne, <em>Cinoche<\/em>, 1974, <em>Le corbillard\nde Jules<\/em>, 1979, <em>Le banquet des\nl\u00e9opards<\/em>, 1980, <em>Le caf\u00e9 du pauvre<\/em>, 1983, <em>La fermeture<\/em>, 1986,\nPrix Rabelais, <em>L&rsquo;\u00e9ducation d&rsquo;Alphonse<\/em>,\n1987, <em>Saint-Fredo<\/em>, 1993, <em>Mourir\nd&rsquo;enfance<\/em>, 1995, Grand prix du roman de l&rsquo;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise, <em>Madame de\u2026\nSaint Sulpice<\/em> (1996), <em>L&rsquo;\u00c9trange Monsieur Joseph<\/em> (1998), <em>Ch\u00e8re\nvisiteuse<\/em>, 1999, <em>Les trois mamans du\npetit J\u00e9sus,<\/em> 2000, Prix Georges-Simenon \u2013 Prix Georges-Brassens). <\/p>\n\n\n\n<p>Son\n\u0153uvre est l&rsquo;une des plus importantes de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise\nd&rsquo;apr\u00e8s-guerre. Il fait partie de cette famille d&rsquo;\u00e9crivains o\u00f9 l&rsquo;on rencontre\nRen\u00e9 Fallet (1927-1983), Albert Simonin (1905-1980) ou encore Antoine Blondin\n(1922-1991) <a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Chacun\nde ses ouvrages prend place au sein d&rsquo;un vaste ensemble de biographie\nromanesque&nbsp;: <em>Les Chroniques de\nmauvaise compagnie<\/em>, dans lesquelles il use de l\u2019argot et du langage de la\nrue, \u00e0 l\u2019instar d\u2019Albert Paraz (1899-1957) et de Louis-Ferdinand C\u00e9line\n(1894-1961).<\/p>\n\n\n\n<p>Les\n\u00c9ditions de la Table Ronde \u00e0 Paris ont r\u00e9\u00e9dit\u00e9 r\u00e9cemment deux de ces\n\u00ab&nbsp;chroniques&nbsp;\u00bb, <strong><em>L&rsquo;h\u00f4pital \u2013 Une hostobiographie <\/em><\/strong>(1972)\net <strong><em>Les\ncombattants du petit bonheur<\/em><\/strong> (1977, prix Renaudot <a href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans\n<em>L\u2019h\u00f4pital<\/em>, Alphonse Boudard fait le\nr\u00e9cit haut en couleur de son internement m\u00e9dical, \u00e0 partir du 15&nbsp;ao\u00fbt 1952,\npour soigner la tuberculose qu\u2019il avait contract\u00e9e en prison durant l\u2019hiver\npr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n\n\n\n<p>Extraits&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;L&rsquo;hosto,\nquand on y a s\u00e9journ\u00e9 longtemps et qu&rsquo;on a failli y clamser, on y reste\ntoujours un peu. Il vous fascine, vous obs\u00e8de&#8230; on se dit qu&rsquo;on y reviendra un\njour ou l&rsquo;autre. Il est l&rsquo;image de notre mort&#8230; J&rsquo;en ai tant vu des mecs\nd\u00e9visser l\u00e0-dedans&#8230; jeunes, vieux, ivrognes ou sobres, j&rsquo;arrive plus \u00e0\noublier. Je voudrais, je m&rsquo;efforce, et puis \u00e7a m&rsquo;alpague au tournant d&rsquo;une rue.\nJ&rsquo;aper\u00e7ois le portail, une grille&#8230; \u00e7a me file les jetons. Comme la taule,\ntous les lieux de vacherie&#8230;&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Portrait\nd\u2019une infirmi\u00e8re en chef&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;J&rsquo;ose\npas renauder qu&rsquo;on me change de place, la trois galons rien que sa gueule, sa\nvoix fl\u00fbt\u00e9e aigre dans le lointain, \u00e7a me coupe l&rsquo;envie de lui pr\u00e9senter mes\ndol\u00e9ances. C&rsquo;est un grand cheval \u00e0 lunettes, aux traits durs&#8230; la petite\npointe f\u00e9roce dans l&rsquo;\u0153il derri\u00e8re ses verres convexes. Elle passe toujours voir\nsi les urinaux, plac\u00e9s r\u00e9glementairement sur une petite tablette au-dessus des\nlits, ont tous le bec tourn\u00e9 dans le m\u00eame sens. Elle supporte pas l&rsquo;urinal\ntourn\u00e9 vers la porte, sa marotte&#8230; Elle te rabroue sec l&rsquo;oublieux,\nl&rsquo;indisciplin\u00e9, l&rsquo;anarchiste qui fait fi de sa consigne stricte\u2026 \u201cVotre urinal,\nmonsieur&nbsp;3&nbsp;!\u201d On entend \u00e7a du bout de la salle, tous on gaffe, on\nrectifie&#8230; m\u00eame les Kabyles, les B\u00e9douins tout frais de leur Atlas entravent\nla menace. Certain qu&rsquo;elle s&rsquo;occupe d&rsquo;autre chose dans la journ\u00e9e, qu&rsquo;elle\ndrive son service, qu&rsquo;elle est surcharg\u00e9e de boulot comme tout le reste du\npersonnel, seulement sa manie du pistolet braqu\u00e9 \u00e0 droite, on ne comprend plus\nque \u00e7a&#8230; que c&rsquo;est l&rsquo;obsession&#8230; l&rsquo;id\u00e9e fixe&nbsp;! Elle passe en courant,\ndouze pognes fissa sortent des couvrantes v\u00e9rifier le sens du bec&#8230; le mourant\ntremblant qui renverse sa pisse. \u201cMme Urinal\u201d, son surblaze. Je tiens pas \u00e0\nm&rsquo;heurter, je me l\u00e8ve, je vais aux gogues pour le moindre pipi J&rsquo;y touche plus\n\u00e0 mon pistoulache, c&rsquo;est devenu un vase. Il est fix\u00e9 une fois pour toutes,\nretenu par des bouts de sparadrap sur l&rsquo;\u00e9tag\u00e8re. De ces lubies qu&rsquo;il faut se\nfarcir un peu partout, dans l&rsquo;existence d\u00e8s qu&rsquo;on est \u00e0 la merci d&rsquo;un chef,\nd&rsquo;un patron, pour se soigner, survivre, gagner son b\u0153uf&nbsp;! Mme Urinal, \u00e0\nbien r\u00e9fl\u00e9chir, apr\u00e8s moult exp\u00e9riences, j&rsquo;ai rencontr\u00e9, je rencontre toujours\nde ses semblables et m\u00eame dans des professions o\u00f9 on n&rsquo;imaginerait pas. Au\ncinoche, au th\u00e9\u00e2tre, de ces metteurs en sc\u00e8ne pontifiants qui vous tourmentent\nle sc\u00e9nariste, l&rsquo;auteur, peu de chose pr\u00e8s d&rsquo;urinal le bec tourn\u00e9 vers la\ndroite&#8230;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" width=\"212\" height=\"350\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Les-combattants-du-petit-bonheur.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-18733\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Les-combattants-du-petit-bonheur.jpg 212w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Les-combattants-du-petit-bonheur-182x300.jpg 182w\" sizes=\"(max-width: 212px) 100vw, 212px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Dans\n<em>Les combattants du petit bonheur<\/em>, il raconte sa jeunesse dans le 13<sup>e&nbsp;<\/sup>arrondissement\nde Paris, aux alentours de la place d&rsquo;Italie, pendant la Seconde Guerre mondiale.\nApr\u00e8s avoir tent\u00e9 de quitter Paris \u00e0 v\u00e9lo en juin 1940, il doit faire demi-tour\nau niveau d&rsquo;Orl\u00e9ans et rejoindre la capitale. L&rsquo;hiver 1940 est rude&nbsp;: le\nfroid, les privations alimentaires ont raison des plus faibles. Parmi les\nmauvais gar\u00e7ons qu&rsquo;il fr\u00e9quente, certains rejoignent le camp du mar\u00e9chal\nP\u00e9tain. Les rivalit\u00e9s entre bandes font qu&rsquo;il s&rsquo;engage du c\u00f4t\u00e9 des futurs\nvainqueurs. Employ\u00e9 dans une imprimerie situ\u00e9e \u00e0 Glaci\u00e8re, il est recrut\u00e9 par\nun r\u00e9seau de la r\u00e9sistance et part rejoindre un maquis en Sologne au printemps\n1944. Il y d\u00e9couvre une organisation boy-scout inefficace. Apr\u00e8s le massacre de\nla section qu&rsquo;il devait rejoindre, il d\u00e9cide de rentrer sur Paris. Il participe\nalors \u00e0 la lib\u00e9ration de Paris en \u00e9tant pr\u00e9sent pr\u00e8s de la place Saint-Michel <a href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Extraits&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Tout\na commenc\u00e9 dans la rue, le meilleur et le pire. Le pire plus souvent. Sans la\nrue, les petits potes tra\u00eene-lattes, certain que je me serais pas fourvoy\u00e9\nguerrier de l&rsquo;ombre. J&rsquo;aurais eu personne \u00e0 \u00e9pater. On est entr\u00e9 dans la\nguerre, la vraie avec des armes \u00e0 feu, pour continuer nos jeux de la rue&#8230; nos\nbagarres de quartier. Pas plus d&rsquo;id\u00e9al l\u00e0-dedans que d&rsquo;orangers \u00e0 Courbevoie.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019agissant\nd\u2019un r\u00e9sistant alsacien durant les journ\u00e9es de combats pour la lib\u00e9ration de\nParis en 1944&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Tout\n\u00e0 coup il y a comme une rumeur dans la file d&rsquo;attente devant la boulangerie\nd&rsquo;abord sourde, puis \u00e7a s&rsquo;amplifie&#8230; \u00e7a tourne gueulante. \u201cSalaud&nbsp;!\nCollabo&nbsp;! Tra\u00eetre&nbsp;!\u201d&#8230; Apr\u00e8s qui en ont-elles comme \u00e7a, les\nqueutardes&nbsp;? Elles entourent, on dirait&#8230; oui, c&rsquo;est lui le Colosse\nblond, l&rsquo;interpr\u00e8te de la cave et de la fontaine&#8230; l&rsquo;homme \u00e0 la mitrailleuse\nHotchkiss. Il fait de grands gestes&#8230; se d\u00e9bat. Une grande \u00e9chevel\u00e9e lui\nbraille sous le nez&#8230; \u201cParfaitement de la L.V.F&nbsp;! On t&rsquo;a vu en uniforme\nallemand, ordure&nbsp;!\u201d La voix du grand blond est couverte par les cris.\nElles s&rsquo;y mettent toutes&#8230; elles le glaviotent. Il en rapplique d&rsquo;autres de\nfemmes et puis des hommes&#8230; des F.F.I\u2026 les deux qui gardent sa mitrailleuse.\nIls le connaissent, le Colosse, c&rsquo;est leur mitrailleur, leur chef. \u00c7a discute,\ndispute ferme autour.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;en\noublie ma mignonne \u00e0 jupe pliss\u00e9e. Je sors de mon fortin. Il est malmen\u00e9, le\nbalaise\u2026 beau se d\u00e9battre&#8230; elles sont maintenant douze quinze harpies \u00e0 le\ntirer par les fringues&#8230; d\u00e9j\u00e0 le frapper&nbsp;! Ses deux hommes ont bien de la\npeine \u00e0 le d\u00e9gager un peu. Je l&rsquo;entends crier \u201cJe suis alsacien&nbsp;!\u201d &#8230; les\ndeux F.F.I. essaient de l&rsquo;entra\u00eener\u2026 d&rsquo;autres accourent&#8230; des brassard\u00e9s. \u00c7a\nva tourner pugilat&#8230; \u201cJe suis pr\u00eate \u00e0 t\u00e9moigner&nbsp;!\u201d braille l&rsquo;\u00e9chevel\u00e9e.\nMaintenant \u00e7a hurle dans la queue&#8230; \u201cArr\u00eatez-le&nbsp;! Arr\u00eatez-le&nbsp;!\u201d Un\nnouvel F.F.I. s&rsquo;approche&#8230; il tient celui-l\u00e0 un pistolet \u00e0 la main&#8230; un P&nbsp;38,\n\u00e7a para\u00eet. Il ordonne \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e8te de lever les bras. Celui-ci s&rsquo;ex\u00e9cute et\n\u00e7a redouble le toll\u00e9 des m\u00e9m\u00e8res&#8230; elles s &lsquo;\u00e9gosillent, vocif\u00e8rent&#8230; \u201cGestapo&nbsp;!\nL.V.F&nbsp;! Milicien&nbsp;!\u201d Il est trait\u00e9 de tout \u00e0 la fois&#8230; elles font pas\nle d\u00e9tail. \u201cC&rsquo;est une erreur, je vous assure&nbsp;!\u201d Il proteste, le grand&#8230; \u201cAvance,\nlui ordonne le F.F.I. au P&nbsp;38&#8230; tu t&rsquo;expliqueras tout \u00e0 l&rsquo;heure&nbsp;!\u201d\nVoil\u00e0, ils s&rsquo;engagent sur la chauss\u00e9e et maintenant tout va se d\u00e9rouler tr\u00e8s\nvite&#8230; \u00e0 la fa\u00e7on d&rsquo;un film qui s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re, on dirait. \u00c7a se met alors \u00e0\nhurler \u201c\u00c0 mort&nbsp;! \u00c0 mort le tra\u00eetre&nbsp;!\u201d. Toutes les femmes de la queue\net puis aussi les gens qui passent, ceux qui sortent des immeubles&#8230; Ils\nbraillent \u201c\u00c0 mort&nbsp;! Tuez-le&nbsp;! Tire donc&nbsp;!\u201d sans trop savoir&#8230;\nils sont pouss\u00e9s par une force irr\u00e9sistible. Que se passe-t-il alors dans la\nt\u00eate du F.F.I. au P&nbsp;38&nbsp;? Il se laisse litt\u00e9ral porter par les\nhurlements \u00e0 la mort. Il est peut-\u00eatre pris dans une sorte de tourbillon&#8230; les\ncris&#8230; son flingue&#8230; l&rsquo;ambiance&nbsp;? Une demi- seconde&#8230; il est juste\nderri\u00e8re l&rsquo;interpr\u00e8te&#8230; il l\u00e8ve son flingue&nbsp;! Un claquement sec, il a\nappuy\u00e9, ce con&nbsp;! sur la d\u00e9tente&#8230; Je m&rsquo;\u00e9tais rapproch\u00e9&#8230; je suis tr\u00e8s\npr\u00e8s de lui au moment o\u00f9 il tire&#8230; La balle dans la nuque, je peux voir ce que\n\u00e7a fait exactement&#8230; Un jet de sang qui asperge l&rsquo;ex\u00e9cuteur s&rsquo;il ne se m\u00e9fie\npas. Le Colosse blond est tomb\u00e9 d&rsquo;un seul coup, la t\u00eate en avant&#8230; abattu, le\nmot ad\u00e9quat\u2026 et toujours le sang qui sort en geyser de sa nuque&nbsp;! Les cris\nalors ont cess\u00e9 imm\u00e9diat&#8230; Une sorte de han&nbsp;!&#8230; qui sort des gorges&#8230;\nLes gens hurlaient tous, mais ne s&rsquo;attendaient pas \u00e0 la r\u00e9alisation\nsur-le-champ de leur d\u00e9sir&nbsp;! Ils se reculent, effar\u00e9s&#8230; Le flingueur\nreste avec son calibre pendu \u00e0 bout de bras, l&rsquo;air idiot. Il ne pige pas tr\u00e8s\nbien qu&rsquo;il vient de commettre l&rsquo;irr\u00e9parable&#8230; Un de ses copains bondit, le\nsecoue. \u201cT&rsquo;es dingue, Robert&nbsp;? Mais qu&rsquo;est-ce qui t&rsquo;a pris&nbsp;?\u201d Des flicards\narrivent enfin\u2026 fendent la foule. On d\u00e9sarme le F.F.I. tueur. C\u2019est un petit\nhomme\u2026 la trentaine\u2026 visage quelconque, maigre sous un casque de la D\u00e9fense\npassive. Il se met \u00e0 trembler, il remue les l\u00e8vres pour dire quelque chose, mais\n\u00e7a ne veut pas sortir\u2026 il est comme en panne de son.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Du\nnon politiquement correct\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>P\u00c9TRONE <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>L&rsquo;h\u00f4pital\n\u2013 Une hostobiographie <\/em><\/strong>par Alphonse Boudard, Paris, \u00c9ditions\nde la Table Ronde, collection \u00ab&nbsp;La petite vermillon&nbsp;\u00bb, f\u00e9vrier&nbsp;2020,\n365&nbsp;pp. en noir et blanc au format 11&nbsp;x&nbsp;18&nbsp;cm sous\ncouverture broch\u00e9e en couleurs, 8,90&nbsp;\u20ac (prix France)<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Les\ncombattants du petit bonheur <\/em><\/strong>par Alphonse Boudard, Paris,\n\u00c9ditions de la Table Ronde, collection \u00ab&nbsp;La petite vermillon&nbsp;\u00bb, f\u00e9vrier&nbsp;2020,\n424&nbsp;pp. en noir et blanc au format 11&nbsp;x&nbsp;18&nbsp;cm sous\ncouverture broch\u00e9e en couleurs, 8,90&nbsp;\u20ac (prix France) <br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Source&nbsp;: <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Alphonse_Boudard\">https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Alphonse_Boudard<\/a> <\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Ibidem.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> La premi\u00e8re version du texte,\n\u00e9crite en prison et longue de 800&nbsp;pages, avait retenu l&rsquo;attention du grand\n\u00e9crivain belge Robert Poulet (notamment, mais pas seulement, en raison\n\u00ab&nbsp;de la fraternit\u00e9 des taulards&nbsp;\u00bb, nous avoua-t-il un jour) et de\nMichel Tournier, alors lecteurs chez Plon.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a>\n<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Les_Combattants_du_petit_bonheur\">https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Les_Combattants_du_petit_bonheur<\/a>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par P\u00e9trone.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[51,11],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/18731"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=18731"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/18731\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18734,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/18731\/revisions\/18734"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=18731"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=18731"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=18731"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}