{"id":19213,"date":"2020-06-02T13:11:55","date_gmt":"2020-06-02T11:11:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.satiricon.be\/?p=19213"},"modified":"2020-06-02T13:12:25","modified_gmt":"2020-06-02T11:12:25","slug":"maudits-maudits-maudits-tous-maudits-jusqua-la-treizieme-generation-de-vos-races-maurice-druon-les-rois-maudits-1955","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=19213","title":{"rendered":"\u00ab Maudits ! Maudits ! Maudits ! Tous maudits jusqu&rsquo;\u00e0 la treizi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration de vos races ! \u00bb  (Maurice Druon, \u00ab\u00a0Les Rois maudits\u00a0\u00bb, 1955)"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" width=\"261\" height=\"350\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Philippe-le-Bel.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-19214\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Philippe-le-Bel.jpg 261w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Philippe-le-Bel-224x300.jpg 224w\" sizes=\"(max-width: 261px) 100vw, 261px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>N\u00e9 \u00e0 Fontainebleau en avril\/juin 1268 et mort dans la m\u00eame\nville le 29 novembre 1314 des suites d\u2019une chute de cheval lors d\u2019une partie de\nchasse, Philippe&nbsp;IV de France, dit Philippe le Bel ou le \u00ab&nbsp;roi de fer&nbsp;\u00bb,\n\u00e9tait le fils de Philippe&nbsp;III de France et de sa premi\u00e8re \u00e9pouse, Isabelle\nd&rsquo;Aragon. Il fut roi de France de 1285 \u00e0 1314, onzi\u00e8me de la dynastie des\nCap\u00e9tiens directs. <\/p>\n\n\n\n<p>Sous son r\u00e8gne, son royaume atteignit l&rsquo;apog\u00e9e de sa\npuissance m\u00e9di\u00e9vale. Avec entre 16 et 20 millions d&rsquo;habitants, c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00c9tat\nle plus peupl\u00e9 de la chr\u00e9tient\u00e9, qui connut une grande prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique et\nle pouvoir royal se renfor\u00e7a consid\u00e9rablement.<\/p>\n\n\n\n<p>Philippe&nbsp;IV \u00e9prouva toutefois des difficult\u00e9s \u00e0\nreprendre la ma\u00eetrise des finances de son royaume et \u00e0 mettre fin aux mutations\nmon\u00e9taires. Pour cela, il abattit l&rsquo;ordre du Temple qui \u00e9tait devenu une\npuissance financi\u00e8re internationale, expulsa les Juifs et proc\u00e9da \u00e0 une\nd\u00e9valuation en r\u00e9tablissant une monnaie d&rsquo;or qui restera ferme pendant plus\nd&rsquo;un si\u00e8cle. <\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs affaires ont marqu\u00e9 son r\u00e8gne. Le proc\u00e8s de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque\nde Troyes, Guichard, accus\u00e9 d&rsquo;avoir tu\u00e9 la reine par sorcellerie, le proc\u00e8s de\nl&rsquo;\u00e9v\u00eaque de Pamiers, Bernard Saisset, qui ne fit qu&rsquo;aggraver les d\u00e9m\u00eal\u00e9s du roi\navec le Saint-Si\u00e8ge, l&rsquo;affaire de la tour de Nesle (l&#8217;emprisonnement des brus\ndu roi et l&rsquo;ex\u00e9cution de leurs amants), mais surtout le c\u00e9l\u00e8bre proc\u00e8s des templiers.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;administration du royaume, limit\u00e9e \u00e0 la cour du roi chez\nses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, se sp\u00e9cialisa en trois sections sous sa direction&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 le Grand Conseil qui examinait les dossiers politiques&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 le Parlement, responsable de la justice&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 la Chambre des comptes, sp\u00e9cialis\u00e9e dans les affaires\nfinanci\u00e8res, qui \u00e9tablit des taxes pour les exportations, soumit les terres de\nl&rsquo;\u00c9glise \u00e0 une redevance (les d\u00e9cimes), introduisit une taxe pour toute vente,\net r\u00e9alisa des manipulations mon\u00e9taires en changeant le poids ou le taux des\nm\u00e9taux pr\u00e9cieux des pi\u00e8ces sans en changer la valeur, ce qui fit donner \u00e0\nPhilippe&nbsp;IV le surnom de \u00ab&nbsp;faux-monnayeur&nbsp;\u00bb par ses d\u00e9tracteurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces transformations rendirent Philippe le Bel tr\u00e8s\nimpopulaire dans toutes les couches de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque le comte de Flandre, Gui de Dampierre, alli\u00e9 \u00e0\n\u00c9douard&nbsp;:I<sup>er<\/sup> d&rsquo;Angleterre, rompit son hommage de vassal au roi\nde France en 1297, Philippe&nbsp;IV mobilisa 70&nbsp;000 hommes pour envahir son\ncomt\u00e9 et il tourna son arm\u00e9e contre les Flamands r\u00e9volt\u00e9s. Apr\u00e8s une conqu\u00eate\nrelativement facile (prise de Lille en 1297, de Courtrai, Furnes, Bergues et\nBruges), une tr\u00eave fut sign\u00e9e en 1300 aux termes de laquelle Philippe&nbsp;IV\nconservait ces conqu\u00eates. <\/p>\n\n\n\n<p>Philippe le Bel subit ensuite deux \u00e9checs en 1302 avant\nd&rsquo;\u00eatre finalement victorieux des Flamands&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Les matines de Bruges. \u00c0 l&rsquo;aube du 18 mai 1302, des\ninsurg\u00e9s flamands arm\u00e9s attaqu\u00e8rent une des garnisons fran\u00e7aises de la ville.\nEnviron mille soldats fran\u00e7ais de la garnison furent assassin\u00e9s au pied du lit.\nOn appelle cette journ\u00e9e \u00ab&nbsp;matines de Bruges&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;matines\nbrugeoises&nbsp;\u00bb, par analogie aux \u00ab&nbsp;V\u00eapres siciliennes&nbsp;\u00bb qui avaient\nchass\u00e9 les Fran\u00e7ais de Sicile vingt ans plus t\u00f4t.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 La bataille des \u00c9perons d&rsquo;or. Le 11 juillet 1302, les\nchevaliers fran\u00e7ais men\u00e9s par Robert&nbsp;II d&rsquo;Artois furent \u00e9cras\u00e9s pr\u00e8s de\nCourtrai par des milices communales flamandes.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 La victoire navale de Zierikzee. Le 10 ao\u00fbt 1302, une escouade\nde Fran\u00e7ais avait r\u00e9ussi \u00e0 crever les tonneaux de bi\u00e8re plac\u00e9s sur un petit\ntertre par les Flamands pour se d\u00e9salt\u00e9rer&nbsp;: ceux-ci n&rsquo;eurent plus \u00e0\nboire. Cette apr\u00e8s-midi-l\u00e0, le roi \u00e9chappa \u00e0 la mort&nbsp;: 600&nbsp;Flamands,\nen d\u00e9sespoir de cause, firent un ultime raid vers le camp royal. Par chance,\nPhilippe s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9v\u00eatu de son armure royale. Les Flamands ne le reconnurent\npas et il r\u00e9ussit \u00e0 sauter sur un cheval pour se d\u00e9gager \u00e0 grands coups de\nhache d&rsquo;armes. De nombreux seigneurs perdirent la vie, dont le vicomte de\nTurenne et Mathieu&nbsp;IV de Montmorency. Le roi attribua cette victoire \u00e0 la\nprotection de la Vierge et, dans la nef de la cath\u00e9drale Notre-Dame de Paris,\naccol\u00e9e au premier pilier oriental c\u00f4t\u00e9 sud, il fit dresser une statue \u00e9questre\nen bois en ex-voto face \u00e0 l&rsquo;autel de Marie.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 La bataille de Mons-en-P\u00e9v\u00e8le. Le 18 ao\u00fbt 1304, malgr\u00e9\nl&rsquo;issue ind\u00e9cise du combat (centre de l&rsquo;arm\u00e9e royale enfonc\u00e9e et ailes de celle\ndes Flamands en d\u00e9route), le roi parvint \u00e0 exploiter la situation en sa faveur\npar la prise de Lille le 25 septembre apr\u00e8s un si\u00e8ge de 3&nbsp;semaines, suivie\npar la reddition de Douai. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l&rsquo;issue de ce conflit, Lille et la Flandre wallonne\nrest\u00e8rent dans le royaume de France jusqu&rsquo;en 1369.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e8gne de Philippe&nbsp;IV fut aussi marqu\u00e9 par ses diff\u00e9rends\navec le pape Boniface&nbsp;VIII, dont le point central est le droit que\ns&rsquo;attribua le roi de France d&rsquo;imposer les biens de l&rsquo;\u00c9glise situ\u00e9s dans son\nroyaume. Ce que contestera le pape, soucieux de conserver la force du principe\nde pr\u00e9\u00e9minence du pape sur les rois, du pouvoir spirituel sur le pouvoir\ntemporel. La d\u00e9cr\u00e9tale <em>Clericis laicos<\/em> du 24 f\u00e9vrier 1296 est le point\nde d\u00e9part. Boniface&nbsp;VIII, qui a alors d&rsquo;autres pr\u00e9occupations (conflits\navec les Aragonais de Sicile et les Colonna), se trouve dans l&#8217;embarras et c\u00e8de\nbient\u00f4t. Les bulles <em>Romana mater<\/em> (f\u00e9vrier 1297) et <em>Etsi de statu<\/em>\n(juillet 1297) donnent gain de cause au roi. Ce dernier document contient une\nrenonciation formelle aux pr\u00e9tentions \u00e9mises pour la d\u00e9fense des biens\neccl\u00e9siastiques contre l&rsquo;arbitraire des rois dans la d\u00e9cr\u00e9tale <em>Clericis\nlaicos<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, en 1302, par la bulle <em>Unam Sanctam<\/em>,\nBoniface&nbsp;VIII d\u00e9clare la sup\u00e9riorit\u00e9 du pouvoir spirituel sur le pouvoir\ntemporel, et par ce biais la sup\u00e9riorit\u00e9 du pape sur les rois, ces derniers \u00e9tant\nresponsables devant le chef de l&rsquo;\u00c9glise. Philippe le Bel r\u00e9unit un concile des\n\u00e9v\u00eaques de France pour condamner le pape, ainsi que des assembl\u00e9es de nobles et\nde bourgeois \u00e0 Paris (pr\u00e9curseurs des \u00e9tats g\u00e9n\u00e9raux, qui apparaissent pour la\npremi\u00e8re fois sous son r\u00e8gne). Le roi cherche l&rsquo;appui de tous ses sujets afin\nde l\u00e9gitimer la lutte qu&rsquo;il m\u00e8ne contre le pape. Ce dernier menace de\nl&rsquo;excommunier et de jeter l&rsquo;interdit sur le royaume de France.<\/p>\n\n\n\n<p>Fort du soutien de la population et des eccl\u00e9siastiques, le\nroi envoie alors son conseiller (et futur garde des Sceaux), le chevalier\nGuillaume de Nogaret, avec une petite escorte arm\u00e9e vers l&rsquo;Italie, dans le but\nd&rsquo;arr\u00eater le pape et de le faire juger par un concile. Nogaret est bient\u00f4t\nrejoint par un ennemi personnel de Boniface VIII, Sciarra Colonna, membre de la\nnoblesse romaine, qui lui indique que le pape s&rsquo;est r\u00e9fugi\u00e9 \u00e0 Anagni, r\u00e9sidence\nd&rsquo;\u00e9t\u00e9 du pape, proche de Rome, et fief des Caetani, la famille du pape.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 7 septembre 1303, Nogaret et Colonna arrivent \u00e0 Anagni et\ntrouvent le pape seul dans la grande salle du palais \u00e9piscopal abandonn\u00e9 par\nses partisans. Le vieil homme de 68&nbsp;ans est assis sur un haut si\u00e8ge, en\nhabit de c\u00e9r\u00e9monie, et ne r\u00e9agit pas \u00e0 l&rsquo;irruption de la troupe arm\u00e9e. En\nvoyant Guillaume de Nogaret et Sciarra Colonna approcher, il incline l\u00e9g\u00e8rement\nla t\u00eate et d\u00e9clare&nbsp;: \u00ab&nbsp;Voil\u00e0 ma t\u00eate, voil\u00e0 mon cou, au moins je\nmourrai en pape&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Guillaume de Nogaret recule, impressionn\u00e9, tandis que\nSciarra Colonna, dans sa haine de Boniface&nbsp;VIII, se serait avanc\u00e9\ninsolemment et lui aurait, dit-on, donn\u00e9 une gifle avec son gantelet de fer.<\/p>\n\n\n\n<p>Peu de temps apr\u00e8s le 9&nbsp;septembre, la population de la\nville d&rsquo;Anagni se r\u00e9volte et d\u00e9gage le pape des mains des Fran\u00e7ais, mais le\nsouverain pontife tombe malade et meurt un mois plus tard \u00e0 Rome, le 11&nbsp;octobre\n1303.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet \u00e9norme scandale \u00e9claboussa Philippe le Bel.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s le tr\u00e8s court pontificat de Beno\u00eet&nbsp;XI\n(1303-1304), Cl\u00e9ment&nbsp;V, archev\u00eaque de Bordeaux, est couronn\u00e9 pape \u00e0 Lyon\nle 5&nbsp;juin 1305. Apr\u00e8s une longue itin\u00e9rance, il s&rsquo;installe dans le Comtat Venaissin.\nComptant sur son appui, mais sans lui demander la permission, le roi met en\nmarche l&rsquo;an\u00e9antissement de l&rsquo;ordre du Temple. <\/p>\n\n\n\n<p>Le vendredi 13 octobre 1307, les templiers sont mis en\nprison puis tortur\u00e9s pour leur faire admettre l&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie dans leur ordre. Le\nma\u00eetre de l&rsquo;ordre, Jacques de Molay, p\u00e9rit sur le b\u00fbcher \u00e0 Paris en 1314 apr\u00e8s\navoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 relaps. Selon Geoffroi de Paris, t\u00e9moin oculaire de\nl&rsquo;\u00e9v\u00e9nement et chroniqueur de l&rsquo;\u00e9poque, ses derni\u00e8res paroles auraient \u00e9t\u00e9&nbsp;:\n\u00ab&nbsp;Je vois ici mon jugement o\u00f9 mourir me convient librement&nbsp;; Dieu\nsait qui a tort, qui a p\u00e9ch\u00e9. Il va bient\u00f4t arriver malheur \u00e0 ceux qui nous ont\ncondamn\u00e9s \u00e0 tort&nbsp;: Dieu vengera notre mort&nbsp;!&nbsp;\u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p>On conna\u00eet la suite, la chute de cheval, l&rsquo;adult\u00e8re de ses\nbrus, la mort pr\u00e9coce de ses trois fils et la guerre de Cent Ans, narr\u00e9e par\nMaurice Druon dans <em>Les Rois maudits<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Co\u00e9dit\u00e9 par les \u00c9ditions Gl\u00e9nat \u00e0 Grenoble et Fayard \u00e0\nParis, l\u2019album de bande dessin\u00e9e intitul\u00e9 <strong><em>Philippe le Bel<\/em><\/strong> s\u2019ouvre\net se termine par l\u2019ex\u00e9cution du chambellan et ministre coadjuteur de\nPhilippe&nbsp;IV, Enguerrand de Marigny, n\u00e9 \u00e0 Lyons-la-For\u00eat en Normandie vers\n1260.<\/p>\n\n\n\n<p>La mort de Philippe le Bel fut en effet le signal de la\nr\u00e9action contre sa politique. Le parti f\u00e9odal, dont le roi avait\nconsid\u00e9rablement limit\u00e9 le pouvoir, se retourna contre ses ministres et surtout\ncontre le principal d&rsquo;entre eux, le coadjuteur. <\/p>\n\n\n\n<p>Enguerrand fut arr\u00eat\u00e9 sur l\u2019ordre de Louis&nbsp;X, fils de\nPhilippe le Bel, r\u00e9pondant \u00e0 la demande de Charles de Valois&nbsp;; on porta\nsur lui 41&nbsp;chefs d\u2019accusation (la totalit\u00e9 de ceux-ci est r\u00e9pertori\u00e9e dans\nles <em>Grandes Chroniques de France<\/em>). On refusa de l\u2019entendre, mais comme\nses comptes \u00e9taient en ordre et ne pr\u00e9sentaient aucune irr\u00e9gularit\u00e9,\nLouis&nbsp;X le Hutin souhaitait seulement condamner l&rsquo;ancien bras droit de son\np\u00e8re au bannissement dans l\u2019\u00eele de Chypre.<\/p>\n\n\n\n<p>Charles de Valois pr\u00e9senta alors une accusation de\nsorcellerie qui, bien que totalement fausse, fut plus efficace. Enguerrand\nrefusa de se d\u00e9fendre face \u00e0 un tribunal o\u00f9 l\u2019accusateur principal n\u2019\u00e9tait\nautre que son propre fr\u00e8re cadet, l\u2019\u00e9v\u00eaque Jean de Marigny. Cette trahison,\nselon toute vraisemblance, le rendit tr\u00e8s amer. Il fut condamn\u00e9 et pendu le 30&nbsp;avril\n1315 au gibet de Montfaucon.<\/p>\n\n\n\n<p>Son corps resta expos\u00e9 au gibet pendant deux ans, jusqu\u2019en\n1317, quand un second proc\u00e8s, demand\u00e9 par le nouveau roi Philippe&nbsp;V le\nLong, le disculpa des m\u00e9faits qu&rsquo;on lui imputait et r\u00e9habilita sa m\u00e9moire. Ses\nrestes furent alors inhum\u00e9s dans l\u2019\u00e9glise des chartreux de Vauvert, puis\ntransf\u00e9r\u00e9s en 1325 ou 1326 dans la coll\u00e9giale d\u2019\u00c9couis, qu\u2019il avait lui-m\u00eame\nfond\u00e9e en 1312-1313, et o\u00f9 l\u2019on peut toujours admirer un remarquable ensemble\nde statues qu\u2019il avait command\u00e9es <a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019album montre que derri\u00e8re la l\u00e9gende du proc\u00e8s des templiers\net des rois maudits se cache un roi silencieux, secret et \u00e9minemment politique.\nEt que les \u00ab&nbsp;affaires&nbsp;\u00bb qui \u00e9maill\u00e8rent cette \u00e9poque suscitent des\nquestions&nbsp;: pourquoi le Temple&nbsp;? Pourquoi la d\u00e9valuation&nbsp;?\nPourquoi ce conflit avec le Pape&nbsp;? <\/p>\n\n\n\n<p>Et que de l&rsquo;\u00e9tude de ces presque 30&nbsp;ans de r\u00e8gne \u00e9merge\nfinalement une volont\u00e9 constante et tendue vers un but unique, la grandeur du\nroyaume de France.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>P\u00c9TRONE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Philippe le Bel<\/em><\/strong>,\nsc\u00e9nario de Mathieu Gabella, conseils historiques d\u2019\u00c9tienne Anheim et Val\u00e9rie\nTheis, dessin de Christophe Regnault, Grenoble et Paris, \u00c9ditions Gl\u00e9nat et Fayard, collection \u00ab&nbsp;Ils\nont fait l\u2019Histoire&nbsp;\u00bb, mars&nbsp;2014, 56&nbsp;pp. en quadrichromie au\nformat 24&nbsp;x&nbsp;32&nbsp;cm sous couverture cartonn\u00e9e en couleurs, 14,50&nbsp;\u20ac\n(prix France)<br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Sources&nbsp;: Jean Favier et Wikip\u00e9dia. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par P\u00e9trone.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[77,51,11],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19213"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=19213"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19213\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19216,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19213\/revisions\/19216"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=19213"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=19213"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=19213"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}