{"id":19363,"date":"2020-06-24T19:05:34","date_gmt":"2020-06-24T17:05:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.satiricon.be\/?p=19363"},"modified":"2020-06-25T14:55:35","modified_gmt":"2020-06-25T12:55:35","slug":"un-nouvel-apax-litteraire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=19363","title":{"rendered":"Un nouvel apax litt\u00e9raire\u2026"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" width=\"221\" height=\"350\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Maugis.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-19364\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Maugis.jpg 221w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Maugis-189x300.jpg 189w\" sizes=\"(max-width: 221px) 100vw, 221px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>F\u00e9licitons\nles \u00c9ditions Pierre-Guillaume de Roux \u00e0 Paris qui ressortent l\u2019extraordinaire <strong><em>Maugis<\/em><\/strong>\nde Christopher G\u00e9rard <a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>,\nun roman aussi formidable qu\u2019inclassable paru initialement \u00e0 Lausanne en 2005 aux\n\u00c9ditions L\u2019\u00c2ge d\u2019Homme alors dirig\u00e9es par le regrett\u00e9 Vladimir Dimitrijevic, un\nd\u00e9couvreur de talents qui marqua l\u2019histoire des lettres europ\u00e9ennes.<\/p>\n\n\n\n<p>Voici\nle r\u00e9sum\u00e9 du texte, d\u00e9clin\u00e9 en sept carnets&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Po\u00e8te\net fin lettr\u00e9, le jeune Fran\u00e7ois d&rsquo;Aygremont vit avec sa m\u00e8re Oriande \u00e0\nBruxelles, capitale des XVII Provinces. <\/p>\n\n\n\n<p>Initi\u00e9\nsous le nom de Maugis aux myst\u00e8res d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 herm\u00e9tique qui remonterait \u00e0\nEmp\u00e9docle d&rsquo;Agrigente (V<sup>e&nbsp;<\/sup>si\u00e8cle avant J.-C.), Fran\u00e7ois \u00e9tudie\nles belles lettres \u00e0 Oxford.<\/p>\n\n\n\n<p>Peu\napr\u00e8s, il est mobilis\u00e9 pour repousser les Teutons qui, entr\u00e9s en guerre contre\nl&#8217;empire britannique et le royaume de France, ont attaqu\u00e9 les XVII Provinces\nmalgr\u00e9 leur neutralit\u00e9. Captur\u00e9 avec une poign\u00e9e de ses hommes, il parvient \u00e0\ns&rsquo;\u00e9vader et s\u00e8me la terreur dans les for\u00eats ardennaises.<\/p>\n\n\n\n<p>La\ncapitulation des XVII Provinces met un terme \u00e0 l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e de Maugis, qui regagne\nBruxelles. L\u00e0, il entre dans un r\u00e9seau clandestin dirig\u00e9 par un de ses anciens\nprofesseurs, L\u00e9opold Bidez, et participe \u00e0 diverses missions \u2013 renseignement et\nassistance aux H\u00e9breux pers\u00e9cut\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n<p>Il\nfr\u00e9quente \u00e9galement Aschenbach, membre dirigeant de l&rsquo;Ordre Noir, qui exerce\nsur lui une \u00e9trange fascination et veut l&rsquo;enr\u00f4ler dans son organisation. <\/p>\n\n\n\n<p>Un\nsoir, Aschenbach lui pr\u00e9sente Machenka, captivante Russe qui gagne sa vie en\nchantant dans un cabaret&nbsp;; Fran\u00e7ois tombe aussit\u00f4t sous le charme de la\njeune femme. Durant leur relation, houleuse et passionn\u00e9e, Fran\u00e7ois n\u00e9glige ses\namis, le r\u00e9seau du professeur Bidez et les exercices spirituels impos\u00e9s par la\nPhratrie.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu&rsquo;il\nfr\u00e9quente le po\u00e8te opiomane Gens\u00e9ric et le peintre Arminius, initi\u00e9s s\u00e9duits\npar les th\u00e8ses teutoniques, n&rsquo;est pas pour dissiper les soup\u00e7ons qui p\u00e8sent de\nplus en plus sur lui et le discr\u00e9ditent aux yeux de Bidez et de sa m\u00e8re. <\/p>\n\n\n\n<p>Or\nil est bient\u00f4t contraint de se compromettre totalement&nbsp;: Machenka r\u00e9v\u00e8le\naux forces d&rsquo;occupation l&rsquo;engagement clandestin d&rsquo;Oriande, qui risque la\nd\u00e9portation. Fran\u00e7ois accepte la mission que lui confie Aschenbach en \u00e9change\nde sa protection pour Oriande&nbsp;: il se rend en Irlande neutre pour\nconsulter la proph\u00e9tesse d&rsquo;Aran sur le sort des Teutons. Cette derni\u00e8re refuse\nde r\u00e9pondre, mais le lib\u00e8re de l&#8217;emprise mal\u00e9fique d&rsquo;Aschenbach et lui fait\naccomplir une descente aux enfers, d&rsquo;o\u00f9 il remonte transfigur\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il\nest d\u00e9sormais Maugis l&rsquo;Enchanteur, un devin aux grands pouvoirs. \u00c0 la\nlib\u00e9ration, il doit s&rsquo;expatrier. Apr\u00e8s un bref s\u00e9jour dans un monast\u00e8re \u00e0 Rome\net quelques mois en Inde, il gagne une lamaserie du Tibet pour y parfaire ses\nconnaissances.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Incipit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:center\"><strong>Premier carnet<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:center\"><strong>Au Sud du Canal Albert<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Les\ncombats reprirent le premier jour des Calendes de mai, alors que r\u00e9gnait d\u00e9j\u00e0\nle flamboyant \u00e9t\u00e9. Ils avaient d\u00e9but\u00e9 vingt-six ans plus t\u00f4t pour encore durer\ncinq terribles ann\u00e9es. Aujourd&rsquo;hui, les historiens leur donnent le nom de\nGrandes Conflagrations, atroces m\u00eal\u00e9es qui devaient laisser le vieux continent\nexsangue et asseoir pour deux si\u00e8cles le pouvoir sans partage des adorateurs de\nla mati\u00e8re et des serviteurs de l&rsquo;or. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans\nsa tranch\u00e9e, face \u00e0 la Meuse, le lieutenant Fran\u00e7ois d&rsquo;Aygremont ajustait le\ntir des artilleurs de la IX<sup>e&nbsp;<\/sup>L\u00e9gion <em>Toxandria<\/em>. Arm\u00e9 de\njumelles et d&rsquo;un t\u00e9l\u00e9phone de campagne, le jeune officier t\u00e2chait de servir\nsans faillir, avec Honneur et F\u00e9aut\u00e9, comme l&rsquo;exigeait le serment pr\u00eat\u00e9 au Roi.\nUne fois de plus, il s&rsquo;agissait de repousser les Teutons venus ravager les XVII\nProvinces, pourtant neutres dans le conflit titanesque opposant les empires\nfran\u00e7ais et britannique au Reich.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00e9lancolique\nmais d\u00e9termin\u00e9, Fran\u00e7ois d&rsquo;Aygremont remplissait, contre les feldgraus qui\nd\u00e9ferlaient, sa mission de ma\u00eetre du feu.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout\nen renseignant son capitaine sur les coups port\u00e9s aux Teutons, il songeait \u00e0\nson p\u00e8re, le chevalier Beuve d&rsquo;Aygremont, tu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ennemi un quart de si\u00e8cle\nplus t\u00f4t. Que penserait de lui ce p\u00e8re dont les traits ne lui \u00e9taient connus\nque par un unique daguerr\u00e9otype&nbsp;? Fran\u00e7ois ne craignait pas tant de p\u00e9rir\n\u2013 une belle mort rach\u00e8te tout \u2013 que de d\u00e9choir. Serait-il digne du nom qu&rsquo;il\nportait&nbsp;? Fid\u00e8le \u00e0 la devise familiale, <em>Fortitudo et Sapientia<\/em> \u2013\nCourage et Sagesse&nbsp;? Parviendrait-il \u00e0 maintenir \u00e0 leur poste ses hommes\naffol\u00e9s par les stridentes sir\u00e8nes des bombardiers en piqu\u00e9&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0\nque la horde sauvage s&rsquo;acharnait \u00e0 nouveau sur leurs pauvres d\u00e9fenses. Hors\nd&rsquo;atteinte, les stukas, ces oiseaux de malheur, larguaient leurs bombes par\ngrappes avec une pr\u00e9cision d\u00e9moniaque, tuant ou estropiant en une hideuse\nsarabande la fine fleur des arm\u00e9es royales. Au c\u0153ur du cyclone, tels des\nparticules priv\u00e9es de volont\u00e9, d&rsquo;Aygremont et ses hommes subissaient la temp\u00eate\ndes \u00e9l\u00e9ments, le c\u0153ur en furie et le corps en sueur. Tout partait en lambeaux&nbsp;;\ntout se disloquait dans la fi\u00e8vre et le sang, dans les hurlements et le\nt\u00e9n\u00e9breux effroi. Avides, Ar\u00e8s le Broyeur et ses vautours s&rsquo;\u00e9lan\u00e7aient sur les mortels\nsoumis au r\u00e8gne implacable de l&rsquo;Incertaine aux noires prunelles.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il\ns\u2019agit aussi d\u2019un roman \u00e0 cl\u00e9s, comme le montre l\u2019extrait suivant, o\u00f9 il est question\ndu Salon Didier <a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Maugis\nd\u00e9cida de rentrer par l&rsquo;avenue de l&rsquo;Hippodrome, o\u00f9, avant son d\u00e9part pour\nOxford, il se rendait souvent. <\/p>\n\n\n\n<p>Gens\u00e9ric\nl&rsquo;avait introduit chez les Bernier, de riches patriciens qui recevaient dans\nleur h\u00f4tel art nouveau la fine fleur des lettres et de la politique. Mod\u00e8le de\nsculpteurs et de peintres, sculpteur elle-m\u00eame, Juliette Bernier passait pour\nla plus jolie femme de la capitale. \u00c9clipsant sans peine son mari Adelin,\nJuliette tenait table ouverte. Des hommes politiques, des artistes et des\n\u00e9crivains, quelques diplomates \u2013 teutons entre autres \u2013 se pressaient \u00e0 ces soir\u00e9es\ntr\u00e8s courues o\u00f9 chacun pouvait parler sans crainte de lire ses propos dans la\npresse du lendemain. <\/p>\n\n\n\n<p>Par-del\u00e0\nd&rsquo;apparents clivages, tous communiaient dans un m\u00eame refus du d\u00e9sordre \u00e9tabli,\ndans une m\u00eame hantise du retour des Conflagrations. Des patriciens d\u00e9sirant\nd\u00e9passer le conservatisme born\u00e9 de leur caste venaient \u00e9couter de jeunes\nr\u00e9formateurs r\u00e9unis en communaut\u00e9s de travail bruissantes d&rsquo;id\u00e9es hardies, qui\ntentaient de concilier autorit\u00e9 et libert\u00e9, solidarit\u00e9 et hi\u00e9rarchie. <\/p>\n\n\n\n<p>Maugis\navait \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diatement s\u00e9duit par les visions d\u00e9fendues au Salon Bernier,\nc\u00e9nacle qui avait \u00e9t\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre de tractations discr\u00e8tes et de discussions\nenflamm\u00e9es. La s\u00e9duisante Juliette, une Ath\u00e9na au casque d&rsquo;or, s&rsquo;\u00e9tait prise\nd&rsquo;affection pour l&rsquo;\u00e9tudiant un peu gauche qui faisait ses premiers pas sur ses\nsomptueux tapis persans.<\/p>\n\n\n\n<p>Parvenu\nchez les Bernier, Maugis reconnut les entrelacs floraux en fer forg\u00e9 de la\ndouble porte d&rsquo;entr\u00e9e, leur optimisme fin de si\u00e8cle. \u00c0 travers le verre d\u00e9poli,\nil devinait l&rsquo;escalier de marbre que, le c\u0153ur battant, il avait gravi, le\npremier soir.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Un\nouvrage aussi foisonnant que passionnant&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>P\u00c9TRONE <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Maugis <\/em><\/strong>par Christopher G\u00e9rard, Paris, \u00c9ditions Pierre-Guillaume de Roux, juin\u00a02020, 255\u00a0pp. en noir et blanc au format 12,3\u00a0x\u00a019,5\u00a0cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs, 18\u00a0\u20ac (prix France)<br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Auteur, notamment, du <strong><em>Songe\nd\u2019Emp\u00e9docle<\/em><\/strong> (2015), un autre OVNI litt\u00e9raire se jouant lui aussi avec\nbrio des difficult\u00e9s de l\u2019uchronie.<\/p>\n\n\n\n<p>[[2]\nSans doute\nmoins ambitieux sur le plan des mondanit\u00e9s [que le salon tenu par Mme Jules\nDestr\u00e9e], le salon que Lucienne et \u00c9douard Didier ouvraient \u00e0 leurs h\u00f4tes deux\nfois par mois l\u2019\u00e9tait bien davantage sur le plan politique. Monsieur Didier,\nqui \u00e9tait le fondateur du club \u00ab&nbsp;Jeune Europe&nbsp;\u00bb et le r\u00e9dacteur en\nchef du bulletin du m\u00eame nom, entretenait des liens d\u2019\u00e9troite amiti\u00e9 avec Otto\nAbetz dont il avait fait la connaissance vers 1933. Madame Didier, elle, \u00e9tait\nune artiste, tr\u00e8s admir\u00e9e de Montherlant et de Marcel Aym\u00e9, dont elle fit un\nbuste, mais aussi de Henri De Man, qui lui \u00e9tait tr\u00e8s d\u00e9vou\u00e9. C\u2019est du reste\nsur la personne et les id\u00e9es de l\u2019auteur d\u2019<em>Au-del\u00e0 du marxisme <\/em>qu\u2019\u00e9taient\ncentr\u00e9es les r\u00e9unions tenues dans la demeure des Didier, sise au 37 de l\u2019avenue\nde l\u2019Hippodrome \u00e0 Ixelles. On y rencontrait des socialistes (Henri De Man, bien\ns\u00fbr, Paul-Henri Spaak, L\u00e9o Moulin) et des socialisants (Raymond De Becker, War\nVan Overstraeten, Ernestan) \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de jeunes r\u00e9volutionnaires de droite (Louis\nCarette, plus connu aujourd\u2019hui sous le nom de F\u00e9licien Marceau, et Henri\nBauchau qui, sous l\u2019Occupation, fonda le Service des Volontaires du Travail),\nde repr\u00e9sentants de l\u2019ambassade d\u2019Allemagne (Otto Abetz, Max Liebe) et\nd\u2019intellectuels fran\u00e7ais (Robert Brasillach, Henri de Montherlant et Alfred Fabre-Luce).\n<\/p>\n\n\n\n<p>Vers\n1935, les \u00e9poux Didier organis\u00e8rent aussi les rencontres du Zoute, sorte de\ncamps-colloques r\u00e9unissant de jeunes nazis et de jeunes Fran\u00e7ais et Belges. On\ny vit, entre autres, Pierre Daye, Louis Carette et Emmanuel Mounier, qui\ndeviendrait un jour le p\u00e8re du \u00ab&nbsp;personnalisme&nbsp;\u00bb. Les Didier furent\naid\u00e9s dans leur entreprise par le bourgmestre de la petite station baln\u00e9aire\nbelge, le comte Lippens, ouvert \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019une Europe unie autour de\nl\u2019Allemagne, et par Raymond Delhaye, administrateur du Bon March\u00e9 et futur\nsecr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral ff \u00e0 la Sant\u00e9 publique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le\nsalon Didier connut des prolongements politiques sous l\u2019Occupation, sous la\nforme d\u2019une maison d\u2019\u00e9dition, les \u00c9ditions de la Toison d\u2019Or, fond\u00e9e en 1941,\net qui publia nombre d\u2019\u0153uvres contemporaines, dont beaucoup \u00e9taient favorables\n\u00e0 un ordre nouveau con\u00e7u par la r\u00e9volution socialiste. C\u2019est notamment le cas\nde deux essais, l\u2019un de Francis Delaisi, <em>La R\u00e9volution europ\u00e9enne<\/em>, et\nl\u2019autre d&rsquo;Anton Zischka, <em>La science brise les monopoles<\/em>. (Bernard\nDelcord, \u00ab&nbsp;\u00c0 propos de quelques \u201cchapelles\u201d politico-litt\u00e9raires en\nBelgique (1919-1945)&nbsp;\u00bb in <em>Cahiers du Centre de Recherches et d\u2019\u00c9tudes historiques\nde la Seconde Guerre mondiale<\/em>, n\u00b0&nbsp;10, novembre 1986, pp.&nbsp;167-168.)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par P\u00e9trone.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[54,11,52],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19363"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=19363"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19363\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19370,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19363\/revisions\/19370"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=19363"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=19363"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=19363"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}