{"id":19417,"date":"2020-07-04T15:59:54","date_gmt":"2020-07-04T13:59:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.satiricon.be\/?p=19417"},"modified":"2020-07-04T15:59:54","modified_gmt":"2020-07-04T13:59:54","slug":"un-train-peut-en-cacher-un-autre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=19417","title":{"rendered":"Un train peut en cacher un autre&#8230;"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" width=\"213\" height=\"350\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/Le-train-dErlingen-ou-La-m\u00e9tamorphose-de-Dieu.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-19418\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/Le-train-dErlingen-ou-La-m\u00e9tamorphose-de-Dieu.jpg 213w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/Le-train-dErlingen-ou-La-m\u00e9tamorphose-de-Dieu-183x300.jpg 183w\" sizes=\"(max-width: 213px) 100vw, 213px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Boualem\nSansal (\u00b01949) vit \u00e0 Boumerd\u00e8s, pr\u00e8s d&rsquo;Alger. Il est notamment l&rsquo;auteur du <em>Serment\ndes Barbares<\/em>, Prix du premier roman 1999 et du <em>Village de l&rsquo;Allemand<\/em>,\nGrand Prix RTL-Lire en 2008 et Grand Prix SGDL du roman la m\u00eame ann\u00e9e. Il a\nre\u00e7u le Prix de la Paix des libraires allemands en 2011, le Prix du Roman arabe\nen 2012 pour <em>Rue Darwin<\/em>, et s&rsquo;est vu d\u00e9cerner en 2013 le Grand Prix de\nla Francophonie de l&rsquo;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise pour l&rsquo;ensemble de son \u0153uvre tandis que\n<em>2084, La fin du monde <\/em>a \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9 par le Grand prix du roman de\nl&rsquo;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise en 2015.<\/p>\n\n\n\n<p>La\ncollection \u00ab&nbsp;Folio&nbsp;\u00bb des \u00c9ditions Gallimard accueille ces jours-ci en\nversion de poche <a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>\nson roman aussi \u00e9tonnant par le contenu que d\u00e9routant dans la forme intitul\u00e9 <strong><em>Le\ntrain d&rsquo;Erlingen ou La m\u00e9tamorphose de Dieu<\/em><\/strong>,dont voici le pitch&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;H\u00e9riti\u00e8re\nd&rsquo;un puissant empire industriel, Ute von Ebert vit \u00e0 Erlingen, une bourgade\ncossue du sud de l&rsquo;Allemagne. Dans des lettres au ton tr\u00e8s libre et souvent\nsarcastique, elle s&rsquo;adresse \u00e0 sa fille Hannah qui habite Londres.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle\nlui raconte l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;un ennemi fanatique \u00e0 Erlingen&nbsp;: \u00ab\u00a0les\nServiteurs\u00a0\u00bb qui ont impos\u00e9 comme loi unique la soumission \u00e0 leur dieu. <\/p>\n\n\n\n<p>Les\nhabitants attendent fi\u00e9vreusement un train qui doit les \u00e9vacuer. Mais le train\ndu salut n&rsquo;arrive pas&#8230;&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Et\ndont voici le prologue par l\u2019auteur&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Ce\nroman raconte les derniers jours de la vie d\u2019Elisabeth Potier, professeure\nd&rsquo;histoire-g\u00e9ographie \u00e0 la retraite, habitant la Seine-Saint\u00ad Denis, victime\ncollat\u00e9rale de l&rsquo;attentat islamiste du 13&nbsp;novembre 2015 \u00e0 Paris. Apr\u00e8s\nquelques jours entre la vie et la mort, elle \u00e9merge de son coma avec une autre\npersonnalit\u00e9 et c&rsquo;est sous cette identit\u00e9 qu&rsquo;elle d\u00e9c\u00e9dera un mois plus tard.\nD\u00e9crypter le t\u00e9moignage \u00e9crit qu&rsquo;elle a laiss\u00e9 \u00e0 sa fille L\u00e9a, et \u00e0 nous incidemment,\nn&rsquo;est pas facile, les voies de l&rsquo;au-del\u00e0 sont imp\u00e9n\u00e9trables. Pour y comprendre\nquelque chose, il faut passer par l&rsquo;incroyable histoire qu\u2019Ute Von Ebert,\ncheffe actuelle de la puissante dynastie Von Ebert, habitant Erlingen en\nAllemagne, dont l&#8217;empire financier et industriel, n\u00e9 en Am\u00e9rique au XIX<sup>e&nbsp;<\/sup>si\u00e8cle,\ns&rsquo;ancre aujourd&rsquo;hui dans les cinq continents, a laiss\u00e9e par \u00e9crit \u00e0 sa fille\nHannah, alors que le monde s&rsquo;\u00e9croulait autour d&rsquo;elle et que la survie des\nhabitants d\u2019Erlingen d\u00e9pendait d&rsquo;un train fant\u00f4me. Entre les deux femmes existe\nun lien par-del\u00e0 le r\u00e9el. Et comme on h\u00e9rite du myst\u00e8re de ses parents, leurs\nfilles, L\u00e9a et Hannah, qui vivent toutes deux \u00e0 Londres, sont prises dans le\nm\u00eame myst\u00e9rieux lien de g\u00e9mellit\u00e9 qui liait leurs m\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Les\ndeux histoires additionn\u00e9es sont une qu\u00eate de v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 travers les continents\net les \u00e9poques, v\u00e9rit\u00e9 que certains, que nous d\u00e9non\u00e7ons au passage, affirment\nposs\u00e9der en exclusivit\u00e9 et entendent imposer au monde entier. La construction\ndu roman s&rsquo;\u00e9loigne notablement des cadres habituels de la narration romanesque\net peut d\u00e9router, mais ainsi est le chemin de la v\u00e9rit\u00e9, bien fait pour nous\nperdre. Dans cette vie, rien ne nous est donn\u00e9 gratuitement. La lecture, si\nelle s&rsquo;accompagne d&rsquo;une v\u00e9ritable m\u00e9ditation, est un acte initiatique.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Qui\na donn\u00e9 une interview&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>Vous\nd\u00e9finissez le roman comme une \u00ab&nbsp;chronique sur les temps qui courent&nbsp;\u00bb.\nQu\u2019entendez-vous par cette formule&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Rien\nde nouveau sous le soleil. Nous vivons les m\u00eames \u00e9v\u00e9nements qui ont conduit aux\ngrandes migrations du pass\u00e9, \u00e0 la mont\u00e9e des fascismes, aux guerres mondiales,\naux folies religieuses, aux grandes d\u00e9faites morales. Le roman en fait la\nrecension.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Vous\nrenvoyez dos \u00e0 dos les fanatiques et les \u00ab&nbsp;mauviettes&nbsp;\u00bb de la \u00ab&nbsp;mondialisation\nmat\u00e9rialiste heureuse&nbsp;\u00bb. Est-ce aussi simple&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Mon\nid\u00e9e n\u2019est pas d\u2019ignorer les choses parce que je ne les comprends pas. Je veux\nau contraire y regarder de pr\u00e8s, les d\u00e9construire et chercher dans les\ninterstices des explications plus vraies. La raison n\u2019a pas disparu, il faut\nbien la chercher.<\/p>\n\n\n\n<p><em>En\n\u00e9crivant \u00ab&nbsp;Nulle odeur n\u2019est plus mortif\u00e8re que celle de l\u2019argent et de\nl\u2019encens r\u00e9unis&nbsp;\u00bb, qui visez-vous&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Je\nvise davantage des milieux que des pays. Je pointe ces oligarchies sectaires\nd\u00e9tentrices d\u2019un pouvoir absolu obtenu par la manipulation de l\u2019argent et de la\nreligion. Elles sont en Am\u00e9rique et dans le Golfe mais pas seulement, la sainte\nalliance gagne du terrain.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Peut-on\nlire le roman comme un avertissement s\u00e9v\u00e8re \u00e0 tous ceux qui, d\u2019une mani\u00e8re ou\nd\u2019une autre, acceptent la soumission&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il\nfaut avertir les gens avant qu\u2019ils tombent dans la soumission. Apr\u00e8s, c\u2019est\ntrop tard. Le roman appelle de m\u00eame \u00e0 combattre les vendeurs de soumission et\nles idiots utiles qui les encouragent par leurs sourires obs\u00e9quieux <a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>On\ntrouve en outre dans ce roman \u2013 de l\u2019aveu m\u00eame de Boualem Sansal <a href=\"#_ftn3\">[3]<\/a> \u2013\nl\u2019influence notamment du <em>D\u00e9sert des Tartares<\/em> <a href=\"#_ftn4\">[4]<\/a> de\nDino Buzzati dans lequel l\u2019impuissance se m\u00eale \u00e0 l\u2019absurde pour ne d\u00e9boucher\nsur rien.<\/p>\n\n\n\n<p>Un\nouvrage magistral&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>P\u00c9TRONE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Le\ntrain d&rsquo;Erlingen ou La m\u00e9tamorphose de Dieu <\/em><\/strong>par\nBoualem Sansal, Paris, \u00c9ditions Gallimard, collection \u00ab&nbsp;Folio&nbsp;\u00bb, mai&nbsp;2020,\n289&nbsp;pp. en noir et blanc au format 10,9&nbsp;x&nbsp;17,8&nbsp;cm sous\ncouverture broch\u00e9e en couleurs, 8&nbsp;\u20ac&nbsp;(prix France)<br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> L\u2019\u00e9dition princeps a\nparu en 2018 chez le m\u00eame \u00e9diteur dans la collection \u00ab&nbsp;Blanche&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> <a href=\"http:\/\/www.gallimard.fr\/Media\/Gallimard\/Entretien-ecrit\/Entretien-Boualem-Sansal.-Le-train-d-Erlingen\">http:\/\/www.gallimard.fr\/Media\/Gallimard\/Entretien-ecrit\/Entretien-Boualem-Sansal.-Le-train-d-Erlingen<\/a>\n<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> Qui revendique aussi\ncelles de Henry David Thoreau, Franz Kafka, Charles Baudelaire et Constantin\nVirgil Georghiu.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> Qui inspira \u00e0 Jacques Brel\nla chanson <em>Zangra<\/em> en 1961.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par P\u00e9trone.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[49,11],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19417"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=19417"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19417\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19419,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19417\/revisions\/19419"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=19417"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=19417"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=19417"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}