{"id":20068,"date":"2020-12-23T22:08:54","date_gmt":"2020-12-23T20:08:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.satiricon.be\/?p=20068"},"modified":"2020-12-23T22:17:40","modified_gmt":"2020-12-23T20:17:40","slug":"grandes-traductions-de-grands-auteurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=20068","title":{"rendered":"Grandes traductions de grands auteurs\u2026"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" width=\"213\" height=\"350\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Anthologie-de-la-litt\u00e9rature-latine.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-20069\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Anthologie-de-la-litt\u00e9rature-latine.jpg 213w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Anthologie-de-la-litt\u00e9rature-latine-183x300.jpg 183w\" sizes=\"(max-width: 213px) 100vw, 213px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Ancien \u00e9l\u00e8ve de l&rsquo;\u00c9cole\nnormale sup\u00e9rieure de Saint-Cloud, Jacques Gaillard (\u00b01948) est ma\u00eetre de\nconf\u00e9rences honoraire \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Marc Bloch de Strasbourg tandis que Ren\u00e9\nMartin (\u00b01932), agr\u00e9g\u00e9 de lettres classiques et docteur \u00e8s lettres, est professeur\n\u00e9m\u00e9rite de langue et litt\u00e9ratures latines \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Paris&nbsp;III\nSorbonne nouvelle.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2005, ils avaient fait\npara\u00eetre chez Gallimard, dans la collection \u00ab&nbsp;Folio classique&nbsp;\u00bb, une <strong><em>Anthologie\nde la litt\u00e9rature latine<\/em><\/strong> d\u2019une belle originalit\u00e9 (elle mettait l\u2019accent\nsur le c\u00f4t\u00e9 litt\u00e9raire des textes repris, plut\u00f4t que sur leur aspect\nhistorique, et proposait au lecteur de s\u2019adonner au plaisir de la lecture) et qui\nressort une nouvelle fois en 2020.<\/p>\n\n\n\n<p>De Plaute (II<sup>e<\/sup>\nsi\u00e8cle avant J.-C.) \u00e0 Apul\u00e9e (II<sup>e<\/sup> si\u00e8cle apr\u00e8s J.-C.), en passant\npar T\u00e9rence, Cic\u00e9ron, C\u00e9sar, Lucr\u00e8ce, Catulle, Salluste, Virgile, Horace,\nTibulle, Properce, Tite-Live, Ovide, Ph\u00e8dre, Quinte-Curce, S\u00e9n\u00e8que, Lucain,\nPline l\u2019Ancien, Valerius Flaccus, Stace, Silius Italicus, Martial, Tacite, Pline\nle Jeune, P\u00e9trone, Su\u00e9tone et Juv\u00e9nal, c\u2019est une superbe moisson de pages d&rsquo;\u00e9loquence\net de sagesse, \u00ab&nbsp;mais on y rencontre aussi la force, le charme et la\nbeaut\u00e9, la puissance de l&rsquo;imaginaire \u00e9pique, la gr\u00e2ce des chansons d&rsquo;amour et\nla fantaisie des \u00e9pigrammes ou du roman&nbsp;\u00bb, \u00e9crivent nos anthologistes fins\nlettr\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec une infinie justesse\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Et nous ne r\u00e9sistons pas au plaisir de reproduire ici leur remarquable traduction d\u2019un des extraits les plus c\u00e9l\u00e8bres du <em>Satyricon<\/em> <a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a> de P\u00e9trone (I<sup>er<\/sup> si\u00e8cle apr\u00e8s J.-C.)\u00a0:  <\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:center\"><strong>LA\nVEUVE ET LE SOLDAT<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>De tous les \u00e9pisodes du<\/em>\nSatyricon<em>, celui qui a connu la plus grande fortune litt\u00e9raire est sans\naucun doute la \u00ab&nbsp;Matrone d&rsquo;\u00c9ph\u00e8se&nbsp;\u00bb (traduction traditionnelle, mais\nincorrecte, le mot latin matrona d\u00e9signant en fait une \u00ab&nbsp;bourgeoise mari\u00e9e&nbsp;\u00bb).\nRacont\u00e9e par un des personnages du roman, le po\u00e8te Eumolpe, cette \u00ab&nbsp;nouvelle&nbsp;\u00bb\npassablement scabreuse devait faire en effet l&rsquo;objet, du Moyen \u00c2ge \u00e0 nos jours,\nd&rsquo;un grand nombre de r\u00e9\u00e9critures et adaptations (le plus souvent sc\u00e9niques)\ndans toutes les langues europ\u00e9ennes, au nombre des\u00ad quelles on signalera\nseulement le conte de La Fontaine portant le m\u00eame titre, et la pi\u00e8ce de Jean\nCocteau intitul\u00e9e<\/em> L&rsquo;\u00c9cole des veuves<em>, \u00e9crite tout sp\u00e9cialement pour la\ncom\u00e9dienne Arletty.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il y avait \u00e0 \u00c9ph\u00e8se une\ndame, dont la vertu \u00e9tait si renomm\u00e9e que toutes les femmes du pays et m\u00eame des\npays voisins accouraient pour la contempler.<\/p>\n\n\n\n<p>Son mari \u00e9tant d\u00e9c\u00e9d\u00e9,\nelle ne se contenta point, comme font les autres veuves, de suivre le convoi\nfun\u00e8bre les cheveux d\u00e9nou\u00e9s et de frapper en public sa poitrine d\u00e9nud\u00e9e, mais\nalla jusqu&rsquo;\u00e0 accompagner le d\u00e9funt dans la tombe, et se mit en devoir de veiller,\ntout en pleurant \u00e0 longueur de jours et de nuits, le corps qu&rsquo;on avait d\u00e9pos\u00e9,\nselon la coutume grecque, dans un caveau. Ni ses parents ni ses proches ne\nparvinrent \u00e0 la d\u00e9tourner de son affliction et de sa r\u00e9solution de se laisser\nmourir de faim, et apr\u00e8s une ultime tentative les magistrats eux\u00ad m\u00eames durent\ny renoncer. <\/p>\n\n\n\n<p>Pleur\u00e9e par tous, cette\nfemme unique en son genre avait d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9 quatre jours sans s&rsquo;alimenter, avec\npour seule compagne une servante fid\u00e8le entre toutes, qui l&rsquo;assistait de ses\npropres larmes et renouvelait l&rsquo;huile de la lampe plac\u00e9e dans le tombeau, \u00e0\nchaque fois qu&rsquo;elle venait \u00e0 manquer. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans toute la cit\u00e9\nc&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;unique sujet de conversation, et les gens de toutes conditions\navouaient que jamais on n&rsquo;avait vu briller le feu d\u2019une vertu et d&rsquo;un amour\naussi exemplaires.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est alors que le\ngouverneur de la province ordonna de crucifier des brigands, non loin de l\u2019\u00e9dicule\n\u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur duquel la veuve pleurait le cadavre encore frais. La nuit\nsuivante, le soldat qui montait la garde aupr\u00e8s des croix, afin que personne ne\nv\u00eent enlever un corps pour lui donner une s\u00e9pulture, constata qu&rsquo;une lumi\u00e8re\nassez vive brillait au milieu des tombeaux, et entendit des pleurs et des\ng\u00e9missements&nbsp;; pouss\u00e9 par la curiosit\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 la nature humaine, il\neut envie de savoir qui \u00e9tait l\u00e0 et ce qui s&rsquo;y passait. <\/p>\n\n\n\n<p>Il descendit donc dans la\ntombe et, en y apercevant une femme d&rsquo;une grande beaut\u00e9, il fut d&rsquo;abord\np\u00e9trifi\u00e9, comme s&rsquo;il avait vu un fant\u00f4me ou une apparition infernale. Mais, d\u00e8s\nqu&rsquo;il eut distingu\u00e9 le gisant et remarqu\u00e9 les larmes de la femme et son visage\nd\u00e9chir\u00e9 \u00e0 coups d&rsquo;ongles, il comprit ce dont il s&rsquo;agissait&nbsp;: il \u00e9tait en\npr\u00e9sence d&rsquo;une veuve incapable de supporter la perte de son mari. Il apporta\nalors sa gamelle dans le tombeau, et se mit en devoir d&rsquo;exhorter l&rsquo;afflig\u00e9e \u00e0\nne pas s&rsquo;obstiner dans un chagrin qui ne rimait \u00e0 rien, en lui faisant valoir\nqu&rsquo;il \u00e9tait bien inutile de g\u00e9mir \u00e0 s&rsquo;en d\u00e9chirer les poumons, que tout le\nmonde avait un jour la m\u00eame fin et la m\u00eame demeure, et autres lieux communs\npropres \u00e0 gu\u00e9rir les c\u0153urs bless\u00e9s. Mais la veuve, sourde \u00e0 ce discours\nconsolateur, se frappa la poitrine de plus belle, et s&rsquo;arracha des cheveux pour\nles d\u00e9poser sur le cadavre. <\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant le soldat, loin\nde battre en retraite, essaya alors de convaincre la pauvre femme de\ns&rsquo;alimenter, jusqu&rsquo;au moment o\u00f9 la servante, sans doute \u00e9branl\u00e9e par l\u2019odeur du\nvin, tendit la premi\u00e8re une main vaincue vers ce que proposait obligeamment le\nmilitaire&nbsp;; apr\u00e8s quoi, revigor\u00e9e par la nourriture et la boisson, elle\ndonna \u00e0 son tour l&rsquo;assaut \u00e0 l&rsquo;ent\u00eatement de sa ma\u00eetresse, en lui disant&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00c0\nquoi servira-t-il que vous vous laissiez mourir de faim, que vous vous\nenterriez vivante, et que vous rendiez une \u00e2me innocente avant que les destins\nne la r\u00e9clament&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:center\"><em>Pensez-vous \u00e9mouvoir ou la cendre ou les M\u00e2nes <\/em><a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a><em>&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Voulez-vous bien revivre&nbsp;!\nVoulez-vous bien renoncer \u00e0 une sottise toute f\u00e9minine, et jouir de la lumi\u00e8re aussi\nlongtemps que vous le pourrez&nbsp;! Ce cadavre lui-m\u00eame doit vous exhorter \u00e0\nla vie.&nbsp;\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Personne n&rsquo;\u00e9prouve de d\u00e9plaisir \u00e0 s&rsquo;entendre ordonner de se nourrir et de vivre aussi la dame, \u00e9puis\u00e9e par ces quelques jours pass\u00e9s sans manger, accepta-t-elle de renoncer \u00e0 son ent\u00eatement et se gava de nourri\u00ad ure non moins avidement que la servante, qui s&rsquo;\u00e9tait rendue la premi\u00e8re. Mais vous n&rsquo;ignorez pas quelle sorte de d\u00e9sir vient habituellement aux humains lorsqu&rsquo;ils ont bien mang\u00e9\u00a0! Le soldat s\u2019attaqua \u00e0 sa vertu avec la m\u00eame force de s\u00e9duction que pour la convaincre de vivre. La chaste jeune femme, au demeurant, ne le trouvait d\u00e9pourvu ni d&rsquo;attrait ni d&rsquo;\u00e9loquence, et la servante s&rsquo;en faisait l&rsquo;avocate en r\u00e9p\u00e9tant\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:center\"><em>Allez-vous donc combattre un amour qui vous pla\u00eet <\/em><a href=\"#_ftn3\">[3]<\/a><em>&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi vous faire\nlanguir davantage&nbsp;? La partie de son corps \u00e0 laquelle vous pensez ne\npers\u00e9v\u00e9ra pas non plus dans l&rsquo;abstinence, et le soldat rem porta\nla victoire sur toute la ligne. Ils couch\u00e8rent donc ensemble non seulement la\nnuit qui fut pour eux de noces, mais le lendemain et le surlendemain, non sans\navoir, bien entendu, ferm\u00e9 la porte du tombeau, de sorte que quiconque, connu\nou inconnu, se serait approch\u00e9 de l&rsquo;\u00e9difice aurait pens\u00e9 que la tr\u00e8s vertueuse\n\u00e9pouse avait expir\u00e9 sur le corps de son mari. <\/p>\n\n\n\n<p>Le soldat, au demeurant,\ncharm\u00e9 tant par la beaut\u00e9 de la dame que par le secret de leur union, faisait\nle march\u00e9 et rapportait dans le tombeau, d\u00e8s la tomb\u00e9e de la nuit, toutes les\nfriandises qu&rsquo;il avait les moyens d&rsquo;acheter. <\/p>\n\n\n\n<p>Seulement voil\u00e0&nbsp;:\nles parents d&rsquo;un des crucifi\u00e9s s&rsquo;aper\u00e7urent que personne ne montait plus la\ngarde, d\u00e9croch\u00e8rent le corps durant la nuit et lui rendirent les honneurs\nfun\u00e8bres. Le lendemain, lorsque le soldat, ainsi dup\u00e9 du fait de son abandon de\nposte, constata qu&rsquo;il y avait une croix sans cadavre, la punition qui\nl&rsquo;attendait le terrifia&nbsp;; il r\u00e9v\u00e9la \u00e0 la femme ce qui s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9 et lui\nd\u00e9clara qu&rsquo;il n&rsquo;attendrait pas le jugement du tribunal, mais se punirait de sa\nn\u00e9gligence en se per\u00e7ant de sa propre \u00e9p\u00e9e&nbsp;; il lui demandait seulement de\nlui fournir l&#8217;emplacement de son suicide et de r\u00e9unir dans le m\u00eame tombeau son\namant et son mari. <\/p>\n\n\n\n<p>La femme, non moins\ncompatissante que vertueuse, lui dit alors&nbsp;: \u00ab&nbsp;Aux dieux ne plaise\nque je voie coup sur coup les fun\u00e9railles des deux hommes que j&rsquo;ai le plus\nch\u00e9ris&nbsp;! J&rsquo;aime mieux mettre le mort en croix que le vivant \u00e0 mort.&nbsp;\u00bb\nEt, joignant l&rsquo;acte \u00e0 la parole, elle ordonna que le corps de son mari f\u00fbt\nextrait du cercueil et clou\u00e9 sur la croix inoccup\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n<p>Le soldat suivit l&rsquo;avis\nde cette femme ing\u00e9nieuse, et le lendemain tout le monde se demandait comment\nle mort avait bien pu s&rsquo;y prendre pour aller se mettre en croix.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:right\"><em>Satyricon<\/em>,\n111-112<\/p>\n\n\n\n<p><strong>P\u00c9TRONE <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Anthologie de la\nlitt\u00e9rature latine<\/em><\/strong>, traduction et \u00e9dition de Jacques Gaillard et Ren\u00e9 Martin, Paris, \u00c9ditions\nGallimard, collection \u00ab&nbsp;Folio classiques&nbsp;\u00bb, octobre&nbsp;2020 [2005],\n575&nbsp;pp. en noir et blanc au format 10,8&nbsp;x&nbsp;17,8&nbsp;cm sous\ncouverture broch\u00e9e en couleurs, 8,50&nbsp;\u20ac (prix France) <br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Aussi\northographi\u00e9 \u00ab&nbsp;Satiricon&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Citation\nde Virgile, <em>\u00c9n\u00e9ide<\/em>, IV, 34.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> <em>Ibid<\/em>.,\nIV, 38.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par P\u00e9trone.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[54,11],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/20068"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=20068"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/20068\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20072,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/20068\/revisions\/20072"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=20068"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=20068"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=20068"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}