{"id":21767,"date":"2022-01-10T21:09:57","date_gmt":"2022-01-10T19:09:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=21767"},"modified":"2022-01-10T21:09:57","modified_gmt":"2022-01-10T19:09:57","slug":"les-vraies-femmes-de-lettres-sont-des-phenomenes-guy-de-maupassant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=21767","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Les vraies femmes de lettres sont des ph\u00e9nom\u00e8nes.\u00a0\u00bb (Guy de Maupassant)"},"content":{"rendered":"\n<p>Les \u00c9ditions Flammarion lancent une nouvelle s\u00e9rie d\u2019ouvrages au sein de la collection de poche \u00ab&nbsp;Librio&nbsp;\u00bb&nbsp;: <strong>Les \u0153uvres du matrimoine<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette s\u00e9rie, qui propose des textes courts, tomb\u00e9s dans l\u2019oubli et r\u00e9dig\u00e9s par des femmes de lettres fran\u00e7aises, se donne pour objectif de leur donner \u00ab&nbsp;la visibilit\u00e9 et la l\u00e9gitimit\u00e9 qu\u2019elles m\u00e9ritent et surtout permettre le plaisir de la lecture de leurs \u0153uvres&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Voici la pr\u00e9sentation <a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a> des six premiers titres r\u00e9\u00e9dit\u00e9s\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Les-oeuvres-du-matrimoine-Belle-Belle-ou-Le-Chevalier-fortune.jpg\"><img loading=\"lazy\" width=\"222\" height=\"350\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Les-oeuvres-du-matrimoine-Belle-Belle-ou-Le-Chevalier-fortune.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-21773\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Les-oeuvres-du-matrimoine-Belle-Belle-ou-Le-Chevalier-fortune.jpg 222w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Les-oeuvres-du-matrimoine-Belle-Belle-ou-Le-Chevalier-fortune-190x300.jpg 190w\" sizes=\"(max-width: 222px) 100vw, 222px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong><em>Belle Belle ou le Chevalier Fortun\u00e9 <\/em><\/strong>suivi de<strong><em> La Belle aux cheveux d&rsquo;or<\/em><\/strong> par Marie-Catherine d\u2019Aulnoy<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit de deux contes publi\u00e9s en 1698 par Marie-Catherine Le Jumel de Barneville, baronne d\u2019Aulnoy, n\u00e9e \u00e0 Barneville-la-Bertran en 1651 et morte \u00e0 Paris le 14 janvier 1705, c\u00e9l\u00e8bre pour son salon litt\u00e9raire et son go\u00fbt pour l\u2019\u00e9mancipation f\u00e9minine, mais aussi pour sa tentative rocambolesque et inaboutie d\u2019\u00e9limination de son d\u00e9testable \u00e9poux.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u2019une des auteures \u00e0 l\u2019origine du genre \u00e9crit du conte de f\u00e9es auquel, \u00e0 la diff\u00e9rence de Charles Perrault, elle a insuffl\u00e9 un esprit subversif en usant d\u2019all\u00e9gories et de satires. Son travail de cr\u00e9ation litt\u00e9raire est souvent rapproch\u00e9 de celui de Jean de La Fontaine pour sa critique masqu\u00e9e de la cour et de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9sum\u00e9s ap\u00e9ritifs&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>Lorsque le roi ordonne \u00e0 tous les gentilshommes du royaume de rejoindre son arm\u00e9e ou d\u2019envoyer un fils \u00e0 leur place, le p\u00e8re de Belle Belle est bien ennuy\u00e9, car il est tr\u00e8s vieux et n\u2019a que des filles. C\u2019est sans compter le coup de pouce d\u2019une bonne f\u00e9e, qui transforme notre h\u00e9ro\u00efne en un ravissant chevalier. Une fois \u00e0 la cour, celui-ci fait des ravages jusque dans le c\u0153ur du roi, et s\u00e8me un certain trouble&#8230;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>La Belle aux cheveux d\u2019or est si jolie que quiconque l\u2019aper\u00e7oit en tombe instantan\u00e9ment amoureux. Si bien que le roi de la contr\u00e9e voisine, qui ne l\u2019a pas encore vue, veut l\u2019\u00e9pouser. Ce qu\u2019il ne sait pas, c\u2019est que le c\u0153ur de la Belle est un royaume difficile \u00e0 conqu\u00e9rir, et le jeune ambassadeur charg\u00e9 de la demande en mariage n\u2019est pas au bout de ses peines&nbsp;!<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Les-oeuvres-du-matrimoine-Isoline.jpg\"><img loading=\"lazy\" width=\"222\" height=\"350\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Les-oeuvres-du-matrimoine-Isoline.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-21772\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Les-oeuvres-du-matrimoine-Isoline.jpg 222w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Les-oeuvres-du-matrimoine-Isoline-190x300.jpg 190w\" sizes=\"(max-width: 222px) 100vw, 222px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong><em>Isoline<\/em><\/strong> par Judith Gautier<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9pouse de l\u2019homme de lettres Catulle Mend\u00e8s (1841-1909) et fille de l\u2019\u00e9crivain Th\u00e9ophile Gautier (1811-1872), Judith Gautier (1845-1917) s&rsquo;est illustr\u00e9e par sa passion pour l&rsquo;Asie (Chine et Japon notamment), par son r\u00f4le de pionni\u00e8re dans l&rsquo;analyse de la mystique wagn\u00e9rienne, et par ses relations passionn\u00e9es avec l&rsquo;avant-garde litt\u00e9raire de son temps, de Victor Hugo \u00e0 Charles Baudelaire en passant par Gustave Flaubert. Elle fut \u00e9galement la premi\u00e8re femme \u00e0 entrer \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie Goncourt, en 1910, au couvert de Jules Renard (1864-1910).<\/p>\n\n\n\n<p>Son <em>Isoline<\/em>, court roman aux accents gothiques, brosse le portrait d\u2019une h\u00e9ro\u00efne rebelle, qui trouve refuge dans la nature et la lecture.<\/p>\n\n\n\n<p>Pitch&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>De retour dans sa Bretagne natale, Gilbert, marin en permission, fait la rencontre d\u2019Isoline, dont il tombe \u00e9perdument amoureux. La jeune fille vit enferm\u00e9e dans un ch\u00e2teau, tenue \u00e0 l\u2019\u00e9cart du monde par son p\u00e8re. Tr\u00e8s vite, cet amour naissant se heurte \u00e0 de nombreux obstacles. Seule la nature, figure protectrice, offre aux deux amants un espace de bonheur et de libert\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Mademoiselle-de-Clermont-par-Felicite-de-Genlis.jpg\"><img loading=\"lazy\" width=\"222\" height=\"350\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Mademoiselle-de-Clermont-par-Felicite-de-Genlis.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-21771\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Mademoiselle-de-Clermont-par-Felicite-de-Genlis.jpg 222w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Mademoiselle-de-Clermont-par-Felicite-de-Genlis-190x300.jpg 190w\" sizes=\"(max-width: 222px) 100vw, 222px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong><em>Mademoiselle de Clermont<\/em><\/strong> par F\u00e9licit\u00e9 de Genlis<\/p>\n\n\n\n<p>St\u00e9phanie F\u00e9licit\u00e9 du Crest, par son mariage comtesse de Genlis, marquise de Sillery, n\u00e9e le 21 janvier 1746 \u00e0 Issy-l&rsquo;\u00c9v\u00eaque et morte le 31 d\u00e9cembre 1830 \u00e0 Paris, est une romanci\u00e8re, dramaturge, m\u00e9morialiste et p\u00e9dagogue fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p>Harpiste de talent, elle rencontra Rousseau et Voltaire, fut l&rsquo;amie de Bernardin de Saint-Pierre, de Talleyrand, de Juliette R\u00e9camier, et composa une \u0153uvre riche de quelque 140 volumes.<\/p>\n\n\n\n<p>Son premier essai, <em>Th\u00e9\u00e2tre \u00e0 l&rsquo;usage des jeunes personnes<\/em>, re\u00e7ut les \u00e9loges de d&rsquo;Alembert.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle s\u2019illustra dans des genres litt\u00e9raires vari\u00e9s et r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 la place des femmes en litt\u00e9rature dans <em>La Femme auteur<\/em> (1802) et <em>De l\u2019influence des femmes sur la litt\u00e9rature fran\u00e7aise comme protectrices des lettres<\/em> (1811).<\/p>\n\n\n\n<p>La comtesse de Genlis se chargea \u00e9galement de l&rsquo;\u00e9ducation des enfants d&rsquo;Orl\u00e9ans et notamment de celle du futur roi des Fran\u00e7ais, Louis-Philippe (1747-1793), qu&rsquo;elle \u00e9leva avec l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;en faire un nouveau Saint Louis.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son court roman <em>Mademoiselle de Clermont<\/em>, sans doute son chef-d\u2019\u0153uvre, elle relate le destin de deux amants maudits qui m\u00e9ritent une place au panth\u00e9on des couples mythiques de la litt\u00e9rature&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>Mademoiselle de Clermont, princesse de vingt ans, tombe follement amoureuse du duc de Melun. Cette passion, comme elle le d\u00e9couvre assez t\u00f4t, est r\u00e9ciproque. H\u00e9las, la jeune femme ne dispose pas de son c\u0153ur, et son fr\u00e8re ne voit pas cet amour d\u2019un bon \u0153il. Lorsqu\u2019un accident tragique survient, l\u2019h\u00e9ro\u00efne est prise au pi\u00e8ge d\u2019un monde cruel o\u00f9 seules les apparences comptent et o\u00f9 les sentiments v\u00e9ritables ne s\u2019expriment qu\u2019en secret.<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Les-oeuvres-du-matrimoine-Histoire-de-M.-le-marquis-de-Cressy.jpg\"><img loading=\"lazy\" width=\"222\" height=\"350\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Les-oeuvres-du-matrimoine-Histoire-de-M.-le-marquis-de-Cressy.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-21770\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Les-oeuvres-du-matrimoine-Histoire-de-M.-le-marquis-de-Cressy.jpg 222w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Les-oeuvres-du-matrimoine-Histoire-de-M.-le-marquis-de-Cressy-190x300.jpg 190w\" sizes=\"(max-width: 222px) 100vw, 222px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong><em>Histoire de M. le marquis de Cressy<\/em><\/strong> par Marie-Jeanne Riccoboni<\/p>\n\n\n\n<p>Marie-Jeanne Riccoboni (1713-1792), amie de Diderot, est longtemps actrice \u00e0 la Com\u00e9die-Italienne (de 1734 jusqu\u2019en 1760) avant d\u2019\u00e9crire des romans \u00e0 succ\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a \u00e9crit cinq nouvelles (<em>Histoire d\u2019Alo\u00efse de Livarot<\/em> [1780], <em>Histoire des amours de Gertrude, dame de Ch\u00e2teau-Brillant et de Roger, comte de Montfort <\/em>[1780], <em>Histoire de Christine de Suabe<\/em> [1780], <em>Lettre de la marquise d\u2019Artigues \u00e0 sa s\u0153ur <\/em>[1785] et <em>Histoire de Deux jeunes amies<\/em> [1786]) et dix romans mettant au go\u00fbt du jour le style \u00e9pistolaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Citons parmi ceux-ci les <em>Lettres de Fanny Butler<\/em> (1757), les <em>Lettres de Juliette Catesby<\/em> (1759), les <em>Lettres de la comtesse de Sancerre<\/em> (1767), les <em>Lettres d\u2019Elizabeth\u2013Sophie de Valli\u00e8re<\/em> (1772) ou encore les <em>Lettres de Milord Rivers<\/em> (1777).<\/p>\n\n\n\n<p>Marie-Jeanne Riccoboni fr\u00e9quenta le salon des d\u2019Holbach, peut-\u00eatre aussi celui des Helv\u00e9tius. Elle y rencontra les grands philosophes anglais de l\u2019\u00e9poque, comme Adam Smith et David Hume, avec qui elle correspondit.<\/p>\n\n\n\n<p>Publi\u00e9e en 1758, l\u2019<em>Histoire de M. le marquis de Cressy <\/em>annonce <em>Les Liaisons dangereuses<\/em> de Choderlos de Laclos (1741-1803) et m\u00eame <em>Bel-Ami<\/em> de Guy de Maupassant (1850-1893)&nbsp;: on y trouve des personnages machiav\u00e9liques ainsi que tous les ingr\u00e9dients d\u2019une croustillante intrigue amoureuse.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Dans le sillage du duc de Vend\u00f4me, vainqueur de la guerre d\u2019Espagne, le marquis de Cressy revient \u00e0 la cour de France apr\u00e8s six ans d\u2019absence. Bel homme, cultiv\u00e9, malin, il fait rapidement des ravages autour de lui. Entre toutes ces femmes qui tombent irr\u00e9m\u00e9diablement sous son charme, il h\u00e9site&nbsp;: va-t-il privil\u00e9gier les sentiments ou l\u2019ambition&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Lettres secr\u00e8tes, chantage amoureux, rebondissements tragiques\u2026 Le marquis de Cressy apprendra combien la manipulation des sentiments passionn\u00e9s est un jeu dangereux.<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Les-oeuvres-du-matrimoine-Vingt-Quatre-Heures-dune-femme-sensible.jpg\"><img loading=\"lazy\" width=\"222\" height=\"350\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Les-oeuvres-du-matrimoine-Vingt-Quatre-Heures-dune-femme-sensible.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-21769\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Les-oeuvres-du-matrimoine-Vingt-Quatre-Heures-dune-femme-sensible.jpg 222w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Les-oeuvres-du-matrimoine-Vingt-Quatre-Heures-dune-femme-sensible-190x300.jpg 190w\" sizes=\"(max-width: 222px) 100vw, 222px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong><em>Vingt-Quatre Heures d\u2019une femme sensible<\/em><\/strong> par Constance de Salm<\/p>\n\n\n\n<p>Constance Marie de Th\u00e9is, n\u00e9e le 7 septembre 1767 \u00e0 Nantes et morte le 13 avril 1845 \u00e0 Paris, qui devint par son premier mariage \u00e9pouse Pipelet de Leury et par ses secondes \u00e9pousailles princesse, puis comtesse (1803) puis \u00e0 nouveau princesse de Salm-Dyck (1816), \u00e9tait une po\u00e9tesse et femme de lettres fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p>Surnomm\u00e9e \u00ab&nbsp;la Muse de la Raison&nbsp;\u00bb par Marie-Joseph Ch\u00e9nier (1764-1811), fr\u00e8re cadet du grand po\u00e8te Andr\u00e9 Ch\u00e9nier (1762-1794). elle fut aussi appel\u00e9e \u00ab&nbsp;le Boileau des femmes&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1793, sous la Terreur, elle r\u00e9digea <em>Sapho<\/em>, sa premi\u00e8re trag\u00e9die lyrique en vers, jou\u00e9e plus de cent fois l\u2019ann\u00e9e suivante.<\/p>\n\n\n\n<p>Femme engag\u00e9e, passionn\u00e9e, aux qualit\u00e9s litt\u00e9raires reconnues et dont le succ\u00e8s porta ombrage \u00e0 quelques hommes de lettres en place, mais \u00e9galement c\u00e9l\u00e8bre en son temps pour son salon litt\u00e9raire, Constance de Salm a aussi \u00e9crit des drames ainsi qu\u2019un unique roman, <em>Vingt-Quatre Heures d\u2019une femme sensible<\/em>, \u00e0 travers lequel elle a souhait\u00e9 composer \u00ab&nbsp;une utile et grande le\u00e7on&nbsp;\u00bb d\u2019ind\u00e9pendance \u00e0 destination de ses lectrices.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce texte \u00e9pistolaire intimiste, elle d\u00e9crit avec virtuosit\u00e9 les affres du sentiment amoureux&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>Un soir, en sortant de l\u2019op\u00e9ra, une jeune femme aper\u00e7oit l\u2019homme qu\u2019elle veut \u00e9pouser dispara\u00eetre dans une cal\u00e8che avec une autre, la coquette Mme de B***. \u00c0 cette vue, la spirale infernale de la jalousie se referme sur elle. Pendant les vingt-quatre heures qui suivent, l\u2019h\u00e9ro\u00efne adresse quarante-six lettres \u00e0 son amant pour lui confier les tourments qui la consument.<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Les-oeuvres-du-matrimoine-Laissez-moi.jpg\"><img loading=\"lazy\" width=\"222\" height=\"350\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Les-oeuvres-du-matrimoine-Laissez-moi.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-21768\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Les-oeuvres-du-matrimoine-Laissez-moi.jpg 222w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Les-oeuvres-du-matrimoine-Laissez-moi-190x300.jpg 190w\" sizes=\"(max-width: 222px) 100vw, 222px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong><em>Laissez-moi<\/em><\/strong> par Marcelle Sauvageot<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9e en 1900 \u00e0 Charleville (Ardennes), Marcelle Sauvageot \u00e9tait une professeure agr\u00e9g\u00e9e de lettres dans le coll\u00e8ge de gar\u00e7ons de cette ville. Vers la mi-vingtaine, elle tomba malade de tuberculose et encha\u00eena une s\u00e9rie de longs s\u00e9jours en sanatorium&nbsp;: d&rsquo;abord \u00e0 Tenay-Hauteville dans l&rsquo;Ain o\u00f9 elle commence \u00e0 \u00e9crire un roman \u00e0 la suite d&rsquo;une d\u00e9ception amoureuse, puis plus tard \u00e0 Davos, en Suisse, o\u00f9 elle est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e le 6 janvier 1934.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle laisse en h\u00e9ritage une \u0153uvre unique publi\u00e9e pour la premi\u00e8re fois en 1933 \u00e0 163 exemplaires hors commerce sous le titre <em>Commentaire<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle fut bien accueillie par les rares destinataires au sein de la communaut\u00e9 litt\u00e9raire et artistique parisienne, notamment par Paul Val\u00e9ry, Paul Claudel, Robert Brasillach, Jacques de Bourbon Busset et Henri Focillon.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;ouvrage a \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9dit\u00e9 de multiples fois, sous diff\u00e9rents titres intitul\u00e9s. Il est notamment publi\u00e9 en 1997 sous le titre <em>Commentaire&nbsp;: r\u00e9cit d&rsquo;un amour meurtri<\/em>, et en 2004 sous le titre <em>Laissez-moi&nbsp;: commentaire<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Par le recours \u00e0 une prose d\u00e9licate et sensible, Marcelle Sauvageot y traduit le cri d\u2019une femme bless\u00e9e face \u00e0 l\u2019amour perdu et \u00e0 l\u2019impitoyable destin.<\/p>\n\n\n\n<p>Sc\u00e9nario&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>De retour au sanatorium pour soigner sa maladie, une jeune femme re\u00e7oit une lettre de son amant. La nouvelle est brutale : il la quitte pour se marier avec une autre. L\u2019h\u00e9ro\u00efne choisit de lui r\u00e9pondre en plongeant tour \u00e0 tour dans les souvenirs, le d\u00e9sir, la col\u00e8re et les illusions perdues. Au fil des lettres, elle transcende la douleur de cette rupture en une bouleversante d\u00e9claration d\u2019amour \u00e0 la vie.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>P\u00c9TRONE <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong><em>Belle Belle ou Le Chevalier fortun\u00e9 <\/em><\/strong>suivi de<strong><em> La Belle aux cheveux d\u2019or <\/em><\/strong>par Marie-Catherine d\u2019Aulnoy, Paris, \u00c9ditions Flammarion, collection \u00ab&nbsp;Librio &#8211; Les \u0153uvres du matrimoine&nbsp;\u00bb, janvier&nbsp;2022, 79&nbsp;pp. en noir et blanc au format 12,9&nbsp;x&nbsp;20,3&nbsp;cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs, 3&nbsp;\u20ac (prix France)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong><em>Isoline <\/em><\/strong>par Judith Gautier, Paris, \u00c9ditions Flammarion, collection \u00ab&nbsp;Librio &#8211; Les \u0153uvres du matrimoine&nbsp;\u00bb, janvier&nbsp;2022, 91&nbsp;pp. en noir et blanc au format 12,9&nbsp;x&nbsp;20,3&nbsp;cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs, 3&nbsp;\u20ac (prix France)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong><em>Mademoiselle de Clermont<\/em><\/strong><strong><em> <\/em><\/strong>par F\u00e9licit\u00e9 de Genlis, Paris, \u00c9ditions Flammarion, collection \u00ab&nbsp;Librio &#8211; Les \u0153uvres du matrimoine&nbsp;\u00bb, janvier&nbsp;2022, 72&nbsp;pp. en noir et blanc au format 12,9&nbsp;x&nbsp;20,3&nbsp;cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs, 3&nbsp;\u20ac (prix France)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong><em>Histoire de M. le marquis de Cressy<\/em><\/strong><strong><em> <\/em><\/strong>par Marie-Jeanne Riccoboni, Paris, \u00c9ditions Flammarion, collection \u00ab&nbsp;Librio &#8211; Les \u0153uvres du matrimoine&nbsp;\u00bb, janvier&nbsp;2022, 87&nbsp;pp. en noir et blanc au format 12,9&nbsp;x&nbsp;20,3&nbsp;cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs, 3&nbsp;\u20ac (prix France)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong><em>Histoire de M. le marquis de Cressy<\/em><\/strong><strong><em> <\/em><\/strong>par Marie-Jeanne Riccoboni, Paris, \u00c9ditions Flammarion, collection \u00ab&nbsp;Librio &#8211; Les \u0153uvres du matrimoine&nbsp;\u00bb, janvier&nbsp;2022, 87&nbsp;pp. en noir et blanc au format 12,9&nbsp;x&nbsp;20,3&nbsp;cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs, 3&nbsp;\u20ac (prix France)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong><em>Vingt-Quatre Heures d\u2019une femme sensible<\/em><\/strong><strong><em> <\/em><\/strong>par Constance de Salm, Paris, \u00c9ditions Flammarion, collection \u00ab&nbsp;Librio &#8211; Les \u0153uvres du matrimoine&nbsp;\u00bb, janvier&nbsp;2022, 94&nbsp;pp. en noir et blanc au format 12,9&nbsp;x&nbsp;20,3&nbsp;cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs, 3&nbsp;\u20ac (prix France)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong><em>Laissez-moi<\/em><\/strong><strong><em> <\/em><\/strong>par Marcelle Sauvageot, Paris, \u00c9ditions Flammarion, collection \u00ab&nbsp;Librio &#8211; Les \u0153uvres du matrimoine&nbsp;\u00bb, janvier&nbsp;2022, 72&nbsp;pp. en noir et blanc au format 12,9&nbsp;x&nbsp;20,3&nbsp;cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs, 3&nbsp;\u20ac (prix France)<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\" \/>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Sources&nbsp;: Flammarion et Wikip\u00e9dia.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par P\u00e9trone.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[11,53],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21767"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=21767"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21767\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21774,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21767\/revisions\/21774"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=21767"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=21767"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=21767"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}