{"id":23090,"date":"2023-06-25T17:45:34","date_gmt":"2023-06-25T15:45:34","guid":{"rendered":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=23090"},"modified":"2023-06-25T17:45:34","modified_gmt":"2023-06-25T15:45:34","slug":"il-y-a-dans-les-larmes-de-certaines-femmes-des-reproches-plus-sanglants-que-dans-toutes-les-imprecations-des-autres-george-sand","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=23090","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Il y a dans les larmes de certaines femmes des reproches plus sanglants que dans toutes les impr\u00e9cations des autres.\u00a0\u00bb (George Sand)"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Indiana.jpg\"><img loading=\"lazy\" width=\"214\" height=\"350\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Indiana.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-23091\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Indiana.jpg 214w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Indiana-183x300.jpg 183w\" sizes=\"(max-width: 214px) 100vw, 214px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>George Sand, nom de plume d&rsquo;Amantine Aurore Lucile Dupin de Francueil, par mariage baronne Dudevant, \u00e9tait une romanci\u00e8re, dramaturge, \u00e9pistoli\u00e8re, critique litt\u00e9raire et journaliste fran\u00e7aise, n\u00e9e le 1<sup>er&nbsp;<\/sup>juillet 1804 \u00e0 Paris et morte le 8&nbsp;juin 1876 au ch\u00e2teau de Nohant-Vic.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle compte parmi les \u00e9crivains les plus prolifiques de son temps, avec plus de 70&nbsp;romans \u00e0 son actif et 50&nbsp;volumes d&rsquo;\u0153uvres diverses dont des nouvelles, des contes, des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre et des textes politiques.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l&rsquo;image de son arri\u00e8re-grand-m\u00e8re, Louise Dupin, qu&rsquo;elle admirait, George Sand prit la d\u00e9fense des femmes, pr\u00f4na la passion, fustigea le mariage et lutta contre les pr\u00e9jug\u00e9s d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 conservatrice.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a fait scandale par sa vie amoureuse agit\u00e9e, par sa tenue vestimentaire masculine, dont elle a lanc\u00e9 la mode, par son pseudonyme masculin, qu&rsquo;elle adopta d\u00e8s 1829, et dont elle lan\u00e7a aussi la mode.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 la misogynie de nombreux d\u00e9tracteurs comme Charles Baudelaire ou Jules Barbey d&rsquo;Aurevilly, George Sand contribua activement \u00e0 la vie intellectuelle de son \u00e9poque, accueillant au domaine de Nohant ou \u00e0 Palaiseau des personnalit\u00e9s aussi diff\u00e9rentes que Franz Liszt, Fr\u00e9d\u00e9ric Chopin, Honor\u00e9 de Balzac, Gustave Flaubert, Eug\u00e8ne Delacroix, conseillant les uns, encourageant les autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a entretenu une importante correspondance avec Victor Hugo, bien que ces deux grandes personnalit\u00e9s ne se soient jamais rencontr\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle s&rsquo;est aussi illustr\u00e9e par un engagement politique actif \u00e0 partir de 1848, inspirant Alexandre Ledru-Rollin<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, participant au lancement de trois journaux&nbsp;: <em>La Cause du peuple<\/em>, <em>Le Bulletin de la<\/em> <em>R\u00e9publique<\/em> et <em>L&rsquo;\u00c9claireur<\/em>, plaidant aupr\u00e8s de Napol\u00e9on&nbsp;III la cause de condamn\u00e9s, notamment celle de Victor Hugo dont elle admirait l&rsquo;\u0153uvre et dont elle a tent\u00e9 d&rsquo;obtenir la gr\u00e2ce apr\u00e8s avoir \u00e9clips\u00e9 <em>Notre Dame de Paris<\/em> avec <strong><em>Indiana<\/em><\/strong> (1832), son premier roman qui bousculait les conventions sociales et magnifiait la r\u00e9volte des femmes en exposant les sentiments de ses contemporaines, chose exceptionnelle \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque et qui divisa aussi bien l&rsquo;opinion publique que l&rsquo;\u00e9lite litt\u00e9raire.<\/p>\n\n\n\n<p>Le texte int\u00e9gral<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a> de cet ouvrage repara\u00eet ces jours-ci en format de poche aux \u00c9ditions Hugo \u00e0 Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;action se d\u00e9roule \u00e0 la fin de la Restauration et au d\u00e9but de la monarchie de Juillet, en Brie et \u00e0 Paris, ainsi que, \u00e0 la fin, dans l&rsquo;\u00eele Bourbon (ancien nom de l&rsquo;\u00eele de La R\u00e9union).<\/p>\n\n\n\n<p><em>Indiana<\/em> rencontra un grand succ\u00e8s aupr\u00e8s du public et de la critique d\u00e8s sa parution, et permit \u00e0 George Sand d&rsquo;entamer sa carri\u00e8re litt\u00e9raire.<\/p>\n\n\n\n<p>En voici le pitch&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Indiana se morfond au Lagny<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a> en compagnie de son vieux mari, le colonel Delmare, rude et autoritaire. Raymon de Rami\u00e8re, un jeune monarchiste plein d&rsquo;esprit et avide d&rsquo;intrigues amoureuses, a s\u00e9duit Noun, la femme de chambre de la maison. Il rencontre Indiana lorsqu&rsquo;elle fait son apparition dans le monde, \u00e0 un bal&nbsp;: il en tombe amoureux et d\u00e9cide de la s\u00e9duire, elle aussi. Noun se suicide en se noyant dans la rivi\u00e8re voisine.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la deuxi\u00e8me partie du roman, Raymon poursuit ses avances aupr\u00e8s d&rsquo;Indiana, qui, malgr\u00e9 son amour pour lui, lui oppose plus de r\u00e9sistance que pr\u00e9vu. La rivalit\u00e9 passive de Ralph (le cousin et ami d&rsquo;enfance d&rsquo;Indiana) n&rsquo;am\u00e9liore pas non plus les affaires de Raymon. Piqu\u00e9 au vif, celui-ci pers\u00e9v\u00e8re et parvient \u00e0 conqu\u00e9rir Indiana tout en gagnant l&rsquo;amiti\u00e9 du colonel Delmare et en fragilisant l&rsquo;amiti\u00e9 de ce dernier envers Ralph qui, de son c\u00f4t\u00e9, continue de surveiller et de prot\u00e9ger Indiana contre Raymon. Ralph finit par r\u00e9v\u00e9ler \u00e0 demi-mot \u00e0 Indiana que Raymon est responsable de la mort de Noun.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la troisi\u00e8me partie, Indiana met Raymon \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve en lui rappelant la mort de Noun. Il lui avoue sa responsabilit\u00e9 dans le suicide de la servante et Indiana lui pardonne. Mais Raymon, choqu\u00e9, cesse \u00e0 partir de ce moment de l&rsquo;aimer et veut se venger.<\/p>\n\n\n\n<p>Les affaires du colonel p\u00e9riclitent et il d\u00e9cide de retourner \u00e0 l\u2019\u00eele Bourbon avec Indiana. Raymon la persuade de feindre d&rsquo;accepter en lui faisant esp\u00e9rer qu&rsquo;ils s&rsquo;enfuiront ensemble.<\/p>\n\n\n\n<p>Un matin, rentrant d&rsquo;un bal, il trouve Indiana chez lui&nbsp;; elle demande qu&rsquo;il la cache et la prot\u00e8ge, car elle ne veut pas aller \u00e0 l\u2019\u00eele Bourbon avec son mari. Mais, malgr\u00e9 toutes les promesses qu&rsquo;il lui avait faites, Raymon la chasse et Indiana part pour l\u2019\u00eele Bourbon.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la quatri\u00e8me partie, Raymon doit se retirer \u00e0 la campagne apr\u00e8s les revers politiques de ses soutiens, tandis qu&rsquo;Indiana, le c\u0153ur bris\u00e9, voit sa situation se d\u00e9grader aupr\u00e8s de son mari.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9prim\u00e9, Raymon \u00e9crit une lettre \u00e0 Indiana en lui disant \u00e0 mots couverts qu&rsquo;il l&rsquo;attend, mais il cesse d&rsquo;y penser peu de jours apr\u00e8s. Le colonel Delmare d\u00e9couvre le journal intime d&rsquo;Indiana et la frappe. Elle d\u00e9cide de fuir et de retrouver Raymon. Elle prend le bateau et rentre en m\u00e9tropole, pour apprendre qu&rsquo;il est mari\u00e9 \u00e0 Mademoiselle de Nangy, qui la chasse.<\/p>\n\n\n\n<p>Ralph, rentr\u00e9 en France, retrouve Indiana d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e. Ils d\u00e9cident de repartir \u00e0 l\u2019\u00eele Bourbon pour se suicider sur les lieux de leur enfance, en se jetant dans un ravin. Avant de mourir, Ralph raconte longuement son histoire \u00e0 Indiana et lui avoue ses sentiments. Ils se pr\u00e9cipitent n\u00e9anmoins tous deux dans le ravin. Le suicide \u00e9choue. Ils d\u00e9cident finalement de vivre ensemble, en pleine nature, retir\u00e9s du monde<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\">[4]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Du romantisme purement hugolien\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>P\u00c9TRONE <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong><em>Indiana <\/em><\/strong>par George Sand, Paris, \u00c9ditions Hugo, collection \u00ab&nbsp;Hugo poche classique&nbsp;\u00bb, juin&nbsp;2023, 422&nbsp;pp. en noir et blanc au format 11&nbsp;x&nbsp;17,8&nbsp;cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs et \u00e0 rabats, 7,90&nbsp;\u20ac (prix France)<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Alexandre-Auguste Ledru-Rollin (1807-1874) \u00e9tait un avocat et homme politique fran\u00e7ais. R\u00e9publicain progressiste, il fut l&rsquo;un des chefs de file de la campagne des Banquets qui aboutit \u00e0 la r\u00e9volution de 1848 et \u00e0 la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique. Comme ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur du gouvernement provisoire alors institu\u00e9, il fit adopter par d\u00e9cret le suffrage universel masculin.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> \u00c9tabli \u00e0 partir de la premi\u00e8re \u00e9dition parue en deux volumes \u00e0 Paris chez les libraires J.-P.&nbsp;Roret et H.&nbsp;Dupuy le 20&nbsp;mai 1832.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> Lagny est une commune fran\u00e7aise situ\u00e9e au nord-est du d\u00e9partement de l&rsquo;Oise, en r\u00e9gion Hauts-de-France.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> D\u2019apr\u00e8s Wikip\u00e9dia.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par P\u00e9trone.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[11,53],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/23090"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=23090"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/23090\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23092,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/23090\/revisions\/23092"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=23090"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=23090"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=23090"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}