{"id":23243,"date":"2023-08-16T14:51:10","date_gmt":"2023-08-16T12:51:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=23243"},"modified":"2023-08-16T14:51:10","modified_gmt":"2023-08-16T12:51:10","slug":"le-monstre-et-le-juste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=23243","title":{"rendered":"Le monstre et le Juste\u2026"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Les-freres-Goering-\u2013-Le-nazi-et-le-resistant.jpg\"><img loading=\"lazy\" width=\"226\" height=\"350\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Les-freres-Goering-\u2013-Le-nazi-et-le-resistant.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-23244\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Les-freres-Goering-\u2013-Le-nazi-et-le-resistant.jpg 226w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Les-freres-Goering-\u2013-Le-nazi-et-le-resistant-194x300.jpg 194w\" sizes=\"(max-width: 226px) 100vw, 226px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>James Wyllie est un auteur et sc\u00e9nariste britannique. Il est notamment l\u2019auteur du best-seller <em>Femmes de nazis <\/em><a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>). Il a travaill\u00e9 sur de nombreux films pour la BBC, Film4 et Talkback, et il a beaucoup \u00e9crit pour des s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es comme <em>The Bill<\/em>, <em>The Tribe<\/em> et <em>Atlantis High<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans <em>Goering and Goering<\/em> dont la traduction fran\u00e7aise est parue sous le titre <strong><em>Les fr\u00e8res Goering \u2013 Le nazi et le r\u00e9sistant<\/em><\/strong> chez Alisio \u00e0 Paris, il met en lumi\u00e8re les relations complexes entre Hermann, n\u00e9 en 1895, le futur chef de la Luftwaffe, bras droit de Hitler et cr\u00e9ateur de la Gestapo en 1933, coupable d\u2019innombrables crimes de guerre et contre l\u2019humanit\u00e9<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a>, et Albert, de deux ans son cadet, qui sera un farouche r\u00e9sistant au nazisme, puisqu\u2019il aida \u00ab&nbsp;des centaines, voire des milliers de personnes [juives pour la plupart] en Europe, \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 la pers\u00e9cution, passant pr\u00e8s de dix ans \u00e0 travailler contre le r\u00e9gime que servait son fr\u00e8re, sauvant d\u2019humbles commer\u00e7ants aussi bien que des chefs d\u2019\u00c9tat, dirigeant des fili\u00e8res d\u2019\u00e9vasion, faisant sortir des prisonniers des camps de concentration, influen\u00e7ant la politique et aidant la R\u00e9sistance<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Contre toute attente, Albert resta r\u00e9guli\u00e8rement en contact avec son fr\u00e8re qui n\u2019ignorait rien de ses agissements. Le nom de Goering lui permit de survivre sous le III<sup>e&nbsp;<\/sup>Reich malgr\u00e9 ses activit\u00e9s clandestines, mais le rendit imm\u00e9diatement coupable aux yeux des Alli\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Questionn\u00e9 en 1944 par ceux-ci sur ses motivations, Albert Goering, profond\u00e9ment protestant, expliqua \u00ab&nbsp;qu\u2019il ne s\u2019int\u00e9ressait pas \u00e0 la politique, qu\u2019il d\u00e9testait toute oppression et tyrannie, et qu\u2019il faisait, d\u2019une certaine fa\u00e7on, tout ce qui \u00e9tait en son pouvoir pour expier la brutalit\u00e9 et les p\u00e9ch\u00e9s de son fr\u00e8re et de tous les dirigeants du r\u00e9gime nazi<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\">[4]<\/a>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Albert Goering v\u00e9cut en Allemagne apr\u00e8s la guerre, mais il fut reni\u00e9 et mis \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart \u00e0 cause de son patronyme. Il trouva des emplois occasionnels d&rsquo;\u00e9crivain et de traducteur, vivant dans un modeste appartement loin des splendeurs de son enfance.<\/p>\n\n\n\n<p>Il mourut le 20 d\u00e9cembre 1966 sans voir son activit\u00e9 de r\u00e9sistance, comparable \u00e0 celles d\u2019Oskar Schindler<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\">[5]<\/a> et de Raoul Wallenberg<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\">[6]<\/a>, publiquement et pleinement reconnue.<\/p>\n\n\n\n<p>De leur enfance pass\u00e9e entre les ch\u00e2teaux de Veldenstein et de Mauterndorf (chez un bienfaiteur juif) au proc\u00e8s de Nuremberg en 1945, James Wyllie explore le destin de deux hommes que tout oppose id\u00e9ologiquement et met en lumi\u00e8re les relations d\u2019une fratrie qui a fait passer la famille avant le parti.<\/p>\n\n\n\n<p>Stup\u00e9fiant&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>P\u00c9TRONE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong><em>Les fr\u00e8res Goering \u2013 Le nazi et le r\u00e9sistant <\/em><\/strong>par James Wyllie, ouvrage traduit de l\u2019anglais par Jean-Baptiste Rendu et Richard Robert, Paris, \u00c9ditions Alisio, collection \u00ab&nbsp;Histoire&nbsp;\u00bb, mars&nbsp;2022, 432&nbsp;pp. +&nbsp;un cahier photo de 8&nbsp;pp. en noir et blanc au format 14,5&nbsp;x&nbsp;22,5&nbsp;cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs, 21,50&nbsp;\u20ac (prix France<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> <em>Femmes de nazis \u2013 Dans l&rsquo;ombre de Goebbels, Goering, Himmler<\/em>&#8230; (Paris, \u00c9ditions Alisio, novembre 2020).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Pour \u00e9chapper \u00e0 la potence, il se suicida dans sa cellule \u00e0 Nuremberg le 15 octobre 1946.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> Page 9.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> Page 20.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> <strong>Oskar Schindler<\/strong> (1908-1974) \u00e9tait un industriel allemand. Durant la Shoah, il sauva entre 1&nbsp;100 et 1&nbsp;200 Juifs en les faisant travailler dans ses fabriques d&rsquo;\u00e9mail et de munitions situ\u00e9es respectivement dans le Gouvernement g\u00e9n\u00e9ral de Pologne et dans le protectorat de Boh\u00eame-Moravie. Il fut honor\u00e9 du titre de \u00ab&nbsp;Juste parmi les nations&nbsp;\u00bb par le M\u00e9morial de Yad Vashem en 1967. Sa vie est le sujet d&rsquo;un roman de Thomas Keneally (<em>La Liste de Schindler<\/em>) en 1982 et d&rsquo;un film (du m\u00eame titre) de Steven Spielberg en 1993. Il est enterr\u00e9 au cimeti\u00e8re chr\u00e9tien du mont Sion \u00e0 J\u00e9rusalem.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\">[6]<\/a> <strong>Raoul Wallenberg<\/strong>, n\u00e9 le 4 ao\u00fbt 1912 pr\u00e8s de Stockholm, et dont la date de d\u00e9c\u00e8s reste incertaine, \u00e9tait un diplomate su\u00e9dois. H\u00e9ritier de l&#8217;empire industriel et financier de la famille Wallenberg, il mena une carri\u00e8re d&rsquo;homme d&rsquo;affaires dans plusieurs pays avant d&rsquo;\u00eatre envoy\u00e9 \u00e0 Budapest pendant la Seconde Guerre mondiale. Il b\u00e9n\u00e9ficia d&rsquo;un statut de diplomate, dont la mission \u00e9tait de contribuer \u00e0 sauver les Juifs de Hongrie. Il utilisa la possibilit\u00e9 de d\u00e9livrer des passeports temporaires d\u00e9clarant que leurs possesseurs \u00e9taient des citoyens su\u00e9dois en attente de rapatriement. Il n\u00e9gocia \u00e9galement avec des officiels nazis, comme Adolf Eichmann, afin d&rsquo;obtenir l&rsquo;annulation de d\u00e9portations. Wallenberg sauva ainsi environ 20&nbsp;000 Juifs. Il fut arr\u00eat\u00e9 le 17 janvier 1945 par l&rsquo;Arm\u00e9e rouge, et probablement soup\u00e7onn\u00e9 d&rsquo;\u00eatre un espion \u00e0 la solde des \u00c9tats-Unis. Ce qui lui arriva ensuite n&rsquo;est pas connu. Selon la version officielle des Sovi\u00e9tiques, il serait mort en 1947, d&rsquo;une crise cardiaque pendant sa captivit\u00e9, mais des t\u00e9moins ont affirm\u00e9 l&rsquo;avoir vu vivant dans les prisons de Russie ou de Sib\u00e9rie jusque dans les ann\u00e9es 1980. (Source&nbsp;: Wikip\u00e9dia.)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par P\u00e9trone.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[77,51,11],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/23243"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=23243"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/23243\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23245,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/23243\/revisions\/23245"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=23243"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=23243"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=23243"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}