{"id":23987,"date":"2024-05-19T17:52:41","date_gmt":"2024-05-19T15:52:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=23987"},"modified":"2024-05-19T17:52:41","modified_gmt":"2024-05-19T15:52:41","slug":"un-seul-etre-vous-manque-et-tout-est-depeuple-alphonse-de-lamartine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=23987","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Un seul \u00eatre vous manque et tout est d\u00e9peupl\u00e9.\u00a0\u00bb (Alphonse de Lamartine)"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Heroides.jpg\"><img loading=\"lazy\" width=\"214\" height=\"350\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Heroides.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-23989\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Heroides.jpg 214w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Heroides-183x300.jpg 183w\" sizes=\"(max-width: 214px) 100vw, 214px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Ovide, en latin Publius Ovidius Naso<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, n\u00e9 en 43 av. J.-C. \u00e0 Sulmo dans le centre de l&rsquo;Italie et mort en 17 ou 18&nbsp;ap.&nbsp;J.-C., en exil \u00e0 Tomis (l&rsquo;actuelle Constan\u0163a en Roumanie), \u00e9tait un po\u00e8te latin des d\u00e9buts de l&rsquo;Empire romain. Ses \u0153uvres les plus connues sont <em>L&rsquo;Art d&rsquo;aimer<\/em> et <em>Les M\u00e9tamorphoses<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Issu d&rsquo;une famille ais\u00e9e des Abruzzes appartenant \u00e0 l&rsquo;ordre \u00e9questre, Ovide \u00e9tait l\u2019h\u00e9ritier d&rsquo;une grande fortune. Il \u00e9tudia la rh\u00e9torique \u00e0 Rome et, quand il eut dix-huit ans, son p\u00e8re lui offrit de faire un long voyage \u00e0 Ath\u00e8nes qui le marqua et exer\u00e7a une influence sur ses \u0153uvres.<\/p>\n\n\n\n<p>Il entra ensuite dans la carri\u00e8re judiciaire, qu\u2019il d\u00e9laissa tr\u00e8s t\u00f4t pour se consacrer \u00e0 la po\u00e9sie.<\/p>\n\n\n\n<p>Artiste mondain, sensible et spirituel, il fr\u00e9quenta les po\u00e8tes Horace, Tibulle et Properce.<\/p>\n\n\n\n<p>Ovide inaugura publia sa premi\u00e8re \u0153uvre litt\u00e9raire \u00e0 vingt-quatre ans, <em>Les Amours<\/em> (19&nbsp;av.&nbsp;J.-C.), un recueil d&rsquo;\u00e9l\u00e9gies d\u00e9veloppant des th\u00e8mes \u00e9rotiques dans un roman d&rsquo;amour tournant autour du personnage de Corinna, une h\u00e9ta\u00efre.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2 av. J.-C., Ovide appara\u00eet comme un po\u00e8te majeur du Principat (le r\u00e9gime instaur\u00e9 par Auguste), car il est choisi pour d\u00e9clamer en vers l&rsquo;inauguration du temple de Mars Vengeur, \u00e0 Rome.<\/p>\n\n\n\n<p>Il conna\u00eet bient\u00f4t la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 trois autres recueils de po\u00e8mes, les<em> H\u00e9ro\u00efdes<\/em>, l\u2019<em>Art d&rsquo;aimer <\/em>(1&nbsp;av.&nbsp;J.-C.) et les <em>Rem\u00e8des \u00e0 l&rsquo;amour<\/em> (2&nbsp;apr. J.-C.).<\/p>\n\n\n\n<p>Cette inspiration, jusque-l\u00e0 quelque peu grivoise, change ensuite d&rsquo;orientation.<\/p>\n\n\n\n<p>Renon\u00e7ant en grande partie aux distiques<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a> de sa po\u00e9sie amoureuse, il adopte l&rsquo;hexam\u00e8tre dactylique<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a> dans un po\u00e8me astronomique, <em>Les Ph\u00e9nom\u00e8nes<\/em>, o\u00f9, selon le t\u00e9moignage de Valerius Probus, il d\u00e9crit la marche des astres sur le firmament, \u00e9voquant Pers\u00e9e et les Pl\u00e9iades.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de 3 apr. J.-C. il s\u2019applique \u00e0 un calendrier national, les<em> Fastes<\/em> dans lequel il parcourt, mois par mois, le cycle annuel des f\u00eates religieuses romaines.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge de quarante ans, il abandonne la po\u00e9sie \u00e9rotique pour \u00e9crire <em>Les M\u00e9tamorphoses<\/em>, po\u00e8me de 12&nbsp;000 hexam\u00e8tres dactyliques r\u00e9partis en quinze livres et reprenant les r\u00e9cits de la mythologie grecque et romaine<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\">[4]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Heroides-Ovide.jpg\"><img loading=\"lazy\" width=\"279\" height=\"350\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Heroides-Ovide.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-23988\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Heroides-Ovide.jpg 279w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Heroides-Ovide-239x300.jpg 239w\" sizes=\"(max-width: 279px) 100vw, 279px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Ovide<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Repr\u00e9sent\u00e9 dans la <em>Chronique de Nuremberg<\/em> (1493).<\/p>\n\n\n\n<p>Compos\u00e9es entre 25 et 16 avant notre \u00e8re, les <strong><em>H\u00e9ro\u00efdes<\/em><\/strong> d\u2019Ovide paraissent dans une version de poche actualis\u00e9e aux \u00c9ditions Les Belles Lettres \u00e0 Paris, fond\u00e9e sur le texte \u00e9tabli par le grand latiniste fran\u00e7ais Henri Bornecque (1871-1935), professeur de philologie latine (1906), puis de langue et litt\u00e9rature latines \u00e0 la facult\u00e9 des lettres de Lille de 1913 \u00e0 sa mort.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit d\u2019un recueil de quinze lettres fictives envoy\u00e9es par des h\u00e9ro\u00efnes malheureuses de la mythologie \u00e0 l\u2019homme qui les a d\u00e9laiss\u00e9es (P\u00e9n\u00e9lope \u00e0 Ulysse, Phyllis \u00e0 D\u00e9mophoon, Bris\u00e9is \u00e0 Achille, Ph\u00e8dre \u00e0 Hyppolite, \u0152none \u00e0 Paris, Hypsipyle \u00e0 Jason, Didon \u00e0 \u00c9n\u00e9e, Hermione \u00e0 Oreste, D\u00e9janire \u00e0 Hercule, Ariane \u00e0 Th\u00e9s\u00e9e, Canac\u00e9 \u00e0 Macar\u00e9e, M\u00e9d\u00e9e \u00e0 Jason, Laodamie \u00e0 Prot\u00e9silas, Hypermestre \u00e0 Lync\u00e9e, Sapho \u00e0 Phaon) auxquelles s\u2019ajoutent les lettres de trois couples mythiques (H\u00e9l\u00e8ne\/P\u00e2ris, H\u00e9ro\/L\u00e9andre, Cydippe\/Acontius).<\/p>\n\n\n\n<p>Extraits&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Je saurais o\u00f9 tu combats et ne craindrais que la guerre&nbsp;; et ma plainte se joindrait \u00e0 beaucoup d&rsquo;autres. Ce que je dois craindre, je l&rsquo;ignore&nbsp;: cependant, affol\u00e9e, je crains tout et un vaste champ s\u2019ouvre \u00e0 mon angoisse. Tout ce que l\u2019onde, tout ce que la terre a de p\u00e9rils, je le soup\u00e7onne d\u2019\u00eatre la cause de si longs retards. Et tandis que, sottement, je redoute ces dangers, peut-\u00eatre (quels caprices sont les v\u00f4tres&nbsp;!) es-tu captif d&rsquo;un amour \u00e9tranger. Peut-\u00eatre vas-tu lui conter quelle rustique est ta femme, bonne seulement \u00e0 d\u00e9grossir la laine&nbsp;!<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Puiss\u00e9-je me tromper et qu&rsquo;un tel soup\u00e7on s&rsquo;\u00e9vanouisse dans l&rsquo;air l\u00e9ger. Libre de revenir, puisses-tu ne pas vouloir l&rsquo;absence&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb (P\u00e9n\u00e9lope \u00e0 Ulysse, 70-80)<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Cette image de ton d\u00e9part reste fix\u00e9e dans mes yeux&nbsp;: quand ta flotte, pr\u00eate \u00e0 partir, mouillait dans nos ports. Tu osas m&rsquo;enlacer, et, pench\u00e9 sur le cou de ton amante, joindre nos bouches pendant de longs moments, confondre tes larmes et mes larmes, te plaindre que la brise f\u00fbt propice \u00e0 tes voiles, et, te s\u00e9parant de moi, me dire cette parole supr\u00eame&nbsp;: \u201cFais en sorte, Phyllis, d&rsquo;attendre ton D\u00e9mophoon.\u00bb\u201d Attendre qui est parti pour ne jamais me revoir&nbsp;! Attendre des voiles que me refusent les mers&nbsp;! Et n\u00e9anmoins, j&rsquo;attends&nbsp;!\u201d<\/em>&nbsp;\u00bb (Phyllis \u00e0 D\u00e9mophoon, 90-100)<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Cependant, lorsque tu me lisais, moi aussi je te paraissais belle&nbsp;: tu jurais qu&rsquo;\u00e0 moi seule il convenait de parler toujours. Je chantais, il m&rsquo;en souvient (les amants se souviennent de tout)&nbsp;: pendant que je chantais, tu me donnais des baisers que tu me volais. Tu les vantais aussi&nbsp;: de tout point je te plaisais, mais principalement alors que se fait l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;amour. Alors tu trouvais un charme plus qu&rsquo;ordinaire \u00e0 ma lascivit\u00e9, sans cesse en mouvement, \u00e0 mes propos bien adapt\u00e9s \u00e0 nos jeux, et lorsque nous avions ensemble confondu notre volupt\u00e9, \u00e0 cette langueur intense du corps fatigu\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Maintenant viennent \u00e0 toi les filles de Sicile, proie nouvelle. Qu\u2019ai-je \u00e0 faire de Lesbos&nbsp;? Je veux \u00eatre Sicilienne ou bien vous, femmes de l\u2019\u00eele, filles de l\u2019\u00eele, renvoyez de votre territoire ce fugitif et ne vous laissez pas tromper aux mensonges de sa langue caressante&nbsp;: ce qu&rsquo;il vous dit, il me l&rsquo;avait dit avant.<\/em>&nbsp;\u00bb (Sapho \u00e0 Phaon, 41-56)<\/p>\n\n\n\n<p>Des lettres ardentes et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es, de trahison et de vengeance, de passion et de douleur, de d\u00e9sir, de jalousie, de col\u00e8re, d\u2019humour aussi, qui d\u00e9crivent la souffrance amoureuse et les \u00e9motions qu\u2019elle fait na\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p>Magnifique&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>P\u00c9TRONE <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong><em>H\u00e9ro\u00efdes <\/em><\/strong>par Ovide, \u00e9dition bilingue, texte \u00e9tabli par Henri Bornecque et traduit du latin par Marcel Pr\u00e9vost, \u00e9dition revue par Danielle Porte, introduction et notes d\u2019Adrian Faure, Paris, \u00c9ditions Les Belles Lettres, collection \u00ab&nbsp;Classiques en poche&nbsp;\u00bb dirig\u00e9e par H\u00e9l\u00e8ne Monsacr\u00e9, avril&nbsp;2024, 417&nbsp;pp. en noir et blanc au format 11&nbsp;x&nbsp;18&nbsp;cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs, 14,90&nbsp;\u20ac (prix France)<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Son surnom \u00ab&nbsp;Naso&nbsp;\u00bb lui est venu de son nez pro\u00e9minent.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> En grec et en latin, couple de deux vers form\u00e9 d&rsquo;un hexam\u00e8tre (six syllabes) et d&rsquo;un pentam\u00e8tre (cinq syllabes).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> Dactyle&nbsp;: dans la po\u00e9sie grecque et latine, rythme compos\u00e9 de trois syllabes, une longue accentu\u00e9e suivie de deux br\u00e8ves.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> Source&nbsp;: https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ovide<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par P\u00e9trone.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[54,11],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/23987"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=23987"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/23987\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23990,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/23987\/revisions\/23990"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=23987"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=23987"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=23987"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}