{"id":24022,"date":"2024-05-27T20:32:01","date_gmt":"2024-05-27T18:32:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=24022"},"modified":"2024-05-27T20:32:01","modified_gmt":"2024-05-27T18:32:01","slug":"collaborations-horizontales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=24022","title":{"rendered":"Collaborations horizontales\u2026"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Les-Comtesses-de-la-Gestapo.jpg\"><img loading=\"lazy\" width=\"233\" height=\"350\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Les-Comtesses-de-la-Gestapo.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-24023\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Les-Comtesses-de-la-Gestapo.jpg 233w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Les-Comtesses-de-la-Gestapo-200x300.jpg 200w\" sizes=\"(max-width: 233px) 100vw, 233px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Cyril Eder, ancien professeur de lettres en Californie, a travaill\u00e9 longtemps sur les archives secr\u00e8tes et judiciaires des milieux de la collaboration fran\u00e7aise et il a publi\u00e9 en 2006 <strong><em>Les Comtesses de la Gestapo<\/em><\/strong>, un essai richement document\u00e9 et toujours disponible en version de poche aux \u00c9ditions Tallandier \u00e0 Paris (dans la collection \u00ab&nbsp;Texto&nbsp;\u00bb dirig\u00e9e par Jean-Claude Zylberstein).<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, on appela \u00ab&nbsp;comtesses de la Gestapo&nbsp;\u00bb un groupe d\u2019aventuri\u00e8res plus ou moins exotiques, sans vergogne, sans morale et men\u00e9es par l\u2019app\u00e2t du gain, des collaboratrices horizontales qui, tapinant des bureaux de l\u2019h\u00f4tel Majestic aux sous-sols de la rue Lauriston en passant par les locaux du Service Knochen \u00e0 ceux de la <em>Kriegsmarine<\/em>, commirent leurs crimes sous la protection de la Gestapo fran\u00e7aise et allemande ainsi que des gros trafiquants du march\u00e9 noir \u00e0 Paris pendant l\u2019occupation nazie.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit notamment de&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 La comtesse russe <strong>Mara Tchernycheff<\/strong> (\u00b01915), mannequin, chanteuse et actrice opiomane connue sous le nom Illa Meery<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, mais aussi de Madame Garat, qui fut un temps la ma\u00eetresse du gestapiste Henri Lafont<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a> et s\u2019enrichit dans le trafic d\u2019alcool et de sous-v\u00eatements f\u00e9minins avant de s\u2019installer dans un appartement spoli\u00e9 \u00e0 une famille juive. Elle eut de nombreuses liaisons avec des officiers allemands et notamment des membres du <em>SD<\/em><a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 La princesse <strong>Euphrosine Mourousi<\/strong><a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\">[4]<\/a> (1907-1965), grecque et morphinomane, qui faisait du trafic de cigarettes et d\u00e9non\u00e7a des familles juives et d\u2019immigr\u00e9s russes. Elle fut condamn\u00e9e en janvier 1950 \u00e0 trois ans de prison ferme et 20 ans d\u2019interdiction de s\u00e9jour pour avoir d\u00e9nonc\u00e9 plusieurs Juifs russes aussi bien \u00e0 la police fran\u00e7aise qu\u2019\u00e0 la Gestapo.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 La marquise <strong>de San Carlos de Pedroso<\/strong> (n\u00e9e Mar\u00eda Angustias N\u00fa\u00f1ez del Prado), une Espagnole franquiste de la premi\u00e8re heure, qui s\u2019acharnait sur les r\u00e9fugi\u00e9s r\u00e9publicains qu\u2019elle d\u00e9non\u00e7ait.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 La comtesse <strong>Ilde von<\/strong> <strong>Seckendorff<\/strong> (1907-1971), une authentique aristocrate allemande qui espionnait pour le compte du <em>SD<\/em> le Tout-Paris, notamment \u00ab&nbsp;deux salons cot\u00e9s, tr\u00e8s accueillants aux hautes personnalit\u00e9s allemandes, les Melchior de Polignac et Madame von Mumm, deux membres \u00e9minents du Gotha du champagne&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 La comtesse <strong>Marie Olinska<\/strong> (pseudonyme de Sonia Ir\u00e8ne Blache), actrice fran\u00e7aise de cin\u00e9ma<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\">[5]<\/a> d\u00e9butante, h\u00e9ro\u00efnomane, abouch\u00e9e avec un comte polonais, Stephan Olpinski, agent du contre-espionnage allemand, puis acoquin\u00e9e avec le danseur russe philonazi Serge Lifar (1904-1986), et qui, apr\u00e8s la guerre finira, selon les versions, suicid\u00e9e au Maroc ou dame pipi \u00e0 Montparnasse\u2026.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 La marquise <strong>Sylvie d\u2019Abrant\u00e8s<\/strong> (\u00b01912), n\u00e9e Sylviane Quimfe, mais authentiquement marquise apr\u00e8s son mariage avec Maurice Le Ray d\u2019Abrant\u00e8s, fran\u00e7aise, mythomane et courtisane dessal\u00e9e, associ\u00e9e pendant la guerre \u00e0 un truand de la Gestapo fran\u00e7aise impliqu\u00e9 dans d\u2019innombrables crimes et m\u00e9faits.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 La comtesse <strong>de Bernardi<\/strong>, (Antoinette \u00c9lodie Hugues, dite), une h\u00e9ta\u00efre fran\u00e7aise vieillissante qui, ne pouvant plus user de ses charmes, se rabattit sur la d\u00e9lation en fournissant \u00e0 Lafont les informations pour un \u00ab&nbsp;casse&nbsp;\u00bb qui \u00e9choua et en d\u00e9non\u00e7ant \u00e0 la Milice un petit truand, Pierre Desmoulins, qui se vantait d\u2019\u00eatre l\u2019un des assassins du ministre de Vichy Philippe Henriot en juillet 1944.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 La baronne <strong>Beck de Beaufort<\/strong> (pseudonyme d\u2019Olla, \u00e9pouse Lemesle, n\u00e9e baronne Bacher, Allemande) qui \u00ab&nbsp;re\u00e7ut \u00e0 draps ouverts la cr\u00e8me du haut commandement allemand du<em> Gross<\/em> <em>Paris<\/em>&nbsp;\u00bb et publia des articles dans le quotidien collaborationniste <em>Paris-Soir<\/em> sous le nom de plume d\u2019Olange avant de partir en mission pour le SD \u00e0 Royan, puis en Espagne en 1943.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 La fausse comtesse <strong>de Thuc\u00e9<\/strong>, en r\u00e9alit\u00e9 simple madame Hubert, sp\u00e9cialis\u00e9e dans le trafic d\u2019objets d\u2019art.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y eut aussi des \u00ab&nbsp;comtes de la Gestapo&nbsp;\u00bb comme&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 <strong>Serge de Lenz<\/strong> (\u00b01892-1945), une sorte de gentleman-cambrioleur vivant aux crochets de vieilles femmes riches, qui, membre de la bande dite \u00ab&nbsp;Gestapo de Neuilly&nbsp;\u00bb, racketta les cabarets, les restaurants de luxe et les prostitu\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 <strong>Louis Piscatory, baron de Vaufreland<\/strong>, entr\u00e9 au service de l\u2019Abwehr en mars 1941&nbsp;\u2013&nbsp;et \u00ab&nbsp;visiblement de m\u0153urs anormales&nbsp;\u00bb comme l\u2019\u00e9crivit Coco Chanel avec qui il se rendit en Espagne en juillet 1941 pour une mission secr\u00e8te au profit du <em>SD<\/em>&nbsp;\u2013, d\u00e9lateur de riches salonnards et de Juifs ais\u00e9s aupr\u00e8s de son \u00ab&nbsp;ami&nbsp;\u00bb le lieutenant Neubauer<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 <strong>Guy<\/strong>, pseudo-<strong>comte de Marcheret<\/strong> (\u00b01914), d\u2019origine russe, follement amoureux de pro-l\u2019espion nazi Philippe Pacheco dit de Bellune (1916-1945) qui l\u2019entra\u00eena sans son sillage pour surveiller ses compatriotes Russes blancs, livrer un r\u00e9seau de passeurs vers l\u2019Espagne, un autre de la R\u00e9sistance lyonnaise, et arr\u00eater M<sup>e&nbsp;<\/sup>Biaggi, c\u00e9l\u00e8bre avocat et r\u00e9sistant corse, ainsi que de nombreux agents parachutistes anglais avant de participer au massacre de 34 jeunes gens en ao\u00fbt 1944 dans le bois de Boulogne et de finir fusill\u00e9 au fort de Montrouge le 20&nbsp;avril 1949.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>P\u00c9TRONE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong><em>Les Comtesses de la Gestapo <\/em><\/strong>par Cyril Eder, Paris, \u00c9ditions Tallandier, collection \u00ab&nbsp;Texto&nbsp;\u00bb dirig\u00e9e par Jean-Claude Zylberstein, mars&nbsp;2020 [2006, 2016], 258&nbsp;pp. en noir et blanc au format 12&nbsp;x&nbsp;18&nbsp;cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs, 9,50&nbsp;\u20ac (prix France)<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Filmographie : <em>Princesse Olala<\/em> de Robert Land (1928)&nbsp;; <em>Der Raub der Sabinerinnen<\/em> de Robert Land (1929)&nbsp;; <em>Das Weisse Paradies<\/em> de Max Neufeld (1929)&nbsp;; <em>Cagliostro<\/em> de Richard Oswald (1929)&nbsp;; <em>Les Aventures du roi Pausole<\/em> d&rsquo;Alexis Granowsky (1933)&nbsp;; <em>Lac aux dames<\/em> de Marc All\u00e9gret (1934)&nbsp;; <em>Zouzou<\/em> de Marc All\u00e9gret (1934)&nbsp;; <em>Pension Mimosas<\/em> de Jacques Feyder (1934).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Henri Chamberlin, dit Henri Lafont, n\u00e9 dans le XIII<sup>e<\/sup> arrondissement de Paris le 22 avril 1902 et mort fusill\u00e9 au fort de Montrouge \u00e0 Arcueil le 26 d\u00e9cembre 1944, \u00e9tait un repris de justice et un collaborateur fran\u00e7ais qui, durant la Seconde Guerre mondiale, fut le chef de la Gestapo fran\u00e7aise (la \u00ab&nbsp;Carlingue&nbsp;\u00bb) sous l\u2019occupation allemande. Il incarne la collusion entre la p\u00e8gre fran\u00e7aise et les autorit\u00e9s nazies pendant l&rsquo;Occupation, tant pour le pillage de richesses, la pers\u00e9cution et la spoliation des juifs, que pour la traque et la torture de r\u00e9sistants fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> Le <em>Sicherheitsdienst<\/em>, r\u00e9guli\u00e8rement abr\u00e9g\u00e9 en <em>SD<\/em>, \u00e9tait en Allemagne \u00e0 partir de 1931 le service de renseignement et de maintien de l&rsquo;ordre de la <em>SS<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> M\u00e8re d\u2019Yves Mourousi (1942-1998), le c\u00e9l\u00e8bre journaliste fran\u00e7ais de radio et de t\u00e9l\u00e9vision n\u00e9 de p\u00e8re inconnu, qu\u2019elle abandonna peu de temps apr\u00e8s l\u2019avoir fait na\u00eetre \u00e0 Suresnes, une fois sortie de prison \u00e0 laquelle elle avait \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e pour avoir escroqu\u00e9 des nazis.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> Elle a tenu un petit r\u00f4le dans <em>Le loup de Malveneur<\/em> de Guillaume Radot (1942)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par P\u00e9trone.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[51,11],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/24022"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=24022"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/24022\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":24024,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/24022\/revisions\/24024"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=24022"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=24022"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=24022"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}