{"id":24501,"date":"2025-01-27T21:22:10","date_gmt":"2025-01-27T19:22:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=24501"},"modified":"2025-01-27T21:22:10","modified_gmt":"2025-01-27T19:22:10","slug":"il-ny-a-pas-de-rose-de-100-jours-proverbe-chinois","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=24501","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Il n&rsquo;y a pas de rose de 100 jours.\u00a0\u00bb (Proverbe chinois)"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Ombres-chinoises-par-Simon-Leys.jpg\"><img loading=\"lazy\" width=\"230\" height=\"350\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Ombres-chinoises-par-Simon-Leys.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-24502\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Ombres-chinoises-par-Simon-Leys.jpg 230w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Ombres-chinoises-par-Simon-Leys-197x300.jpg 197w\" sizes=\"(max-width: 230px) 100vw, 230px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>\u00c9crivain belge de renomm\u00e9e internationale, Simon Leys, nom de plume de Pierre Ryckmans, n\u00e9 le 28 septembre 1935 \u00e0 Uccle (R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale) et mort le 11 ao\u00fbt 2014 \u00e0 Sydney, \u00e9tait un \u00e9crivain, essayiste, critique litt\u00e9raire, traducteur, historien de l&rsquo;art, sinologue et professeur d&rsquo;universit\u00e9 de langue fran\u00e7aise et anglaise et de confession catholique.<\/p>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait le fils d&rsquo;un \u00e9diteur, le petit-fils d&rsquo;Alphonse Ryckmans, homme politique conservateur, conseiller communal d&rsquo;Anvers puis vice-pr\u00e9sident du S\u00e9nat, le neveu de Pierre Ryckmans, gouverneur g\u00e9n\u00e9ral du Congo belge et du Ruanda-Urundi de 1934 \u00e0 1946, et de Gonzague Ryckmans, professeur \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Louvain et sommit\u00e9 mondiale de l\u2019\u00e9pigraphie arabique.<\/p>\n\n\n\n<p>Dot\u00e9 d\u2019un grand talent litt\u00e9raire, ce brillantissime sp\u00e9cialiste de l\u2019histoire, de la langue et de la culture chinoises s\u2019est fait conna\u00eetre en 1971 par son pamphlet <em>Les Habits neufs du pr\u00e9sident Mao<\/em>, qui fit scandale parce qu\u2019il d\u00e9non\u00e7ait avec autant de vigueur que de lucidit\u00e9 et de brio les d\u00e9rives du mao\u00efsme et de sa \u00ab&nbsp;r\u00e9volution culturelle&nbsp;\u00bb (1966-1976) alors particuli\u00e8rement en vogue aupr\u00e8s de l\u2019intelligentzia mondaine parisienne<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, qui ne le lui pardonna pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Grand voyageur devant l\u2019\u00c9ternel, Simon Leys, apr\u00e8s ses humanit\u00e9s gr\u00e9co-latines au coll\u00e8ge dioc\u00e9sain Cardinal Mercier de Braine-l&rsquo;Alleud, se rendit en Chine en 1955&nbsp;\u2013&nbsp;il avait alors 19&nbsp;ans&nbsp;\u2013&nbsp;pour un s\u00e9jour encadr\u00e9 au cours duquel il prit part \u00e0 un entretien avec Zhou Enlai (1898-1976), le num\u00e9ro&nbsp;2 chinois, avant de bourlinguer en Afrique, \u00e0 Taiwan (il y \u00e9tudia \u00e0 la section des Beaux-Arts de l\u2019Universit\u00e9 nationale), de rouler sa bosse au Japon, de traverser les \u00c9tats-Unis en bus de la soci\u00e9t\u00e9 Greyhound, de rentrer en Belgique pour y terminer son m\u00e9moire de fin d&rsquo;\u00e9tudes en histoire de l&rsquo;art, d\u2019aller enseigner en chinois \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Nanyang (Singapour) et de s\u2019installer \u00e0 Hong Kong en 1963, o\u00f9 il r\u00e9digea tous les quinze jours, de 1967 \u00e0 1969, un rapport analysant le d\u00e9roulement des \u00e9v\u00e9nements en Chine, pour le compte de la d\u00e9l\u00e9gation diplomatique belge<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1972, il occupa pendant 6&nbsp;mois le poste d\u2019attach\u00e9 culturel de l\u2019ambassade de Belgique \u00e0 P\u00e9kin, aux c\u00f4t\u00e9s du diplomate Patrick Nothomb (1936-2020), p\u00e8re de l\u2019autrice Am\u00e9lie Nothomb (\u00b01966).<\/p>\n\n\n\n<p>La th\u00e8se de doctorat de Simon Leys, d\u00e9fendue haut la main, traduit et commente un chef-d&rsquo;\u0153uvre de l&rsquo;histoire de l&rsquo;art chinois, le trait\u00e9 de peinture \u00e9crit par Shitao, dont le nom se traduit par Citrouille-am\u00e8re, v\u00e9ritable g\u00e9nie cr\u00e9atif du d\u00e9but du XVIII<sup>e&nbsp;<\/sup>si\u00e8cle. Elle sera publi\u00e9e, en 1970, par l&rsquo;Institut belge des hautes \u00e9tudes chinoises \u00e0 Bruxelles, sous le titre <em>Propos sur la peinture du moine Citrouille-am\u00e8re. Contribution \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude terminologique des th\u00e9ories chinoises de la peinture<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les portes de l\u2019Universit\u00e9 fran\u00e7aise lui ayant \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9es par un quarteron de sinologues catho-mao\u00efstes<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a>, Simon Leys gagna l\u2019Australie en 1972 pour y enseigner au sein des universit\u00e9s de Canberra, puis de Sydney.<\/p>\n\n\n\n<p>Simon Leys fut membre de l\u2019Acad\u00e9mie royale de langue et de litt\u00e9rature fran\u00e7aises de Belgique (de 1990 \u00e0 2014) et du Coll\u00e8ge de Pataphysique \u00e0 Paris.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Les Habits neufs du pr\u00e9sident Mao<\/em> (1971) fut suivi d\u2019<em>Ombres chinoises <\/em>(1974) et par <em>Images bris\u00e9e<\/em>s (1976).<\/p>\n\n\n\n<p>Les Belles Lettres \u00e0 Paris republient le second volet de cette trilogie, <strong><em>Ombres chinoises<\/em><\/strong>, dans la collection \u00ab&nbsp;Le Go\u00fbt de l\u2019Histoire&nbsp;\u00bb dirig\u00e9e par Jean-Claude Zylberstein, offrant ainsi au lecteur curieux une bonne occasion de mieux comprendre nombre d\u2019\u00e9l\u00e9ments sous-jacents \u00e0 l\u2019exercice du pouvoir tel qu\u2019il est encore d\u00e9tenu aujourd\u2019hui \u00e0 P\u00e9kin par Xi Jinping (\u00b01953).<\/p>\n\n\n\n<p>Le journaliste et \u00e9crivain fran\u00e7ais Pierre Boncenne (\u00b01950) d\u00e9crit <em>Ombres chinoises<\/em> comme un \u00ab&nbsp;habile patchwork, analyses et choses vues ou entendues, anecdotes sur la vie quotidienne, \u00e9vocation litt\u00e9raire, donn\u00e9es \u00e9conomiques, interm\u00e8de sur les moyens de transport, compte rendu d&rsquo;un banquet diplomatique, listes d&rsquo;ouvrages en librairie, exemples de programmes scolaires, visites de sites, propos politiques, conversation \u00e0 b\u00e2ton rompus, portraits de gens de la rue et du Parti&#8230;&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Une sorte de prolongement politique d\u2019<em>Un Barbare en Chine <\/em>(1933), r\u00e9cit p\u00e9r\u00e9grin d\u2019une autre grande plume belge, le po\u00e8te Henri Michaux (1899-1984)\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>P\u00c9TRONE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong><em>Ombres chinoises <\/em><\/strong>par Simon Leys, pr\u00e9face de Jean-Fran\u00e7ois Revel, nouvelle \u00e9dition augment\u00e9e, Paris, \u00c9ditions Les Belles Lettres, collection \u00ab&nbsp;Le Go\u00fbt de l\u2019Histoire&nbsp;\u00bb dirig\u00e9e par Jean-Claude Zylberstein, janvier&nbsp;2025 [1974, 1978], 353&nbsp;pp. en noir et blanc au format 12,5&nbsp;x&nbsp;19&nbsp;cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs, 15,90&nbsp;\u20ac (prix France)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>TABLE DES MATI\u00c8RES<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e9face, par Jean-Fran\u00e7ois Revel<\/p>\n\n\n\n<p>Avant-propos<\/p>\n\n\n\n<p>1. Les \u00e9trangers en Chine populaire<\/p>\n\n\n\n<p>2. Suivez le guide<\/p>\n\n\n\n<p>3. Petit interm\u00e8de hagiographique<\/p>\n\n\n\n<p>4. Petit interm\u00e8de philosophique.<\/p>\n\n\n\n<p>5. Bureaucrates<\/p>\n\n\n\n<p>6. Vie culturelle<\/p>\n\n\n\n<p>7. Universit\u00e9s<\/p>\n\n\n\n<p>8. B\u00e2tons rompus<\/p>\n\n\n\n<p>Postface \u00e0 la r\u00e9\u00e9dition de 1978<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9pilogue&nbsp;: L\u2019apr\u00e8s-mao\u00efsme<\/p>\n\n\n\n<p><em>I. Mao Tse-tung et l\u2019histoire de Chine<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>II. Notes de lecture&nbsp;: Camarade Chiang Ch\u2019ing, par Roxane Witke<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>III. \u00ab&nbsp;Chinois, encore un effort pour \u00eatre r\u00e9volutionnaires&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Petite bibliographie comment\u00e9e<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> \u00c0 l\u2019instar des membres de la revue <em>Tel Quel<\/em>, dont Philippe Sollers (1936-2023) qui fit son <em>mea culpa<\/em> trente ans plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a>) Ces rapports seront \u00e0 l&rsquo;origine de son livre <em>Les Habits neufs du pr\u00e9sident Mao<\/em> dans lequel il soutient que la r\u00e9volution culturelle chinoise fut un coup politique lanc\u00e9 par Zhou Enlai et Mao Zedong afin de reprendre le contr\u00f4le de l\u2019\u00c9tat, qu&rsquo;ils avaient perdu. Le titre est une r\u00e9f\u00e9rence au conte de l\u2019\u00e9crivain danois Hans Christian Andersen (1805-1875), <em>Les Habits neufs de l&#8217;empereur<\/em> (1837) dans lequel sont d\u00e9nonc\u00e9s la sottise et la veulerie des courtisans d\u2019un roi.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> Jean Chesneaux (1922-2007, ex-secr\u00e9taire de la Paroisse \u00e9tudiante, pr\u00e9sident de Greenpeace France de 1997 \u00e0 2004), Yves Hervouet (1921-1999, un ancien apprenti j\u00e9suite qui a contribu\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation de l&rsquo;universit\u00e9 de Vincennes o\u00f9 il fut nomm\u00e9 professeur de chinois en 1969), Jean-Luc Domenach (n\u00e9 en 1945, proche d\u2019une revue chr\u00e9tienne de grande diffusion, <em>Esprit<\/em>) et L\u00e9on Vandermeersch (1928-2021, pros\u00e9lyte de Lin Biao dans les pages de cette m\u00eame revue, dont les articles sur la Chine \u00e9taient \u00ab&nbsp;\u00e0 hennir de rire&nbsp;\u00bb, selon Simon Leys). (Sources&nbsp;: Wikip\u00e9dia.)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par P\u00e9trone.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[49,11],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/24501"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=24501"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/24501\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":24503,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/24501\/revisions\/24503"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=24501"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=24501"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=24501"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}