{"id":24899,"date":"2025-09-24T18:29:29","date_gmt":"2025-09-24T16:29:29","guid":{"rendered":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=24899"},"modified":"2025-09-24T18:29:29","modified_gmt":"2025-09-24T16:29:29","slug":"la-recompense-du-merite-est-le-merite-meme-christine-de-suede","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=24899","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0La r\u00e9compense du m\u00e9rite est le m\u00e9rite m\u00eame.\u00a0\u00bb (Christine de Su\u00e8de)"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Christine-de-Suede-\u2013-Souveraine-europeenne.jpg\"><img loading=\"lazy\" width=\"233\" height=\"350\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Christine-de-Suede-\u2013-Souveraine-europeenne.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-24900\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Christine-de-Suede-\u2013-Souveraine-europeenne.jpg 233w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Christine-de-Suede-\u2013-Souveraine-europeenne-200x300.jpg 200w\" sizes=\"(max-width: 233px) 100vw, 233px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Docteure en histoire moderne apr\u00e8s avoir soutenu, \u00e0 l\u2019Institut Universitaire Europ\u00e9en de Florence (Italie), une th\u00e8se intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;La fabrique d\u2019une posture europ\u00e9enne in\u00e9dite&nbsp;: publier Christine de Su\u00e8de au XVII<sup>e&nbsp;<\/sup>si\u00e8cle, entre coh\u00e9rence et incertitudes&nbsp;\u00bb, Marion Lemaignan publie \u00e0 Paris aux \u00c9ditions Perrin <strong><em>Christine<\/em><\/strong> <strong><em>de Su\u00e8de&nbsp;\u2013&nbsp;Souveraine europ\u00e9enne<\/em><\/strong>, une biographie novatrice de la femme tr\u00e8s savante et de fort caract\u00e8re qui fut proclam\u00e9e \u00ab&nbsp;roi de Su\u00e8de&nbsp;\u00bb en 1632 (elle avait alors 6&nbsp;ans), qui r\u00e9gna \u00e0 18&nbsp;ans en 1644, fut couronn\u00e9e en 1650 et abdiqua en 1654, 35&nbsp;ans avant son d\u00e9c\u00e8s en 1689.<\/p>\n\n\n\n<p>Gustave Adolphe, qui avait perdu deux enfants en bas \u00e2ge, avait r\u00e9gl\u00e9 l\u2019ordre de sa succession avant d\u2019entrer en campagne. Il avait obtenu des nobles la suppression de la d\u00e9volution exclusivement masculine d\u00e8s 1627. Christine monta donc sur le tr\u00f4ne sans opposition, sous la tutelle du chancelier Axel Oxenstierna (1583-1654), le \u00ab&nbsp;Richelieu&nbsp;\u00bb su\u00e9dois. Elle re\u00e7ut un enseignement s\u00e9v\u00e8re, et aux \u00e9tudes traditionnelles des langues et de l\u2019histoire s\u2019ajouta la pratique des arts (notamment le dessin et la peinture) et du sport (l\u2019escrime et l\u2019\u00e9quitation).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9lev\u00e9e comme un gar\u00e7on, Christine de Su\u00e8de (1626-1689) \u00e9tait la fille unique d\u2019un champion du protestantisme, Gustave&nbsp;II Adolphe, dit \u00ab&nbsp;le Grand&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;le Lion du Nord&nbsp;\u00bb, roi de Su\u00e8de n\u00e9 le 9 d\u00e9cembre 1594 \u00e0 Stockholm et mort lors de la bataille de L\u00fctzen le 6&nbsp;novembre 1632<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Majeure en 1644, la reine Christine mit fin aux conflits arm\u00e9s avec le Danemark en 1645 par le trait\u00e9 de Br\u00f6msebro, tandis que la paix de Westphalie, sign\u00e9e en 1648, fit de la Su\u00e8de la premi\u00e8re puissance nordique.<\/p>\n\n\n\n<p>F\u00e9rue d\u2019art et de lettres (la qualit\u00e9 de sa biblioth\u00e8que personnelle \u00e9tait vant\u00e9e), elle donna \u00e0 sa cour un grand rayonnement culturel, en y faisant venir des \u0153uvres de sculpture et de peinture, surtout italiennes, en soutenant une \u00e9cole de peintres hollandais&nbsp;\u2013&nbsp;les Fijnschilders&nbsp;\u2013, et en invitant \u00e0 Stockholm des \u00e9rudits fran\u00e7ais comme le philosophe Ren\u00e9 Descartes qui y mourra en f\u00e9vrier 1650 ou comme la musicienne Anne Chabanceau de La Barre<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a> en 1652.<\/p>\n\n\n\n<p>Peu encline aux liens matrimoniaux et insensible aux convenances&nbsp;\u2013&nbsp;elle ne se maria jamais et n\u2019eut pas d\u2019enfant, s\u2019habillait en homme et fumait la pipe&nbsp;\u2013, elle abandonna le tr\u00f4ne en 1654 apr\u00e8s avoir obtenu de la Di\u00e8te la d\u00e9signation de son cousin Charles-Gustave (1622-1660) d\u2019abord comme successeur.<\/p>\n\n\n\n<p>Commen\u00e7a alors une vie de voyages, sem\u00e9e d\u2019\u00e9tapes \u00e0 Hambourg, \u00e0 Anvers, \u00e0 Bruxelles o\u00f9 elle se convertit secr\u00e8tement au catholicisme, \u00e0 Innsbruck o\u00f9 elle abjura publiquement le protestantisme avant de gagner \u00e0 Rome o\u00f9 elle fut accueillie avec faste le 20&nbsp;d\u00e9cembre 1655 pour recevoir sa premi\u00e8re communion du pape Alexandre&nbsp;VII (1599-1667).<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s diverses tribulations politiques cons\u00e9cutives du d\u00e9c\u00e8s de son cousin le roi Charles&nbsp;X Adolphe en 1660 et des vaines tentatives de l\u2019ex-reine Christine pour remonter sur le tr\u00f4ne de Su\u00e8de ou acc\u00e9der \u00e0 celui de Pologne, elle s\u2019\u00e9tablit d\u00e9finitivement \u00e0 Rome en 1668.<\/p>\n\n\n\n<p>Devenue m\u00e9c\u00e8ne, elle demeura dans le Trastevere au Riario alla Lungara (l\u2019actuel palais Corsini) qu\u2019elle transforma en mus\u00e9e. Elle y exposa quantit\u00e9 de pi\u00e8ces (tapisseries, peintures, sculptures, dessins, objets divers de collection), son cabinet des m\u00e9dailles \u00e9tait particuli\u00e8rement renomm\u00e9 et sa biblioth\u00e8que riche de 5&nbsp;000 volumes.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle fut l\u2019amie des artistes comme le c\u00e9l\u00e8bre Bernin (1598-1680), sculpteur et peintre dont elle fit \u00e9crire la biographie \u00e0 ses frais, et elle appr\u00e9ciait les musiciens baroques comme Filippo Acciaiuoli (1637-1700) qui lui d\u00e9dia ses drames musicaux et Alessandro Stradella (1643-1682), ses cantates, ainsi qu\u2019Alessandro Scarlatti (1660-1725) dont elle soutint les d\u00e9buts, et Arcangelo Corelli (1653-1713) qui l\u2019initia au violon.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle obtint par ailleurs l\u2019autorisation du pape d\u2019ouvrir le premier th\u00e9\u00e2tre public romain, le <em>Tor di Nona<\/em> et, en 1674, elle cr\u00e9a l\u2019acad\u00e9mie du Riario, qui deviendra l\u2019Acad\u00e9mie d\u2019Arcadie, soci\u00e9t\u00e9 de lettr\u00e9s et d\u2019artistes. Elle s\u2019int\u00e9ressa aux sciences et aux travaux de savants tels Giovanni Borelli<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a> (1608-1679) et Giovanni Ciampini<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\">[4]<\/a> (1633-1698).<\/p>\n\n\n\n<p>Elle entretint une correspondance soutenue et de haut vol avec de grands esprits de son temps comme les philosophes Blaise Pascal (1623-1662), Baruch Spinoza (1632-1677) et Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716).<\/p>\n\n\n\n<p>Personnage historique central du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, la reine Christine de Su\u00e8de choqua nombre de ses contemporains par ses mani\u00e8res libres et son comportement qualifi\u00e9 d\u2019extravagant, tout en conservant une aura certaine et un pouvoir tant politique que culturel aupr\u00e8s des monarques europ\u00e9ens, et Marion Lemaignan brosse avec finesse un portrait haut en couleur et de cette femme d\u2019une modernit\u00e9 remarquable, adepte subtile du <em>soft power<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>P\u00c9TRONE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong><em>Christine de Su\u00e8de \u2013 Souveraine europ\u00e9enne <\/em><\/strong>par Marion Lemaignan, Paris, \u00c9ditions Perrin, collection \u00ab&nbsp;Biographes&nbsp;\u00bb, septembre&nbsp;2025, 349&nbsp;pp. en noir et blanc au format 14&nbsp;x&nbsp;21&nbsp;cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs, 23&nbsp;\u20ac (prix France)<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> C\u2019est l\u2019une des batailles les plus marquantes de la guerre de Trente Ans, pendant laquelle les arm\u00e9es su\u00e9doises du roi Gustave&nbsp;I Adolphe de Su\u00e8de, mort au combat, s\u2019impos\u00e8rent face \u00e0 des forces de la Ligue catholique dirig\u00e9es par Albrecht von Wallenstein, le plus fameux <em>condottiere<\/em> au service du Saint-Empire romain germanique pendant la guerre de Trente Ans, devenu g\u00e9n\u00e9ralissime des arm\u00e9es imp\u00e9riales, duc de Friedland, de Sagan et de Mecklembourg.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Anne Chabanceau de La Barre, baptis\u00e9e le 3&nbsp;septembre 1628 \u00e0 Paris et morte avant le 7&nbsp;mars 1688 dans la m\u00eame ville, \u00e9tait une chanteuse, luthiste, claveciniste et danseuse fran\u00e7aise. Elle est consid\u00e9r\u00e9e comme la plus importante chanteuse fran\u00e7aise avant l\u2019\u00e9poque des trag\u00e9dies lyriques, ayant joui d\u2019une r\u00e9putation internationale.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> Giovanni Alfonso Borelli, n\u00e9 \u00e0 Naples le 28&nbsp;janvier 1608, Naples et mort le 31&nbsp;d\u00e9cembre 1679 \u00e0 Rome, \u00e9tait un math\u00e9maticien, philosophe, astronome, m\u00e9decin et physiologiste italien. On lui attribue un r\u00f4le fondateur dans l\u2019histoire de la physiologie.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> Giovanni Giustino Ciampini (n\u00e9 \u00e0 Rome le 13&nbsp;avril 1633 et mort le 12&nbsp;juillet 1698 dans la m\u00eame ville) \u00e9tait un eccl\u00e9siastique, anthropologue, \u00e9crivain, historien, arch\u00e9ologue, historien de l\u2019art, historien de l\u2019\u00c9glise et naturaliste italien. (Source&nbsp;: Wikip\u00e9dia)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par P\u00e9trone.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[77,11],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/24899"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=24899"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/24899\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":24901,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/24899\/revisions\/24901"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=24899"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=24899"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=24899"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}