{"id":5241,"date":"2012-02-22T11:06:28","date_gmt":"2012-02-22T09:06:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.satiricon.be\/?p=5241"},"modified":"2012-03-04T21:22:53","modified_gmt":"2012-03-04T19:22:53","slug":"un-feuilleton-corrosif-pour-les-10-bougies-de-jean-paul-philippot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=5241","title":{"rendered":"Un feuilleton corrosif pour les 10 bougies de Jean-Paul Philippot"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/RTBF-le-d\u00e9samour.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-5244  aligncenter\" title=\"RTBF le d\u00e9samour\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/RTBF-le-d\u00e9samour.jpg\" alt=\"\" width=\"234\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/RTBF-le-d\u00e9samour.jpg 234w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/RTBF-le-d\u00e9samour-200x300.jpg 200w\" sizes=\"(max-width: 234px) 100vw, 234px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Sur son mur de Facebook, pendant une semaine, Bernard Hennebert, l\u2019auteur de \u00ab\u00a0RTBF, le d\u00e9samour\u00a0\u00bb paru aux \u00c9ditions Couleur livres (http:\/\/www.consoloisirs.be\/presentation\/livre05.html) propose, jour apr\u00e8s jour, un des sept \u00e9pisodes de son feuilleton <em>Une semaine en \u00ab prime-time \u00bb sur La Une, juste dix ans apr\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e de Jean-Paul Philippot \u00e0 la t\u00eate de la RTBF<\/em>.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019une r\u00e9flexion entreprise par un usager actif qui vient de publier son quatri\u00e8me livre traitant du service public. Elle d\u00e9passe , bien s\u00fbr, la personnalit\u00e9 de l\u2019administrateur g\u00e9n\u00e9ral du service public.<\/p>\n<p>Le travail de m\u00e9moire sur l\u2019audiovisuel est fragile.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9flexion devrait permettre de prendre davantage conscience des \u00e9volutions r\u00e9centes de la RTBF, telles que voulues par deux majorit\u00e9s politiques (d\u2019abord PS-CDH, puis PS-CDH-ECOLO), \u00e0 la veille de la ren\u00e9gociation du prochain contrat de gestion 2013 de ladite RTBF.<\/p>\n<p><strong>LE LUNDI\u00a0: <\/strong><\/p>\n<p>Deux constats pr\u00e9alables\u00a0:<\/p>\n<p>1\u00a0: Il y a 10 ans, cinq soir\u00e9es sur sept sur La Une proposaient en prime-time des \u00e9missions fortement li\u00e9es \u00e0 l\u2019info (L\u2019\u00c9cran T\u00e9moin, Faits Divers, Autant savoir, L\u2019Hebdo, Le Jardin Extraordinaire).<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, il n\u2019y en a plus que deux (Questions \u00e0 la Une, et Ma Terre, dans la case du dimanche majoritairement r\u00e9serv\u00e9e au Jardin Extraordinaire).<\/p>\n<p>La mission de d\u00e9lassement est donc d\u00e9sormais fortement favoris\u00e9e.<\/p>\n<p>2\u00a0: Pour une majorit\u00e9 de soir\u00e9es sur la Une, le \u00ab\u00a0prime-time\u00a0\u00bb commence d\u00e9sormais plus tard.<\/p>\n<p>Il y a dix ans, le prime-time n\u2019\u00e9tait point annonc\u00e9 majoritairement dans la presse \u00e0 20H20\u00a0!<\/p>\n<p>Il \u00e9tait pr\u00e9vu \u00e0 20H00 (1 soir\u00e9e), 20H05 (1 soir\u00e9e),\u00a0 20H10 (3 soir\u00e9es), 20H15 (2 soir\u00e9es).<\/p>\n<p>En 2012\u00a0: c\u2019est 20H10 (1 soir\u00e9e), 20H15 (2 soir\u00e9es) et 20H20 (4 soir\u00e9es).<\/p>\n<p>Et ce lundi 20 f\u00e9vrier 2012\u00a0?<\/p>\n<p>\u00c0 20H20, une com\u00e9die, \u00ab\u00a0L\u2019amour c\u2019est mieux \u00e0 deux\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il y a dix ans, d\u00e8s 20H10, le prime-time du lundi 18 f\u00e9vrier proposait un \u00c9cran T\u00e9moin sur \u00ab\u00a0La prostitution\u00a0: faut-il punir le client\u00a0?\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Parmi les nombreux invit\u00e9s sur le plateau, en vrai direct, outre des personnalit\u00e9s politiques et universitaires, des policiers, etc., sont annonc\u00e9s dans la presse une s\u00e9rie de repr\u00e9sentants de l\u2019associatif\u00a0: Fran\u00e7oise Hecq (Universit\u00e9 des femmes), Sophie Wietz (Le Nid \u00e0 Bruxelles), Quentin Deltour (Espace P \u00e0 Li\u00e8ge), Michel Vilain (CAR, Wallonie), Bruno Moen (Payoke \u00e0 Anvers).<\/p>\n<p>Ce 7 septembre 2011, le <em>Conseil de la Jeunesse<\/em> a sugg\u00e9r\u00e9 \u00e0 la ministre de l\u2019Audiovisuel Fadila Laanan, dans son avis d\u2019initiative, la remise \u00e0 l\u2019antenne d\u2019un programme de type <em>\u00c9cran T\u00e9moin<\/em> pour <em>\u00ab\u00a0d\u00e9cortiquer un enjeu de soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>, suite \u00e0 la diffusion d\u2019un film (ou d\u2019un documentaire).<\/p>\n<p>Pour rappel\u00a0: apr\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e de JP Philippot \u00e0 la direction de la RTBF, L\u2019\u00c9cran T\u00e9moin fut d\u00e9classifi\u00e9.<\/p>\n<p>D\u2019\u00e9mission d\u2019information, il devint un programme de divertissement, ce qui permit une coupure publicitaire.<\/p>\n<p>De plus, rel\u00e9gu\u00e9 en deuxi\u00e8me partie de soir\u00e9e (perdant son \u00ab\u00a0direct\u00a0\u00bb) et influenc\u00e9 par le concept naissant de t\u00e9l\u00e9r\u00e9alit\u00e9 \u00ab\u00a0\u00e0 la Delarue\u00a0\u00bb, il perdit son sens et son public.<\/p>\n<p>Cons\u00e9quence\u00a0: si le d\u00e9bat \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb du dimanche midi (avec, dans son panel d\u2019intervenants, une majorit\u00e9 d\u2019hommes politiques) demeure, la RTBF ne programme plus un rendez-vous t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 r\u00e9gulier consacr\u00e9 \u00e0 une discussion sur une actualit\u00e9 soci\u00e9tale, principalement avec des t\u00e9moins de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Quelques talk-shows fourre-tout reprennent vaille que vaille, de fa\u00e7on bien plus superficielle, ce type de t\u00e9moignages.<\/p>\n<p><strong>LE MARDI <\/strong><\/p>\n<p>Ce soir, sur La Une d\u00e8s 20H20 (selon l\u2019horaire annonc\u00e9 dans les hebdos), la derni\u00e8re des \u00e9missions en diff\u00e9r\u00e9 (le 4<sup>e<\/sup> duel) de \u00ab\u00a0The Voice\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Petit b\u00e9mol\u00a0: ce mardi, la RTBF annonce, au contraire, sur son site, que l\u2019\u00e9mission commence \u00e0 20H15\u00a0: \u00a0http:\/\/www.rtbf.be\/<\/p>\n<p>Est-ce que cela veut dire qu\u2019elle commencera r\u00e9ellement \u00e0 20H20, mais que le service public donne rendez-vous, de fait, pour la pub, en faisant croire que c\u2019est le d\u00e9but de l\u2019\u00e9mission\u00a0? Ou l\u2019\u00e9mission d\u00e9butera-t-elle \u00e0 20H15, et la RTBF se moque de la tronche des r\u00e9dactions de la presse hebdomadaire et de leur nombreux lecteurs\u00a0? Imitera-t-elle un jour Arte ou TV5 qui entament leurs programmes \u00e0 l\u2019heure annonc\u00e9e (ce qui donc ne semble pas totalement impossible dans le paysage audiovisuel de 2012)<em> <\/em>?<\/p>\n<p>Il y a 10 ans, La Une proposait \u00e0 20H10 un \u00ab\u00a0Forts en t\u00eate\u00a0\u00bb intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Au c\u0153ur de la Basse-Sambre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Et comment osait-on, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, d\u00e9finir officiellement cette \u00e9mission plac\u00e9e \u00e0 la meilleure heure d\u2019\u00e9coute\u00a0? Il s\u2019agit d\u2019un <em>\u00ab\u00a0jeu de culture et d\u2019\u00e9rudition\u00a0\u00bb<\/em>. Avec une belle audience \u00e0 la clef.<\/p>\n<p>Le divertissement\u00a0?<\/p>\n<p>On rappelle rarement le texte suivant qui en sp\u00e9cifie la nature\u00a0: la RTBF doit proposer <em>\u00ab\u00a0des programmes r\u00e9guliers de divertissements attractifs, misant sur la qualit\u00e9, la diff\u00e9renciation et l\u2019ancrage en Communaut\u00e9 fran\u00e7aise\u00a0\u00bb<\/em>, ainsi que des jeux <em>\u00ab\u00a0mettant en valeur notamment l\u2019imagination, l\u2019esprit de d\u00e9couverte ou les connaissances des candidats\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Que penser d\u00e8s lors de la production de <em>Y\u2019a pas pire<\/em> (<em>Conducteurs<\/em>, puis <em>Animaux<\/em>)\u00a0?<\/p>\n<p>D\u2019autre part, le 19 mai 2007, la RTBF mettait fin \u00e0 dix-neuf ann\u00e9es de <em>G\u00e9nies en herbe<\/em>, annon\u00e7ant qu\u2019elle souhaitait conserver sur ses antennes une case pour un jeu interscolaire\u2026 qu\u2019on n\u2019a toujours pas revu ni sur La Une, La Deux ou La Trois\u00a0!<\/p>\n<p>Combien d\u2019ann\u00e9es de perdues&#8230;<\/p>\n<p>Il faudra attendre sans doute encore quelques mois pour qu\u2019enfin la RTBF propose \u00e0 nouveau en t\u00e9l\u00e9vision, non pas une saison enti\u00e8re, mais bien uniquement\u00a0 les demi-finales et la finale d\u2019un nouveau <em>G\u00e9nies en herbe.<\/em><\/p>\n<p>Le plus d\u00e9sagr\u00e9able, c\u2019est de d\u00e9couvrir que la direction actuelle de la RTBF prend l\u2019initiative, 9 fois sur 10, dans ses multiples interventions publiques, d\u2019indiquer que la RTBF doit aussi faire du divertissement (comme si on ne le savait pas\u00a0!)&#8230; mais d\u2019omettre quasi syst\u00e9matiquement dans la majorit\u00e9 de ses interventions ces deux petits mots\u00a0: \u00ab\u00a0\u00e9ducation permanente\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Deux poids, deux mesures\u00a0?<\/p>\n<p><strong>LE MERCREDI\u00a0: <\/strong><\/p>\n<p>Le mercredi est l\u2019un des rares jours de la semaine o\u00f9, en dix ans, la tradition d\u2019un magazine d\u2019information en prime-time sur La Une a \u00e9t\u00e9 maintenue.<\/p>\n<p>Le mercredi 20 f\u00e9vrier 2002, \u00e0 20H15, \u00e9tait annonc\u00e9 un \u00ab\u00a0Faits Divers\u00a0\u00bb , le \u00ab\u00a0mensuel de la vie quotidienne\u00a0\u00bb, consacr\u00e9 aux <em>\u00ab\u00a0Disparus du Haut-Pays\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Ce mercredi 22 f\u00e9vrier 2012, \u00e0 20H20, \u00ab\u00a0Questions \u00e0 la une\u00a0\u00bb abordera deux questions\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Que deviennent les millionnaires du Lotto\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em> et <em>\u00ab\u00a0Qui sont les travailleurs pauvres en Belgique\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Le mercredi est le jour de la semaine o\u00f9 les enfants en cong\u00e9 peuvent facilement regarder <em>Bla-Bla<\/em> en direct. Mais quand il y aura \u00e9cole l\u2019apr\u00e8s-midi, cela deviendra petit \u00e0 petit quasi impossible.<\/p>\n<p>En f\u00e9vrier 2002, le petit h\u00e9ros qui entra\u00eene les enfants \u00e0 chanter, chaque jour, le d\u00e9rangeant (pour certains) <em>\u00ab\u00a0Beurk la Pub\u00a0\u00bb<\/em> s\u00e9vissait entre 16H45 et 17H45, sur La Deux.<\/p>\n<p>En septembre 2007, sa prestation d\u00e9marrera d\u00e8s 16H05. Ce qui lui fera perdre plus de la moiti\u00e9 de son jeune public, pas encore rentr\u00e9 \u00e0 la maison. Voil\u00e0 l\u2019un des actes les plus cyniques qu\u2019un diffuseur puisse commettre\u00a0: d\u00e9penser des budgets cons\u00e9quents pour produire une \u00e9mission de qualit\u00e9 et programmer celle-ci \u00e0 un horaire dont il sait pertinemment que le public potentiel est dans l\u2019impossibilit\u00e9 mat\u00e9rielle de la regarder.<\/p>\n<p>Mais quelques mois plus tard&#8230; St\u00e9phane Delhougne, le responsable des programmes jeunesse, d\u00e9clara \u00e0 <em>La Libre Belgique<\/em> du 6 d\u00e9cembre 2007 :\u00a0<em>\u00ab\u00a0&#8230;Si l&rsquo;on regarde (les chiffres) des parts de march\u00e9, qui sont les seuls auxquels je veux m&rsquo;attacher, on est en augmentation depuis l&rsquo;an dernier&#8230;\u00a0\u00bb<\/em>. Il refuse donc d\u2019indiquer combien de bambins regardent effectivement<em> Bla Bla <\/em>\u00e0 16H05. Communiquer en terme de \u00ab\u00a0parts de march\u00e9\u00a0\u00bb permet de faire illusion. Celles-ci repr\u00e9sentent le pourcentage de t\u00e9l\u00e9spectateurs branch\u00e9s sur une cha\u00eene par rapport \u00e0 tous ceux qui regardent le petit \u00e9cran \u00e0 ce moment-l\u00e0. On peut donc tr\u00e8s bien avoir une \u00ab\u00a0part de march\u00e9\u00a0\u00bb mirobolante alors que tr\u00e8s peu de monde a sa t\u00e9l\u00e9 allum\u00e9e.<\/p>\n<p>On connait la suite (et la fin)\u00a0: <em>Bla-Bla<\/em> sera abandonn\u00e9 \u00e0 la rentr\u00e9e scolaire 2010-2011.<\/p>\n<p>Fric, fric, fric\u00a0? Aujourd\u2019hui, on se demande si son interminable mise \u00e0 mort n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 dict\u00e9e par des imp\u00e9ratifs \u00e9conomiques, dont celui de m\u00e9diatiser de nouvelles mascottes d\u2019un partenaire carolo. Ce seront <em>Spirou et<\/em> <em>Fantasio <\/em>qui atterriront sur La Trois, cette cha\u00eene \u00e9tant <em>\u00ab\u00a0surtout un robinet \u00e0 flux continu pour Dreamwall, le studio d\u2019animation des \u00e9ditions Dupuis\u00a0\u00bb<\/em> (<em>L\u2019Avenir<\/em>, 20\/11\/2010)\u2026 Mais, \u00e0 l\u2019inverse de ce qui se passait dans <em>Bla-Bla<\/em>, ces nouvelles capsules d\u2019animation ne proposent que de courts sketches, sans r\u00e9elles intentions p\u00e9dagogiques.<\/p>\n<p><strong>LE JEUDI :<\/strong><\/p>\n<p>Il y a une dizaine d\u2019ann\u00e9es, coexistaient en t\u00e9l\u00e9vision deux \u00e9missions qui illustraient les droits des consommateurs\u00a0: \u00ab\u00a0Autant savoir\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Cartes sur table\u00a0\u00bb. Aujourd\u2019hui, il n\u2019existe plus \u00e0 proprement parler d\u2019\u00e9missions de reportages, pures et dures, ou des d\u00e9bats en direct avec la pr\u00e9sence du public, ax\u00e9s sur cette th\u00e9matique. Il s\u2019agit plut\u00f4t de talk-shows avec chroniqueurs (\u00ab\u00a0On n\u2019est pas pigeon\u00a0\u00bb) ou des programmations ponctuelles dans \u00ab\u00a0Questions \u00e0 la une\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le jeudi 21 f\u00e9vrier 2002, La Une proposait, \u00e0 20H15, un \u00ab\u00a0Autant savoir\u00a0\u00bb intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Le DVD\u00a0: cin\u00e9ma \u00e0 domicile\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Et ce jeudi 23 f\u00e9vrier 2012, sur la m\u00eame cha\u00eene, \u00e0 20H20, d\u00e9marre un \u00e9pisode de la deuxi\u00e8me saison de \u00ab\u00a0Comme un chef\u00a0\u00bb, une comp\u00e9tition culinaire.<\/p>\n<p>Force est de constater que les programmes culturels, diffus\u00e9s nagu\u00e8re sur La Une, ont \u00e9t\u00e9 rendus progressivement plus difficilement accessibles au grand public.<\/p>\n<p>Ils furent d\u2019abord rel\u00e9gu\u00e9s vers 20H sur la deuxi\u00e8me cha\u00eene t\u00e9l\u00e9, moins fr\u00e9quent\u00e9e.<\/p>\n<p>Il fut ensuite d\u00e9cid\u00e9 que cette cha\u00eene devait s\u2019approcher d\u2019un <em>Club RTL<\/em>, comme le signifiait Yves Bigot, directeur des t\u00e9l\u00e9s, \u00e0<em> Vers l\u2019Avenir<\/em>, le 1<sup>er<\/sup> avril 2006. C\u2019est pourquoi cette cha\u00eene proposa, d\u00e8s ce moment-l\u00e0, le talk show <em>Toute une Histoire<\/em>, le feuilleton<em> Plus Belle la Vie<\/em> ainsi que des s\u00e9ries ou des spectacles d\u2019humour, en lieu et place de la culture qui, elle, est recas\u00e9e \u00e0 22H45.<\/p>\n<p>Sans doute pour faire illusion, pour faire croire que la RTBF avait encore en prime-time une case culture, on cr\u00e9a alors Arte-Belgique \u00e0 grands frais (environ 3 millions d\u2019euros par an, hors dotation), mais <em>50 degr\u00e9s Nord<\/em> diffus\u00e9 en prime time n\u2019y attire qu\u2019environ 10.000 spectateurs <em>\u00ab\u00a0d\u2019un profil socioprofessionnel \u00e9lev\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Enfin, le 25 septembre 2010, ce sera un dernier (?) d\u00e9m\u00e9nagement de la culture, sur La Trois. Une cha\u00eene \u00ab\u00a0de troisi\u00e8me zone\u00a0\u00bb\u00a0? Fran\u00e7ois Tron, le directeur des t\u00e9l\u00e9visions, d\u00e9clare, \u00e0 propos de son audience\u00a0:<em> <\/em><em>\u00ab <\/em><em>Si on oscille entre 1% et 2%, je suis content<\/em><em> \u00bb<\/em>. Et <em>La Derni\u00e8re Heure<\/em> (8 septembre 2010) rappelle qu\u2019il s\u2019agit <em>\u00ab\u00a0d\u2019une nouvelle cha\u00eene cr\u00e9\u00e9e sans argent\u00a0\u00bb<\/em>, alors que La Trois ne concr\u00e9tise, \u00e0 l\u2019inverse de La Une et de La Deux, que des missions de service public\u00a0: les \u00e9missions pour les sourds ou pour les enfants, les films en VO sous-titr\u00e9e, etc.<\/p>\n<p>\u00c0 ce sujet, on constate que, le jeudi 21 f\u00e9vrier 2002, La Deux programme effectivement un documentaire culturel d\u2019une dur\u00e9e de 55 minutes, d\u00e8s 20H10\u00a0: \u00ab\u00a0Entre les lignes\u00a0\u00bb, l\u2019histoire de l\u2019\u00e9crivain et journaliste Amira Hass, correspondant du quotidien \u00ab\u00a0Ha\u2019aretz\u00a0\u00bb derri\u00e8re les lignes isra\u00e9liennes, dans les territoires palestiniens.<\/p>\n<p>Et ce 23 f\u00e9vrier 2012, il faut attendre, sur la m\u00eame cha\u00eene, 22H50 pour d\u00e9couvrir une programmation de type culturelle\u00a0: une diffusion du film \u00ab\u00a0Good Night, and Good Luck\u00a0\u00bb tourn\u00e9 en 2005 par Georges Clooney. Ce soir-l\u00e0, La Deux propose en effet d\u00e8s 20H05 un divertissement\u00a0: \u00ab\u00a0Le meilleur de l\u2019humour\u00a0\u00bb avec Eric k\u00e9 Ramky (1\/2).<\/p>\n<p>Sur La Trois, \u00e0 21H05, il y a bien le magazine critique sur l\u2019actualit\u00e9 des sorties cin\u00e9ma \u00ab\u00a0Cin\u00e9 Station\u00a0\u00bb&#8230; mais, bien que la nouvelle cha\u00eene a d\u00e9j\u00e0 bien plus d\u2019un an d\u2019\u00e2ge, la RTBF continue de ne pas en communiquer les diff\u00e9rents r\u00e9sultats d\u2019audience, et ce, \u00e0 toutes les heures d\u2019une journ\u00e9e\u00a0: \u00e0 savoir, le nombre de postes branch\u00e9s sur cette cha\u00eene (et pas les \u00ab\u00a0parts d\u2019audience\u00a0\u00bb). Le vaste public ne serait-il pas au rendez-vous\u00a0?<\/p>\n<p><strong>LE VENDREDI\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p>Le vendredi 22 f\u00e9vrier 2002, \u00e0 20H00, est annonc\u00e9, sur La Une, \u00ab\u00a0L\u2019Hebdo\u00a0\u00bb, le magazine d\u2019actualit\u00e9 qui serait un peu le grand p\u00e8re de l\u2019actuel \u00ab\u00a0Questions \u00e0 la une\u00a0\u00bb, avec davantage de reportages tourn\u00e9s par les \u00e9quipes de la RTBF \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n<p>Dans deux interviews accord\u00e9es \u00e0 pr\u00e8s d\u2019un an de distance, au <em>Soir<\/em> (07\/09\/2011) et \u00e0 <em>Sudpresse <\/em>(13\/10\/2010), Bruno Cl\u00e9ment explique\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Sinc\u00e8rement, on aimerait bien traiter l\u2019actualit\u00e9 internationale. On a fait quelques tentatives mais elles se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es infructueuses sur le plan des audiences\u00a0\u00bb <\/em>et <em>\u00ab\u00a0C\u2019est triste, mais l\u2019international ne marche plus. On l\u2019abandonne d\u2019autant plus que c\u2019est cher \u00e0 produire\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Quel horaire \u00e9trange (et quasi miraculeux), ce 20H00&#8230;<\/p>\n<p>Pendant deux saisons, \u00ab\u00a0L\u2019Hebdo\u00a0\u00bb fut diffus\u00e9 dans le corps m\u00eame du JT de 19H30 et donc sans tunnel de publicit\u00e9.<\/p>\n<p>Compar\u00e9 aux diffusions ant\u00e9rieures \u00e0 cette p\u00e9riode b\u00e9nie, celles avec tunnel de publicit\u00e9, la seule variante \u00e9tant donc la pr\u00e9sence ou non des annonceurs entre la fin du JT et le d\u00e9but de \u00ab\u00a0L\u2019Hebdo\u00a0\u00bb, on constate qu&rsquo;il y a en moyenne, deux ans durant, 1\/3 \u00e0 1\/4 de t\u00e9l\u00e9spectateurs en plus, soit une centaine de milliers d&rsquo;usagers en plus. C&rsquo;est, chaque semaine, l&rsquo;\u00e9quivalent de pas mal de Forest-National de Bruxelles, de Th\u00e9\u00e2tre Royal de Namur ou de Maisons de la Culture d&rsquo;Arlon ou de Tournai archi pleins.<\/p>\n<p>Vous imaginez les audiences faramineuses d\u2019une RTBF sans pub\u00a0? Tiens tiens, cette exp\u00e9rience concr\u00e8te, unique en son genre, n\u2019est jamais (en dehors de mes propres interventions, les rares fois o\u00f9 l\u2019on me donne la parole) mise en \u00e9vidence dans les nombreux articles ou d\u00e9bats sur l\u2019\u00e9ventuelle suppression de la pub et du sponsoring \u00e0 la RTBF&#8230;<\/p>\n<p>On y laisse m\u00eame parfois entendre, et sans apporter aucune preuve, que cette suppression de la pub m\u00e8nerait \u00e0 une diminution de l\u2019audience, et mettrait donc en p\u00e9ril l\u2019existence m\u00eame du service public. C\u2019est vraiment du n\u2019importe quoi\u00a0!<\/p>\n<p>Et ce vendredi 24 f\u00e9vrier 2012 \u00e0 20H15, quoi donc, au prime-time de La Une\u00a0? \u00ab\u00a0C\u2019est du belge\u00a0\u00bb annonc\u00e9, chaque semaine, dans les programmes de \u00ab\u00a0Moustique\u00a0\u00bb comme \u00e9tant <em>\u00ab\u00a0le magazine de la noblesse\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Dans une contribution publi\u00e9e par <em>La Libre Belgique<\/em> du 27 janvier 2005, Th\u00e9o Hachez, le regrett\u00e9 directeur de <em>La Revue Nouvelle<\/em>, constatait que les cartes sont brouill\u00e9es entre RTL-TVI et le service public, et leurs r\u00f4les quasi invers\u00e9s, comme le montraient magistralement les programmes de la soir\u00e9e du 21 janvier 2005. La RTBF proposait, ce soir-l\u00e0, le premier num\u00e9ro de <em>C\u2019est du Belge<\/em>, son clone de <em>Place Royale<\/em>, suivi du populaire <em>Flic de Beverly Hills,<\/em> tandis que RTL-TVI comm\u00e9morait le soixanti\u00e8me anniversaire de la lib\u00e9ration des camps en diffusant le documentaire de la BBC \u00ab\u00a0Auschwitz, la Solution Finale\u00a0\u00bb encadr\u00e9 par un d\u00e9bat r\u00e9unissant t\u00e9moins et historiens.<\/p>\n<p>M. Hachez parlait d\u2019estompement \u00ab\u00a0<em>des d\u00e9cr\u00e9tales missions de service public<\/em> \u00bb et rel\u00e8ve aussi les chutes d\u2019audiences de la RTBF\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Une telle situation devrait interpeller les politiques. Et pourquoi la ministre de tutelle n\u2019ouvrirait-elle pas des \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux \u00e0 la RTBF\u00a0? Ah, cela s\u2019est d\u00e9j\u00e0 fait, du temps o\u00f9 Elio Di Rupo \u00e9tait ministre de l\u2019Audiovisuel&#8230;<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>Dans son rapport annuel, la RTBF a os\u00e9 classer \u00ab\u00a0C\u2019est du belge\u00a0\u00bb dans le quota des \u00e9missions d\u2019\u00e9ducation permanente, ce qui a conduit le <em>Conseil sup\u00e9rieur de l\u2019audiovisuel<\/em> (CSA) \u00e0 signifier des\u00a0<em>\u00ab\u00a0impr\u00e9cisions consistantes, voire grandissantes\u00a0\u00bb <\/em>dans l\u2019interpr\u00e9tation par la RTBF de ses missions.<\/p>\n<p>On se souviendra que l\u2019ex-d\u00e9put\u00e9 Josy Dubi\u00e9 (\u00c9COLO) a indiqu\u00e9 \u00e0 deux reprises lors des travaux au parlement, \u00e0 propos du clone de<em> Place Royale<\/em>, que Jean-Paul Philippot lui avait confi\u00e9\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Tu as raison, cette \u00e9mission, ce n\u2019est pas ma tasse de th\u00e9, mais cela fait venir du public, et donc de la pub\u2026\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p><strong>LE SAMEDI :<\/strong><\/p>\n<p>Le prime-time du samedi sera-t-il toujours l\u00e9ger sur La Une\u00a0?<\/p>\n<p>Le 23 f\u00e9vrier 2002, \u00e0 20H05, \u00e9tait propos\u00e9 \u00ab\u00a0Les @llum\u00e9s.be\u00a0\u00bb avec, en invit\u00e9, Robert Wasseige, alors entra\u00eeneur des Diables rouges. Et ce 25 f\u00e9vrier 2012 \u00e0 20H15\u00a0: \u00ab\u00a0Une brique dans le ventre\u00a0\u00bb, le magazine de l\u2019habitat.<\/p>\n<p>Et le samedi, la culture est-elle programm\u00e9e \u00e0 une heure o\u00f9 le vaste public est \u00e0 l\u2019\u00e9coute\u00a0? Axons-nous sur l\u2019agenda culturel (un type de rendez-vous utile pour donner au moins envie concr\u00e8tement au public de quitter son salon et sa t\u00e9l\u00e9 pour vivre en r\u00e9el la ou les culture(s)).<\/p>\n<p>Sur La Une, ce 25 f\u00e9vrier 2012, il faut attendre 00H25 pour suivre \u00ab\u00a050\u00b0 Nord\u00a0\u00bb. Le 23 f\u00e9vrier 2002, sur la m\u00eame cha\u00eene, \u00ab\u00a0Javas\u00a0\u00bb \u00e9tait propos\u00e9 \u00e0 22H30.<\/p>\n<p>Pour la suite de notre raisonnement, gardez bien \u00e0 l\u2019\u0153il que \u00ab\u00a050% Nord\u00a0\u00bb est une \u00e9mission quotidienne, et \u00ab\u00a0Javas\u00a0\u00bb, un hebdo.<\/p>\n<p>L\u2019audience de ces agendas culturels se calcule \u00e0 partir de leurs multidiffusions.<\/p>\n<p>Autrefois, \u00ab\u00a0Javas\u00a0\u00bb touchait un vaste auditoire, ce qui \u00e9tait plut\u00f4t surprenant ce type de programme. En octobre 1997, un an et demi apr\u00e8s sa naissance, ses cinq rediffusions orchestr\u00e9es par G\u00e9rard Lov\u00e9rius (le directeur des t\u00e9l\u00e9visions de la RTBF) touchaient plus de 200.000 t\u00e9l\u00e9spectateurs, davantage que le JT de la mi-journ\u00e9e de l&rsquo;\u00e9poque, que \u00ab\u00a0Les Ann\u00e9es Belges\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0G\u00e9nies en Herbe\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Mise au Point\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En 2002, la politique des rediffusions est d\u00e9j\u00e0 moins op\u00e9rationnelle mais n\u00e9anmoins encore assez vari\u00e9e et dans certains cr\u00e9neaux horaires non confidentiels. Concr\u00e8tement\u00a0: fin f\u00e9vrier 2002 (la p\u00e9riode qui nous sert de comparaison pour les 10 ans de ce feuilleton), au cours d\u2019une m\u00eame semaine, on peut d\u00e9couvrir \u00ab\u00a0Javas\u00a0\u00bb sur La Deux le lundi \u00e0 20H05 (premi\u00e8re diffusion), durant la boucle de nuit du lundi au mardi, et le mardi \u00e0 13H25. Ainsi que sur La Une\u00a0: le mardi \u00e0 00H20 et le samedi \u00e0 22H30.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9mission dure une douzaine de minutes et ne co\u00fbte que des clopinettes\u00a0: aucun moyen de tournage n&rsquo;est pr\u00e9vu, les images \u00e9tant le plus souvent offertes par les organisateurs culturels promotionn\u00e9s \u00e0 l&rsquo;antenne.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Javas\u00a0\u00bb sera supprim\u00e9 en janvier 2007.<\/p>\n<p>Historique passionnant de la naissance de cette \u00e9mission voulue par la soci\u00e9t\u00e9 civile\u00a0: http:\/\/www.consoloisirs.be\/articles\/lejournaldumardi\/061205.html).<\/p>\n<p>Et pourtant, l&rsquo;\u00e9quipe de \u00ab\u00a0Javas\u00a0\u00bb \u00e9vitait les doublons avec \u00ab\u00a050\u00b0 Nord\u00a0\u00bb. De plus, les deux d\u00e9marches sont diff\u00e9rentes. Pour l&rsquo;\u00e9mission de 25 minutes diffus\u00e9e en premi\u00e8re diffusion du lundi au vendredi sur Arte Belgique, la formule propos\u00e9e est celle d&rsquo;un talk-show avec des chroniqueurs et des invit\u00e9s souvent c\u00e9l\u00e8bres, tandis que \u00ab\u00a0Javas\u00a0\u00bb piochait davantage dans les activit\u00e9s alternatives et s&rsquo;effor\u00e7ait de mettre en \u00e9vidence les initiatives d\u00e9centralis\u00e9es des centres culturels, par exemple.<\/p>\n<p>La RTBF serait-elle un Avignon qui a d\u00e9pec\u00e9 son off?<\/p>\n<p>De toute mani\u00e8re, les activit\u00e9s culturelles qui m\u00e9ritent d&rsquo;\u00eatre s\u00e9lectionn\u00e9es sont tellement nombreuses que la justification propos\u00e9e par la RTBF en semble absurde. Tout rassembler dans \u00ab\u00a050\u00b0Nord\u00a0\u00bb risque de rendre l&rsquo;offre indigeste, et donc inefficace.<\/p>\n<p>Le service public ne s&rsquo;est-il pas auto-flagell\u00e9 en an\u00e9antissant ainsi, quasi du jour au lendemain, une petite \u00e9quipe si bien huil\u00e9e et qui avait su gagner la confiance des diff\u00e9rents interlocuteurs de terrain ?<\/p>\n<p>Confier le contenu de \u00ab\u00a0Javas\u00a0\u00bb ainsi aux producteurs ind\u00e9pendants de \u00ab\u00a050\u00b0Nord\u00a0\u00bb, cela revient aussi \u00e0 externaliser l&rsquo;agenda culturel.<\/p>\n<p>Lors de la conf\u00e9rence de presse du 25 septembre 2007 f\u00eatant le premier anniversaire de \u00ab\u00a050 degr\u00e9s Nord\u00a0\u00bb,\u00a0 se confirme le fait qu\u2019Arte Belgique co\u00fbte 2,6 millions d\u2019euros par an (une somme accord\u00e9e par la Communaut\u00e9 fran\u00e7aise en compl\u00e9ment \u00e0 la dotation ert\u00e9b\u00e9enne d\u00e9j\u00e0 en augmentation) dont 2,1 millions pour \u00ab\u00a050\u00b0 Nord\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les autres renseignements d\u00e9voil\u00e9s par les diff\u00e9rents initiateurs de cette rencontre avec la presse tiennent plus de la communication que de l\u2019information, ce qui est un comble pour un service public et sa ministre de tutelle.<\/p>\n<p>D\u2019entr\u00e9e de jeu, La ministre Fadila\u00a0 Laanan annonce, en effet, que <em>\u00ab\u00a0&#8230; plus de 30.000 personnes regardent quotidiennement cette \u00e9mission, ce qui est beaucoup par rapport aux autres programmes culturels\u00a0\u00bb<\/em> (30.000 usagers, compar\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0Javas\u00a0\u00bb, c\u2019est pipi de chat).<\/p>\n<p>Carine Bratzlavsky, la repr\u00e9sentante d\u2019\u00ab\u00a0Arte Belgique\u00a0\u00bb, explique ensuite que, sur sa cha\u00eene,<em> \u00ab\u00a0l\u2019audience a augment\u00e9 de 30% de part de march\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Mais personne ne semble oser d\u00e9tailler plus clairement les audiences respectives des diff\u00e9rentes diffusions\u00a0: le passage sur le canal Arte \u00e0 20H15 et la rediffusion sur La Une (selon un horaire variable, entre 23H30 et 01H00 du matin).<\/p>\n<p>Il faudra attendre une question d\u2019une journaliste pour enfin d\u00e9couvrir que&#8230; l\u2019audience sur le canal d\u2019Arte est des plus minimes\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Une moyenne de 8.000 t\u00e9l\u00e9spectateurs durant la saison \u00e9coul\u00e9e\u00a0\u00bb, <\/em>conc\u00e8de Mme Bratzlavsky.<\/p>\n<p><em> <\/em><\/p>\n<p>\u00c0 la fin de cette conf\u00e9rence de presse \u00e0 laquelle j\u2019avais la chance d\u2019assister, j\u2019ai demand\u00e9 de nous pr\u00e9ciser le profil des 8.000 t\u00e9l\u00e9spectateurs qui regardaient ce programme et Carine Bratzlavsky nous confirma qu\u2019il s\u2019agissait du m\u00eame public que celui qui regarde<em> <\/em>Arte r\u00e9guli\u00e8rement et le caract\u00e9risa de\u00a0:<em> \u00ab\u00a0&#8230;profil socioprofessionnel \u00e9lev\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Les rediffusions en d\u00e9but de nuit sur La Une permettent donc de tripler ou de quadrupler l\u2019audience de l\u2019\u00e9mission. On reste cependant \u00e0 mille lieues des score de \u00ab\u00a0Javas\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019horaire \u00e0 la fin f\u00e9vrier 2012\u00a0: \u00ab\u00a050\u00b0 Nord\u00a0\u00bb est diffus\u00e9 quotidiennement en semaine de 19H00 \u00e0 19H45, et subit donc d\u00e9sormais la grande concurrence des journaux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s.<\/p>\n<p>La rediffusion sur La Une demeure\u00a0: \u00e0 00H25, ce samedi 25 f\u00e9vrier 2012 (+ diffusion dans la boucle de nuit, toujours sur La Une).<\/p>\n<p>Et les jours qui suivent\u00a0: 23H00 (lundi), 00H35 (mardi), 23H35 (mercredi), 23H50 (jeudi) et 23H10 (vendredi) (+ la boucle de nuit). Jamais \u00e0 la m\u00eame heure&#8230;<\/p>\n<p>Est-ce une politique \u00e9ditoriale \u00e9conomique\u00a0? Pour rappel\u00a0: faute de financements, la RTBF interrompt d\u00e9sormais ses films par plusieurs coupures de publicit\u00e9 et est envahie par les spots vantant les m\u00e9dicaments de comptoir (c\u2019est-\u00e0-dire mis en vente sans ordonnance).<\/p>\n<p>Et la culture est-elle encore propos\u00e9e au vaste public ou plut\u00f4t \u00e0 des t\u00e9l\u00e9spectateurs d\u00e9j\u00e0 concern\u00e9s\u00a0?<\/p>\n<p><strong>LE DIMANCHE :<\/strong><\/p>\n<p>Ce dimanche 26 f\u00e9vrier 2012, \u00e0 20H10, sur La Une, \u00ab\u00a0Ma Terre\u00a0\u00bb, le magazine des d\u00e9couvertes, prend exceptionnellement la place du plus ancien hebdo de la RTBF, \u00ab\u00a0Le Jardin Extraordinaire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Dix ans plus t\u00f4t, le 24 f\u00e9vrier 2002, \u00e0 20H10, c\u2019\u00e9tait bien \u00ab\u00a0Le Jardin Extraordinaire\u00a0\u00bb qui occupait le prime time du dimanche soir sur La Une.<\/p>\n<p>C\u2019est bien avant l\u2019arriv\u00e9e de Jean-Paul Philippot que cette \u00e9mission a \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9e du samedi au dimanche soir, d\u00e8s 1997. Le parti ECOLO avait lanc\u00e9 une p\u00e9tition <em>\u00ab\u00a0RTBF: Pour le maintien du Jardin Extraordinaire, le samedi soir\u00a0\u00bb <\/em>parce ue les jeunes enfants peuvent aller se coucher plus tard le samedi que le dimanche.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9mission changea ainsi de jour de diffussion parce qu\u2019un g\u00e9n\u00e9reux sponsor (La Loterie nationale) exigeait que son jeu \u00ab\u00a0Bingovision\u00a0\u00bb soit diffus\u00e9 le samedi soir.<\/p>\n<p>Pour plus d\u2019infos sur cet \u00e9v\u00e9nement, t\u00e9l\u00e9chargez le journal de l\u2019Association des t\u00e9l\u00e9spectateurs actifs\u00a0: \u00ab\u00a0Comment T\u00e9lez-Vous?\u00a0\u00bb\u00a0: il en est question dans le n\u00b031 du 27 mars 1997 http:\/\/www.consoloisirs.be\/ata\/pdf\/ata31.pdf<\/p>\n<p>Le 24 f\u00e9vrier 2002, comme chaque dimanche sur La Une, le d\u00e9bat politique de 60 minutes \u00ab\u00a0Mise au Point\u00a0\u00bb se termine \u00e0 12H30, pour permettre \u00e0 \u00ab\u00a0Qu\u2019en Dites-Vous\u00a0?\u00a0\u00bb, l\u2019\u00e9mission de m\u00e9diation, d\u2019\u00eatre diffus\u00e9e d\u00e8s la fin du g\u00e9n\u00e9rique\u00a0: sans aucune pause publicitaire ou autopromotionnelle.<\/p>\n<p>C\u2019est le\u00a0 9 septembre 2001 que Jean-Jacques Jespers arbitra son premier \u00ab\u00a0Qu\u2019en dites-vous\u00a0?\u00a0\u00bb d\u2019une douzaine de minutes propos\u00e9 dans les conditions du direct.<\/p>\n<p>Les r\u00e8gles sont simples et efficaces. L\u2019\u00e9mission n\u2019est pas mont\u00e9e et est diffus\u00e9e int\u00e9gralement (et ceci est rappel\u00e9 chaque semaine au t\u00e9lespectateur).<\/p>\n<p>En studio, un auditeur ou un t\u00e9l\u00e9spectateur pr\u00e9sente sa plainte.<\/p>\n<p>Un reportage approfondit la r\u00e9flexion.<\/p>\n<p>Un repr\u00e9sentant de la RTBF r\u00e9pond \u00e0 l\u2019interpellation.<\/p>\n<p>L\u2019usager re\u00e7oit un temps de parole plus important, car il n\u2019est pas sens\u00e9 \u00eatre habitu\u00e9 \u00e0 s\u2019exprimer dans un m\u00e9dia, et il aura aussi droit \u00e0 conclure l\u2019\u00e9mission.<\/p>\n<p>Jean-Jacques Jespers assume son r\u00f4le d\u2019animateur-m\u00e9diateur\u00a0: tenter de concilier plusieurs points de vue, ne pas n\u00e9cessairement prendre la d\u00e9fense de son employeur et, surtout, sugg\u00e9rer des pistes de solution.<\/p>\n<p>Tous les trois mois, une \u00e9mission-bilan fait le point sur les \u00e9volutions des diff\u00e9rents dossiers ouverts \u00e0 l\u2019antenne.<\/p>\n<p>Exemples de quelques changements obtenus \u00e0 l\u2019\u00e9poque\u00a0: donner plus de temps \u00e0 l\u2019antenne pour les sports amateurs ou, selon Anne Guyaux, dans <em>Le Ligueur<\/em> (27\/02\/2002)\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Le producteur de \u00ab\u00a0Pour la gloire\u00a0\u00bb s\u2019est engag\u00e9 \u00e0 donner leur place aux compositions originales en fran\u00e7ais, celui de \u00ab\u00a0Coup de film\u00a0\u00bb \u00e0 mentionner la collaboration avec les distributeurs\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Critiquer les m\u00e9dias dans les m\u00e9dias est devenu banal. Par contre, que les usagers puissent par le biais d\u2019une \u00e9mission forcer un m\u00e9dia \u00e0 \u00e9voluer concr\u00e8tement dans ses pratiques, et ce \u00ab\u00a0en faveur du bien commun\u00a0\u00bb, voil\u00e0 qui est bien plus singulier\u00a0! C\u2019est pourquoi les livraisons hebdomadaires pendant deux saisons de \u00ab\u00a0Qu\u2019en dites-vous\u00a0?\u00a0\u00bb resteront exemplaires. Et donc, il fut bien possible de \u00ab\u00a0faire \u00e7\u00e0\u00a0\u00bb \u00e0 la RTBF\u00a0!<\/p>\n<p>Apr\u00e8s deux saisons, Jean-Jacques Jespers quitta la RTBF pour rejoindre l\u2019ULB. Entretemps, Jean-Paul Philippot \u00e9tait arriv\u00e9 aux commandes. Petit \u00e0 petit, les \u00ab\u00a0sp\u00e9cialistes\u00a0\u00bb (professeurs d\u2019universit\u00e9 ou coll\u00e8gues de la presse \u00e9crite) squatteront la majorit\u00e9 des si\u00e8ges nagu\u00e8re r\u00e9serv\u00e9s au public dans l\u2019\u00e9mission de m\u00e9diation.<\/p>\n<p>Il existe trois types de programmes qui traitent du monde des m\u00e9dias\u00a0: les \u00e9missions de m\u00e9diation, les s\u00e9quences d\u2019\u00e9ducation aux m\u00e9dias et les programmes qui d\u00e9battent, qui mettent en perspective l\u2019actualit\u00e9 m\u00e9diatique (ainsi que, de plus en plus r\u00e9guli\u00e8rement, les \u00e9volutions d\u2019internet, des r\u00e9seaux sociaux, etc.).<\/p>\n<p>La derni\u00e8re option est la pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e des diffuseurs qui n\u2019ont gu\u00e8re envie que leur propre ligne \u00e9ditoriale soit remise en question par le public. C\u2019est celle-ci qui devient la tendance lourde de la RTBF, sous la direction \u00e9ditoriale d\u2019Alain Gerlache, ancien directeur de la t\u00e9l\u00e9vision qui sait combien il est laborieux pour la RTBF de devoir toujours se justifier en plaidant que les annonceurs n\u2019influencent pas les choix du management du service public.<\/p>\n<p>Ainsi donc, il est quasi impossible de maintenir en vie \u00e0 l\u2019antenne une s\u00e9quence de m\u00e9diation efficace et qui ne soit pas un simple alibi.<\/p>\n<p>Or, c\u2019est ce lien non d\u00e9magogique avec leurs usagers qui devrait \u00eatre l\u2019un des fondamentaux permettant aux cha\u00eenes publiques de se diff\u00e9rencier. Savoir \u00e9couter l\u2019usager, sans n\u00e9cessairement toujours lui donner raison d\u2019ailleurs. Tirer les enseignements de ses observations ou propositions. \u00catre \u00e0 son service plut\u00f4t que de devenir le larbin de l\u2019audimat.<\/p>\n<p>De plus, pareils d\u00e9bats contradictoires permettent de voir \u00e9merger des id\u00e9es novatrices qui feront parfois la r\u00e9f\u00e9rence, et le succ\u00e8s, du m\u00e9dia public.<\/p>\n<p>Vous comprenez mieux ainsi pourquoi je suis bien content que \u00ab\u00a0Qu\u2019en dites-vous\u00a0?\u00a0\u00bb \u00e9tait diffus\u00e9 le dimanche, ce qui me permet de terminer en apoth\u00e9ose ce 7<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9pisode du pr\u00e9sent feuilleton. Pour moi, une v\u00e9ritable \u00e9mission de m\u00e9diation est le couronnement symbolique du service public, la preuve ce que diffuseur peut associer son public activement \u00e0 sa destin\u00e9e. Fanfares, jouez\u00a0!<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9mission \u00ab\u00a0InterM\u00e9dias\u00a0\u00bb a pris la succession de \u00ab\u00a0Qu\u2019en dites-vous\u00a0?\u00a0\u00bb. Alors qu\u2019elle d\u00e9clare r\u00e9guli\u00e8rement qu\u2019elle n\u2019a pas l\u2019habitude de s\u2019immiscer dans la programmation de la RTBF, la ministre Laanan n\u2019a pas pu se retenir de maudire ce programme (la version \u00ab\u00a0radio\u00a0\u00bb) quand elle l\u2019a \u00e9cout\u00e9 en simple auditrice, le 17 octobre 2008.<\/p>\n<p>Au Parlement, elle a indiqu\u00e9 que cette \u00e9mission \u00e9tait marqu\u00e9e <em>\u00ab\u00a0par des d\u00e9bats peu contradictoires, un sujet trait\u00e9 avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et un manque criant d\u2019interactivit\u00e9\u00a0\u00bb,<\/em> en r\u00e9ponse \u00e0 une question d\u2019Isabelle Simonis (PS).<\/p>\n<p>L\u2019<em>Agence Belga <\/em>(le 21\/10\/2008) rapporte que la ministre a expliqu\u00e9 <em>\u00ab\u00a0avoir entendu un d\u00e9bat rassemblant des interlocuteurs qui avaient l\u2019air d\u2019avoir tous la m\u00eame position\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait question du nouveau plan de fr\u00e9quences des radios. La mani\u00e8re dont la RTBF en a parl\u00e9 <em>\u00ab\u00a0avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9\u00a0\u00bb<\/em> est <em>\u00ab\u00a0en dessous de tout\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>De plus, l\u2019interactivit\u00e9 d\u2019\u00a0\u00ab\u00a0Interm\u00e9dias\u00a0\u00bb semble m\u00e9riter un z\u00e9ro point\u00e9\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Ayant voulu r\u00e9agir aux propos tenus, Madame Laanan a form\u00e9 le num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone r\u00e9serv\u00e9 aux auditeurs \u00e0 cet effet, mais il \u00e9tait occup\u00e9 en permanence, alors qu\u2019elle n\u2019a entendu aucun auditeur r\u00e9agir sur antenne. Elle a aussi fait chou blanc lorsqu\u2019elle a voulu r\u00e9agir sur le blog de l\u2019\u00e9mission, sous couverture d\u2019une idendit\u00e9 pseudo\u2026\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>La ministre explique aux parlementaires\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Cela ne fonctionnait pas non plus et m\u00eame si les pr\u00e9sentateurs du programme ont fait \u00e9tat de difficult\u00e9s techniques, on se demande si c\u2019est \u00e7a, l\u2019interactivit\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>On peut penser que la ministre Laanan a sa propre responsabilit\u00e9 dans ce d\u00e9sastre puisqu\u2019elle a voulu que le texte du contrat de gestion soit moins contraignant. Celui en vigueur jusque fin 2012 permet au service public de ne pratiquement plus concevoir d\u2019\u00e9missions de m\u00e9diation puisque, pour celles-ci, l\u2019indication d\u2019une p\u00e9riodicit\u00e9 (par exemple\u00a0: au moins 10 \u00e9missions par an) a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9e.<\/p>\n<p>D\u00e9couvrir dans les textes officiels l\u2019\u00e9volution de ce fait est \u00e9clairant. Dans le contrat de gestion couvrant 2002 \u00e0 2006, la r\u00e8gle \u00e9tait exprim\u00e9e de fa\u00e7on succincte et pr\u00e9cise\u00a0:<em> \u00ab\u00a0Tant en radio qu\u2019en t\u00e9l\u00e9vision, l\u2019Entreprise produit et diffuse au moins dix fois par an une \u00e9mission de m\u00e9diation dont l\u2019objectif est de r\u00e9pondre aux interrogations et r\u00e9actions de son public\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Le texte ayant cours de 2007 \u00e0 2013 est plus bavard mais cependant plus \u00e9vasif\u00a0:<em> \u00ab\u00a0La RTBF tant en radio qu\u2019en t\u00e9l\u00e9vision, programme et diffuse r\u00e9guli\u00e8rement, selon des p\u00e9riodicit\u00e9s d\u00e9cid\u00e9es par son conseil d\u2019administration, un programme et offre \u00e0 la demande, dans la mesure du possible, des contenus audiovisuels de m\u00e9diation et de relations avec les publics, dont l\u2019objectif est notamment de r\u00e9pondre aux interrogations et r\u00e9actions de ses publics\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Ah\u00a0! ce <em>\u00ab\u00a0notamment\u00a0\u00bb\u00a0:<\/em> une porte ouverte \u00e0 tout et n\u2019importe quoi\u2026<\/p>\n<p>D\u00e9sormais, la tendance \u00e0 la RTBF se r\u00e9sume \u00e0 la quasi extinction de toute \u00e9mission r\u00e9guli\u00e8re consacr\u00e9e \u00e0 la m\u00e9diation, avec pr\u00e9sence et avec droit de r\u00e9plique des usagers.<\/p>\n<p>Par contre, la r\u00e9flexion critique par des sp\u00e9cialistes sur le fonctionnement m\u00e9diatique est omnipr\u00e9sente. Par exemple, le tr\u00e8s long direct t\u00e9l\u00e9 que proposa la RTBF, le 11 septembre 2011, pour marquer le dixi\u00e8me anniversaire de la chute des tours jumelles \u00e0 New-York, \u00e9tait \u00e9maill\u00e9 d\u2019une longue s\u00e9quence o\u00f9 des professeurs de l\u2019ULB et de l\u2019UCL purent critiquer jusqu\u2019\u00e0 la fa\u00e7on dont les m\u00e9dias comm\u00e9moraient cet \u00e9v\u00e9nement ce jour-l\u00e0.<\/p>\n<p>Le 25 novembre 2011, apr\u00e8s plusieurs mois d\u2019absence et \u00e0 la veille des d\u00e9bats au parlement pour l\u2019\u00e9laboration du prochain contrat de gestion 2013 (est-ce un hasard\u00a0?), la RTBF tente de renouer avec les \u00e9missions de pseudo m\u00e9diation en inaugurant un nouvel \u00ab\u00a0InterM\u00e9dias\u00a0\u00bb en t\u00e9l\u00e9vision (rien n\u2019est pr\u00e9vu en radio), pr\u00e9sent\u00e9 d\u00e9sormais par Thierry Bellefroid.<\/p>\n<p>Le nouvel horaire ne permet pas d\u2019atteindre de nombreux t\u00e9l\u00e9spectateurs. Le programme de m\u00e9diation est pass\u00e9, au fil des ann\u00e9es, de La Une \u00e0 La Deux.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, quand il est programm\u00e9 (pas d\u2019\u00e9mission en f\u00e9vrier 2012 par exemple, ni en \u00e9t\u00e9, sans doute&#8230; cela fera moins de 10 par an\u00a0!) il est pr\u00e9sent\u00e9 le vendredi soir vers 23H00, une fois par mois.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9mission m\u00eale les genres\u00a0: d\u00e9bats d\u2019actualit\u00e9, s\u00e9quence promouvant les outils d\u2019\u00e9ducation aux m\u00e9dias, pr\u00e9sentation et discussion de plaintes du public, mais sans travail de m\u00e9diation.<\/p>\n<p>Lors de la premi\u00e8re \u00e9mission, une t\u00e9l\u00e9spectatrice se retrouva\u2026 face \u00e0 trois repr\u00e9sentants de la RTBF (l\u2019animateur, la m\u00e9diatrice et le directeur de l\u2019information). Aucune \u00e9volution concr\u00e8te ne fut d\u00e9cid\u00e9e pour mettre fin \u00e0 la situation d\u00e9nonc\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019avis d\u2019initiative vot\u00e9 le 7 septembre 2011 et adress\u00e9 \u00e0 la ministre Laanan par le <em>Conseil de la Jeunesse<\/em> revendique la mise en place<em> \u00ab\u00a0d\u2019une v\u00e9ritable \u00e9mission de m\u00e9diation\u00a0\u00bb<\/em> qui<em> <\/em>ne doit pas simplement consister <em>\u00ab\u00a0en un d\u00e9bat entre sp\u00e9cialistes\u00a0\u00bb<\/em> et qui doit <em>\u00ab\u00a0susciter le dialogue entre les responsables des programmes, le milieu associatif, et les t\u00e9l\u00e9spectateurs\/auditeurs\u00a0\u00bb<\/em>. On peut ainsi constater qu\u2019au fil des d\u00e9cennies et des g\u00e9n\u00e9rations, le m\u00eame besoin est clairement (r\u00e9)affirm\u00e9.<\/p>\n<p>Pour visionner les \u00e9missions r\u00e9centes d\u2019\u00ab\u00a0InterM\u00e9dias\u00a0\u00bb\u00a0: http:\/\/www.rtbf.be\/tv\/programme-tv\/detail?uid=108450056668<\/p>\n<p><strong>ET POUR TERMINER &#8230;<\/strong><\/p>\n<p>Curieux de d\u00e9couvrir en 2022 comment la RTBF aura \u00e9volu\u00e9 durant les 10 prochaines ann\u00e9es&#8230;<\/p>\n<p>Si elle existe encore&#8230; Ce qui ne sera peut-\u00eatre pas le cas si elle \u00e9volue durant cette prochaine d\u00e9cennie de la m\u00eame fa\u00e7on que ce qui s\u2019est pass\u00e9 entre 2002 et 2012&#8230;<\/p>\n<p>L\u2019Europe pourrait interdire toute dotation pour une cha\u00eene qui n\u2019appliquerait plus vraiment de v\u00e9ritables missions de service public.<\/p>\n<p>La d\u00e9cision serait logique car il s\u2019agit, dans ce cas-l\u00e0 (que je n\u2019esp\u00e8re pas), d\u2019une v\u00e9ritable \u00ab\u00a0concurrence d\u00e9loyale\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9gard des diffuseurs priv\u00e9s qui, eux aussi, ont le drot d\u2019exister.<\/p>\n<p>Comme je trouve essentiel l\u2019existence d\u2019un service public sur le long terme, je vous invite \u00e0 vous battre pour que le prochain contrat de gestion de la RTBF qui sera d\u2019application d\u00e8s le 1<sup>er<\/sup> janvier 2013 constitue un nouveau d\u00e9part, un changement de cap qui me semble indispensable.<\/p>\n<p>Et ce futur contrat de gestion se pr\u00e9pare maintenant. Et j\u2019ai raison d\u2019\u00eatre alarmiste.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur son mur de Facebook, pendant une semaine, Bernard Hennebert, auteur de \u00ab RTBF, le d\u00e9samour \u00bb paru aux \u00c9ditions Couleur livres propose, jour apr\u00e8s jour, un des sept \u00e9pisodes de son feuilleton \u00ab\u00a0Une semaine en \u00ab prime-time \u00bb sur La Une, juste dix ans apr\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e de Jean-Paul Philippot \u00e0 la t\u00eate de la RTBF\u00a0\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[8,35],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5241"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5241"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5241\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5297,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5241\/revisions\/5297"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5241"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5241"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5241"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}