{"id":8134,"date":"2014-06-18T15:00:54","date_gmt":"2014-06-18T13:00:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.satiricon.be\/?p=8134"},"modified":"2014-06-18T15:00:54","modified_gmt":"2014-06-18T13:00:54","slug":"histoire-de-la-chair-a-canon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=8134","title":{"rendered":"Histoire de la chair \u00e0 canon&#8230;"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/C\u00e9taient-les-poilus.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-8135  aligncenter\" title=\"C'\u00e9taient les poilus\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/C\u00e9taient-les-poilus.jpg\" alt=\"\" width=\"228\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/C\u00e9taient-les-poilus.jpg 228w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/C\u00e9taient-les-poilus-195x300.jpg 195w\" sizes=\"(max-width: 228px) 100vw, 228px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Notre ami Pierre St\u00e9phany a fait para\u00eetre chez Ixelles \u00c9ditions \u00e0 Bruxelles un passionnant essai historique intitul\u00e9 <strong><em>C&rsquo;\u00e9taient les poilus\u00a0!<\/em><\/strong> et nous ne r\u00e9sistons pas au plaisir d&rsquo;en reproduire le pri\u00e8re d&rsquo;ins\u00e9rer auquel nous souscrivons pleinement\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Soixante millions d&rsquo;hommes dans le monde se sont trouv\u00e9s m\u00eal\u00e9s \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Parmi eux, plus de quatre millions de Fran\u00e7ais eurent \u00e0 conna\u00eetre, \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre, les mis\u00e8res et les risques des premi\u00e8res lignes\u00a0: on les appela les poilus.<\/p>\n<p>La guerre des g\u00e9n\u00e9raux et des ministres, la guerre des batailles d\u00e9crites par des sp\u00e9cialistes de l&rsquo;histoire militaire, d\u00e9pla\u00e7ant divisions et r\u00e9giments sur la carte comme s&rsquo;ils jouaient aux \u00e9checs ont \u00e9t\u00e9 souvent montr\u00e9es.<\/p>\n<p>La guerre des sans-grade, des pousse-cailloux, on la conna\u00eet moins. Ils avaient une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es, \u00e9taient boulangers, ferronniers ou paysans. Du jour au lendemain ils devinrent artilleurs ou fantassins. L&rsquo;un d&rsquo;eux raconta\u00a0: \u00ab\u00a0Le gaz, la boue, les poux, la faim, les ravitaillements qui n&rsquo;arrivaient pas, le masque qu&rsquo;il fallait nettoyer toutes les deux heures parce qu&rsquo;il nous faisait baver. On vivait dans la salet\u00e9. On \u00e9tait malheureux. On \u00e9tait comme des b\u00eates\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Pierre St\u00e9phany, dont on conna\u00eet la mani\u00e8re de raconter l&rsquo;histoire comme une histoire en ajoutant aux faits un suppl\u00e9ment de vie et d&rsquo;\u00e9motion, s&rsquo;int\u00e9resse cette fois aux poilus. Si le mot existait dans le vocabulaire militaire bien avant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, il r\u00e9apparut soudain en 1914 pour conna\u00eetre une fortune qui dure encore, parce que le mot parle d&rsquo;hommes qui n&rsquo;allaient pas souvent chez le coiffeur et ne se rasaient pas tous les jours, mais aussi parce qu&rsquo;il porte un accent de virilit\u00e9 et de fraternit\u00e9 qui nous rend proches \u00e0 jamais de ces soldats inconnus.<\/p>\n<p>Le fond historique de ce livre, ce sont les grands \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;ao\u00fbt 1914 \u00e0 novembre 1918, particuli\u00e8rement en France et en Belgique. Ils sont ici rapport\u00e9s et expliqu\u00e9s bri\u00e8vement, mais suffisamment. On y trouve les portraits de quelques hauts personnages\u00a0: Joffre, P\u00e9tain, Albert\u00a0I<sup>er<\/sup>&#8230; \u2013 de Gaulle s&rsquo;y trouvait d\u00e9j\u00e0\u00a0: il estimait que les tranch\u00e9es \u00e9taient mal construites et il fut bless\u00e9 \u00e0 Verdun.<\/p>\n<p>Mais la force du r\u00e9cit, ce sont les poilus au front. Les poilus au repos, dans les combats, tass\u00e9s dans les trous \u2013 un r\u00e9seau de tranch\u00e9es et de boyaux qui faisait des milliers de kilom\u00e8tres, sur les 800 kilom\u00e8tres s\u00e9parant la mer de la Suisse, guettant l&rsquo;ennemi, jet\u00e9s dans des attaques meurtri\u00e8res toujours inutiles\u00a0: la France \u00e0 elle seule eut plus de 1\u00a0397\u00a0000 tu\u00e9s.<\/p>\n<p>Pierre St\u00e9phany est de ces t\u00e9moins, de moins en moins nombreux, \u00e0 qui leurs parents ont racont\u00e9 leur propre Grande Guerre\u00a0; ceux que l&rsquo;institutrice ou l&rsquo;instituteur conduisaient le 11\u00a0novembre au pied du monument aux morts, qui ont connu dans leur village ou leur quartier des survivants \u2013 celui qui avait \u00e9t\u00e9 gaz\u00e9 \u00e0 Ypres, celui \u00e0 qui il manquait un bras, celui dont une balle avait trou\u00e9 le casque et qui \u00e9tait rest\u00e9 aveugle.<\/p>\n<p>Cela donne un accent de v\u00e9rit\u00e9 et un degr\u00e9 d&rsquo;\u00e9motion plus attachants encore \u00e0 cette histoire simple et quotidienne d&rsquo;hommes ordinaires m\u00eal\u00e9s \u00e0 des p\u00e9rip\u00e9ties d&rsquo;une violence extraordinaire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>On ne saurait mieux dire\u00a0!<\/p>\n<p><strong>P\u00c9TRONE<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>C&rsquo;\u00e9taient les poilus <\/em><\/strong>par Pierre St\u00e9phany, Bruxelles, Ixelles \u00c9ditions, avril 2014, 349\u00a0pp. en noir et blanc au format 15\u00a0x\u00a023\u00a0cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs, 22,90\u00a0\u20ac<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notre ami Pierre St\u00e9phany a fait para\u00eetre chez Ixelles \u00c9ditions \u00e0 Bruxelles un passionnant essai historique intitul\u00e9 \u00ab\u00b4C&rsquo;\u00e9taient les poilus !\u00a0\u00bb et nous ne r\u00e9sistons pas au plaisir d&rsquo;en reproduire le pri\u00e8re d&rsquo;ins\u00e9rer auquel nous souscrivons pleinement&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[51,11],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8134"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8134"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8134\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8136,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8134\/revisions\/8136"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8134"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8134"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8134"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}