{"id":8178,"date":"2014-06-22T14:32:32","date_gmt":"2014-06-22T12:32:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.satiricon.be\/?p=8178"},"modified":"2014-06-22T14:32:32","modified_gmt":"2014-06-22T12:32:32","slug":"%c2%ab-quest-ce-que-la-sante-cest-du-chocolat-%c2%bb-anthelme-brillat-savarin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=8178","title":{"rendered":"\u00ab Qu&rsquo;est-ce que la sant\u00e9 ? C&rsquo;est du chocolat ! \u00bb (Anthelme Brillat-Savarin)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/Le-Go\u00fbt-du-chocolat.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-8179  aligncenter\" title=\"Le Go\u00fbt du chocolat\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/Le-Go\u00fbt-du-chocolat.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/Le-Go\u00fbt-du-chocolat.jpg 225w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/Le-Go\u00fbt-du-chocolat-192x300.jpg 192w\" sizes=\"(max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Historien de la litt\u00e9rature italienne, essayiste, professeur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Bologne, Piero Camporesi (1926-1997) a publi\u00e9 une s\u00e9rie d&rsquo;essais majeurs sur l&rsquo;imaginaire de l&rsquo;\u00e9poque moderne\u00a0: <em>La Chair impassible<\/em> ; <em>L&rsquo;Officine des sens\u00a0: une anthropologie baroque <\/em>; <em>La S\u00e8ve de la vie\u00a0: symbolisme et magie du sang<\/em> ; <em>Le Pain sauvage\u00a0: l&rsquo;imaginaire de la faim, de la<\/em> <em>Renaissance au XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em> ; <em>Les Baumes de l&rsquo;amour<\/em> ou encore <em>Les Belles contr\u00e9es\u00a0: naissance du paysage italien<\/em>.<\/p>\n<p>On lui doit aussi, paru pour sa version fran\u00e7aise chez Tallandier \u00e0 Paris, dans l&rsquo;excellente collection \u00ab\u00a0Texto\u00a0\u00bb manag\u00e9e par Jean-Claude Zylberstein, un passionnant essai intitul\u00e9 <strong><em>Le Go\u00fbt du chocolat<\/em><\/strong> <strong><em>\u2013 L&rsquo;art de vivre au si\u00e8cle des Lumi\u00e8res<\/em><\/strong> qui se penche sur diff\u00e9rentes th\u00e9matiques r\u00e9v\u00e9latrices de la profonde modification des mentalit\u00e9s ainsi que des us et coutumes en France et en Italie \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque des Montesquieu, Voltaire, Rousseau et autres Madame de Pompadour ou Casanova\u00a0: l&rsquo;apparition d&rsquo;un nouveau savoir-vivre, la tenue de r\u00e9unions et de salons nocturnes plut\u00f4t que diurnes, une r\u00e9volution dans les cuisines et chez les coiffeurs, l&rsquo;abandon progressif de l&rsquo;art baroque pour des formes plus gracieuses et l\u00e9g\u00e8res, l&rsquo;\u00e9mergence de gourmandises nouvelles (parmi lesquelles le \u00ab\u00a0breuvage indien\u00a0\u00bb, \u00e0 savoir le chocolat) ou l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour des fruits et des l\u00e9gumes venus de loin.<\/p>\n<p>Voici ce que dit l&rsquo;\u00e9diteur de cet ouvrage joyeusement savant\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ce chapitre gourmand de l&rsquo;histoire des mentalit\u00e9s jette un regard friand sur les arts de la table et les nouvelles pratiques culinaires de l&rsquo;Europe du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Piero Camporesi y entra\u00eene le lecteur dans une promenade a travers le paysage sensuel de la cuisine des Lumi\u00e8res. L&rsquo;exotisme et la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 succ\u00e8dent a la barbarie des tabl\u00e9es graisseuses afin d&rsquo;exalter la finesse des corps. Sous sa plume, la lumi\u00e8re douce des chandeliers anime le chatoiement des couleurs et le ballet des mets. Tel un voyageur gastronome, il pr\u00e9sente a travers une myriade de textes in\u00e9dits les tables modernes et leurs d\u00e9licieux ordres g\u00e9om\u00e9triques. Le raffinement et la sensualit\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s galantes s&rsquo;incarnent dans ce go\u00fbt du chocolat, auquel on pr\u00eate les vertus les plus fantaisistes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ce qui n&#8217;emp\u00eachait nullement la perfidie, comme le montre la citation suivante, particuli\u00e8rement rosse\u00a0:<\/p>\n<p>L&rsquo;abb\u00e9 Dubos, chanoine de Beauvais, v\u00e9cut famili\u00e8rement avec Fontenelle, et ils se disaient amis. Un jour, le chanoine d\u00e9jeunait en t\u00eate \u00e0 t\u00eate avec l&rsquo;auteur des mondes, et on leur pr\u00e9senta une botte d&rsquo;asperges.<\/p>\n<p>L&rsquo;un les voulait assaisonn\u00e9es d&rsquo;huile, l&rsquo;autre d&rsquo;une vinaigrette. Les deux Socrate (car la sagesse n&rsquo;exclut point la gourmandise) convinrent de les partager par moiti\u00e9 au profit de chacun. Avant que les deux plats ne fussent pr\u00e9par\u00e9s, l&rsquo;abb\u00e9 Dubos fut frapp\u00e9 d&rsquo;apoplexie. La domesticit\u00e9 fut en profond \u00e9moi. Fontenelle, le cr\u00e9ateur des id\u00e9es fines, fit grande preuve de z\u00e8le et courut en haut de l&rsquo;escalier pour crier, afin que le cuisinier l&rsquo;entend\u00eet\u00a0: \u00ab\u00a0Toutes les asperges \u00e0 la vinaigrette, toutes les asperges \u00e0 la vinaigrette\u00a0!\u00a0\u00bb Quand le cadavre eut disparu, Fontenelle se mit \u00e0 table et mangea toutes les asperges, prouvant par les faits que m\u00eame l&rsquo;apoplexie \u00e9tait bonne \u00e0 quelque chose&#8230;<\/p>\n<p>Une autre fa\u00e7on, pour d&rsquo;aucuns, d&rsquo;\u00eatre chocolat\u00a0!<\/p>\n<p><strong>P\u00c9TRONE<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Le Go\u00fbt du chocolat<\/em><\/strong> <strong><em>\u2013 L&rsquo;art de vivre au si\u00e8cle des Lumi\u00e8res<\/em><\/strong> par Piero Camporesi, traduit de l&rsquo;italien par Myriem Bouzaher, Paris, \u00c9ditions Tallandier, juin 2008, collection \u00ab\u00a0Texto\u00a0\u00bb dirig\u00e9e par Jean-Claude Zylberstein, 267\u00a0pp. en noir et blanc au format12\u00a0x\u00a018\u00a0cm\u00a0 sous couverture broch\u00e9e en couleurs, 8,11\u00a0\u20ac (prix France)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Historien de la litt\u00e9rature italienne, essayiste, professeur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Bologne, Piero Camporesi (1926-1997) a publi\u00e9 une s\u00e9rie d&rsquo;essais majeurs sur l&rsquo;imaginaire de l&rsquo;\u00e9poque moderne&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[11,52,65],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8178"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8178"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8178\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8180,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8178\/revisions\/8180"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8178"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8178"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8178"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}