{"id":8978,"date":"2014-11-29T22:02:19","date_gmt":"2014-11-29T20:02:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.satiricon.be\/?p=8978"},"modified":"2014-11-29T22:02:48","modified_gmt":"2014-11-29T20:02:48","slug":"dans-l%e2%80%99enfer-de-la-rebellion-muleliste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=8978","title":{"rendered":"Dans l\u2019enfer de la r\u00e9bellion mul\u00e9liste"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/Lann\u00e9e-du-dragon.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-8980  aligncenter\" title=\"L'ann\u00e9e du dragon\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/Lann\u00e9e-du-dragon.jpg\" alt=\"\" width=\"249\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/Lann\u00e9e-du-dragon.jpg 249w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/Lann\u00e9e-du-dragon-213x300.jpg 213w\" sizes=\"(max-width: 249px) 100vw, 249px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Dans <strong><em>L\u2019ann\u00e9e du dragon \u2013 Congo 1964<\/em><\/strong> paru aux \u00c9ditions Masoin \u00e0 Bruxelles, l\u2019historien militaire flamand Eddy Hoedt \u2013qui fut para-commando et participa aux combats\u2013 d\u00e9crit, cinquante ans apr\u00e8s les faits et heure par heure \u00ab\u00a0la plus spectaculaire op\u00e9ration militaire belge de tous les temps\u00a0\u00bb qui vit l\u2019\u00e9crasement de la r\u00e9bellion sanglante foment\u00e9e par Pierre Mulele, Christophe Gbenye et Gaston Soumialot, entre autres.<\/p>\n<p>Voici ce qu\u2019il nous en dit\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0En 1964, la crise congolaise, qui d\u00e9buta en 1961, apr\u00e8s l&rsquo;assassinat du Premier ministre Patrice Lumumba, va culminer. Les rebelles, qui se nomment eux-m\u00eames \u00ab\u00a0Simbas\u00a0\u00bb (lion), occupent, sans trouver une quelconque s\u00e9rieuse opposition, pratiquement un tiers du nord-est du pays. Ils tiennent \u00e9galement sous leur coupe \u00e0 Stanleyville et \u00e0 Paulis plus de 5\u00a0000 hommes, femmes et enfants, Europ\u00e9ens, Asiatiques et Africains. Des ex\u00e9cutions publiques de nombreux Congolais ont lieu r\u00e9guli\u00e8rement.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s que tous les efforts de n\u00e9gociation pour trouver une solution \u00e9chouent, les puissances occidentales d\u00e9cident, sous la gouverne des \u00c9tats-Unis et de la Belgique, d&rsquo;assurer une aide militaire au Congo. Cela s&rsquo;\u00e9labore en faisant appel au colonel belge Vandewalle en tant que conseiller personnel du Premier ministre Tshomb\u00e9.<\/p>\n<p>Petit \u00e0 petit, au Congo, la 5<sup>e<\/sup> Brigade m\u00e9canis\u00e9e est sortie de terre et Vandewalle la nommera rapidement \u00ab\u00a0Ommegang\u00a0\u00bb par allusion au cort\u00e8ge m\u00e9di\u00e9val et folklorique de Bruxelles en raison du caract\u00e8re h\u00e9t\u00e9roclite de sa composition \u00e0 la fois en hommes et en mat\u00e9riel.<\/p>\n<p>Le 1<sup>er<\/sup> novembre 1964, les colonnes de l&rsquo;Ommegang se mettent en branle en direction de Stanleyville, o\u00f9 environ 1\u00a0600 Belges et non-indig\u00e8nes, tout comme un nombre important d&rsquo;autochtones, sont pris en otage par les Simbas. \u00c9tant donn\u00e9 la gravit\u00e9 de la situation sur place, les Am\u00e9ricains et les Belges d\u00e9cident d&rsquo;intervenir ensemble militairement en montant une coalition arm\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans la nuit du 17 novembre 1964, renforc\u00e9 par des unit\u00e9s d&rsquo;appui, le 1<sup>er<\/sup> Bataillon de parachutistes de Diest s&rsquo;envole dans des transports de troupes am\u00e9ricains, des C-310 Hercules, pour la base de l&rsquo;\u00eele de l&rsquo;Ascension. Le 21\u00a0novembre, tout le corps arm\u00e9 s&rsquo;\u00e9lance vers la base de Kamina au Congo.<\/p>\n<p>De grand matin, le 24 novembre, l&rsquo;op\u00e9ration \u00ab\u00a0Dragon rouge\u00a0\u00bb prend cours et le 1<sup>er<\/sup> Bataillon est parachut\u00e9 \u00e0 Stanleyville, cr\u00e9ant la joie, mais aussi le drame aupr\u00e8s des otages. De fait, les Simbas rassemblent ceux-ci pour les fusiller avant leur lib\u00e9ration et une course contre la mort se joue. Pendant ce temps, les colonnes de l&rsquo;Ommegang, renforc\u00e9es par des groupements de mercenaires et de gendarmes katangais, s&rsquo;approchent de Stanleyville qu&rsquo;ils atteindront vers midi et ils occuperont les places lib\u00e9r\u00e9es par les parachutistes. De leur c\u00f4t\u00e9, ces derniers se regroupent \u00e0 l&rsquo;a\u00e9roport pour une nouvelle op\u00e9ration.<\/p>\n<p>Le 26 novembre 1964 est d\u00e9clench\u00e9e l&rsquo;op\u00e9ration \u00ab\u00a0Dragon noir\u00a0\u00bb parachutant les hommes du 1<sup>er<\/sup> Bataillon sur Paulis pour lib\u00e9rer le plus possible de populations menac\u00e9es. Ensuite, ce fut le retour en Belgique o\u00f9 les troupes furent accueillies en \u00ab\u00a0lib\u00e9rateurs\u00a0\u00bb par une population conquise du fait de leurs actes de bravoure.<\/p>\n<p>Ce livre nous conduit d&rsquo;heure en heure \u00e0 travers l&rsquo;\u00e9volution \u00e0 la fois h\u00e9ro\u00efque, complexe et tragique des \u00e9v\u00e9nements v\u00e9cus en R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo, d\u00e9taille les engagements et analyse les op\u00e9rations militaires, gr\u00e2ce de nombreux t\u00e9moignages recueillis aupr\u00e8s de soldats et d\u2019expatri\u00e9s ayant \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la fournaise de l&rsquo;est du Congo.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La pr\u00e9face de l\u2019ouvrage a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9e par le baron Patrick Nothomb, qui fut consul de Belgique \u00e0 Stanleyville en 1964.<\/p>\n<p>\u00c9coutons-le\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il ne fait aucun doute que l&rsquo;op\u00e9ration combin\u00e9e des parachutistes belges et de la colonne Vandewalle en vue de lib\u00e9rer les milliers d&rsquo;otages europ\u00e9ens, am\u00e9ricains, asiatiques et africains prisonniers des Simbas fut men\u00e9e de fa\u00e7on remarquable. D&rsquo;une part, les tr\u00e8s jeunes paras belges \u2013membres du contingent faisant \u00e0 ce moment leur service militaire\u2013 dirig\u00e9s par le colonel Laurent, encadr\u00e9s par une poign\u00e9e de grad\u00e9s d&rsquo;active et largu\u00e9s d&rsquo;avions pilot\u00e9s par des militaires am\u00e9ricains, ex\u00e9cut\u00e8rent parfaitement leur mission \u00e0 Stanleyville, le 24\u00a0novembre 1964 (Dragon rouge), y lib\u00e9rant la toute grande majorit\u00e9 des otages dont, au moment du saut, ils ignoraient les lieux de d\u00e9tention dans une ville inconnue\u00a0; et qui accomplirent un exploit plus extraordinaire encore le 26\u00a0novembre \u00e0 Paulis (Dragon noir) y sauvant les otages d&rsquo;une mort certaine\u00a0: les Simbas locaux y venaient d&rsquo;apprendre ce qui s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9 deux jours auparavant \u00e0 Stanleyville et ils avaient d\u00e9j\u00e0 entam\u00e9 le massacre syst\u00e9matique des \u00e9trangers qu&rsquo;ils tenaient entre leurs mains.<\/p>\n<p>Tout aussi remarquable fut l&rsquo;action de la colonne dirig\u00e9e par le colonel Vandewalle, colonne compos\u00e9e de militaires belges et congolais et de mercenaires de diverses nationalit\u00e9s, qui effectua par voie de terre une perc\u00e9e de 700 kilom\u00e8tres en trois semaines, lib\u00e9rant au passage de tr\u00e8s nombreux otages, pour atteindre Stanleyville le 24\u00a0novembre au matin, quelques heures apr\u00e8s les parachutistes, \u00e0 temps pour occuper la capitale rebelle et permettre aux otages de rejoindre l&rsquo;a\u00e9roport en vue de leur \u00e9vacuation. Les membres de cette colonne rest\u00e8rent plusieurs mois dans l&rsquo;Est et le nord-est du Congo, assurant la pacification et sauvant des centaines d&rsquo;otages retenus dans des petites villes et villages isol\u00e9s, et dont le cauchemar fut beaucoup plus long que celui de leurs compagnons de mis\u00e8re de Stanleyville et de Paulis.<\/p>\n<p><em>L&rsquo;Ann\u00e9e du Dragon <\/em>relate avec un grand luxe de d\u00e9tails les nombreux contacts diplomatiques entrepris par le gouvernement belge avec les dirigeants am\u00e9ricains, et ce, d\u00e8s le mois d&rsquo;ao\u00fbt 1964, en vue d&rsquo;obtenir le salut des otages.<\/p>\n<p>Enferm\u00e9s dans la zone rebelle dont les Simbas avaient quasi compl\u00e8tement coup\u00e9 les moyens de communication avec le reste du monde \u2013ce qui les mit, autant que nous, dans l&rsquo;ignorance presque totale de la situation pr\u00e9valant hors des territoires qu&rsquo;ils avaient conquis (jusqu&rsquo;\u00e0 64% du gigantesque Congo\u00a0!)\u2013, nous, les otages, n&rsquo;avions aucune connaissance de ces contacts. C&rsquo;est ainsi que la lecture de <em>L&rsquo;Ann\u00e9e du Dragon<\/em> m&rsquo;a personnellement appris \u00e0 propos de ceux-ci d&rsquo;innombrables \u00e9l\u00e9ments dont, cinquante ans apr\u00e8s, j&rsquo;ignorais encore l&rsquo;existence&#8230; Il est vrai que l&rsquo;histoire des \u00e9v\u00e9nements de 1964 au Congo n&rsquo;avait pas encore fait l&rsquo;objet d&rsquo;une \u00e9tude historique en profondeur. Eddy Hoedt a donc contribu\u00e9 largement \u00e0 combler une \u00e9tonnante lacune\u00a0!<\/p>\n<p>La lecture de son livre m&rsquo;a permis de r\u00e9aliser tout le d\u00e9tail des efforts et d\u00e9marches entrepris, d\u00e8s ao\u00fbt 1964, par Paul-Henri Spaak, alors ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, pour venir \u00e0 notre secours. Ceux qui n&rsquo;ont pas connu les \u00e9v\u00e9nements congolais de 1960 et les condamnations internationales dont fut victime notre pays cette ann\u00e9e-l\u00e0 ne peuvent mesure l&rsquo;\u00e9tendue du courage politique qu&rsquo;il fallait \u00e0 un ministre belge pour entreprendre au Congo une op\u00e9ration incontestablement humanitaire quatre ans plus tard seulement&#8230;<\/p>\n<p>Merci donc \u00e0 Paul-Henri Spaak, \u00e0 son chef de cabinet \u00c9tienne Davignon, aux ambassadeurs belge Charles de Kerchove de Denterghem et am\u00e9ricain Godley \u00e0 L\u00e9opoldville, \u00e0 notre conseiller politique au Congo Alfred Cahen et \u00e0 tous ceux qui ne m\u00e9nag\u00e8rent aucun effort pour assurer notre salut\u00a0!<\/p>\n<p>Merci \u00e9galement au Premier ministre Th\u00e9o Lef\u00e8vre, qui partagea avec Paul-Henri Spaak la responsabilit\u00e9 politique des op\u00e9rations de sauvetage des otages et \u00e0 qui l&rsquo;on doit (et c&rsquo;est l\u00e0 un \u00e9l\u00e9ment capital que m&rsquo;a fait conna\u00eetre le livre d&rsquo;Eddy Hoedt\u00a0!), gr\u00e2ce \u00e0 son in\u00e9branlable volont\u00e9, le maintien de la superbe op\u00e9ration parachutiste \u00ab\u00a0Dragon noir\u00a0\u00bb qui sauva tant d&rsquo;otages d&rsquo;une ex\u00e9cution certaine\u00a0!<\/p>\n<p>Merci aussi aux paras et aux membres de la colonne Vandewalle, avec une pens\u00e9e \u00e9mue pour ceux d&rsquo;entre eux qui perdirent la vie au cours de leurs op\u00e9rations.<\/p>\n<p>Je ne voudrais pas terminer cette pr\u00e9face sans rendre hommage au courage des milliers d&rsquo;otages belges et \u00e9trangers, civils et religieux, qui v\u00e9curent dignement ces \u00e9v\u00e9nements tragiques, et aux centaines d&rsquo;entre eux qui y perdirent la vie.<\/p>\n<p>Je voudrais enfin souligner que le calvaire incontestable v\u00e9cu par les otages s&rsquo;av\u00e9ra sans le moindre doute moins atroce que celui auquel durent faire face les populations congolaises des territoires occup\u00e9s hostiles aux rebelles, et qui furent tout au long de ces mois tragiques, victimes de massacres perp\u00e9tr\u00e9s sans la moindre discrimination. Je tiens \u00e0 saluer leur courage et leur m\u00e9moire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le r\u00e9cit d\u2019une \u00e9pop\u00e9e guerri\u00e8re\u2026 et humanitaire\u00a0!<\/p>\n<p><strong>P\u00c9TRONE<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>L\u2019ann\u00e9e du dragon \u2013 Congo 1964<\/em><\/strong><strong><em> <\/em><\/strong>par Eddy Hoedt, pr\u00e9face de Patrick Nothomb, adaptation et traduction fran\u00e7aise par Baudouin Peeters, Bruxelles, \u00c9ditions Masoin, novembre\u00a02014, 256\u00a0pp. en noir et blanc (+ 4\u00a0pp. de cartes en bichromie) au format 21,5\u00a0x\u00a031,5\u00a0cm sous couverture cartonn\u00e9e en couleurs, 39\u00a0\u20ac<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans \u00ab\u00a0L\u2019ann\u00e9e du dragon \u2013 Congo 1964\u00a0\u00bb paru aux \u00c9ditions Masoin \u00e0 Bruxelles, l\u2019historien militaire flamand Eddy Hoedt \u2013qui fut para-commando et participa aux combats\u2013 d\u00e9crit, cinquante ans apr\u00e8s les faits et heure par heure \u00ab la plus spectaculaire op\u00e9ration militaire belge de tous les temps \u00bb qui vit l\u2019\u00e9crasement de la r\u00e9bellion sanglante foment\u00e9e par Pierre Mulele, Christophe Gbenye et Gaston Soumialot, entre autres.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[51,11],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8978"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8978"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8978\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8981,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8978\/revisions\/8981"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8978"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8978"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8978"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}