{"id":9099,"date":"2014-12-16T22:21:30","date_gmt":"2014-12-16T20:21:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.satiricon.be\/?p=9099"},"modified":"2014-12-16T22:21:30","modified_gmt":"2014-12-16T20:21:30","slug":"un-livre-iconoclaste-et-totalement-original%e2%80%a6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=9099","title":{"rendered":"Un livre iconoclaste et totalement original\u2026"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/Nous-faisions-semblant-d\u00eatre-quelquun-dautre.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-9100  aligncenter\" title=\"Nous faisions semblant d'\u00eatre quelqu'un d'autre\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/Nous-faisions-semblant-d\u00eatre-quelquun-dautre.jpg\" alt=\"\" width=\"221\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/Nous-faisions-semblant-d\u00eatre-quelquun-dautre.jpg 221w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/Nous-faisions-semblant-d\u00eatre-quelquun-dautre-189x300.jpg 189w\" sizes=\"(max-width: 221px) 100vw, 221px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Shani Boianjiu est n\u00e9e en 1987 \u00e0 J\u00e9rusalem et elle a grandi en Galil\u00e9e, dans le village de Kfar Vradim, proche des fronti\u00e8res syrienne et libanaise. Apr\u00e8s deux ans dans l\u2019arm\u00e9e isra\u00e9lienne, elle a \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 Harvard dont elle est sortie dipl\u00f4m\u00e9e en 2011.<\/p>\n<p>Son premier roman, paru en langue anglaise et dont la traduction fran\u00e7aise est sortie \u00e0 Paris sous le titre <strong><em>Nous faisions semblant d\u2019\u00eatre quelqu\u2019un d\u2019autre<\/em><\/strong> chez Robert Laffont, dans la collection \u00ab\u00a0Pavillons\u00a0\u00bb codirig\u00e9e par Jean-Claude Zylberstein \u2013 qui, une fois de plus, aura eu le nez creux \u2013, constitue un v\u00e9ritable coup de poing litt\u00e9raire et sociologique, propre \u00e0 remettre quelques pendules \u00e0 l\u2019heure, s\u2019agissant de la nature m\u00eame de Tsahal et de ses jeunes recrues, et \u00e0 stup\u00e9fier les amateurs de formes d\u2019expression litt\u00e9raire novatrices.<\/p>\n<p>En voici le pitch\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Camarades de classe depuis l\u2019\u00e9cole primaire, Ya\u00ebl, Avishag et L\u00e9a sont de jeunes Isra\u00e9liennes fantasques qui se r\u00e9fugient souvent dans leurs mondes imaginaires pour tenter d\u2019oublier qu\u2019elles s\u2019ennuient \u00e0 mourir dans le village isol\u00e9 o\u00f9 elles habitent. Une adolescence ordinaire, mais dans un lieu et \u00e0 une \u00e9poque qui sont loin de l\u2019\u00eatre. \u00c0 la fin de leurs \u00e9tudes secondaires, elles sont incorpor\u00e9es dans l\u2019arm\u00e9e et effectuent pendant deux ans leur service militaire.<\/p>\n<p>Sarcastique et autoritaire, L\u00e9a se retrouve post\u00e9e \u00e0 un checkpoint en Cisjordanie, tandis que la sombre Avishag sert dans une unit\u00e9 de combat charg\u00e9e de surveiller la fronti\u00e8re \u00e9gyptienne et que Ya\u00ebl entra\u00eene les soldats au maniement des armes. Leur insouciance, leur soif de vivre, leurs corps d\u00e9sirants contrastent de fa\u00e7on saisissante avec le monde confin\u00e9, monotone, r\u00e9p\u00e9titif et brutal de l\u2019arm\u00e9e o\u00f9 elles sont confront\u00e9es \u00e0 toute la violence d\u2019un pays en guerre et en \u00e9tat d\u2019alerte permanent.<\/p>\n<p>L\u00e9a, Avishag et Ya\u00ebl racontent avec d\u00e9sinvolture et d\u00e9tachement les exp\u00e9riences parfois \u00e9pouvantables qu\u2019elles traversent et se distraient en s\u2019adonnant \u00e0 des jeux pu\u00e9rils, mais dangereux, ou en cr\u00e9ant des mondes oniriques qui virent parfois au cauchemar. Et, lors de leur retour \u00e0 la vie civile, on comprend l\u2019impact d\u00e9l\u00e9t\u00e8re que cette parenth\u00e8se a eu sur leur vie d\u2019adulte\u00a0: d\u00e9pressives, inadapt\u00e9es ou sans perspective d\u2019avenir dans leur travail, elles se retrouvent \u00e0 vendre des sandwichs ou \u00e0 faire le vigile dans un a\u00e9roport, quand elles n\u2019infligent pas des s\u00e9vices \u00e0 des hommes qu\u2019elles s\u00e9questrent\u2026 Portrait implacable d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration perturb\u00e9e par cet univers troubl\u00e9 o\u00f9 la violence et la peur sont omnipr\u00e9sentes, ce roman initiatique met en lumi\u00e8re toute la difficult\u00e9 d\u2019\u00eatre jeune et de forger son identit\u00e9 en Isra\u00ebl.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Nous insisterons pour notre part sur la grande qualit\u00e9 litt\u00e9raire de l\u2019ouvrage, dont la forme novatrice dans l\u2019expression du d\u00e9tachement et de la d\u00e9r\u00e9liction fait montre d\u2019un talent aussi indiscutable que surprenant\u2026<\/p>\n<p>Une auteure \u00e0 suivre, donc\u00a0!<\/p>\n<p><strong>P\u00c9TRONE<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Nous faisions semblant d&rsquo;\u00eatre quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre<\/em><\/strong> par Shani Boianjiu, traduit de l\u2019anglais par Annick Le Goyat, Paris, \u00c9ditions Robert Laffont, collection \u00ab\u00a0Pavillons\u00a0\u00bb dirig\u00e9e par Maggie Doyle et Jean-Claude Zylberstein, ao\u00fbt\u00a02014, 321\u00a0pp. en noir et blanc au format 13,9\u00a0x\u00a021,7\u00a0cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs, 21\u00a0\u20ac (prix France)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Shani Boianjiu est n\u00e9e en 1987 \u00e0 J\u00e9rusalem et elle a grandi en Galil\u00e9e, dans le village de Kfar Vradim, proche des fronti\u00e8res syrienne et libanaise. 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