{"id":9392,"date":"2015-01-24T17:56:23","date_gmt":"2015-01-24T15:56:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.satiricon.be\/?p=9392"},"modified":"2015-01-24T17:56:32","modified_gmt":"2015-01-24T15:56:32","slug":"un-eleve-de-machiavel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.satiricon.be\/?p=9392","title":{"rendered":"Un \u00e9l\u00e8ve de Machiavel"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Fouch\u00e9-\u2013-Les-silences-de-la-pieuvre.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-9393    aligncenter\" title=\"Fouch\u00e9 \u2013 Les silences de la pieuvre\" src=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Fouch\u00e9-\u2013-Les-silences-de-la-pieuvre.jpg\" alt=\"\" width=\"252\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Fouch\u00e9-\u2013-Les-silences-de-la-pieuvre.jpg 252w, https:\/\/www.satiricon.be\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Fouch\u00e9-\u2013-Les-silences-de-la-pieuvre-216x300.jpg 216w\" sizes=\"(max-width: 252px) 100vw, 252px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Ancien \u00e9l\u00e8ve de l&rsquo;\u00c9cole normale sup\u00e9rieure, docteur en histoire et chercheur \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole pratique des hautes \u00e9tudes, Emmanuel de Waresquiel, n\u00e9 \u00e0 Paris le 21 novembre 1957, est l&rsquo;auteur d&rsquo;une dizaine d&rsquo;ouvrages dont un best-seller, <em>Talleyrand, le prince immobile<\/em>, qui a \u00e9t\u00e9 couronn\u00e9 par de nombreux prix.<\/p>\n<p>Fond\u00e9 sur un grand nombre d\u2019archives in\u00e9dites, son dernier ouvrage en date, <strong><em>Fouch\u00e9 \u2013 Les silences de la pieuvre<\/em><\/strong> co\u00e9dit\u00e9 par les \u00c9ditions Tallandier et Fayard, a quant \u00e0 lui \u00e9t\u00e9 \u00e9lu meilleure biographie 2014 par la r\u00e9daction du magazine <em>Lire<\/em>, et ce n\u2019est que justice, tant l\u2019exploitation des sources s\u2019av\u00e8re magistrale, le ton se montre alerte, le style est enlev\u00e9, la langue est flamboyante et les remises en perspective sont saisissantes.<\/p>\n<p>Personnage secret autant que craint et ha\u00ef, dont la carri\u00e8re politique fut une suite d\u2019intrigues et de trahisons, Joseph Fouch\u00e9, dit Fouch\u00e9 de Nantes, duc d&rsquo;Otrante, comte Fouch\u00e9, est n\u00e9 le 21\u00a0mai 1759 au Pellerin pr\u00e8s de Nantes et mort en exil le 26\u00a0d\u00e9cembre 1820 \u00e0 Trieste. Il est particuli\u00e8rement connu pour la f\u00e9rocit\u00e9 avec laquelle il a r\u00e9prim\u00e9 l&rsquo;insurrection lyonnaise en 1793 et comme ministre de la Police sous le Directoire et l&rsquo;Empire<a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<p>Voici ce qu\u2019en dit Emmanuel de Waresquiel, qui le tient aussi pour un incroyable personnage jusqu&rsquo;ici incompris et desservi par sa l\u00e9gende noire\u00a0:<\/p>\n<p><em>Fouch\u00e9, bien s\u00fbr, ne m&rsquo;\u00e9tait pas un inconnu. Fouch\u00e9 de Nantes, le bourgeois imp\u00e9cunieux, le petit professeur en soutane des coll\u00e8ges de l&rsquo;Oratoire, Fouch\u00e9 le conventionnel, le tueur de roi, le proconsul de Nevers et de Moulins, le mitrailleur de Lyon, le tombeur de Robespierre et le cauchemar de Napol\u00e9on, le ministre de tous les r\u00e9gimes, l&rsquo;inventeur de la police moderne, le b\u00e2tisseur d&rsquo;\u00c9tat, le th\u00e9oricien et l&rsquo;homme d&rsquo;action, l&rsquo;aventurier, le conspirateur et le parvenu. Assur\u00e9ment l&rsquo;un des hommes les plus puissants de son \u00e9poque, en tout cas l&rsquo;un des plus \u00e9tonnants. <\/em><\/p>\n<p><em> <\/em><\/p>\n<p><em>Je l&rsquo;avais d\u00e9couvert tr\u00e8s jeune, en dehors de mes travaux d&rsquo;historien, dans les romans de Balzac. J&rsquo;avais eu plus tard maintes fois l&rsquo;occasion de le croiser, ne serait-ce qu&rsquo;en \u00e9crivant la vie de Talleyrand auquel il est constamment associ\u00e9. <\/em><\/p>\n<p><em> <\/em><\/p>\n<p><em>J&rsquo;avais eu l&rsquo;intuition, comme j&rsquo;en avais d\u00e9j\u00e0 pris la mesure avec le diable boiteux, qu&rsquo;il \u00e9tait, par d&rsquo;autres moyens et pour d&rsquo;autres raisons, l&rsquo;un de ceux par qui passe une \u00e9poque et qui la donnent \u00e0 comprendre\u00a0: celle des ruptures r\u00e9volutionnaires et de la construction d&rsquo;un ordre nouveau dans la confusion des temps, des hommes et des id\u00e9es \u2013 comme les reflets changeants d&rsquo;un \u00eatre singulier, de ses secrets, de ses contradictions et de sa complexit\u00e9.<\/em><\/p>\n<p><em> <\/em><\/p>\n<p><em>Rares sont ceux qui invent\u00e8rent de nouvelles r\u00e8gles du jeu sans attendre la fin de la partie. Fouch\u00e9 a \u00e9t\u00e9 de ceux-l\u00e0. <\/em>(\u2026)<\/p>\n<p><em> <\/em><\/p>\n<p><em>La premi\u00e8re chose qui m&rsquo;a intrigu\u00e9 chez Fouch\u00e9, c&rsquo;est la pr\u00e9gnance de sa l\u00e9gende noire. Avec lui, on a commenc\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t \u00e0 danser la sarabande. En 1815, l&rsquo;homme qui avait vot\u00e9 la mort de Louis\u00a0XVI devenait le ministre de son fr\u00e8re Louis\u00a0XVIII et, dans un grand \u00e9cart vertigineux, pr\u00eatait serment de fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la monarchie apr\u00e8s avoir jur\u00e9, vingt ans plus t\u00f4t, une haine \u00e9ternelle \u00e0 la royaut\u00e9. Ce fut le serment de trop, apr\u00e8s tant d&rsquo;autres successivement donn\u00e9s et repris \u00e0 la Convention, \u00e0 la R\u00e9publique directoriale puis consulaire,\u00a0 \u00e0 l&rsquo;Empire,\u00a0 \u00e0 la nation.<\/em><\/p>\n<p><em> <\/em><\/p>\n<p><em>Les uns, fid\u00e8les \u00e0 la R\u00e9volution, cri\u00e8rent \u00e0 la trahison, les autres, qui en avaient \u00e9t\u00e9 les victimes, au crime et \u00e0 l&rsquo;imposture. D\u00e8s avant sa mort, on lui a reproch\u00e9 son pass\u00e9 r\u00e9volutionnaire, on n&rsquo;a pas plus support\u00e9 l&rsquo;ancienne puissance imp\u00e9riale de celui que Napol\u00e9on avait fait ministre, s\u00e9nateur et duc\u00a0 d&rsquo;Otrante.<\/em><\/p>\n<p><em> <\/em><\/p>\n<p><em>Comme souvent dans ces cas-l\u00e0, il y eut un chef d&rsquo;orchestre. Ce fut Chateaubriand\u2026<\/em><\/p>\n<p>Un essai quelque peu dissonant\u00a0!<\/p>\n<p><strong>P\u00c9TRONE<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Fouch\u00e9 \u2013 Les silences de la pieuvre<\/em><\/strong><strong><em> <\/em><\/strong>par Emmanuel de Waresquiel, Paris, \u00c9ditions co\u00e9dit\u00e9 aux \u00c9ditions Tallandier et Fayard, novembre\u00a02014, 831\u00a0pp. en noir et blanc et 48\u00a0pp. en quadrichromie au format 16,7\u00a0x\u00a023\u00a0cm sous couverture broch\u00e9e en couleurs et \u00e0 rabats, 29,90\u00a0\u20ac (prix France)<\/p>\n<hr size=\"1\" \/><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Il dirigea le minist\u00e8re de la Police du 20\u00a0juillet 1799 au 13\u00a0septembre 1802\u00a0; du 10\u00a0juillet 1804 au\u00a0 3\u00a0juin 1810\u00a0; du 20\u00a0mars au 22\u00a0juin 1815 et du 7\u00a0juillet au 26\u00a0septembre 1815. Il fut en outre ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur du 29\u00a0juin au 1<sup>er<\/sup> octobre 1809.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fond\u00e9 sur un grand nombre d\u2019archives in\u00e9dites, le dernier ouvrage en date d&rsquo;Emmanuel de Waresquiel, \u00ab\u00a0Fouch\u00e9 \u2013 Les silences de la pieuvre\u00a0\u00bb co\u00e9dit\u00e9 par les \u00c9ditions Tallandier et Fayard, a quant \u00e0 lui \u00e9t\u00e9 \u00e9lu meilleure biographie 2014 par la r\u00e9daction du magazine Lire, et ce n\u2019est que justice, tant l\u2019exploitation des sources s\u2019av\u00e8re magistrale, le ton se montre alerte, le style est enlev\u00e9, la langue est flamboyante et les remises en perspective sont saisissantes.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[77,11],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9392"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9392"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9392\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9395,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9392\/revisions\/9395"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9392"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9392"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.satiricon.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9392"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}