Les Éditions Gallimard à Paris ont lancé en 2025 la collection « Pop-Art », une série de monographies courtes, visuelles et didactiques qui présente, au format de poche et à petit prix, la biographie d’artistes fameux jalonnée d’une ligne du temps, avec la particularité originale de pouvoir transformer, par un simple pliage et à l’instar des pop-ups, chaque ouvrage en œuvre d’art à trois dimensions par la reproduction détachable d’une création emblématique.
La première salve était consacrée à Vincent Van Gogh, Katsushika Hokusai, Frida Kahlo et Édouard Manet.
La deuxième se penche en 2026 sur René Magritte, Man Ray, Henri Matisse et Claude Monet.
Dans René Magritte, Capucine Poncet fournit :
• les repères biographiques essentiels du peintre belge né à Lessines en 1898 et mort à Schaerbeek en 1967
• les grands thèmes de son œuvre picturale (mystère, détournement, surréalisme belge)
• des analyses d’images adaptées à un large lectorat
• des clés de lecture pour comprendre les paradoxes visuels de l’artiste
• un parcours chronologique clair et structuré
Le pop-up – qui figure sur la couverture du livre de Capucine Poncet – reproduit Le Baiser (1951), une huile sur toile de René Magritte conservée au Museum of Fine Arts de Houston (Texas).
Dans Man Ray, Alexandre Mare, historien de l’art spécialiste des avant-gardes et commissaire d’exposition, consacre son texte à Emmanuel Radnitsky, dit Man Ray (né en 1890 à Philadelphie et mort en 1976 à Paris), un peintre, photographe et réalisateur américain devenu citoyen français, qui fut une figure majeure du dadaïsme à New York et du surréalisme en France.
En photographie, Man Ray a perfectionné la technique du photogramme[1] et redécouvert le procédé dit de solarisation[2].
Ami proche de Marcel Duchamp, il fréquenta les dadas Tristan Tzara et Francis Picabia, les écrivains surréalistes Louis Aragon, André Breton, Paul Éluard, et Philippe Soupault ainsi que les peintres Jean Arp, Max Ernst, André Masson, Joan Miró, Dora Maar, René Magritte, Salvador Dali et Pablo Picasso.
Il eut notamment pour compagne et muse la chanteuse, danseuse, gérante de cabaret, artiste peintre et actrice de cinéma Alice Prin (1901-1953), dite Kiki de Montparnasse, qui lui servit de modèle dans les années 1920.
Les œuvres les plus marquantes de Man Ray sont Marcel Proust sur son lit de mort (1922), Le Violon d’Ingres[3] (1924) et Noire et blanche[4] (1926).
Noire et blanche par Man Ray, avec Kiki de Montparnasse comme modèle et un masque africain (1926)[5]
Quant au pop-up figurant sur la couverture du livre d’Alexandre Mare, il reproduit un détail de Larmes (de verre), une œuvre de Man Ray conçue en 1932[6].
Dans Henri Matisse, Hélène de Talhouët, docteure en histoire, enseignante à Sciences-Po et commissaire d’exposition, donne à connaître la vie du peintre, dessinateur, graveur et sculpteur français Henri Matisse (1869-1954), une figure artistique majeure du XXe siècle dont les œuvres picturales stylisées rayonnent dans un foisonnement de couleurs.
Élève du peintre symboliste Gustave Moreau (1826-1898), admiré par les poètes Guillaume Apollinaire (1880-1918) et Louis Aragon (ca 1897-1982), ami des peintres Albert Marquet (1875-1947) et Pablo Picasso (1881-1973) qui le considérait comme « son grand rival », Henri Matisse marqua le fauvisme[7] de son empreinte, un mouvement dont il fut un chef de file avec André Derain (1880-1954) et Maurice de Vlaminck (1876-1958).
Forte d’un peu plus de 1200 peintures, l’œuvre d’Henri Matisse comprend également d’importantes séries de sculptures tirées en bronze, près de 500 pièces gravées (eaux-fortes, bois, lithographies), des papiers découpés et des illustrations de livres.
Célèbre et célébré de son vivant, Matisse aura eu une influence prépondérante sur la peinture américaine, et en particulier sur celle de Mark Rothko (1903-1970), Roy Lichtenstein (1923-1997) et Andy Warhol (1928-1987).
Le pop-up du livre d’Hélène de Talhouët reproduit La Danse[8] (1909-1910), une huile sur toile conservée au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg.
Dans Claude Monet, Stéphane Lambert aborde la vie et l’œuvre de l’un des peintres emblématiques du XIXe siècle en France.
Peinte en 1872 par Claude Monet (1840-1926) qui la réalisa en une séance un matin de bonne heure lors d’un séjour au Havre, la toile Impression, soleil levant a donné son nom au courant pictural de l’impressionnisme[9].
Après des débuts difficiles à Paris, à Argenteuil et à Poissy, Claude Monet, qui par ailleurs voyagea en Italie et à Londres notamment, s’installa à Giverny (Normandie) en 1883, connut le succès et entretint une amitié légendaire avec Georges Clemenceau (1841-1929).
A partir de 1890, il s’est consacré à des séries de peintures traitant le même motif à différentes heures de la journée et à diverses saisons.
Il composa alors parfois des dizaines de toiles en parallèle, changeant en fonction de l’effet présent. Il commença par Les Meules (1890-1891), puis enchaîna successivement Les Peupliers (1891), la série des Cathédrales de Rouen (1892-1895), celle des Parlements de Londres (1900-1904) et Les Nymphéas, une série d’environ 250 peintures à l’huile élaborées pendant les 31 dernières années de sa vie, qui représentent le jardin de fleurs, et plus particulièrement le bassin de nénuphars, de sa maison à Giverny.
Aussi le pop-up du livre de Stéphane Lambert reproduit-il des Nymphéas peints entre 1916 et 1919, une huile sur toile conservée à Paris au musée Marmottan Monet.
PÉTRONE
René Magritte par Capucine Poncet, Paris, Éditions Gallimard, collection « Pop-Art », mars 2026, 44 pp. en quadrichromie au format 12 x 17,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,90 € (prix France)
Man Ray par Alexandre Mare, Paris, Éditions Gallimard, collection « Pop-Art », mars 2026, 44 pp. en quadrichromie au format 12 x 17,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,90 € (prix France)
Henri Matisse par Hélène de Talhouët, Paris, Éditions Gallimard, collection « Pop-Art », mars 2026, 44 pp. en quadrichromie au format 12 x 17,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,90 € (prix France)
Édouard Manet par Stéphane Lambert, Paris, Éditions Gallimard, collection « Pop-Art », mars 2026, 44 pp. en quadrichromie au format 12 x 17,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,90 € (prix France)
[1] Un photogramme est, à l’origine, une image photographique obtenue sans utiliser d’appareil photographique, en plaçant des objets sur une surface photosensible (papier photo ou film) et en l’exposant ensuite directement à la lumière.
[2] l s’agit d’un procédé photographique connu sous différents noms depuis le XIXe siècle, et notamment sous celui d’effet Sabatier, du nom d’un des inventeurs. La solarisation d’une émulsion photographique est une inversion partielle ou totale des densités d’une image qui intervient après une très forte surexposition. On obtient ainsi une photographie à tonalités inversées. À la suite d’un « accident créatif », Man Ray et son assistante, la photographe Lee Miller, ont redécouvert ce phénomène dans les années 1930.
[3] Une photographie en noir et blanc qui représente le modèle Kiki de Montparnasse, nue, sur le dos de laquelle Man Ray apposa par la suite les ouïes d’un violon. Elle est actuellement conservée au musée national d’Art moderne à Paris.
[4] La photographie Noire et blanche a été publiée pour la première fois le 1er mai 1926 dans la version parisienne du magazine Vogue sous le titre Visage de nacre et Masque d’ébène, puis en 1928 sous son titre actuel dans Variétés et dans Art et Décoration. Deux ans auparavant, en juillet 1924, Man Ray avait déjà publié une photo similaire en couverture du numéro 18 de 391, la revue dada de Francis Picabia. Celle-ci, intitulée Black and White, représentait deux statuettes, l’une africaine, l’autre classique. (Wikipédia)
[5] © Tim Evanson from Cleveland Heights, Ohio, USA.
[6] Il s’agit d’une photographie réalisée à l’origine dans un contexte publicitaire (pour le mascara Cosmecil d’Arlette Bernard). Man Ray a photographié les yeux de Lydia, une mannequin et danseuse de french cancan, puis ajouté artificiellement des « larmes » (perles de verre ou de glycérine) avant de recadrer l’image et de l’intégrer à son œuvre surréaliste. (https://www.museumtv.art/artnews/oeuvres/larmes-de-man-ray-1932)
[7] Le fauvisme est un mouvement pictural né en France au début du XXe siècle. Les artistes de ce mouvement prônaient l’utilisation de la couleur, et non du dessin comme il était d’usage dans l’art officiel. Le fauvisme est caractérisé par la systématisation de formes simplifiées, cloisonnées par des contours très marqués, et par l’audace dans les recherches chromatiques. Les peintres y avaient recours à de larges aplats de couleurs pures et vives, et ils revendiquaient un art fondé sur l’émotion.
[8] Enthousiaste, l’homme politique et ministre français Marcel Sembat (1862-1922) qui, avec son épouse, fut un ami autant qu’un soutien d’Henri Matisse et un acquéreur de ses œuvres, a décrit La Danse comme « une ronde endiablée fait tourner, sur un fond bleu des mouvements roses. À gauche une grande figure entraîne toute la chaîne ! Quelle ivresse ! Quelle bacchante ! Cette arabesque souveraine, cette courbe empoignante qui va de la tête tournée jusqu’à la hanche saillante descend le long de la jambe tendue ».
[9] L’impressionnisme est un mouvement pictural apparu en France dans les années 1860 en opposition à l’art académique. Il visait à représenter le caractère éphémère de la lumière et ses effets sur les couleurs et les formes. Formé autour d’Édouard Manet (1832-1883), chef de file de l’avant-garde artistique d’alors, le groupe des impressionnistes comptait notamment dans ses rangs les peintres Paul Cézanne (1839-1906), Edgar Degas (1834-1917), Claude Monet, Berthe Morisot (1841-1895), Camille Pissarro (1830-1903), Auguste Renoir (1841-1919), Frédéric Bazille (1841-1870), Gustave Caillebotte (1848-1894), Mary Cassatt (1844-1926) et Alfred Sisley (1839-1899).