« Le facteur important qui contribue à l’euphorie spéculative et à l’effondrement programmé, c’est l’illusion que l’argent et l’intelligence sont liés. » (John Kenneth Galbraith)

John Kenneth Galbraith, né le 15 octobre 1908 à Iona Station en Ontario (Canada) et mort le 29 avril 2006 (à 97 ans) à Cambridge (États-Unis), était un économiste canadien naturalisé américain en 1937. Il fut le conseiller économique de trois présidents démocrates des États-Unis : Franklin Delano Roosevelt, John Fitzgerald Kennedy et Lyndon B. Johnson.

En 1934, aussitôt après avoir été proclamé docteur de l’université de Berkeley en Californie après la soutenance d’une thèse en économie agricole, John Kenneth Galbraith entama sa carrière en tant que professeur adjoint à l’université de Princeton, puis il fut recruté en 1949 comme professeur à l’université Harvard avant d’être nommé ambassadeur en Inde (1961-1963) par John F. Kennedy. À partir de 1971, il enseigna dans plusieurs universités européennes.

Économiste keynésien de gauche diamétralement opposé aux idées de Milton Friedman (1912-2006, prix Nobel d’économie en 1976, fondateur de l’École de Chicago[1]), John Kenneth Galbraith critiqua la théorie néo-classique de la firme, battit en brèche le credo de la souveraineté du consommateur ainsi que celui du rôle autorégulateur du marché, et il mit en lumière les deux notions de filière inversée (« Ce sont les entreprises qui imposent des produits aux consommateurs, et non l’inverse ») et de technostructure (les décideurs effectifs dans les entreprises ne sont plus les détenteurs de capitaux, mais bien les managers et leur staff, des techniciens de la gestion).

John Kenneth Galbraith en 1958.

Parmi ses nombreuses publications[2], il y a L’Argent, un best-seller paru en 1975, publié en français l’année suivante, revu et augmenté en 1994 et réédité en 2016 aux Éditions Les Belles Lettres dans la fameuse collection « Le goût de l’Histoire » dirigée par Jean-Claude Zylberstein.

Dans ce livre devenu un classique, John K. Galbraith retrace l’histoire de l’argent du XVIsiècle à nos jours à travers l’histoire de l’or, de la création monétaire, du papier-monnaie, de la monnaie scripturale, de la banque, des Trésors publics et privés, de la confiance, de la circulation, des changes et des différents systèmes monétaires.

Il y explique, de façon particulièrement limpide et accessible, que l’argent n’est pas une entité abstraite ou magique : c’est une construction historique et sociale, dont les formes et les usages ont changé, mais dont la fonction essentielle – faciliter les échanges et organiser les économies – reste constante.

PÉTRONE

L’Argent par John K. Galbraith, édition revue et augmentée, ouvrage traduit de l’anglais par Daniel Blanchard, Paris, Éditions Les Belles Lettres, collection « Le goût de l’Histoire » dirigée par Jean-Claude Zylberstein, avril 2026 [1976, 1994], 470 pp. en noir et blanc au format 13,2 x 19,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 17,50 € (prix France)

TABLE DES MATIÈRES

Remerciements

Préface à la deuxième édition

Chapitre Ier – L’argent

Chapitre II – Pièces et trésors

Chapitre III – Les banques

Chapitre IV – La Banque avec un grand « B »

Chapitre V – Le papier

Chapitre VI – Un instrument de la révolution

Chapitre VII – La guerre des monnaies

Chapitre VIII – Le grand compromis

Chapitre IX – Le prix

Chapitre X – Le système infaillible

Chapitre XI – La chute

Chapitre XII – L’inflation finale

Chapitre XIII – Mutilations volontaires

Chapitre XIV – Le jour où l’argent s’arrêta

Chapitre XV – La menace de l’impossible.

Chapitre XVI – L’avènement de J.M. Keynes

Chapitre XVII – Nouvelle guerre, nouvelle leçon

Chapitre XVIII – Les années fastes

Chapitre XIX – La nouvelle économie à son zénith

Chapitre XX – Monnaie et politique

Chapitre XXI – Des années 1980 à nos jours (1993)

Postface

Index


[1] L’école de Chicago est une école de pensée économique qui s’inscrit dans le cadre du libéralisme économique et est étroitement liée à l’école monétariste. Généralement associée à la théorie néo-classique des prix et au libre marché, cette école a joué un rôle majeur dans le développement de thèses opposées au keynésianisme. Son nom vient du département d’économie de l’université de Chicago, dont la majorité des professeurs et élèves se rattachent à cette école de pensée.

[2] La Crise économique de 1929 (1955), L’Ère de l’opulence (1958), Les Conditions actuelles du développement économique (1962), L’Heure des libéraux (1963), Le Capitalisme américain (1966), Le Nouvel État industriel (1967), Le Triomphe (1969), Le Journal d’un ambassadeur (1970), Fraternité, finances et fantaisies (1971), La Science économique et l’intérêt général (1973), Sur les sentiers de mon enfance (1973), Voyage en Chine (1973), L’Argent (1975), La Pauvreté de masse (1979), L’Anatomie du pouvoir (1983), La Voix des pauvres ou Ce qu’ils ont à nous dire sur l’économie (1984), L’Économie en perspective (1987), Monsieur le Professeur (roman, 1970), Brève histoire de l’euphorie financière (1990), La République des satisfaits (1992), Voyage dans le temps économique (1994), Pour une société meilleure (1996), Des amis bien placés (2001), Les Mensonges de l’économie (2002), Une vie dans son siècle, Mémoires (2006), Économie hétérodoxe (2007).

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Date de publication
vendredi 22 mai 2026
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