Ayant œuvré à la rédaction du quotidien La Croix de 1984 à 1990 avant de devenir grand reporter de L’Express de 1990 à 2020 et d’être désormais journaliste indépendant, essayiste et enseignant à l’École supérieure de journalisme de Lille, à l’Institut d’études politiques de Lille et à l’Institut d’études politiques de Paris, Vincent Hugeux (°1961) est un spécialiste français du Proche-Orient et de l’Afrique auxquels il a consacré huit ouvrages remarqués[1].
Parmi ceux-ci, cinq ans après la version princeps, les Éditions Perrin ressortent, actualisé et enrichi, dans la fameuse collection de poche « Tempus », son glaçant réquisitoire intitulé Tyrans d’Afrique – Les mystères du despotisme postcolonial dans lequel il décrit la nature abjecte de dix dirigeants africains qui furent un véritable fléau pour leur peuple, et il dénonce les soutiens obtenus en Occident par ces dictateurs auprès de dirigeants profondément corrompus et d’entreprises qui ne l’étaient pas moins.
Quatrième de couverture :
« Soixante ans après son lever, le « soleil des indépendances » peine à percer les brumes tenaces d’un despotisme que perpétue la cascade de putschs survenus récemment.
Au fil des ans, la cohorte des autocrates se sera échinée à dévoyer une aspiration à la souveraineté aussi légitime qu’inassouvie.
Qu’il s’agisse de Sa Majesté Bokassa Ier, empereur made in France de Centrafrique, de l’Ougandais Idi Amin Dada ou du Congolo-Zaïrois Mobutu, les ex-tuteurs européens se repaissent des frasques tantôt picaresques, tantôt cruelles, de satrapes qui furent leurs élèves, leurs soldats, puis leurs ombrageux alliés.
Feignant d’oublier que tous, du bouffon ubuesque à l’implacable bourreau, ne sont au fond que les monstrueux rejetons de l’aberration coloniale.
Au fil de cette captivante galerie de portraits, Vincent Hugeux croque aussi d’une plume alerte quelques antihéros étrangers au « pré carré » francophone, tels le Zimbabwéen Mugabe ou l’Érythréen Afeworki. »
Le lecteur belge, issu ou pas de la diaspora congolaise, se penchera avec intérêt et dégoût sur les pages consacrées à l’infâme despote Joseph-Désiré Mobutu (1930-1997), on ne peut plus édifiantes…
PÉTRONE
Tyrans d’Afrique – Les mystères du despotisme postcolonial par Vincent Hugeux, version actualisée et enrichie, Paris, Éditions Perrin, collection « Tempus », septembre 2026 [2021], 411 pp. en noir et blanc au format 10,8 x 17,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 10 € (prix France)
TABLE
Prologue
1. Bokassa, un Ubu bien de chez nous
2. Idi Amin Dada, l’ogre de Kampala
3. Gnassingbé Eyadéma, le tirailleur tiraillé
4. Mobutu : la débâcle du léopard
5. Robert Mugabe, messie et démon
6. Ahmed Sékou Touré, l’icône dévoyée
7. Issayas Afeworki : les mythes de l’ermite
8. Teodoro Obiang, l’émir de Malabo
9. Gambie : jamais plus Jammeh
10. Hissène Habré : la méprise et le mépris
[1] Les Sorciers blancs, Enquête sur les faux amis français de l’Afrique (2007) ; Iran, l’état d’alerte (2010) ; L’Afrique en face – Dix clichés à l’épreuve des faits (2010) ; Afrique, le mirage démocratique (2012) ; Reines d’Afrique – Le roman vrai des Premières dames (2014) ; Kadhafi (2017) ; Tyrans d’Afrique – Les mystères du despotisme postcolonial (2021) ; Les fers et le fouet – Une histoire raisonnée de l’esclavage (2026).