Dans Garibaldi, un album paru à Grenoble chez Glénat, les bédéistes italiens Davide Goy, Luca Blengino et Andrea Meloni plongent le lecteur au cœur du Risorgimento[1] dans l’expédition des Mille, une campagne militaire de 1860 commencée le 11 mai quand un corps de volontaires dirigé par Giuseppe Garibaldi débarqua à Marsala afin de conquérir le royaume des Deux-Siciles[2] gouverné par les Bourbons.
Giuseppe Garibaldi, né le 4 juillet 1807 à Nice (département des Alpes-Maritimes sous le Premier Empire) et mort à Caprera (royaume d’Italie) le 2 juin 1882, était un général, homme politique et patriote italien, considéré aujourd’hui comme l’un des « pères de la patrie » italienne.
À ses côtés, un témoin inattendu vécut l’aventure de l’expédition des Mille : un de ses amis et admirateurs, le célèbre écrivain français Alexandre Dumas (1802-1870), qui, en 1860, vendit ses biens afin d’acheter des armes pour l’armée de son héros.
Venu à Gênes pour terminer la traduction des mémoires de Garibaldi, Dumas rejoignit la Sicile par bateau avec mille fusils en cale et se retrouva acteur d’une épopée comme il en écrivait dans ses romans.
Car, de Marsala à Palerme, puis jusqu’à Naples, l’aventure fut une fresque épique où se mêlèrent batailles, intrigues diplomatiques, trahisons et coups de théâtre sur fond de révolution romantique.
Alexandre Dumas fut le témoin de la bataille de Calatafimi[3] qu’il a décrite dans Les Garibaldiens publié en 1861, et il fut aux côtés de Garibaldi le jour de son entrée dans Naples, le 7 septembre 1860.
L’ouvrage de Davide Goy, Luca Blengino et Andrea Meloni met en scène la rencontre de ces deux géants, Garibaldi, le héros romantique, et Dumas, l’écrivain devenu chroniqueur de guerre, dans un récit palpitant dessiné de main de maître et parfaitement documenté.
Comme à l’accoutumée dans la collection « Ils ont fait l’Histoire », l’album se clôt sur un dossier de huit pages explicatives, rédigées ici par Catherine Brice, professeure d’histoire contemporaine à l’Université Paris-Est Créteil et membre du Centre de Recherches en Histoire comparée, une éminente spécialiste de l’Italie contemporaine, qui a conseillé les auteurs.
PÉTRONE
Garibaldi par David Goi et Luca Blengino (scénario), Andrea Meloni (dessins) et Catherine Brice (conseiller historique), Grenoble, Éditions Glénat et Paris, Éditions Fayard, collection « Ils ont fait l’Histoire », octobre 2026, 56 pp. en quadrichromie (dont un cahier documentaire de 8 pp.) au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 15,50 € (prix France)
[1] Le Risorgimento (terme qui signifie « résurgence » ou « renaissance ») est le mouvement historique, marqué par une série de révolutions, de guerres et de changements politiques, qui, à la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle, a conduit à l’unification de l’Italie, transformant une série d’États fragmentés en un royaume unifié sous la maison de Savoie en 1861.
[2] Le royaume des Deux-Siciles, qui s’étendait sur la Sicile et l’Italie du Sud, était un État souverain qui exista de 1816, année de l’unification du royaume de Sicile et du « royaume de Naples » (Sicile péninsulaire), jusqu’en 1861, année de l’annexion des Deux-Siciles au jeune royaume d’Italie.
[3] La bataille de Calatafimi du 15 mai 1860 a été un moment clé de l’expédition des Mille, quand les Chemises rouges de Giuseppe Garibaldi ont affronté les troupes napolitaines. Malgré leur supériorité numérique, les Napolitains ont été battus de manière décisive, et Garibaldi a entrepris une campagne victorieuse qui a conduit à l’entrée de Palerme le 27 mai suivant. Cette bataille a été marquante pour Garibaldi et a contribué à sa renommée en tant que leader de l’unité d’Italie.