En se penchant, dans « Quolibets » paru aux Éditions L’Âge d’Homme à Lausanne, sur l’œuvre des 68 auteurs français qui comptent à ses yeux, l’essayiste belge Christopher Gérard a fait preuve d’un goût très sûr manifesté sur un ton bellement anticonformiste, résolument à contre-courant de la bien-pensance actuelle considérée à juste titre comme décadente par notre chroniqueur passionné de liberté et en vénération devant la langue française la plus pure.
L’ouvrage intitulé « Rebelles et subversifs de nos régions des Gaulois jusqu’à nos jours », paru à Charleroi chez Couleur livre en 2011 mais toujours disponible, a été rédigé par un groupe d’historiens engagés (comprenez très à gauche) du Nord comme du Sud du pays, placés sous la houlette d’Anne Morelli pour remettre en mémoire quelques-unes des luttes qui agitèrent jadis et naguère notre (petite) terre d’héroïsme.
Éditeur de grand talent et au nez creux, Jean-Claude Zylberstein (qui a fait aussi les grandes heures des Éditions 10-18) anime chez Tallandier à Paris la collection de poche « Texto » qui ambitionne de donner à ses lecteurs le goût de l’histoire et de la (re)découverte de textes d’un intérêt majeur.
Né à Charleroi en 1894 et mort à Leuven en 1966, le chanoine Georges Lemaître, physicien, astronome et mathématicien de très haut vol formé à Louvain, à Harvard et au MIT de Boston fut l’un des plus grands savants du XXe siècle, dont la critique des travaux de son ami Einstein (qui croyait au caractère statique de l’univers) déboucha en 1927 sur la théorie – belge donc – du Big Bang, c’est-à-dire d’expansion de l’univers à partir d’un atome primitif.
Pour chasser la grisaille ambiante et provoquer un été torride, les Éditions Blanche à Paris ont fait paraître la version 2013 des « Cahiers de vacances Clara Morgane », un petit fascicule qui permettra aux adultes de réviser leurs connaissances érotiques sous la férule de l’ex-porno star qui fait désormais dans le plus soft.
Ayant décidé non pas de poétiser plus haut que son luth, mais d’aller à la postérité (contrairement à Alphonse Allais qui préférait aller hériter à la poste), notre compatriote – par ailleurs ni con ni patriote – Jean-Pierre Verheggen s’est fendu, chez Gallimard à Paris, d’« Un jour, je serai prix Nobelge », un texte par lequel il postule à la plus haute distinction honorifique de Ce (petit et plat) Pays qui donna à la francophonie ses lettres de noblesse par l’entremise des chansons du Grand Jojo, des cours de savoir-vivre de Jef Kazak et de la prose politique du maire de Champignac.
S’étant lancées dans un genre nouveau, le roman culinaire, les Éditions Memory à Tenneville ont fait coup double en publiant « Gestapo et chocolat » de Claude Raucy & Cédric Lamkin et « Prestidigi’ Saveurs » d’Amandine Fairon & Olivier Bauche, deux textes issus de l’association d’un écrivain et d’un maître des fourneaux, complétés des recettes originales faisant partie intégrante de l’intrigue, présentées sous forme de fiches détachables.
En 1894, l’écrivain français Jules Renard (18-1910) faisait paraître son célèbre roman autobiographique « Poil de carotte », mais aussi les savoureuses « Histoires naturelles » que les Éditions Soliflor à Bruxelles ont eu l’excellente idée de remettre ces jours-ci sur le marché, dans une version merveilleusement illustrée par Benjamin Rabier (1864-1939).
L’académicien belge Jean-Baptiste Baronian est l’un des meilleurs spécialistes actuels des inspirateurs de la poésie symboliste et ses connaissances intimes de la vie et de la production littéraire de ces géants des lettres constituent un avantage décisif pour leur mise en perspective auprès du public.