Un artiste de poids…

Les Éditions Glénat proposent, sous le titre d’Orson Welles – L’inventeur de rêves, une biographie scénarisée par Noël Simsolo et dessinée par Alberto Locatello de l’artiste américain né le 6 mai 1915 à Kenosha (Wisconsin) et mort le 10 octobre 1985 à Hollywood (Californie), qui fut à la fois acteur, réalisateur, producteur et scénariste, mais également metteur en scène de théâtre, dessinateur, écrivain et illusionniste.

D’abord révélé à lui-même par le théâtre de Shakespeare (en mettant en scène à seulement 21 ans un Macbeth joué par des acteurs noirs), puis rendu célèbre par une émission de radio – une adaptation de La Guerre des mondes (1898) de l’écrivain britannique Herbert George Wells (1866-1946) – qui, diffusée le lundi 30 octobre 1938, veille d’Halloween, sema une brève panique chez les auditeurs de CBS, Orson Welles devint une figure incontournable du cinéma avec son premier long-métrage, à jamais maudit et non rentable, Citizen Kane (1941), que l’ensemble des critiques considère comme l’un des films les plus importants du XXsiècle. Il n’avait alors que 26 ans.

En 1948, il connaît la célébrité en Europe quand il incarne le personnage d’Harry Lime dans le film Le Troisième homme réalisé par l’Anglais Carol Reed (1906-1976) d’après le roman éponyme de l’écrivain britannique Graham Greene (1904-1991).

Par la suite, son style cinématographique et son jeu d’acteur ont exercé une grande influence sur le cinéma des années 1950-1970.

Artiste précoce et polymorphe, farouchement épris de son indépendance, amateur de cigares, de tauromachie et d’illusionnisme, Welles ne cessa tout au long de sa carrière de revenir au théâtre et à la littérature, aux grands textes classiques (Othello, Don Quichotte) comme aux contemporains (Le Procès).

Se défiant du système de production et entretenant sa propre légende d’effets à la fois spectaculaires et énigmatiques, il finit par quitter les États-Unis pour tourner en Europe.

À sa mort, devenu obèse, il laisse une vingtaine de films en tant que réalisateur – parmi lesquels La Dame de Shanghai (1947, magnifié par la présence de Rita Hayworth, épousée en 1943 et avec qui il est déjà en instance de divorce), La Soif du mal (1958) et Filming Othello (1978) – ainsi qu’une foule de projets inachevés malgré sa détermination et son talent.

PÉTRONE

Orson Welles – L’inventeur de rêves par Noël Simsolo et Alberto Locatello, Grenoble, Éditions Glénat, collection « 91/2 », mai 2022, 165 pp. en quadrichromie au format 19,8 x 26,6 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 24,50 € (prix France)

Date de publication
dimanche 29 mai 2022
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