Diplômé de l’École supérieure de commerce de Paris, journaliste à Paris Match et auteur d’une quinzaine d’ouvrages, Gilles Martin-Chauffier (°1954) a notamment publié Une affaire embarrassante (1996, prix Jean Freustié), Les Corrompus (1998, prix Interallié), Silence, on ment (2003, prix Renaudot des lycéens). Il a aussi fait paraître plusieurs essais historiques, parmi lesquels Le Roman de Constantinople (Prix Renaudot de l’essai, 2006).
Saluons la publication chez Albin Michel de son nouveau roman intitulé Nazanine dont l’action se passe à Paris en 1978, l’occasion pour l’auteur de se lancer dans une description joyeusement acide de l’« expérience » gauchiste de l’université de Vincennes minée par des Ostrogoths en tout genre et au sein de laquelle se pavanaient et péroraient des baudruches nommées Foucault, Barthes et Deleuze, tandis que s’aveuglaient la presse et l’intelligentsia parisiennes sur les prémices de la sanglante révolution iranienne[1] lancée par l’ayatollah Khomeini, en s’enthousiasmant pour un futur État islamique au sein duquel elles auraient immédiatement été éliminées intellectuellement et physiquement.
Résumons :
Paul, le narrateur, se remémore l’époque de ses débuts à L’Alerte, un grand hebdomadaire parisien pour lequel il enquêta à l’université de Vincennes alors secouée par les postures délirantes de l’extrémisme soixante-huitard le plus radical.
Il y croisa Xerxès Salamanji, un étudiant iranien en architecture aussi provocateur que cynique, misanthrope et naïf, qui lui présenta sa sœur Nazanine, belle, subtile, fière, cultivée, mystérieuse et obstinée.
Devenus amants, ils vécurent un été idyllique en Bretagne.
Mais leur ciel s’obscurcit au fur et à mesure qu’en Iran la situation politique se dégradait et que Nazanine s’indignait de ces Français qui se gargarisent du mot « liberté » tout en admirant les tyrans sévissant à l’étranger.
Elle voulut alors rentrer à Téhéran pour sauver son père…
Un texte puissant, enlevé, jubilatoire et poignant…
PÉTRONE
Nazanine par Gilles Martin-Chauffier, Paris, Éditions Albin Michel, septembre 2026, 283 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 21,90 € (prix France)
[1] Khomeini (1900-1989) mettra en place une théocratie chiite tyrannique, caractérisée par un régime autoritaire et d’importantes restrictions des libertés individuelles, notamment à l’encontre des femmes. Son passage au pouvoir est marqué par la prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran (longue de 444 jours, du 4 novembre 1979 au 20 janvier 1981), par la guerre Iran-Irak (du 22 septembre 1980 au 20 août 1988, qui fit de 680 000 à 1 200 000 morts) et par le massacre des prisonniers politiques iraniens de 1988 (de 2 500 à 5 000 morts).