« Les livres ont conduit certains à apprendre, et d’autres à la folie. » (Pétrarque)

Penelope Mary Knox, épouse Fitzegerald, née à Lincoln (chef-lieu du comté de Lincolnshire, en Angleterre) le 17 décembre 1916 et morte à Londres le 28 avril 2000, était une romancière britannique formée au Somerville College d’Oxford.

Elle appartenait à une famille intellectuelle prestigieuse : son père, Edmund Valpy Knox, était rédacteur en chef du Punch, et plusieurs de ses oncles étaient des figures littéraires ou savantes.

Elle a étudié à la Wycombe Abbey, puis au Somerville College d’Oxford, où elle obtint en 1938 un First Class Honours, distinction rare pour une femme à l’époque.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a travaillé à la BBC, avant, en 1942, d’épouser Desmond Fitzgerald, un officier décoré, mais alcoolique. Le couple a élevé trois enfants et, dans les années 1950, coédité la World Review dont les colonnes accueillirent notamment des textes de J.D. Salinger, Norman Mailer ou Alberto Moravia.

Par la suite, Penelope Fitzegerald exerça divers métiers (libraire, enseignante dans une école pour jeunes acteurs, tutrice…).

Elle publia son premier livre à 58 ans, en 1975, une biographie du peintre Edward Burne-Jones. Suivirent The Knox Brothers (1977), un portrait de son père et de ses oncles ; The Golden Child (1977), son premier roman ; The Bookshop (1978), inspiré de son expérience de libraire ; Offshore (1979), un roman sur une communauté vivant sur des péniches, couronné du Booker Prize 1979 ; Human Voices (1980) sur la BBC en 1940 ; At Freddie’s (1982) sur une école d’acteurs ; Innocence (1986) sur Florence dans les années 1950 ; The Beginning of Spring (1988) sur Moscou en 1913 ; The Gate of Angels (1990), un mélange subtil de roman d’amour, de comédie universitaire et de réflexion philosophique sur les limites de la science ; The Blue Flower (1995), un roman historique sur le poète Novalis, considéré comme son chef‑d’œuvre et lauréat du National Book Critics Circle Award[1].

En 2008, The Times l’a classée parmi les 50 plus grands écrivains britanniques depuis 1945.

Et voilà que, dix ans après sa réédition de 2016 et 110 ans après la naissance de son autrice, comme précédemment aux Éditions de La Table Ronde, ressortà Paris La libraire, paru en 2006[2] sous le titre L’affaire Lolita, un roman à fleuret moucheté contre la sottise, les préjugés et la cruauté de la bien-pensance.

Quatrième de couverture :

« Rien ne semble troubler la paix de Hardborough, aimable bourgade de l’East Anglia. Mais Florence Green, une jeune veuve, a décidé d’y ouvrir une librairie, ce qui déplaît aux notables de la ville. Florence voulait créer innocemment un lieu de sociabilité inédit ; elle découvre l’enfer feutré des médisances. Puis l’ostracisme féroce d’une partie de la population. Surtout lorsqu’elle s’avise de mettre en vente Lolita, le sulfureux roman de Vladimir Nabokov. Alors, la guerre est déclarée, les clans s’affrontent, les personnages révèlent leur acrimonie. Florence sera très seule pour affronter le conformisme ambiant. »

L’« aimable bourgade » est donc en réalité un bled humide au bord d’une mer froide, peuplé de gens solitaires et suspicieux, encroûtés dans leurs petites habitudes, confits dans leurs certitudes et baignant dans leur perfidie.

Et ce roman est la peinture satirique et impitoyable d’une petite ville provinciale, qui par certains aspects rappelle « Chaminadour », le Guéret natal de Marcel Jouhandeau (1888-1979)…

PÉTRONE

La libraire par Penelope Fitzegerald, roman traduit de l’anglais par Michèle Lévy-Bram, Paris, Éditions de La Table Ronde, collection « La petite vermillon », septembre 2026 [1994, 2006, 2016], 205 pp. en noir et blanc au format 10,8 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,10 € (prix France)


[1] Source : Bing.com.

[2] Après l’édition princeps chez Stock en 1994.

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Date de publication
dimanche 6 septembre 2026
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