« La politique consiste à rendre possible ce qui est nécessaire. » (Richelieu)

Remarquable à de nombreux égards – la qualité de son découpage, la splendeur de ses dessins, la véracité de ses propos, le foisonnement des informations, le recours à un langage d’époque –, l’album Richelieu que les Éditions Glénat consacrent à la biographie du principal ministre du roi Louis XIII retrace avec brio la destinée d’un formidable émule de Nicolas Machiavel [1].

Armand Jean du Plessis de Richelieu (1585-1642) qui devint évêque de Luçon en 1606, docteur de la Sorbonne en 1607, cardinal en 1622, duc de Richelieu en 1631, duc de Fronsac en 1634 et pair de France, entama sa carrière politique en tant que député du clergé poitevin aux états généraux de Paris (27 octobre 1614 au 23 février 1615), à l’issue desquels il entra dans les bonnes grâces de Marie de Médicis (1575-1642), la mère de Louis XII (1601-1643), qui le mit sur orbite.

Fulgurante, l’accession de Richelieu aux plus hautes fonctions (secrétaire d’État à la Guerre en 1616, membre du Conseil des ministres en 1622) suscita de nombreuses oppositions, des intrigues et des complots tout au long de sa carrière qu’il exerça dans ce qu’il considérait comme relevant de l’intérêt supérieur du souverain et de son royaume, à savoir la lutte contre les huguenots et leurs alliés d’une part, et contre les Habsbourg d’Espagne et d’Autriche d’autre part.

Entre 1631 et 1642, le cardinal fit édifier en Indre-et-Loire une ville qui porte son nom [2].

Résumé de l’ouvrage :

« Cardinal et ministre, emblématique représentant d’un temps où politique et religion étaient intimement mêlées, Armand-Jean du Plessis de Richelieu se remémore au soir de sa vie les difficultés de son ascension et les complots qui ont tenté de le renverser.

Des États généraux de 1614 au siège de La Rochelle, de l’assassinat de Concini [3] aux intrigues de Cinq-Mars [4] se dévoile le parcours d’un homme qui exerça le pouvoir en dépit d’ennemis innombrables.

Son Éminence apparaît sous un double visage : l’animal politique qui ne recule devant rien pour faire triompher la raison de l’État, mais aussi l’homme blessé, sujet aux migraines, aux doutes et aux déceptions les plus intimes. Ses rapports avec le roi – mélange d’admiration de vénération, de dépendance mutuelle et de méfiance – se dévoile comme la véritable colonne vertébrale de son engagement au service de la France [5] . »

L’album se clôt sur un petit dossier de 8 pages explicatives rédigées par Françoise Hildesheimer, archiviste et docteure habilitée en histoire, spécialiste de Richelieu, qui a conseillé les auteurs.

PÉTRONE

Richelieu par Wictor (scénario), Manuel Caringi (dessins) et Françoise Hildesheimer (conseiller historique), Grenoble, Éditions Glénat, collection « Ils ont fait l’Histoire », septembre 2026, 56 pp. en quadrichromie (dont un cahier documentaire de 8 pp.) au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 15,50 € (prix France)


[1] Nicolas Machiavel (1469-1527), humaniste italien de la Renaissance, était un théoricien de la politique, de l’histoire et de la guerre. Auteur de deux ouvrages majeurs, Discours sur la première décade de Tite-Live (1531) et Le Prince (1532), dans lesquels ils préconise notamment de séparer la politique de la morale, c’est l’un des fondateurs du courant réaliste en politique internationale. Il a été souvent accusé d’immoralisme, faisant naître l’épithète « machiavélique ».

[2] « Cité idéale » dessinée par le célèbre architecte Jacques Lemercier, la ville de Richelieu constitue un témoignage remarquable de l’urbanisme du XVIIe siècle. Ceinte de remparts et de portes monumentales, elle est basée sur un plan en damier à l’instar des villes romaines ou des bastides médiévales et elle s’articule autour de deux places, la place Royale et la place du Cardinal.

[3] Concino Concini, maréchal de France et marquis d’Ancre, baron de Lésigny, comte de Penna, né à Florence le 24 novembre 1569 et mort à Paris le 24 avril 1617, était un favori de la régente Marie de Médicis. Sa grande influence politique auprès de celle-ci lui vaut l’opposition du jeune Loui XIII et de ses courtisans qui le firent assassiner.

[4] La conspiration de Cinq-Mars, du nom de son instigateur, est une conspiration qui eut lieu en 1642 en France, et fut dirigée directement contre le cardinal de Richelieu, premier ministre de Louis XIII, et indirectement contre ce dernier, qui soutenait son ministre. Dirigée par Henri Coiffier de Ruzé d’Effiat, marquis de Cinq-Mars (1620-1642), couramment appelé « Monsieur le Grand » en référence à sa charge de grand écuyer de France, elle fut démasquée, et ses membres poursuivis et condamnés ou exilés. Ce fut la dernière conspiration active contre Richelieu, qui décéda à la fin de l’année. (Sources :Wikipédia.)

[5] Source : https://www.glenat.com/glenat-bd/richelieu-9782344067277/

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Date de publication
jeudi 8 octobre 2026
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