Ils avaient tout pour être (mal)heureux…

Auteur très informé de nombreux ouvrages consacrés aux figures emblématiques de la noblesse européenne, le journaliste, écrivain, historien et biographe Jean Marie de Pérusse des Cars, dit Jean des Cars (°1943), lui-même issu d’une famille illustre de l’aristocratie française, est le spécialiste de référence des grandes dynasties et de leurs plus éminents représentants.

Parmi ses nombreux succès d’édition, pointons Louis II de Bavière ou le Roi foudroyé (1975), Sissi ou la Fatalité (1983), Malesherbes, gentilhomme des Lumières (1994), Eugénie, la dernière impératrice (1997), Inoubliable Grace de Monaco (1999), Rodolphe et les secrets de Mayerling (2004), La Saga des Romanov (2008), La Saga des Habsbourg (2010), La Saga des Windsor (2011), La Saga des Grimaldi (2011), La Saga des reines (2012), La Saga des favorites (2013), Le Sceptre et le Sang (2014), Nicolas II et Alexandra de Russie (2015), Le Siècle des sacres (2016), Elizabeth II – La Reine (2018) ou encore le Dictionnaire amoureux des monarchies (2019), sans oublier François-Joseph et Sissi – Le devoir et la rébellion (2017) qui ressort cette année chez Perrin dans la célèbre collection de poche « Tempus ».

Mû par le devoir que lui imposent ses lourdes charges, François-Joseph Ier de Habsbourg-Lorraine, né le 18 août 1830 à Vienne et mort le 21 novembre 1916 dans la même ville, régna jusqu’à son décès sur l’Autriche en tant qu’empereur à partir du 2 décembre 1848 et sur la Hongrie en qualité de roi apostolique à partir du 8 juin 1867.

Du 1er mai 1850 au 24 août 1866, il occupa également la fonction de président de la Confédération germanique.

Le 18 août 1853, jour de son vingt-troisième anniversaire, il fit la connaissance d’Élisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach, alors âgée de quinze ans – elle était née le 24 décembre 1837 à Munich –, dont il tomba aussitôt éperdument amoureux.

Leur mariage fut célébré à Vienne huit mois plus tard, le 24 avril 1854, et il dura, avec des hauts et des bas, jusqu’à l’assassinat de Sissi à Genève par un anarchiste italien le 10 septembre 1898.

De cette union, Jean des Cars tient le journal avec la précision et le style des grands mémorialistes, en décrivant l’esprit de rébellion de l’impératrice, bien plus fort que celui de son assassin, mais aussi la manière dont a fonctionné leur « monarchie conjugale », sans négliger aucun détail de leur vie publique et privée, un long fleuve peu tranquille traversé de crises et de réconciliations, de séparations et de retrouvailles, d’ententes cordiales et de colères homériques, de joies simples et de drames profonds (comme la mort en 1857, à l’âge de deux ans, de leur fille Sophie, ou encore comme le suicide à Mayerling, en 1889 avec sa maîtresse Marie Vetsera, de Rodolphe, leur seul fils et héritier, époux de la princesse Stéphanie de Belgique [1864-1945]), de complicité et de désespoir, de deuil et d’entretien du souvenir…

Le récit passionnant et passionné du « plus noble et plus romanesque roman vécu de notre chère Europe »…

PÉTRONE

François-Joseph et Sissi – Le devoir et la rébellion par Jean des Cars, Paris, Éditions Perrin, collection « Tempus », mai 2023 [2017,], 413 pp. en noir et blanc au format 10,8 x 17,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 10 € (prix France)

Date de publication
vendredi 2 juin 2023
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