À l’occasion de l’exposition « Robert Capa, photographe de guerre » organisée jusqu’au 20 décembre 2026 au Musée de la Libération de Paris, les Éditions Actes Sud à Arles ressortent le « Photo Poche », riche de 68 remarquables clichés en noir et blanc, que lui avait consacré en 2004 le Centre national de la Photographie en lui adjoignant une introduction rédigée par le célèbre journaliste et écrivain français Jean Lacouture (1921-2015).
Robert Capa, pseudonyme d’Endre Ernő Friedmann, né le 22 octobre 1913 à Budapest et mort le 25 mai 1954 à Thái Bình en Indochine, était un photographe et correspondant de guerre hongrois naturalisé américain en 1946.
Il fut le compagnon de la photographe de guerre juive allemande Gerda Taro[1] (1910-1937) qui inventa son pseudonyme et lança sa carrière.
Pour des journaux de prestige (Der Weltspiegel, Vu, Regards, The Illustrated London News, Collier’s, Life), Robert Capa a couvert au cœur de l’action des événements saillants, des grandes batailles et des conflits majeurs de son époque, à savoir en 1936 l’arrivée au pouvoir en France du Front populaire, puis de 1936 à 1938 la guerre civile espagnole (en compagnie de Gerda Taro qui y mourut tragiquement, écrasée par un tank en 1937), la deuxième guerre sino-japonaise à Hankou en 1938, le Tour de France cycliste en 1939, la Seconde Guerre mondiale en Afrique du Nord en 1942-43, en Sicile et à Naples en 1943, le débarquement de Normandie en juin 1944, les libérations de Chartres et de Paris dans la foulée, la prise de Leipzig et la chute de Berlin en 1945, la création de l’État d’Israël en 1948, et enfin la guerre d’Indochine (1946-1954), au cours de laquelle il trouva la mort en plein reportage, en 1954 à l’âge de 40 ans, en sautant sur une mine antipersonnel.
Troupes américaines à l’assaut de la plage d’Omaha Beach lors du débarquement de Normandie, 6 juin 1944
Crédit : Robert Capa/International Center of Photography/Magnum Photos
En 1945-46, il avait entretenu une relation amoureuse avec l’actrice suédoise Ingrid Bergman (1915-1982), une idylle qui inspira le cinéaste britannique Alfred Hitchcock (1899-1980) pour écrire le scénario du film Fenêtre sur cour sorti en 1954.
Par ailleurs, une longue amitié lia Robert Capa avec l’écrivain et correspondant de guerre américain Ernest Hemingway (1899-1961), qu’il avait côtoyé en Espagne et qui s’est inspiré des photos de Capa pour la rédaction du roman Pour qui sonne le glas paru en 1940.
En 1947, Robert Capa avait été, avec Henri Cartier-Bresson et d’autres confrères, l’un des fondateurs de la coopérative photographique Magnum, une agence qui regroupa, en ouvrant des bureaux à New York, Londres, Paris et Tokyo, les plus célèbres photographes et photojournalistes du monde.
De nombreuses photographies prises par Robert Capa ont fait le tour du monde et sont restées dans les mémoires, comme celle du 5 septembre 1936 intitulée Mort d’un soldat républicain où l’on voit un milicien des forces républicaines, en chemise blanche, s’effondrant après avoir été touché par une balle, celle de jeunes soldates chinoises à l’entraînement prise à Hankou en mars 1938, ou bien celles du 6 juin 1944 immortalisant des soldats américains sur la plage d’Omaha Beach, ou encore celle du 18 août 1944 montrant une femme tondue avec son bébé dans les bras prise à Chartres dans les rues où on la conspue.
Des documents chocs !
PÉTRONE
Robert Capa. Introduction par Jean Lacouture, Arles, Éditions Actes Sud, collection « Photo Poche », mars 2026 [2004], 144 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 14,50 € (prix France)
EXPOSITION « ROBERT CAPA, PHOTOGRAPHE DE GUERRE »
Robert Capa a inventé un style : le photographe de guerre, l’œil rivé à l’objectif, le scoop toujours à l’esprit. Témoin engagé, son regard a marqué durablement l’histoire du photojournalisme et a façonné la figure nouvelle du photographe de guerre.
Le musée de la Libération de Paris – Musée du général Leclerc – Musée Jean Moulin propose, avec la collaboration exceptionnelle de Magnum Photos, une relecture contextualisée de son œuvre. Plus de soixante tirages de presse d’époque sont présentés aux côtés de magazines, ouvrages, documents et objets personnels. Ensemble, ces cent soixante pièces retracent ainsi le parcours d’un jeune immigré hongrois devenu une icône de la photographie moderne.
Dates : du mercredi 18 février 2026 au dimanche 20 décembre 2026
Adresse :
Musée de la Libération de Paris – Musée du Général Leclerc – Musée Jean Moulin
4 Avenue du Colonel Henri Rol-Tanguy
F_75014 Paris
Téléphone : 0033 1 71 28 34 70
Site Web : https://www.museeliberation-leclerc-moulin.paris.fr/expositions/robert-capa-photographe-de-guerre
Horaires :
• du mardi au dimanche (fermé le 1er mai)
• de 10h00 à 18h00 (dernier accès à 17h30, fermeture des salles à 17h45)
Accessibilité :
• En transports en commun :
– Métro ligne 4 et 6
– RER B
– Bus 38, 68, 88, 216, Orlybus
– Vélib : station René Coty – Place Denfert-Rochereau
• En voiture :
A 5 minutes du périphérique et de la porte d’Orléans, par l’avenue du général Leclerc
Tarifs :
Tarif plein : 11 €
Tarif réduit : 9 €
Collections permanentes gratuites et sans réservation
En raison d’une forte affluence, l’achat d’un billet sur place peut entraîner un temps d’attente prolongé. La réservation préalable d’un billet horodaté (tous tarifs) sur la billetterie en ligne est fortement recommandée.
Commissaires de l’exposition :
• Sylvie Zaidman, historienne, conservatrice générale du patrimoine, directrice du Musée de la Libération de Paris – Musée du général Leclerc – Musée Jean Moulin
• Michel Lefebvre, journaliste et collectionneur de photographies
[1] À qui l’écrivain, traducteur et éditeur français François Maspero (1932-2015) a consacré en 2006 un ouvrage biographique remarquable, L’Ombre d’une photographe. Gerda Taro.