« La mort enlève tout sérieux à la vie. » (Paul Valéry)

À l’approche de la Toussaint, dans Les morts les plus bêtes de l’histoire paru chez First à Paris, Bruno Fuligni propose un florilège de passages à trépas marqués par le destin qui, à l’occasion, fait preuve, sinon de détachement, du moins d’une forme d’humour plus ou moins noir.

Car comment ne pas se gausser quand on apprend, parmi tant d’autres choses, que le pape Alexandre VI Borgia but par erreur le verre de vin empoisonné qu’il destinait à un rival ? Ou que le tailleur Franz Reichelt s’écrabouilla en sautant de la tour Eiffel pour montrer l’efficacité de son costume-parachute ? Que Jack Daniel, le célèbre distillateur de bourbon américain, périt en 1911 d’une septicémie après s’être blessé en donnant un coup de pied rageur à son coffre-fort qui ne s’ouvrait pas ? Qu’en 1953, une demoiselle de Redon, pour une peine de cœur, s’asphyxia chez sa voisine parce qu’elle n’avait pas le gaz à domicile ? Qu’un délinquant yankee, pour échapper à la police, plongea en 2015 dans un étang où des crocodiles s’en régalèrent ? Qu’en Irak, en 2014, un instructeur djihadiste déclencha sa ceinture explosive en expliquant son fonctionnement à des « élèves » ? Qu’un gardien de zoo allemand mourut noyé sous 120 kilos de matières fécales lâchées par un éléphant constipé à qui il venait d’administrer un laxatif ?  

Le tout ayant été narré sur un ton quelque peu badin.

Exemples :

« Troisième fortune mondiale, le financier belge Alfred Loewenstein (1877-1928) voyageait en avion privé. Le 4 juillet 1928, au-dessus de la Manche, cet homme pressé confondit la porte extérieure avec celle des toilettes et fit une chute de 1 200 mètres. Son corps fut repêché à Boulogne-sur-Mer. Le Royaume-Uni l’a décoré de l’ordre du Bain. »

« Malgré ses fonctions de commis à la Cour de chancellerie britannique, Mr Burningham était resté espiègle : le 5 février 1843, il prit le train, et, arrivant en gare de Deptford, ouvrit la fenêtre de son compartiment pour faire des grimaces aux personnes qui attendaient sur le quai. Sa tête éclata contre un pilier soutenant la verrière de la gare. »

Ou que Louis-Charles de Bourbon, qui aurait dû succéder à son père comme roi de Navarre « était mort en bas âge au château de Pau où, comme le voulait une coutume locale, sa nourrice et un gentilhomme s’amusaient à se lancer le bébé emmailloté dans son linge, pour l’endurcir. Une feinte du joueur fonctionna si bien que la nourrice ne le réceptionna pas et que le jeune prince passa par la fenêtre du château. Sans cet essai mal transformé, son frère Henri ne serait pas devenu roi de Navarre ni le roi de France Henri IV. Depuis ce temps, les Palois jouent au rugby avec un ballon ovale plutôt qu’un bébé. »

Hilarant, n’est-il pas ?

PÉTRONE

Les morts les plus bêtes de l’histoire par Bruno Fuligni, Paris, Éditions First, collection « Les cons de l’histoire » dirigée par Alain Bauer, octobre 2026, 195 pp. en noir et blanc au format 20 x 13,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 13,95 € (prix France )

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Date de publication
dimanche 11 octobre 2026
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