Paru chez Casterman, l’album Nestor Burma dans l’île, cette fois dessiné et scénarisé par François Ravard [1], est le 14e album des aventures du « détective de choc » parisien créé en 1942 par l’écrivain libertaire Léo Malet (1909-1996). Il reprend le scénario du roman éponyme et fleurant l’argot ancien, paru aux Éditions Fleuve Noir en 1970 [2].
En voici le pitch :
En septembre 1968, après avoir reçu un télégramme pressant d’une dame Chambaud, très malade, que Nestor Burma a connu dix ans plus tôt lors d’une affaire où il avait tiré son neveu Arthur d’un mauvais pas, le détective se rend en Bretagne dans l’île (imaginaire) de Men-Bahr. Là, il apprend que Mme Chambaud est décédée, selon son médecin traitant, de mort naturelle. Or, Annette, la bonne, a disparu, tout comme le conducteur d’une DS Citroën verte, et le neveu affiche une attitude bien peu attristée. En outre, Burma trouve que l’entourage de feue Madame Chambaud est des plus singuliers. Malgré l’hostilité des insulaires, il s’occupe de faire la lumière sur les circonstances entourant ce qu’il pense être un meurtre. [3]
On admirera le graphisme rappelant excellemment celui de Jacques Tardi, la précision dans le rendu des détails (décors, voitures, paysages…) recréant un univers insulaire breton avec ses personnages patibulaires (« mais presque », comme disait Coluche) et son ambiance plutôt cafardeuse.
Du beau travail !
PÉTRONE
Nestor Burma dans l’île par François Ravard, d’après le roman de Léo Malet et l’univers graphique de Jacques Tardi, Bruxelles, Éditions Casterman, septembre 2026, 88 pp. en quadrichromie au format 23 x 30,6 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 18 €
[1] Qui succède à Jacques Tardi (°1946) à qui l’on doit Brouillard au pont de Tolbiac (1982), 120, rue de la Gare (1988), Une gueule de bois en plomb (1990), Casse-pipe à la Nation (1996), M’as-tu vu en cadavre ? (2000) et Du rififi à Ménilmontant ! (2024), à Nicolas Barral pour Micmac moche au Boul’mich (2015), Corrida aux Champs-Élysées (2019) et Boulevard et ossements (2019), ainsi qu’à Emmanuel Moynot pour Nestor Burma contre C.Q.F.D. (2016), L’homme au sang bleu (2017), L’Envahissant cadavre de la place Monceau (2017) et La nuit de Saint-Germain-des-Prés (2017).
[2] Il s’agit du dernier roman original de la série ayant comme héros Nestor Burma.
[3] D’après https://fr.wikipedia.org/wiki/Nestor_Burma_dans_l’%C3%AEle