Sylvain Fort (°1972) est un conseiller en communication, germaniste, traducteur, essayiste, librettiste et critique musical français.
Agrégé de lettres classiques (1994), docteur ès études germaniques de l’université Paris-IV (2000), il a occupé de nombreux postes en vue (professeur de littérature à l’université Paris-IV et à l’Institut d’études politiques de Paris, vice-président au sein de BNP Paribas Corporate and Investment Banking, conseiller auprès du président Emmanuel Macron, superviseur de la collection artistique de François Pinault, chroniqueur à L’Express…).
Il est aujourd’hui chargé de la mise en œuvre de la politique muséale de l’Arabie saoudite.
On lui doit notamment des traductions de textes en allemand (de Friedrich von Schiller, Nikolaus Harnoncourt, Alban Berg et Anna Fuchs), en l’italien (de Léonard de Vinci) et en grec ancien (de Plutarque), des essais sur la pensée d’Antoine de Saint-Exupéry, sur la musique, et des notices discographiques ainsi que des biographies (de Giuseppe Verdi, Giacomo Puccini, Herbert von Karajan) auxquelles s’ajoute aujourd’hui, à Arles chez Actes Sud, un brillant ouvrage intitulé Leonard Cohen – Le secret de l’obscurité dans lequel il se penche sur les productions successives de l’artiste canadien dépressif décédé il y a dix ans.
Leonard Cohen, né le 21 septembre 1934 à Montréal (Québec) dans une famille juive ashkénaze et mort le 7 novembre 2016 à Los Angeles (Californie), était un auteur-compositeur-interprète, musicien, poète, romancier et peintre québécois dont le premier recueil de vers (Let Us Compare Mythologies [1]) parut à Montréal en 1956, et le premier roman (The Favourite Game [2]) en 1963.
Trois publications poétiques (The Spice-Box of Earth, 1961, Flowers for Hitler, 1964) et romanesques (Beautyful Losers, 1966) seront suivies en 1967 par ses débuts sur les planches, un an après que Judy Collins (°1939) eut fait un succès de la chanson Suzanne qu’il avait composée.
En 1969, l’année où il rencontre un maître zen qui exercera sur lui une influence majeure [3], Leonard Cohen sort l’album Songs from a Room avec les tubes Bird on the Wire, Story of Isaac et The Partisan.
En 1970, il monte au pied levé, à quatre heures du matin, sur la scène du festival de l’île de Wight, juste après la prestation de Jimi Hendrix. De nombreuses tournées l’emmènent ensuite au Canada, en Israël, en Europe, en Australie et aux États-Unis.
Les albums s’enchaîneront : Songs of Love and Hate (1971), The Energy of Slaves (1972), Live Songs (1973), New Skin for the Old Ceremony (1974), Greatest Hits / Best of (1975).
En 1977, l’album Death of a Ladies’ Man est produit par Phil Spector, avant la parution de Recent Songs (1979), Book of Mercy (un recueil de poésie, prose et psaumes, 1984)et de Various Positions (1985), un album très spirituel, voire mystique, qui contient deux des chansons les plus célèbres de Cohen, Dance me to the end of love et Hallelujah.
Suivront I’m Your Man (1988), The Future (1992), Stranger Music (poésies, 1993), Cohen Live (1994), More Best of Leonard Cohen (1997), Field Commander Cohen (2001), Ten New Songs (2001), The Essential Leonard Cohen (2002), Dear Heater (2004), Book of Longing (poésie, prose, dessins, 2006), Live in London (2009), Bird on a Wire (DVD, 2010), Old Ideas (2011), Popular Problems (2013), You Want It Darker (2016) et Thanks for the Dance (2019, posthume).
De ces matériaux apparemment disparates, Sylvain Fort donne une lecture systémique qui révèle la cohérence profonde d’une œuvre poétique majeure de la seconde moitié du XXe siècle.
PÉTRONE
Leonard Cohen – Le secret de l’obscurité par Sylvain Fort, Arles, Éditions Actes Sud, collection « Musiques », octobre 2026, 237 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 21,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 20 € (prix France)
[1] Des « textes marqués par l’influence moderniste et biblique » (Sylvain Fort).
[2] The Favorite Game, couronné du prix littéraire de la Quebec Literary Competition, est un roman d’apprentissage autobiographique sur un jeune homme trouvant son identité dans l’écriture.
[3] En 1996, Leonard Cohen sera ordonné moine zen sous le nom de Jikan (« le silencieux »).