Diplômé en histoire (Centre universitaire de Luxembourg, Université de Liège, Université catholique de Louvain), en gestion (IAG, Université catholique de Louvain) et en sciences économiques et sociales (Facultés Notre-Dame de la Paix à Namur et Université catholique de Louvain), agrégé de l’enseignement secondaire, Jean-Marie Kreins a travaillé pour le groupe Crédit Agricole à Luxembourg et il est enseignant vacataire à la faculté de droit, d’économie et de finance de l’Université du Luxembourg.
Après des travaux sur l’histoire de la Compagnie de Jésus en Belgique et au Luxembourg, il poursuit actuellement une recherche sur la reconstruction du Grand-Duché après le second conflit mondial.
Il est l’auteur, aux Presses universitaires de France à Paris, d’une passionnante Histoire du Luxembourg publiée dans la fameuse collection « Que sais-je ? ».
Il s’agit d’une synthèse, depuis la la préhistoire, des événements marquants qui ont fait de ce petit pays, où siègent la Cour de justice et ses différentes juridictions ce qu’il est aujourd’hui, à savoir l’épicentre juridique des vingt-sept États de l’Union européenne dont il est le plus petit membre fondateur.
Son passé mouvementé est un véritable condensé de l’histoire européenne.
Né de l’initiative d’un ambitieux jeune seigneur ardennais nommé Sigefroid (ca 918 ou ca 930-998), le territoire luxembourgeois s’est étendu, du Xe au XIIIe siècle, dans un espace entre la Meuse et le Rhin avant que la puissance de ses souverains égale pour un temps celle des Habsbourg et des Hohenzollern.
Souvent disputé sous l’Ancien Régime et occupé par ses puissants voisins – le Saint-Empire romain germanique (du XIVe au XVe siècle) et les Pays-Bas espagnols, puis autrichiens (du XVe au XVIIIe siècle) – avant de se voir réduit au statut de simple département français sous la période révolutionnaire, le Luxembourg, à l’issue des tractations diplomatiques du congrès de Vienne[1], fut intégré en 1815 au royaume uni des Pays-Bas qui englobait l’ancien royaume de Hollande, l’ancienne principauté de Liège et les anciens Pays-Bas autrichiens.
En septembre 1830, le peuple luxembourgeois se rallia à la révolution belge, si bien que le gouvernement provisoire de Belgique déclara unilatéralement l’annexion de l’ensemble du grand-duché de Luxembourg au nouveau royaume dès le 16 octobre suivant, avant que le traité des XXVII articles du 26 juin 1831 impose à la jeune Belgique la rétrocession d’une partie du Luxembourg aux Pays-Bas.
Mais le souverain hollandais, Guillaume Ier d’Orange-Nassau (1772-1843), refusa cet accord.
Alors, pendant huit ans, le grand-duché vécut sous une double administration, le pouvoir orangiste étant limité à la ville-forteresse de Luxembourg tandis que le reste du pays demeurait sous autorité belge.
S’ensuivit un long processus vers l’autonomie, de 1839 à 1890, année durant laquelle le Luxembourg eut enfin sa propre dynastie, les Nassau-Weilbourg, qui ont fourni au pays six souverains : Adolphe (1890-1905), Guillaume IV (1905-1912), Marie-Adélaïde (1912-1919), Charlotte (1919-1964), Jean (1964-2000), Henri (2000-2025) et Guillaume V (depuis 2025).
Le grand-duché fut encore durement occupé par l’Allemagne en 1914-1918 et en 1944-1945, avant de se tourner résolument vers l’Europe et le monde en participant à la création du Benelux, de l’Union européenne, de la zone euro, de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l’Organisation des Nations unies (ONU) et de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
PÉTRONE
Histoire du Luxembourg par Jean-Marie Kreins, Paris, Presses universitaires de France, collection « Que sais-je ? », neuvième édition mise à jour, janvier 2026 [1996], 128 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 17,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 10 € (prix France)
SOMMAIRE
Chapitre premier – Premières occupations du territoire
De la préhistoire… à l’occupation romaine
Le haut Moyen Âge
Chapitre II – Du comté de Luxembourg au trône d’Allemagne : les vicissitudes des Luxembourg
Les débuts de la Maison d’Ardenne
La fondation du Lucilinburhuc
La Maison d’Ardenne-Luxembourg (963-1136)
La Maison de Luxembourg-Namur (1136-1247)
Ermesinde, « fondatrice » du Pays de Luxembourg (1186-1247)
La Maison de Luxembourg-Limbourg (1247-1437)
L’ivresse de la « grande politique ». La Bohême et l’Empire
Chapitre III – Une terre convoitée : des ambitions bourguignonnes au traité de Vienne (1443-1815)
Dans la mouvance des Pays-Bas espagnols (1506-1684)
La première occupation française (1684-1698)
Le retour aux Habsbourg (1698-1795)
Société, économie et civilisation à la fin de l’Ancien Régime
La seconde domination française (1795-1815)
Chapitre IV – La genèse de l’État. La dynastie Orange-Nassau (1815-1890)
Guillaume Ier (1815-1840)
Guillaume II (1840-1849)
Guillaume III (1849-1890)
Chapitre V – De la dynastie nationale au lendemain du second conflit mondial (1890-1947)
Une dynastie nationale : des Nassau-Weilbourg aux Luxembourg
Le Luxembourg dans le premier conflit mondial (1914-1918)
La crise de l’après-guerre (1918-1919)
D’une guerre à l’autre (1919-1940)
« Heim ins Reich. » Le Luxembourg dans la Seconde Guerr mondiale (1940-1945)
Chapitre VI – L’essor contemporain depuis 1950
Chapitre VII – Le Grand-Duché dans l’intégration européenne
Prémices
« Luxembourg, courtier honnête de l’Europe. »
Orientation bibliographique
Table des matières
[1] Tenu dans la capitale autrichienne du 18 septembre 1814 au 9 juin 1815. Les pays vainqueurs de Napoléon Ier ainsi que les autres États européens s’étaient réunis pour rédiger et signer les conditions de la paix, et donc déterminer les frontières et tenter d’établir un nouvel ordre pacifique.