Licencié en journalisme et communication sociale de l’université libre de Bruxelles (1978-1982) et titulaire d’une maîtrise en chinois de l’université des langues et des cultures de Pékin (1982-1984), le Belge Philippe Paquet, né le 3 septembre 1960 à Namur, couvre principalement la Chine et les États-Unis au sein du service international du quotidien La Libre Belgique à Bruxelles, qu’il a rejoint en octobre 1984. Par ailleurs, docteur en histoire, il enseigne dans son Alma mater.
De son côté, écrivain de renommée internationale, essayiste, traducteur, historien de l’art, sinologue et professeur d’université, son compatriote Simon Leys (1935-2014) s’est fait connaître, entre autres ouvrages, par son pamphlet Les Habits neufs du président Mao, en 1971, qui fit scandale.
Philippe Paquet est l’auteur de deux biographies magistrales parues initialement chez Gallimard : Simon Leys – Navigateur entre les mondes en 2016, une somme qu’avait précédée en 2010 sa thèse de doctorat, Madame Chiang Kai-shek – Un siècle d’histoire de la Chine, une somme palpitante qui ressort en ce moment à Paris aux Éditions Les Belles Lettres dans la remarquable collection « Le goût de l’histoire » dirigée par Jean-Claude Zylberstein.
Chiang Kaï-shek (1887-1975) était un militaire et homme d’État chinois qui dirigea la république de Chine de 1928 à sa mort. Son gouvernement était basé en Chine continentale avant d’être vaincu en 1949, à l’issue de la guerre civile, par le Parti communiste, après quoi Chiang Kaï-shek continua à diriger la république de Chine sur l’île de Taïwan.
Il fut le chef du parti nationaliste Kuomintang[1] et le commandant en chef de l’Armée nationale révolutionnaire de 1926 à sa mort.
Soon Mayling, née à Shanghai le 5 mars 1898 et morte à New York le 23 octobre 2003 (à 105 ans), était l’épouse de Chiang Kaï-shek.
Issue d’une famille d’entrepreneurs et de banquiers, belle-sœur de Sun Yat-sen[2], elle a tenu un rôle déterminant dans l’histoire de la Chine durant l’entre-deux-guerres et pendant la Seconde Guerre mondiale, puis à Taïwan.
Chrétienne éduquée aux États-Unis, anglophone – ce qui lui valut en son temps une célébrité médiatique en Occident –, elle assista efficacement son mari en tant que secrétaire et conseillère, ainsi que comme interprète et ambassadrice très populaire auprès des Américains.
En l’épousant, Soon Mayling avait apporté à Chiang Kaï-shek l’argent de la bourgeoisie shanghaienne, l’avait associé au père de la République, Sun Yat-sen (1866-1925), et lui avait procuré, via le réseau missionnaire, une assise internationale et le soutien de Washington au Kuomintang.
À partir de nombreuses sources inédites et d’enquêtes de terrain, Philippe Paquet porte un regard aiguisé et subtil sur le fonctionnement interne et l’action politique du couple Chiang. À l’heure où, en Chine même, celui-ci fait l’objet d’une réhabilitation officielle pour son patriotisme et sa contribution à la modernisation du pays, l’auteur dépeint en Madame Chiang plus qu’une très subtile femme d’action, d’influence et de pouvoir, une véritable femme d’État.
L’ouvrage a été couronné à de nombreuses reprises : Prix de la Biographie (histoire) de l’Académie française (2011), Prix des Ambassadeurs (2011), Grand Prix de la Biographie politique (2011), Grand Prix de la Biographie du Cercle Royal Gaulois (2012), Prix de la Fondation culturelle franco-taïwanaise sous l’égide de l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut de France (2012).
PÉTRONE
Madame Chiang Kai-shek – Un siècle d’histoire de la Chine par Philippe Paquet, préface de Simon Leys, Paris, Éditions Les Belles Lettres, collection « Le goût de l’histoire » dirigée par Jean-Claude Zylberstein, janvier 2026 [2010], 775 pp. en noir et blanc au format 13,2 x 19,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 23,90 € (prix France)
TABLE DES MATIERES
Préface par Simon Leys
Avertissement
I. AUX ORIGINES DE LA DYNASTIE SOONG
1. La fortune sourit aux audacieux (1866-1885)
2. Père révolutionnaire, mère dévote (1885-1898)
II. UNE CHINOISE EN AMÉRIQUE
3. Une enfance shanghaienne (1898-1907)
4. Au collège dans le Deep South (1907-1913)
5. Une fille de Wellesley (1913-1917)
III. UNE AMÉRICAINE À SHANGHAI
6. Redevenir chinoise (1917-1918)
7. Se marier ou pas ? (1918-1921)
8. L’appel de la foi (1921-1925)
9. L’heure de Mayling Soong (1925-1927)
IV. LA PREMIÈRE DAME DE CHINE
10. Une union et une alliance (1927)
11. Un jeune ménage à Nankin (1927-1930)
12. Le miracle de Kaifeng (1930-1931)
13. Une vie nouvelle (1931-1934)
14. Donald de Chine (1935-1936)
15. L’incident de Xi’an (1936-1937)
16. Épouse de l’année (1937)
17. Refuge à Hankou (1937-1938)
18. Destination Chongqing (1938-1940)
19. Les Tigres volants (1940-1942)
20. Un passage aux Indes (1942)
21. Un amour de Wendell Willkie (1942)
V. L’AMBASSADEUR PARFAIT
22. Retrouvailles avec New York (1942-1943)
23. Un triomphe à l’américaine (1943)
24. Les caprices d’une prima donna (1943)
25. « Vinaigre » et « Cacahuète » (1943)
26. La conférence du Caire (1943)
27. Crise de régime ou crise de couple ? (1943-1944)
28. Escales à Rio et dans le Bronx (1944-1945)
29. Entre Chiang et Marshall (1945-1946)
30. L’adieu au continent (1946-1948)
31. Mission impossible (1948-1950)
VI. LA REINE DE FORMOSE
32. De Formose à la Chine libre (1950-1951)
33. Un tempérament d’artiste (1951-1953)
34. La crise de Quemoy (1953-1958)
35. Nouvel assaut sur l’Amérique (1958-1960)
36. L’hôtesse d’Eisenhower et Johnson (1960-1965)
37. La dernière croisade (1965-1966)
38. La descente aux Enfers (1966-1972)
39. Les deux morts du Généralissime (1972-1975)
VII. UNE VIEILLE NEW-YORKAISE
40. Vivre avec l’autre Chiang (1975-1979)
41. Dans l’ombre du beau-fils (1979-1988)
42. La fin d’une dynastie (1988-1995)
43. Une ultime révérence (1995-2003)
44. Trois siècles, deux cultures et un Dieu (2003)
Postface, par Philippe Paquet
Remerciements
APPENDICES
Arbre généalogique
Chronologie
Index des noms de personnes et notices biographiques
Références
Sources bibliographiques citées
Archives citées
Journaux cités
Table des cartes
[1] Le Kuomintang est le plus ancien parti politique de la Chine contemporaine et il est encore présent à Taïwan. Créé en 1912 par Sun Yat-sen, il domina le gouvernement central de la république de Chine à partir de 1928 jusqu’à la prise de pouvoir par les communistes en 1949.
[2] Sun Yat-sen (1866-1925), l’un des fondateurs du Kuomintang, est considéré comme « le père de la Chine moderne ». Il a exercé une influence significative dans le renversement de la dynastie impériale Qing et l’émergence de la république de Chine dont il fut le premier président en 1912 et, entre 1917 et 1925, il dirigea plusieurs gouvernements qui visaient à réunifier le pays alors en proie à la domination des seigneurs de la guerre.