Les premières aventures de Lancelot…

Inscrit dans l’Hexagone au programme du bac de français 2027 et faisant l’objet d’une publication vulgarisatrice remarquable chez Gallimard, Le Chevalier de la charrette est un roman courtois en vers de Chrétien de Troyes, écrit entre 1176 et 1181 à la demande de Marie de Champagne (1145-1198)[1] qui lui en a imposé le thème.

Chrétien de Troyes (né vers 1130 et mort entre 1180 et 1190) était un écrivain, poète, romancier et trouvère français. Considéré comme le fondateur de la littérature arthurienne en ancien français, il est l’un des premiers auteurs de romans de chevalerie.

Le Chevalier de la charrette, rédigé en vers octosyllabiques, nous est connu par trois manuscrits différents. Sa rédaction est probablement parallèle à celle d’Yvain ou le Chevalier au Lion (ca 1176) ou Perceval ou le conte de Graal (ca 1180-1190, inachevé),car on trouve dans ces autres romans de Chrétien de Troyes plusieurs allusions à l’enlèvement de la reine Guenièvre par Méléagant.

Chrétien de Troyes n’a pas terminé Le Chevalier de la charrette, qui a été achevé par « le clerc Godefroi de Lagny ».

Si la vie de Chrétien de Troyes est très mal connue, celle de Godefroi de Lagny demeure un mystère. La seule chose connue est sa poursuite du roman de Lancelot sans qu’il soit possible de trouver ses dates de naissance et de mort ou d’autres titres de textes qu’il aurait pu écrire[2].

Le Chevalier de la charrette raconte l’une des premières grandes aventures de Lancelot, chevalier exemplaire de la Table ronde, et met au premier plan son amour absolu pour Guenièvre, la reine légendaire de l’île de Bretagne, épouse du roi Arthur et amante en secret de Lancelot.

Résumé :

Guenièvre est enlevée par Méléagant, fils du roi de Gorre, un royaume où les étrangers sont retenus prisonniers. Arthur est impuissant et seul un chevalier exceptionnel pourra la délivrer.

Lancelot s’élance aussitôt pour sauver la reine, mais il lui faudra accomplir des prouesses et consentir à des sacrifices pour accéder au royaume de Gorre.

Sur sa route, il rencontre un nain qui lui propose de le conduire vers Guenièvre… à condition que Lancelot monte dans une charrette de condamnés, symbole d’infamie. Il hésite « deux pas », puis accepte. Cette hésitation, pourtant minime, sera plus tard reprochée par Guenièvre, qui y voit un manque d’amour.

Pour atteindre Méléagant, Lancelot doit aussi notamment traverser le pont de l’Épée, une lame tranchante suspendue au-dessus du vide, et combattre des adversaires redoutables.

Lancelot passant le pont de l’Épée, circa 1475.

Lancelot retrouve enfin la reine. Il affronte Méléagant en combat singulier et le tue, mettant fin à la captivité de Guenièvre.

Dans ce roman, Lancelot incarne l’idéal du chevalier courtois, prêt à tout pour la fin’amor, et les épreuves qui lui sont imposées montrent que cet amour courtois exige un dépassement total de soi, jusqu’au sacrifice de l’honneur.

C’est l’un des premiers textes à faire de Lancelot le grand amoureux de Guenièvre, figure dominante de toute la tradition arthurienne qui est un ensemble de textes écrits au Moyen Âge autour du royaume de l’île de Bretagne, du roi Arthur, de son entourage et de la quête du Graal.

L’ouvrage se complète d’un riche dossier explicatif sur l’œuvre, sa genèse, sa structure et ses thèmes clés ainsi que sur des thématiques associées (« Le roman et l’invention de l’amour », « Héroïsme et amour »).

PÉTRONE

Le Chevalier de la charrette par Chrétien de Troyes, édition bilingue, traduction de l’ancien français par Daniel Poirion, dossier par Mathilde Grodet, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio Lycée+ », avril 2026, 316 pp. en noir et blanc au format 12,4 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 3,90 € (prix France)


[1] Marie de Champagne, aussi connue sous le nom de Marie de France, née en 1145 et morte le 11 mars 1198, était la première fille de Louis VII le jeune (1120-1180), roi de France, et d’Aliénor d’Aquitaine (ca 1124-1204). Comtesse de Champagne par son mariage avec Henri Ier de Champagne (1127-1181), elle était la demi-sœur à la fois du roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion (1157-1199) et du roi de France Philippe Auguste (1165-1223).

[2] Source : Wikipédia.

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Date de publication
samedi 13 juin 2026
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