Fin de partie…

Parue chez Glénat à Grenoble, la BD de Patrice Perna (°1966) et Malo Kerfriden (°1972) intitulée Mussolini, Avanti Popolo détaille par le menu la fuite, à partir du 24 avril 1945, du dictateur fasciste italien Benito Mussolini (1883-1945), jusqu’à sa découverte dans un camion allemand trois jours plus tard par des partisans communistes ultramontains de la 52brigade Garibaldi.

Il s’agit d’un ouvrage au contenu historique méticuleusement restitué, dont on admirera le découpage du récit et le traitement graphique, très réussis.

Déroulé des faits décrits :

Le 24 avril 1945, Benito Mussolini quitte le lac de Garde et s’installe à la préfecture de Milan, où une insurrection antifasciste est sur le point d’éclater.

Le lendemain, des tractations menées à l’archevêché par l’entremise du cardinal Alfredo Schuster[1], entre Mussolini et le général Rodolfo Graziani[2] avec des représentants de la Résistance (le général Raffaele Cadorna[3], Achille Marazza[4] et Riccardo Lombardi[5]), se soldent par un échec.

Par ailleurs, les Allemands négocient pour leur compte avec les Alliés, abandonnant à son sort la République sociale (ou « république de Salò », l’État fantoche fasciste établi par Mussolini en Italie du Centre et du Nord, dans les zones contrôlées par la Wehrmacht, du 23 septembre 1943 jusqu’au milieu du mois d’avril 1945).

Le soir du 25 avril, le Duce donne l’ordre de se rendre à Côme, dont il veut faire le dernier bastion de son régime politique en capilotade. La colonne se compose d’une dizaine de voitures et de deux blindés allemands transportant sa garde SS. Elle doit y faire la jonction avec Alessandro Pavolini[6] et 5000 Chemises noires (qui ne seront en réalité qu’une douzaine…).

À Côme, Mussolini est rejoint par sa maîtresse Clara Petacci[7] et, le 26 au petit matin, le convoi repart vers Menaggio, où la colonne est grossie par une trentaine de camions allemands transportant un détachement de 200 soldats refluant vers le Brenner.

Les fugitifs attendent à Grandola l’arrivée de Pavolini, qui y parvient le 27 dans un gros véhicule blindé, avec seulement une douzaine de Chemises noires, les autres ayant capitulé.

Mussolini décide alors de se joindre au détachement allemand et monte dans le blindé de Pavolini avec Clara Petacci.

Le 27 avril à 7 heures, la colonne est arrêtée à Musso par un barrage de partisans, avant-poste de la 52brigade Garibaldi. Les Allemands sont plus nombreux, mais n’ont pas envie de combattre et sont impatients de repartir.

Selon les instructions du Conseil de la Résistance, les partisans sont prêts à laisser passer les Allemands, mais pas les Italiens. Un accord est conclu : les voitures seront inspectées à Dongo, quelques kilomètres plus loin.

Le lieutenant SS Fritz Birzer (1904-1987), qui commande la garde de Mussolini, lui propose alors de se cacher au fond d’un camion de la colonne allemande, revêtu d’une capote de la Luftwaffe et d’un casque allemand…

La suite paraîtra dans Mussolini – Le cadavre vivant

PÉTRONE

Mussolini – Avanti Popolo par Patrice Ferna et Malo Kerfriden, Grenoble, Éditions Glénat, juin 2026, 56 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 15,50 € (prix France)


[1] Alfredo Ildefonso Schuster (1880-1954) était un moine bénédictin italien, devenu archevêque de Milan et cardinal de l’Église catholique romaine. Connu pour ses travaux sur la liturgie catholique, il a été proclamé bienheureux par Jean-Paul II le 12 mai 1996.

[2] Rodolfo Graziani (1882-1955) était un général et un homme politique italien. Figure de proue du fascisme, il obtint des commandements pendant les guerres coloniales italiennes lors de reconquête de la Libye italienne (1921-1931), puis prit part à la guerre d’Éthiopie et à la répression contre la guérilla abyssine (1935-1937). Son rôle en Libye et ses méthodes brutales lui valurent le surnom de « boucher du Fezzan ». Il assuma les fonctions de ministre de la Défense nationale (ministère des Armées à partir du 6 janvier 1944) dans le gouvernement de la République sociale italienne. Il occupa ce poste jusqu’à l’effondrement final de 1945, en participant à la lutte contre les Anglo-Américains et à la répression anti-partisane.

[3] Erronément appelé « Cardona » dans l’ouvrage, Raffaele Cadorna (1889-1973) était un général italien, connu en particulier pour avoir commandé le Corps des volontaires de la liberté, une structure de coordination des partisans italiens actifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a été décoré de la Bronze Star Medal, une décoration militaire des États-Unis d’Amérique. De 1948 à 1963, il fut sénateur de la République italienne pour les chrétiens-démocrates.

[4] Achille Marazza (1894-1967) était un homme politique italien. Antifasciste, il fut nommé en 1943 secrétaire des démocrates-chrétiens pour le nord de l’Italie et, à ce titre, il fut délégué du CLNAI (Comité national de libération du nord de l’Italie). Par la suite, il a été sous-secrétaire (à l’Éducation publique, 1945 ; à la Justice, 1946 ; à l’Intérieur, 1947-1948) et ministre du Travail et de la Sécurité sociale (1950).

[5] Riccardo Lombardi (1901-1984) était un homme politique, partisan et préfet italien, représentant historique du Parti socialiste italien. En 1943, il servit dans la Résistance en tant que lieutenant-général des brigades Justice et Liberté qu’il représenta lors des négociations à l’archevêché de Milan.

[6] Alessandro Pavolini (1903-1945) fut ministre de la Culture populaire dans le gouvernement Mussolini de 1939 à 1943, puis occupa des fonctions dans la République sociale italienne de 1943 jusqu’à la chute du régime, devenant le chef du nouveau parti fasciste. Connu pour sa cruauté envers les opposants au régime, fondateur et chef des Brigades noires, il fut arrêté et exécuté par des partisans dans les derniers jours de la guerre.

[7] Clara Petacci (1912-1945) fut la dernière maîtresse de Benito Mussolini. (Sources : Wikipédia.)

Date de publication
mardi 21 juillet 2026
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