« Tout dans la nature prend sa forme à partir de la sphère, du cône et du cylindre. » (Paul Cézanne)

À l’occasion de la grande exposition « Cézanne et nous » présentée à Paris, au Grand Palais, du 23 septembre 2026 au 17 janvier 2027, les Éditions Gallimard ressortent Le Paradis de Cézanne, un essai superbement illustré que l’essayiste et romancier français Philippe Sollers (1936-2023) consacra en 1995 à l’œuvre de l’artiste provençal.

Paul Cézanne, né le 19 janvier 1839 à Aix-en-Provence et mort le 22 octobre 1906 dans la même ville, était un peintre français, membre un temps du mouvement impressionniste et tenu pour précurseur du postimpressionnisme (ca 1880 – 1910) et du cubisme (1907 – ca 1920).

Ayant déclaré vouloir « faire du Poussin[1] sur nature », et par là s’inscrire dans le continuum de l’esprit classique français, Paul Cézanne, ami d’enfance d’Émile Zola (1840-1902), fut avant tout un novateur radical par le recours à la géométrie dans les portraits, les natures mortes et les nombreux paysages qu’il a peints, parmi lesquels près de 80 représentations de la montagne Sainte-Victoire, près d’Aix-en-Provence.

À l’entame de son essai dans lequel il considère Cézanne comme le « père de l’art moderne », Philippe Sollers se penche sur une lettre du peintre à son fils datée du 28 septembre 1906 (soit trois semaines avant sa mort) dans laquelle il exprime sa colère de voir son œuvre incomprise et marchandisée.

C’est que, selon Sollers, cette œuvre qui, en bouleversant la perception, la représentation, la mémoire et la sensation, a révolutionné – tout comme celle d’Arthur Rimbaud en poésie – la manière de voir et de représenter (la couleur y porte la forme, la forme devient vibration, et la vibration devient vérité) est en réalité une façon d’atteindre par une quête ascétique un « paradis » non pas céleste, mais terrestre, situé dans la couleur, la lumière et la pensée.

Et ce « paradis » existe bel et bien : il est constitué d’Aix-en-Provence, de la montagne Sainte-Victoire, des arbres, des rochers, des maisons, des ponts, des collines, des coteaux, des champs, des fleurs, des fruits, de gens qui y vivent…

Au passage, Sollers mène une critique de la modernité : aujourd’hui, assure-t-il, l’art est menacé par le divertissement, la profondeur par la superficialité, et la vision par l’image, et Cézanne devient alors un rempart, une manière de rappeler que l’art véritable est une expérience intérieure, exigeante, silencieuse, méditative…

PÉTRONE

Le Paradis de Cézanne par Philippe Sollers, Paris, Éditions Gallimard, septembre 2026 [1995, 2001], 144 pp. en quadrichromie au format 19,9 x 24,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 28 € (prix France)

EXPOSITION « CÉZANNE ET NOUS » AU GRAND PALAIS

Paul Cézanne, La Montagne Sainte-Victoire au grand pin, vers 1887.

Huile sur toile, 66,8 x 92,3 cm

The Courtauld Institute of Art, Londres © Courtauld

L’exposition « Cézanne et nous » explore l’influence exceptionnelle de Paul Cézanne sur plus d’un siècle de création artistique. Elle réunit près de 180 œuvres, dont environ 70 de Cézanne, et met en regard son travail avec celui des artistes qui, de la fin du XIXᵉ siècle à aujourd’hui, ont trouvé dans son œuvre un point d’appui pour réinventer la peinture.

Commissariat :

Claire Bernardi, directrice du Musée de l’Orangerie

Michel Gauthier, conservateur au service des collections contemporaines, Musée national d’art moderne – Centre Pompidou

Xavier Rey, directeur du Musée national d’art moderne, Centre Pompidou

Jean-Rémi Touzet, conservateur des peintures, Musée d’Orsay

Scénographie : Pauline Phelouzat, architecte, scénographe, Centre Pompidou

INFORMATIONS PRATIQUES

Adresse :

Entrée : square Jean Perrin, 17, avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris

Galeries 3 et 4

Téléphone : +33 1 44 13 17 17

(Joignable du lundi au vendredi de 9h30 à 13h, puis de 14h à 17h30)

Web : https://www.grandpalais.fr/fr/programme/cezanne-et-nous

Dates :

Du 23 septembre 2026 au 17 janvier 2027

Horaires :

Du mardi au dimanche, de 10h à 19h30

Fermé le lundi

Nocturne le vendredi jusqu’à 22h

Dernière entrée 45 minutes avant la fermeture de l’exposition

Fermeture de la billetterie sur place 1 heure avant la fermeture de l’exposition

Fermé le 25 décembre

Fermeture anticipée à 18h les 24 et 31 décembre 2026 et ouverture exceptionnelle le 1er janvier 2027.

Tarifs :

Tarif plein : 19 €

Tarif réduit : 16 €

Accessibilité :

L’exposition est accessible aux personnes à mobilité réduite.

Venir au Grand Palais :

En métro :

Lignes 1 et 9 Franklin D. Roosevelt

Lignes 1 et 13 Champs-Élysées Clemenceau

En bus :

Lignes 28, 42, 52, 63, 72, 73, 80, 83 et 93

En RER :

Ligne C Invalides

En voiture :

Stationnement : Place de la Concorde, Rond-point des Champs-Élysées, Parc François-1er, Alma Georges-V, Champs-Élysées Lincoln, Matignon

Stationnement PMR : Cours la Reine, Place Clemenceau


[1] Nicolas Poussin, né en juin 1594 au hameau de Villers, dans la commune des Andelys (Normandie), et mort le 19 novembre 1665 à Rome, était un peintre français du XVIIsiècle, représentant majeur du classicisme pictural.

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Date de publication
samedi 19 septembre 2026
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