« Une bibliothèque, c’est le carrefour de tous les rêves de l’humanité. » (Julien Green)

Diplômée en lettres modernes, en histoire de l’art et en égyptologie par l’École du Louvre, Claudine Le Tourneur d’Ison est journaliste, documentariste pour la télévision et autrice de nombreux ouvrages dont treize sur l’Égypte, et elle a reçu en 2000 le Prix Diane Potier-Boès de l’Académie française pour Mariette Pacha ou le rêve égyptien. On lui doit, parus aux Éditions du Cerf, Champollion. Le dernier voyage (2022) et Les Immortels. L’épopée de Christiane Desroches-Noblecourt pour sauver les temples de Nubie (2023).

Elle y fait paraître aujourd’hui La Bibliothèque d’Alexandrie – La première intelligence du monde un essai brillant, magistral et très érudit sur une entreprise humaine que l’on pourrait qualifier de « huitième merveille du monde antique »[1].

La bibliothèque d’Alexandrie, fondée au IIIsiècle avant notre ère dans cette ville d’Égypte par Ptolémée Ier[2], un ancien général d’Alexandre le Grand, est la plus célèbre bibliothèque de l’Antiquité. Elle a réuni en son sein de nombreux rouleaux de papyrus (dont le nombre est estimé à 700 000 à l’époque romaine) et collecté les ouvrages les plus importants de l’époque hellénistique, avant de disparaître dans un incendie en 48 avant notre ère.

Cette bibliothèque faisait partie d’un vaste complexe architectural abritant un centre de recherche dédié aux Muses, les neuf déesses des arts, où résidaient les chercheurs, savants et intellectuels travaillaient dans la bibliothèque. Ce complexe « préuniversitaire » incluait aussi un observatoire astronomique, des salles de conférences, de cours et de recherches, des jardins et même un zoo.

Avec un beau talent littéraire, Claudine Le Tourneur d’Ison raconte l’histoire de ce lieu où l’humanité, pour la première fois, a voulu rassembler l’ensemble des connaissances pour en faire la première intelligence du monde.

De la naissance de l’écriture en Mésopotamie au XVIIIsiècle avant Jésus-Christ à la Bibliotheca Alexandrina de notre XXIsiècle, elle en décrit les prémices babyloniens (l’Épopée de Gilgamesh), perses (les prophéties de Zoroastre), assyriens (la bibliothèque d’Assurbanipal) et grecs (la pensée d’Homère, des présocratiques, de Socrate, de Platon, d’Aristote, d’Euripide, de Périclès…) .

Puis l’autrice passe aux péripéties qui menèrent à la naissance de la bibliothèque, à son rayonnement avec des érudits illustres[3], des savants remarquables[4] et des auteurs talentueux[5], à sa disparition avec Jules César, Cléopâtre, l’empereur romain Auguste et la conquête arabe du VIIsiècle, à sa survivance chez quelques intellectuels[6], à ses transhumances vers l’Orient et l’Espagne qui menèrent au sauvetage médiéval de la pensée grecque par des musulmans de Bagdad et de Cordoue, à ses prolongements chez Isidore de Séville, Gutenberg, Kepler, Galilée, Newton, Champollion, Vivant Denon et jusque dans nos systèmes d’information actuels, et enfin à sa résurrection aux XIXe et XXsiècles grâce à l’ingénieur Mahmoud El Falaki (1815-1885), au président Gamal Abdel Nasser (1918-1970) et à Mohsen Zahran (°1938), le bâtisseur de la nouvelle Bibliothèque.

Une épopée palpitante !

PÉTRONE

La Bibliothèque d’Alexandrie – La première intelligence du monde par Claudine Le Tourneur d’Ison, préface de Thierry Mutin, Paris, Éditions du Cerf, janvier 2026, 341 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 24,90 € (prix France)

TABLE DES MATIERES

Préface de Thierry Mutin

Une procession d’âmes lumineuses

Introduction : Alexandre, l’échec d’ Aristote

Le dernier voyage du Macédonien

Ptolémée Ier Sôter : Bâtisseur d’empire

Alexandrie : Miroir de l’univers

Demetrios de Phalère : Narcisse et Philosophe

Aristote : La passion des livres.

La roue du savoir et de l’imaginaire

Le Sacre des Nombres

Le veilleur de Pharos

Tout l’or des Lagides

Callimaque : Un poète au milieu des papyrus

Le rêve d’Homère

Ératosthène : Un athlète à la Bibliothèque

La Bibliothèque-Fille

Cléopâtre, l’Egyptienne

Les flammes de la légende

La loi de Rome

Le basculement vers l’obscurantisme

Les assauts d’Allah

Les caravanes du savoir

La fertilisation des mines

L’hibernation des sciences.

La Renaissance

Des hiéroglyphes à I’IA

Alexandrie, la belle immortelle

Epilogue : Les flammes veillent encore

Bibliographie


[1] En sus des sept merveilles du monde antique qui sont la pyramide de Khéops (Égypte), les jardins suspendus de Babylone (Irak), le temple d’Artémis à Éphèse (Turquie), la statue de Zeus à Olympie (Grèce), le mausolée d’Halicarnasse (Turquie), le colosse de Rhodes (Grèce) et le phare d’Alexandrie (Égypte).

[2] Ptolémée Ier Sôter, le « Sauveur », né vers 367 et mort en 283 av. J.-C., était un général macédonien d’Alexandre le Grand (356 – 323 av. J.-C.). Désigné satrape d’Égypte au partage de l’empire d’Alexandre en 323, Ptolémée Ier est le fondateur de la dynastie lagide (du nom de son père Lagos) qui régna sur l’Égypte jusqu’à la conquête romaine en 30 av. J.-C. Il est l’auteur de Mémoires, aujourd’hui disparus, qui servirent de source principale à Arrien (85 – ca 146 ap. J.-C.) pour l’Anabase et à Plutarque (44 – 125 ap. J.-C.) pour la Vie d’Alexandre.

[3] Callimaque, Zénodote, Apollonios de Rhodes, Ératosthène.

[4] Euclide, Archimède, Hipparque.

[5] Philéa, Aristophane de Byzance, Aristarque de Samothrace.

[6] Didyme, Claude Ptolémé, Galien, Philon d’Alexandrie.

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Date de publication
mercredi 28 janvier 2026
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