Acteur du dadaïsme à New York, puis du surréalisme à Paris, Emmanuel Radnitsky (ou Rudzitsky), dit Man Ray, né le 27 août 1890 à Philadelphie (États-Unis) et mort le 18 novembre 1976 à Paris, était un peintre, photographe et réalisateur américain d’avant-garde naturalisé français.
Ayant perfectionné la technique du photogramme[1] de Christian Schad (1894-1982) et redécouvert, aux côtés de son assistante la photographe et reporter de guerre Lee Miller (1907-1977), le procédé dit de solarisation[2], il laissa son nom à une technique particulière de photographie sans appareil, le rayogramme[3].
Arrivé à Paris en 1921, où il fut accueilli par son ami Marcel Duchamp (1887-1955), parallèlement à la photographie de mode qui le fit connaître du grand public et aux portraits d’artistes pour Vanity Fair et Vogue[4], il poursuivit des expérimentations variées inscrites dans la veine surréaliste.
Man Ray, Rayographie (1923-1926)
En 1940, après la défaite de la France, inquiété du fait de ses origines juives, Man Ray rejoignit Lisbonne et s’embarqua pour les États-Unis en compagnie de Salvador Dali (1904-1989) et son épouse Gala (1894-1982) ainsi que du cinéaste René Clair (1898-1981).
Installé à Los Angeles, Man Ray peignit notamment des sculptures mathématiques qu’il avait découvertes et photographiées à l’institut Henri Poincaré dans les années 1930, donnant à chacune d’elles le titre d’une œuvre de Shakespeare[5].
Man Ray, Le violon d’Ingres, 1924.
En 1951, il revint à Paris où il expérimenta la photographie en couleur. Il y mourut 25 ans plus tard et est inhumé au cimetière du Montparnasse.
PÉTRONE
Man Ray. Introduction par Merry A. Foresta, Arles, Éditions Actes Sud, collection « Photo Poche », mai 2026 [2004, 2023], 72 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 14,50 € (prix France)
[1] Un photogramme est, à l’origine, une image photographique obtenue sans utiliser d’appareil photographique, en plaçant des objets sur une surface photosensible (papier photo ou film) et en l’exposant ensuite directement à la lumière.
[2] La solarisation d’une émulsion photographique est une inversion partielle ou totale des densités d’une image qui intervient après une très forte surexposition. On obtient ainsi une photographie à tonalités inversées (le noir devenant blanc et le blanc devenant noir).
[3] Technique de création d’images sans appareil photo par exposition directe d’objets sur un support photosensible, inventée par Man Ray. (Trésor de la langue française)
[4] De Marcel Duchamp et Joseph Stella (1920), Philippe Soupault (1921), Kiki de Montparnasse (1922), la marquise Casati (1922), André Breton (1922), Francis Picabia (ca 1923), Jean Cocteau (1924), Tristan Tzara (1926), Antonin Artaud (1926), Yves Tanguy (1926), Nancy Cunard (ca 1926), Henri Matisse (ca 1926), Louis Aragon (1929), André Breton (1929), Karin van Leyden (1929), Salvador Dalí (ca 1929), Sergueï Eisenstein (1929), Gala Dali (ca 1930), Lee Miller (ca 1930), Le Corbusier (ca 1930), René Crevel (ca 1930), Constantin Brancusi (ca 1930), Alberto Giacometti (ca 1934), André Derain (ca 1934), Elsa Schiaparelli (ca 1934), Max Ernst (1935)… S’y ajoute l’Échiquier surréaliste, un photomontage de vingt portraits d’artistes surréalistes, alternés sur fonds blancs et fonds noir : Breton, Ernst, Dali, Arp, Tanguy, Char, Crevel, Eluard, De Chirico, Giacometti, Tzara, Picasso, Magritte, Brauner, Péret, Rosey, Miro, Messens, Hugnet et Man Ray (publié dans Georges Hugnet, Petite anthologie poétique du surréalisme, Jeanne Bucher, 1934).
[5] Wikipédia.